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Dans cette section du site « www.thydelor.eu » je vous présenterai tous les tests approfondis sur mon matériel. Cela peut être très intéressant pour ceux qui voudraient acquérir le même... Je n'ai pas la prétention de concurrencer DPReview ou CI, mais les tests d'un utilisateur sont, sinon scientifiques, au moins vécus dans la vraie vie !... Ces tests viennent en complément des tests improbables...

Si vous appréciez cette page, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Si des textes ou des images proviennent d'autres sources, un copyright spécifique sera précisé.

LES APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES

MES APPAREILS GRAND FORMAT ARGENTIQUES
LINHOF KARDAN SUPERCOLOR ST SHEN HAO HZX 45 IIA
MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES
PENTAX 6x7 (1ère génération) PENTAX 645 (1ère génération)
BRONICA ECTL BRONICA ETR
KOWA SIX MM SEMFLEX OTOMATIC II
KIEV SALIOUT S KIEV 88 CM
KIEV 60 GOMZ-LOMO LUBITEL
LOMO LUBITEL 166 V AGFA CLACK
ALSAPHOT AJAX D FEX-INDO COMODOR
FEX-INDO IMPERA FEX ULTRAFEX Himalaya
MAMIYA RB 67 Professional S MIOM PHOTAX IV F Blindé
MIOM PHOTAX VI  
MES APPAREILS MOYEN FORMAT NUMERIQUES
PENTAX 645D  
MES APPAREILS PETIT FORMAT ARGENTIQUES
PENTAX SUPER A MIRANDA RE II
ZEISS IKON CONTAFLEX SUPER REVUEFLEX SC-1 // CHINON CM-1
MINOLTA X 700 FED 5
HITAWA COMPACT KMZ ZORKI 1
KMZ ZORKI 3S KIEV 4A
OPL-FOCA SPORT OPL-FOCA PF-2B (2 étoiles gravées)
SEAGUL 205 A CANON EOS 650
CANON EOS 3 ZENIT -12 xp
ZENIT -E VOIGTLÄNDER VITESSA
ASAHI PENTAX K1000  
MES APPAREILS PETIT FORMAT NUMERIQUES
PENTAX *istDS PENTAX K10 D
PENTAX Km D PENTAX K5 D
CANON 5D Mark II CANON 600D
FUJI X-PRO 1  
MES APPAREILS MINI FORMAT NUMERIQUES
PENTAX EI-2000 LUMIX DMC-FZ38
KODAK DC 240 SAMSUNG S860

Si vous souhaitez lire le mode d'emploi de ces matériels, vous pouvez chercher ici.

LES OBJECTIFS

Pour des raisons évidentes de publication électronique, le protocole de test ne sera applicable qu'avec les objectifs adaptables sur un appareil numérique... Les films et la chimie deviennent difficiles à trouver et chers donc je ne souhaite pas gaspiller ce support argentique pour des tests... Je ferai donc, à contre cœur, l'impasse sur de superbes optiques...
J'ai, par ailleurs, créé une rubrique « les tests improbables », qui sont calqués sur le même protocole mais, pour ne pas faire doublon, vous ne trouverez ici que les tests « probables »...

Glossaire Abreviations Caractéristiques Objectifs PENTAX PENTAX SMC Auto 645 55mm f/2.8 (ARG)
PENTAX SMC AUTO 645 150mm f/3.5 (ARG) PENTAX SMC Auto Macro Zoom 35~105mm f/3.5 (ARG)
PENTAX SMC DA AL 18~55mm f/3.5~5.6 (NUM) PENTAX SMC ED AL (IF) DC WR 18~135mm f/3.5~5.6(NUM)
PENTAX SMC DA ED 50~200mm f/4.5~5.6 (NUM) PENTAX
REVUE REVUENON Zoom 70~220mm f/4 (ARG) REVUE REVUETAR Auto 50mm f/2.8 (ARG)
SIGMA DC EX HSM 10~20mm f/3.5 (NUM) KMZ HELIOS 135mm f/2.8 (ARG)
SAMYANG Zoom MZ-5000 : 650~1300mm f/8~16 CANON EF 70~300mm f/4~5.6 L IS USM
CANON EF 24~105mm f/4 L IS USM CANON 50mm f/1.4 USM
CANON 100mm f/2.8 USM Macro KMZ HELIOS 44M-4 58mm f/2.0
INDUSTAR-50 50mm f/3.5  

LES ACCESSOIRES

Sac à dos Vanguard Up-Rise 45 Rail de mise au point macro Seagull ou Phottix (identiques !)
Trépied Vanguard Alta Pro 283 CT + Rotule SBH 100 Imprimante Canon Pixma MG7550


MES APPAREILS GRAND FORMAT ARGENTIQUES : LINHOF KARDAN SuperColor ST

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE LINHOF

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Linhof) est protégé par un copyright de LINHOF ®






Je n'ai pas trouvé la fiche du Linhof Kardan Super Color ST, mais les différences sont minimes...

MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
La chambre Linhof Kardan Super Color ST date des années 1970 (1975 je crois). De ce fait, il est assez difficile de juger de ses caractéristiques vu ce qui a été fait depuis... En plus, dans sa longue histoire, Linhof a souvent produit des chambres pour débutants (pour ne pas dire à bas prix puisque la somme demandée était assez considérable, même si sans commune mesure avec les autres chambres de la gamme). Je ne sais donc pas si cette chambre Linhof Kardan Super Color ST correspond à ce qui se faisait dans les années 1970 ou si elle était une de ces chambres pour débutants... en effet, elle présente des qualités mais aussi des défauts qui paraissent inacceptables si on s'amuse à la comparer aux chambres actuelles. Qu'importe, tous les défauts auxquels je fais allusion ne sont que minimes, voire secondaires puisque leur présence ne fait que ralentir l'acte photographique... qui n'est déjà pas très véloce en grand format !... En plus, pour avoir bien cherché, trouver une chambre grand format monorail complète avec 2 objectifs, 2 plaquettes, 5 châssis et 1 viseur reflex/redresseur à ce prix, c'est vraiment extraordinaire ! En plus, je suis un débutant en grand format donc, même si la chambre Linhof Kardan Super Color ST était une chambre pour débutants, cela me convient tout à fait !... Les perfectionnements deviendront peut être indispensables dans quelques années lorsque j'aurai progressé et il conviendra alors de me mettre en chasse d'une chambre de remplacement !... Pour le moment, les 3/4 des petits défauts que je lui trouve peuvent être corrigés par des petits bricolages et le seul qu'il est impossible de bricoler est aisément contourné au prix d'une perte de quelques secondes... mais j'en parlerai plus précisément tout à l'heure !...

La chambre Linhof Kardan Super Color ST est donc une chambre grand format monorail. Comme vous pouvez le constater dans la reproduction de la fiche technique en début d'article, elle peut être multiple DONC je me limiterai à décrire mon exemplaire de chambre Linhof Kardan Super Color ST.

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

4" x 5" (soit 120x90 mm)

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur plan film au 4x5" ou polaroïd
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement (c'est une chambre !!!)

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel (c'est une chambre !!!)
Plage de mesure
Aucune puisque ne contient pas de posemètre (c'est une chambre !!!)
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Visée directe sur le dépoli donc pas d'autre correction à prévoir qu'une paire de lunettes
Par lentilles additionnelles en utilisation avec le viseur reflex/redresseur
Infos viseur
Aucune, on ne voit que l'image sur le dépoli
Moniteur LCD
Aucun (c'est une chambre !!!)
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par 1 prise synchro flash PC situées sur l'obturateur
Vitesse de synchro-flash à toutes les vitesses (obturateur central)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Pas de miroir de base
Le viseur reflex comprend un miroir mais situé derrière le film, il peut donc être fixe !...
Prise de vues continue
Non. Un plan film est unique, au mieux un châssis peut contenir 2 plan-films (c'est une chambre !!!)
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Plan-Film 4x5"
Dimensions
165 x 235 x 310 mm repliée, sans viseur et sans banc optique
650 x 235 x 310 mm avec banc optique, déployée au maximum avec viseur reflex et objectif 210mm Scheider Kreutznach - gigantesque - (c'est une chambre !!! mais une petite chambre !!!)
Poids
3650 g avec viseur reflex, banc optique et objectif 210 mm (sans châssis) - gigantesque - (c'est une chambre !!!) -ne pas oublier le poids du trépied hyper stable et les accessoires (!!!)
Accessoires
voir fiche technique en début d'article...

Présentation générale
Lorsque l'on regarde la chambre Linhof Kardan Super Color ST, on voit une chambre monorail « classique », bien construite (si, si, ça se voit) et un point c'est tout ! Rien ne différencie, à première vue, fondamentalement une chambre grand format monorail X d'une chambre grand format monorail Y, quelle que soit sa marque.

En y regardant à deux fois, on peut se faire une idée un peu plus précise. On devine immédiatement son format (à la taille des corps avant et arrière), la mienne est en format 4x5" (soit 120 x 90mm), le plus petit format du monde grand format, mais il est très facile d'upgrader une chambre monorail 4x5" dans des formats bien plus grands. Puis on part à la recherche de ses capacités de mouvement :
- décentrement horizontal corps avant : oui
- décentrement horizontal corps arrière : oui
- décentrement vertical corps avant : oui
- décentrement vertical corps arrière : oui
- rotation corps avant : oui
- rotation corps arrière : oui
- bascule avant/arrière corps avant : oui
- bascule avant/arrière corps arrière : oui
- bascule avant/arrière à la base corps avant : non
- bascule avant/arrière à la base corps arrière : non
quasiment tous les mouvements sont possibles
Puis on recherche la rapidité de réglage de la chambre monorail :
- réglage micrométrique du banc optique : non*
- réglage micrométrique du décentrement horizontal corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique du décentrement horizontal corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique du décentrement vertical corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle et en plus avec un système de clampage efficace mais long à mettre en œuvre*
- réglage micrométrique du décentrement vertical corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle et en plus avec un système de clampage efficace mais long à mettre en œuvre*
- réglage micrométrique de la rotation corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la rotation corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la bascule avant/arrière corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la bascule avant/arrière corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- présence d'une règle graduée sur le banc optique (tirage du soufflet) : non**
- présence d'une règle graduée pour décentrement horizontal corps avant : oui
- présence d'une règle graduée pour décentrement horizontal corps arrière : oui
- présence d'une règle graduée pour décentrement vertical corps avant : non*
- présence d'une règle graduée pour décentrement vertical corps arrière : non*
- présence d'une règle graduée pour rotation corps avant : oui
- présence d'une règle graduée pour rotation corps arrière : oui
- présence d'une règle graduée pour bascule avant/arrière corps avant : oui
- présence d'une règle graduée pour bascule avant/arrière corps arrière : oui
- présence d'un niveau à bulle avant/arrière sur corps avant : non*
- présence d'un niveau à bulle avant/arrière sur corps arrière : oui
- présence d'un niveau à bulle droite/gauche sur corps avant : non*
- présence d'un niveau à bulle droite/gauche sur corps arrière : non*

* points négatifs qui ralentissent la mise en œuvre
* point négatif corrigeable (voire meilleur système après bricolage) [je vais écrire un article sur quelques bricolages pour les chambres... à voir ici]
Donc la chambre Linhof Kardan Super Color ST est une chambre monorail complète qui ne limite pas du tout les capacités des chambres techniques mais, malheureusement, c'est une chambre lente... en fait, tout mouvement devra s'effectuer sous contrôle de la vue sur le dépoli... impossible de faire des calculs trigonométriques et reporter les valeurs sur la chambre puisqu'il n'y a pas de vis micrométrique et que certains mouvements ne sont même pas mesurés... Est-ce un défaut pour autant ? Je n'ai rien contre les mathématiques, mais quand je fais de la photo, je préfère perdre une heure à composer mon image sur une chambre lente que le faire en quelques secondes après avoir passé 1/2 heure à faire des calculs sur une feuille ou un ordinateur... chacun ses goûts... et quoi de plus formateur que d'effectuer les mouvements sous contrôle de la vue pour bien comprendre le rôle de chaque mouvement ?

Pire, certains mouvements n'existent pas. Certes ces mouvements manquants ne sont pas vitaux, mais il est regrettable qu'une chambre technique monorail en soit dépourvue...

Les différents boutons
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, ne présente aucun bouton ! Des molettes, des tirettes, des clamps, oui, mais aucun bouton !...

Lorsque l'on parle de chambre, on exclue naturellement l'objectif qui pourra être choisi parmi les objectifs de tous âges et de toutes marques. Et les seuls boutons que l'on peut trouver sont justement ceux présents sur... l'objectif !...

Il n'est pas nécessaire de décrire les éléments de mobilisation des différentes parties constitutives d'une chambre puisque ces éléments sont situés logiquement...

Bien qu'il ne s'agisse pas de boutons, il me faut critiquer le système de blocage/libération des décentrements verticaux des deux corps !... En toute logique le système est extraordinaire, en réalité ce système est nul et me hérisse le poil !... Il faut dévisser un système de friction mais puisque ce système est sensé monter dans le fût, le sens de rotation est inversé !... En plus, une fois dévissé, il est quasiment impossible de revisser... il faut maintenir le tube extérieur à deux mains et utiliser sa 3ème main pour revisser !... Nul, je vous dis !!!...

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! C'est une chambre !!! Mis à part certains mouvements, elle n'a pas évolué depuis les années 1880 !...

Alimentation
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, n'a nul besoin d'énergie. Certaines chambres utilisent des obturateurs électroniques (rares) nécessitant un apport d'électricité mais l'obturateur n'entre pas dans l'anatomie de la chambre (même s'il est indispensable !)

Carte mémoire
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, (à ma connaissance) n'utilise pas de dos numérique grand format, au mieux un dos numérique moyen format qui aura sa carte mémoire spécifique MAIS, principalement, les chambres utilisent des plan-films grand format donc le support de l'image est argentique donc pas de carte mémoire. On utilise parfois des dos moyen format argentique avec les chambres grand format et, dans ce cas on utilise des films 120/220. On peut également utiliser des dos polaroïd donc utiliser des films instantanés.

Viseur & Objectif
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, est un appareil reflex, c'est à dire que l'on visualise l'image directement sur un dépoli. Le tirage du soufflet diminuant la puissance lumineuse sur le dépoli, la visée est facilitée par un drap de visée sous lequel se plonge le photographe. De par la conception simpliste des chambres, l'image visualisée sur le dépoli est totalement inversée : haut en bas et droite à gauche. Il existe des accessoires, dont mon exemplaire était équipé d'origine, qui permet de se passer du drap de visée, il s'agit d'un viseur 90° qui empêche les lumières ambiantes d'éteindre l'image du dépoli et, en plus, redresse l'image en replaçant le haut en haut (l'inversion droite/gauche étant maintenue !). Pour faciliter la visée (et donc la mise au point), on peut placer sur le dépoli une lentille de Fresnel qui va augmenter la luminosité de l'image du dépoli. Mon exemplaire en est équipé et il est vrai que la visée et la mise au point sont ainsi grandement facilitées. De même, pour obtenir l'image la plus nette possible, il est recommandé de vérifier la mise au point à l'aide d'une loupe.

Pour ce qui est de l'objectif (et de l'obturateur d'ailleurs), ils sont totalement indépendants de la chambre. Il existe des marques prestigieuses qui fabriquent encore des objectifs pour grand format, mais il est toujours possible d'utiliser des objectifs anciens en bricolant la planchette du corps avant. La qualité des résultats sera donc totalement dépendante de l'objectif choisi. Mon exemplaire était livré avec un Rodenstock f/6.2 - 90mm (grand angle + macro) et un Scheider Kreuznack f/5.6 - 210mm (très court téléobjectif ~70mm équivalent 24x36). Génial, le 70mm a toujours été ma focale de prédilection !...

Deux remarques qui risquent de surprendre les non initiés :
- les objectifs grand format ne sont franchement pas très lumineux ! On a déjà vu qu'un moyen format f/2.8 était extraordinaire, en grand format f/5.6 est superbe !... Il existe des objectifs lumineux pour le grand format mais à quel prix !!!...
- plus les objectifs couvrent un format important et moins ils sont performants... mais cette baisse de qualité étant moins rapide que le gain de qualité apporté par les grands formats de négatif, le résultat final surpassera les formats inférieurs avec des objectifs plus qualitatifs !...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Elle s'effectue en modifiant le tirage du soufflet et se vérifie directement sur le dépoli si possible à la loupe. Partant, la mise au point ne peut être que parfaite si le photographe s'applique !...

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité est en fait celle du film que l'on installera. Aujourd'hui, en 2016, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. L'avantage de la chambre par rapport aux formats de film inférieurs c'est qu'il n'y a qu'une seule vue par film on peut donc passer d'une image à l'autre d'un film super lent à un film super rapide ! ... Même flexibilité que le numérique mais avec les qualités de l'argentique et les capacités spécifiques aux chambres grand format !...

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Vous installez un superbe caillou à l'entrée de la chambre ! En plus, imaginez ce qu'est un négatif de 12 x 9 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir une image de 1,20m x 90cm ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille et de cette qualité en sortie de boîtier...

Exposition
De base, une chambre ne dispose pas de posemètre ! Il existe toutefois aujourd'hui un insert à placer derrière le dépoli pour effectuer une mesure de la luminosité, mais son prix est prohibitif !... Donc aucune mesure avec une chambre... soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec la chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme avec toutes les chambres, on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Flash
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet

Il est par contre important de noter que la vitesse de synchro flash de la chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, utilise des objectifs avec obturateur intégré ou contigu donc on parlera d'obturateur central DONC la synchro flash se fera à n'importe quelle vitesse, de la plus rapide à la plus lente !... Autant dire que faire du fill-in au flash est un véritable plaisir !...

Balance des blancs
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, de base sont des appareils argentiques, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
La chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, comparativement à l'appareil le plus lent en format inférieur sera considérée comme un escargot ! Quelqu'un a un jour évalué qu'un boîtier petit format moderne (un numérique full frame professionnel) serait en mesure de faire 100 clichés le temps que le photographe grand format (habitué) en fera une seule !... Que dire du photographe grand format débutant ? 1000 clichés en numérique ? Et encore, les chambres comme la Linhof Kardan Super Color ST, connues pour être lentes pourraient fournir une seule photo quand les reflex numériques full frame professionnels fourniraient 2000 images ?

Conclusion
Il était question ici de la chambre Linhof Kardan Super Color ST, mais il en va de même pour toutes les chambres... on est entré ici dans un autre monde... tout ce qu'on connait en petit et en moyen format n'a plus cours !... Il est impossible de juger d'une chambre (même la plus évoluée qui soit) en comparaison de boîtiers modernes et même anciens de formats inférieurs ! Leurs caractéristiques et leurs capacités n'ont strictement plus rien de commun, leur utilisation et les moyens à mettre en œuvre sont incomparables de complexité, la formation nécessaire à l'utilisation d'une chambre se doit de passer par des cours d'optique et une bonne connaissance de la trigonométrie (même si une formation empirique est possible, elle sera beaucoup plus longue et aléatoire !) mais les résultats aussi seront sans comparaison possible !...

Postface
Il est de notoriété publique que les chambres monorail sont destinées à travailler en studio exclusivement. En format 4x5", certaines chambres monorail peuvent plus ou moins facilement être emportées sur le terrain. La Linhof Kardan Super Color ST est très compacte (4x5" !) et assez légère, puisqu'en plus, elle peut être séparée de son banc optique, elle est facilement transportable. Mon exemplaire, livré d'origine avec le viseur 90°/redresseur, il est donc beaucoup moins apte à quitter le studio... en effet, le viseur/redresseur est solidaire du graflock et du dépoli donc il faudrait l'emporter malgré son encombrement important (plus volumineux que la chambre dans son ensemble !)... Il me faudra trouver un graflock et un dépoli autonomes pour emporter ma chambre Linhof Kardan Super Color ST dans la nature... ou trouver une chambre field pour compléter cette monorail (en effet, sur le terrain, on n'a pas besoin de tous les mouvements d'une monorail !!!).

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Il n'existe pas de mode d'emploi pour la chambre Linhof Kardan Super Color ST, comme toutes les chambres, puisqu'elles fonctionnent toutes de la même manière ! Le seul mode d'emploi se trouve dans les cours d'optique appliquée à la photographie grand format, ou, éventuellement, dans les notions de base que je vous fournirai ici (page théoriquement en amélioration constante donc loin d'être clôturée !!!)

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MES APPAREILS GRAND FORMAT ARGENTIQUES : SHEN HAO HZX 45 II A

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE SHEN HAO

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Shen Hao) est protégé par un copyright de SHEN HAO ®

Nota Bene : je n'ai trouvé que la fiche technique de la chambre Shen Hao HZX 45 II. La chambre Shen Hao HZX 45 II A est une évolution sans être pour autant fondamentalement différente.



MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
J'ai décidé de vous parler ici d'une chambre grand format assez atypique et surtout... chinoise !... Mais pour vous en parler dans cette page, il a d'abord été nécessaire que je la rencontre, que je la découvre, qu'elle me plaise et ... que je l'achète !!!... Ce ne sera pas le premier article de ce site où je soulignerai en gras que toutes les productions chinoises ne sont pas des productions au rabais, des productions bâclées, à deux balles ! Je possède plusieurs matériels chinois, tant en accessoires (adaptateurs, rail de mise au point macro, etc.) qu'en matériel photographique (compact Haiou et maintenant la chambre Shen Hao HZX 45 IIA -encore un nom à coucher dehors-), et j'affirme bien haut, sans arrière-pensée et fièrement que tous ces matériels haut de gamme d'origine chinoise valent largement les standards de qualité européens ou japonais. Bref, ça c'est fait, passons aux choses sérieuses.

La chambre Shen Hao HZX 45 IIA est une chambre un peu particulière puisqu'elle regroupe des caractéristiques antinomiques :
- Il s'agit d'une chambre des plus classiques de type Phillips, mais il s'agit d'une chambre moderne encore fabriquée (à la main parait-il, je ne suis pas allé vérifier !).
- Il s'agit d'une chambre dite field camera donc pliante mais, chose très rare pour une pliante, elle offre toutes les possibilités de déplacement et de décentrement qui sont normalement l'apanage des chambres techniques monorail (à une exception près mais j'y reviendrai). Cela dit, la comparaison avec une chambre monorail s'arrête là ! Il n'est pas possible de rallonger le banc optique, il n'est pas possible de changer de format pour un format supérieur, les possibilités macro sont limitées aux objectifs de courte ou moyenne focale, de même, les téléobjectifs n'y trouveront pas trop leur place... la chambre Shen Hao HZX 45 IIA ne pourra gérer efficacement que des focales de 300mm (voire à peine plus !) ce qui donne environs du 100-125mm en équivalent 24x36. Cela dit, une field n'a pas besoin de plus, surtout que la Shen Hao HZX 45 IIA peut gérer des très courtes focales de 40mm (soit ~14 mm en équivalent 24x36) sans planchette rentrante (!!!) ce qui est bien plus important pour une field camera et qui n'est pas offert par tous les concurrents !... Toute chose ayant un prix, toutes les possibilités offertes par la Shen Hao HZX 45 IIA se retrouvent sur la balance !!!

Une chambre pliante ne pouvant, par nature, en aucun cas bénéficier des évolutions modernes, la Shen Hao HZX 45 IIA, comme toutes les chambres pliantes, ne proposera pas tous les raffinements des monorails modernes (qui couteront toutefois 10 à 30 fois plus cher !). La Shen Hao HZX 45 IIA se dispensera même des réglages micrométriques que de nombreuses pliantes ont adopté, mais vu la tringlerie déjà présente, je pense que c'est pour contenir au mieux le poids de l'ensemble.

La chambre Shen Hao HZX 45 IIA date des années 2000 (2001 à 2003 je pense), même si elle reprend les caractéristiques classiques des chambres datant de 1 à 2 siècles (!!!) avec les raffinements déjà énumérés plus haut.... Si on s'amuse à la comparer avec la chambre Linhof Kardan Super Color ST de 1970 que je possède également (voir plus haut), hormis leurs philosophies différentes, on trouvera bizarrement de nombreuses similitudes (même si, très souvent, la Shen Hao est plus agréable à manier que la Linhof). De fait, les quelques "manques" ne font que ralentir l'acte photographique... qui n'est déjà pas très véloce en grand format !... En plus, pour avoir bien cherché, trouver une chambre grand format pliante, neuve et garantie à ce prix, c'est vraiment extraordinaire !

La chambre Shen Hao HZX 45 IIA utilise les planchettes Linhof Technika (c'est un plus pour moi !!!) ce qui me permet d'utiliser mes objectifs de la Linhof sur la Shen Hao. En plus, contrairement à de nombreuses autres marques dites compatibles avec les planchettes Technika, les planchettes Shen Hao s'adaptent sans soucis sur les chambres Linhof et inversement !... Au prix de la planchette originale Linhof, il est préférable de rechercher une planchette Shen Hao, même si cette dernière ne porte ni le nom "Technika" ni le logo Linhof !...

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

4" x 5" (soit 120x90 mm)

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur plan film 4x5" ou polaroïd. La Shen Hao a prévu d'origine une fixation pour adaptation d'un dos Roll Film 120 ouvrant la voie au moyen format avec les avantages de la chambre grand format.
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement (c'est une chambre !!!)

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel (c'est une chambre !!!)
Plage de mesure
Aucune puisque ne contient pas de posemètre (c'est une chambre !!!)
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Visée directe sur le dépoli donc pas d'autre correction à prévoir qu'une paire de lunettes.
Infos viseur
Aucune, on ne voit que l'image sur le dépoli
Moniteur LCD
Aucun (c'est une chambre !!!)
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par 1 prise synchro flash PC situées sur l'obturateur
Vitesse de synchro-flash à toutes les vitesses (obturateur central)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Pas de miroir
Prise de vues continue
Non. Un plan film est unique, au mieux un châssis peut contenir 2 plan-films (c'est une chambre !!!)
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Plan-Film 4x5"
Dimensions
222 x 200 x 150 mm repliée
220 x 260 x 250 mm ouverte déployée au minimum
220 x 260 x 450 mm déployée au maximum
le tout sans objectif - gigantesque - (c'est une chambre !!! mais une petite chambre !!!)
Poids
2450 g sans châssis et sans objectif- gigantesque - (c'est une chambre !!!) -ne pas oublier le poids du trépied hyper stable et les accessoires (!!!)
Accessoires
inombrables, c'est une chambre...

Présentation générale
Lorsque l'on regarde la chambre Shen Hao HZX 45 IIA, on voit une chambre pliante « classique ». Faite en teck massif avec une tringlerie en aluminium anodisé. Parfaitement bien construite (si, si, ça se voit) et un point c'est tout ! Rien ne différencie, à première vue, fondamentalement une chambre grand format pliante X d'une chambre grand format pliante Y, quelle que soit sa marque... et pourtant !

En y regardant à deux fois, on peut se faire une idée un peu plus précise. On devine immédiatement son format (à la taille de la chambre pliée ou à la taille des corps lorsque la chambre est ouverte), la mienne est en format 4x5" (soit 120 x 90mm), le plus petit format du monde grand format. Puis on part à la recherche de ses capacités de mouvement :
- décentrement horizontal corps avant : non*
- décentrement horizontal corps arrière : oui
- décentrement vertical corps avant : oui
- décentrement vertical corps arrière : oui
- rotation corps avant : oui
- rotation corps arrière : oui
- bascule avant/arrière corps avant : oui
- bascule avant/arrière corps arrière : oui
- bascule avant/arrière à la base corps avant : oui
- bascule avant/arrière à la base corps arrière : oui
quasiment tous les mouvements sont possibles (même plus que sur la Linhof Kardan Super Color ST, voir plus haut !...)

Puis on recherche la rapidité de réglage de la chambre :
- réglage micrométrique de la mise au point : non*
- réglage micrométrique du décentrement horizontal corps avant : non, mouvement inexistant *
- réglage micrométrique du décentrement horizontal corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique du décentrement vertical corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle mais plus facile que sur la Linhof Kardan Super Color ST *
- réglage micrométrique du décentrement vertical corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle mais plus facile que sur la Linhof Kardan Super Color ST *
- réglage micrométrique de la rotation corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la rotation corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la bascule avant/arrière corps avant : non, même pas avec une vis, manuelle*
- réglage micrométrique de la bascule avant/arrière corps arrière : non, même pas avec une vis, manuelle*
- présence d'une règle graduée (tirage du soufflet) : oui
- présence d'une règle graduée pour décentrement horizontal corps avant : non, mouvement inexistant *
- présence d'une règle graduée pour décentrement horizontal corps arrière : oui
- présence d'une règle graduée pour décentrement vertical corps avant : oui
- présence d'une règle graduée pour décentrement vertical corps arrière : non*
- présence d'une règle graduée pour rotation corps avant : non*
- présence d'une règle graduée pour rotation corps arrière : non*
- présence d'une règle graduée pour bascule avant/arrière corps avant : non*
- présence d'une règle graduée pour bascule avant/arrière corps arrière : non*
- présence d'un niveau à bulle avant/arrière sur corps avant : non*
- présence d'un niveau à bulle avant/arrière sur corps arrière : oui
- présence d'un niveau à bulle droite/gauche sur corps avant : non*
- présence d'un niveau à bulle droite/gauche sur corps arrière : oui

* points négatifs qui ralentissent la mise en œuvre
* point négatif corrigeable (voire meilleur système après bricolage).
* point négatif sans grande importance puisque le mouvement correspondant sur le corps arrière est largement suffisant sur le terrain...
N.B. sur la chambre Shen Hao HZX 45 IIA, quasiment tous les mouvements se bloquent automatiquement en position neutre (zéro) et ceux qui ne le permettent pas sont équipés d'une échelle graduée.

Donc la chambre Shen Hao HZX 45 IIA est une chambre pliante plus que complète qui ne limite pas du tout (ou presque) les capacités des chambres techniques mais, malheureusement, c'est une chambre lente... en fait, ~tout mouvement devra s'effectuer sous contrôle de la vue sur le dépoli... impossible de faire des calculs trigonométriques et reporter les valeurs sur la chambre puisqu'il n'y a pas de vis micrométrique et que certains mouvements ne sont même pas mesurés... Est-ce un défaut pour autant ? Je n'ai rien contre les mathématiques, mais quand je fais de la photo, je préfère perdre une heure à composer mon image sur une chambre lente que le faire en quelques secondes après avoir passé 1/2 heure à faire des calculs sur une feuille ou un ordinateur... chacun ses goûts... et quoi de plus formateur que d'effectuer les mouvements sous contrôle de la vue pour bien comprendre le rôle de chaque mouvement ?

Les différents boutons
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA , comme toutes les chambres, ne présente aucun bouton ! Des molettes, des tirettes, des clamps, oui, mais aucun bouton !...

Lorsque l'on parle de chambre, on exclue naturellement l'objectif qui pourra être choisi parmi les objectifs de tous âges et de toutes marques. Et les seuls boutons que l'on peut trouver sont justement ceux présents sur... l'objectif !...

Il n'est pas nécessaire de décrire les éléments de mobilisation des différentes parties constitutives d'une chambre puisque ces éléments sont situés logiquement... même si le nombre de mouvements et donc le nombre de molettes, tirettes et autres, est important !

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! C'est une chambre !!! Mis à part certains mouvements, elle n'a pas évolué depuis les années 1880 !...

Alimentation
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA , comme toutes les chambres, n'a nul besoin d'énergie. Certaines chambres utilisent des obturateurs électroniques (rares) nécessitant un apport d'électricité mais l'obturateur n'entre pas dans l'anatomie de la chambre (même s'il est indispensable !)

Carte mémoire
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA , comme toutes les chambres, (à ma connaissance) n'utilise pas de dos numérique grand format, au mieux un dos numérique moyen format qui aura sa carte mémoire spécifique MAIS, principalement, les chambres utilisent des plan-films grand format donc le support de l'image est argentique donc pas de carte mémoire. On utilise parfois des dos moyen format argentique avec les chambres grand format et, dans ce cas on utilise des films 120/220. On peut également utiliser des dos polaroïd donc utiliser des films instantanés.

Viseur & Objectif
La chambreShen Hao HZX 45 IIA , comme toutes les chambres, est un appareil reflex, c'est à dire que l'on visualise l'image directement sur un dépoli. Le tirage du soufflet diminuant la puissance lumineuse sur le dépoli, la visée est facilitée par un drap de visée sous lequel se plonge le photographe. De par la conception simpliste des chambres, l'image visualisée sur le dépoli est totalement inversée : haut en bas et droite à gauche. Pour faciliter la visée (et donc la mise au point), on peut placer sur le dépoli une lentille de Fresnel qui va augmenter la luminosité de l'image du dépoli. Les dépolis signés Shen Hao n'étant pas reconnus pour être au top de la qualité, une lentille de Fresnel est recommandée avec la chambre Shen Hao HZX 45 IIA. De même, pour obtenir l'image la plus nette possible, il est recommandé de vérifier la mise au point à l'aide d'une loupe.

Pour ce qui est de l'objectif (et de l'obturateur d'ailleurs), ils sont totalement indépendants de la chambre. Il existe des marques prestigieuses qui fabriquent encore des objectifs pour grand format, mais il est toujours possible d'utiliser des objectifs anciens en bricolant la planchette du corps avant. La qualité des résultats sera donc totalement dépendante de l'objectif choisi. Ma chambre Linhof Kardan Super Color ST était livrée avec un Rodenstock f/6.2 - 90mm (grand angle + macro) et un Scheider Kreuznack f/5.6 - 210mm (très court téléobjectif ~70mm équivalent 24x36) tous deux montés sur planchette Technika qui seront utilisés tels quels sur la Shen Hao HZX 45 IIA...

Deux remarques qui risquent de surprendre les non initiés :
- les objectifs grand format ne sont franchement pas très lumineux ! On a déjà vu qu'un moyen format f/2.8 était extraordinaire, en grand format f/5.6 est superbe !... Il existe des objectifs plus lumineux pour le grand format mais à quel prix !!!...
- plus les objectifs couvrent un format important et moins ils sont performants... mais cette baisse de qualité étant moins rapide que le gain de qualité apporté par les grands formats de négatif, le résultat final surpassera les formats inférieurs avec des objectifs plus qualitatifs !...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Elle s'effectue en modifiant le tirage du soufflet et se vérifie directement sur le dépoli si possible à la loupe. Partant, la mise au point ne peut être que parfaite si le photographe s'applique !...

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité est en fait celle du film que l'on installera. Aujourd'hui, en 2016, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. L'avantage de la chambre par rapport aux formats de film inférieurs c'est qu'il n'y a qu'une seule vue par film on peut donc passer d'une image à l'autre d'un film super lent à un film super rapide ! ... Même flexibilité que le numérique mais avec les qualités de l'argentique et les capacités spécifiques aux chambres grand format !...

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Vous installez un superbe caillou à l'entrée de la chambre ! En plus, imaginez ce qu'est un négatif de 12 x 9 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir une image de 1,20m x 90cm ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille et de cette qualité en sortie de boîtier...

Exposition
De base, une chambre ne dispose pas de posemètre ! Il existe toutefois aujourd'hui un insert à placer derrière le dépoli pour effectuer une mesure de la luminosité, mais son prix est prohibitif !... Donc aucune mesure avec une chambre... soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec la chambre Shen Hao HZX 45 IIA, comme avec toutes les chambres, on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Flash
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA, comme toutes les chambres, ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet

Il est par contre important de noter que la vitesse de synchro flash de la chambre Shen Hao HZX 45 IIA , comme toutes les chambres, utilise des objectifs avec obturateur intégré ou contigu donc on parlera d'obturateur central DONC la synchro flash se fera à n'importe quelle vitesse, de la plus rapide à la plus lente !... Autant dire que faire du fill-in au flash est un véritable plaisir !...

Balance des blancs
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA, comme toutes les chambres, de base sont des appareils argentiques, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
La chambre Shen Hao HZX 45 IIA, comme toutes les chambres, comparativement à l'appareil le plus lent en format inférieur sera considérée comme un escargot ! Quelqu'un a un jour évalué qu'un boîtier petit format moderne (un numérique full frame professionnel) serait en mesure de faire 100 clichés le temps que le photographe grand format (habitué) en fera une seule !... Que dire du photographe grand format débutant ? 1000 clichés en numérique ? Et encore, les chambres comme la Shen Hao HZX 45 IIA, connues pour être lentes pourraient fournir une seule photo quand les reflex numériques full frame professionnels fourniraient 2000 images ?

Conclusion
Il était question ici de la chambre Shen Hao HZX 45 IIA, mais il en va de même pour toutes les chambres... on est entré ici dans un autre monde... tout ce qu'on connait en petit et en moyen format n'a plus cours !... Il est impossible de juger d'une chambre (même la plus évoluée qui soit) en comparaison de boîtiers modernes et même anciens de formats inférieurs ! Leurs caractéristiques et leurs capacités n'ont strictement plus rien de commun, leur utilisation et les moyens à mettre en œuvre sont incomparables de complexité, la formation nécessaire à l'utilisation d'une chambre se doit de passer par des cours d'optique et une bonne connaissance de la trigonométrie (même si une formation empirique est possible, elle sera beaucoup plus longue et aléatoire !) mais les résultats aussi seront sans comparaison possible !...

Postface
Contrairement à ce que tout le monde rabâche sur internet, contrairement à ce que tout le monde essaye de nous faire croire, toutes les productions chinoises ne sont pas de mauvaise qualité ! La Chine (et ce n'est pas la seule !) s'est fait une spécialité de fournir au client ce qu'il désire : s'il veut du matériel pas cher, il l'obtiendra (et la qualité s'en ressentira !), s'il veut du matériel de qualité supérieure, il l'obtiendra aussi mais le prix s'en ressentira... seulement voilà, les prix élevés pour un chinois ne sont franchement pas encore élevés pour un occidental donc, forcément, on pourra obtenir de la grande classe pour des prix sans commune mesure avec les productions occidentales... et c'est ce qui se passe avec la chambre Shen Hao HZX 45 IIA !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Il n'existe pas de mode d'emploi pour la chambre Shen Hao HZX 45 IIA, comme toutes les chambres, puisqu'elles fonctionnent toutes de la même manière ! Le seul mode d'emploi se trouve dans les cours d'optique appliquée à la photographie grand format, ou, éventuellement, dans les notions de base que je vous fournirai ici (page théoriquement en amélioration constante donc loin d'être clôturée !!!).

Si vous avez apprécié cet article, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : PENTAX 6 x 7

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE PENTAX

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Pentax) est protégé par un copyright de PENTAX ®

















MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
L’Asahi Pentax 6x7 (il ne s’appelait pas encore « Pentax 67 » à l’époque) est né en 1969. D’emblée il s’est imposé comme LE système moyen-format professionnel malgré une caractéristique « importante » qu’il ne propose pas : il ne possède pas de dos amovible ! Après plus de 30 ans de vie et 3 « vagues » de rajeunissement, il reste toujours aussi populaire auprès des professionnels exigeants !

L’Asahi Pentax 6x7 est le dernier système moyen-format à philosophie « 24x36 », les fabrications allemandes (de l’ouest comme de l’est) ayant abandonné le concept… Ainsi, l’Asahi Pentax 6x7 ressemble à un reflex 24x36 gavé d’anabolisants, normal, il faut pouvoir faire tenir une chambre d’exposition délivrant des négatifs (ou des diapositives) de 60 x 70mm !.. Et, qui dit négatif géant dit boite géante et objectif géant, autant dire tout de suite que son poids et son prix (même après 30 ans) sont aussi impressionnants que la surface et la qualité des images qu’il délivre !…

Bien sûr, l’Asahi Pentax 6x7 n’est pas le seul à délivrer des images de ce format, par contre, il est le seul à être aussi « léger » et aussi maniable (par rapport aux autres 60x70 professionnels) ! Ces caractéristiques faisant de lui le seul moyen-format géant à s’accommoder aussi bien de la photo de « reportage » ou de « paysage » que de la photo de studio (les concurrents ne pouvant nullement s’aligner sur ce point) !…

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

70 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120 ou 220
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement
Mode T

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisque de base il ne contient même pas de posemètre
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Par lentilles additionnelles en option
Infos viseur
Aucune si ce n'est le cadrage 95% de l'image. Indications du posemètre si utilisation du prisme TTL en option
Moniteur LCD
Aucun
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par 2 prise synchro flash PC situées à gauche de l'objectif
Vitesse de synchro-flash : 1/30è
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Oui
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120 ou 220
Dimensions
184 x 149 x 156 mm (avec objectif, viseur prisme non TTL, objectif 105mm f/2.4) - gigantesque -
Poids
2500 g avec viseur prisme non TTL et objectif 105 mm (sans film) - gigantesque -
Accessoires
Viseur prisme TTL, viseur capuchon repliable, poignée bois, ligne d'objectifs spécifique, accessoires pour macrophotographie, etc...

Présentation générale
Lorsqu'on regarde le PENTAX 6x7, on a tout à fait l'impression de voir un appareil reflex 24x36 élevé aux anabolisants. A part sa taille énorme (et son poids tout aussi éléphantesque) on ne se voit pas dépaysé !

En y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que le prisme est amovible et qu'il existe une petite fenêtre au dos de l'appareil sur laquelle figure un nombre (120 ou 220). C'est à peu près tout ce qui le différencie de la myriade de reflex petit format.

Les différents boutons
Si on part du principe que le PENTAX 6x7 ressemble à s'y méprendre à un reflex 24x36 (et c'est le cas), on ne devrait pas avoir de surprise non plus concernant les boutons présents et leur localisation. Mais il y a quand même 7 exceptions !

Sur la face avant, on trouve un bouton qui commande la levée du miroir et un autre, quasiment invisible, qui permet le déblocage du miroir. On retrouve également le bouton qui permet de débloquer l'objectif. Bien qu'il ne s'agit pas de bouton, on remarque 4 picots qui permettent, au choix, de fixer une dragonne en portant l'appareil horizontalement, soit en le portant verticalement à droite, soit verticalement à gauche ou bien qui permettent de fixer la poignée en bois verni sur la côté gauche de l'appareil.

Sur le dessus, il n'y a rien de bien exotique : à droite du prisme, le levier d'armement et d'avancement du film, un compte pose (automatique), un bouton déclencheur qui accepte les déclencheurs souples en son centre, sous le déclencheur, une bague de blocage du bouton pour éviter les déclenchements accidentels, un bouton leurre d'armement, à gauche du prisme, une diode rouge de test de la pile et, bien sûr, la traditionnelle molette de sélection de la vitesse d'obturation qui va de 1s à 1/1000è de seconde avec en plus une pose « B » et même la possibilité de tricher une position de pose « T ».

Sur le côté gauche, rien de bien révolutionnaire non plus : une tirette permettant d'ouvrir le couvercle du dos, le bouton de libération de l'objectif, le bouton de libération du prisme.

Sur le côté droit : un drôle de petit bouton marqué « 10 / 20 » qui correspond au nombre de vues possibles, selon qu'un film 120 (10 vues) ou 220 (20 vues) est chargé dans l'appareil.

Vu de derrière, on découvre le bouton testeur de la pile et la petite fenêtre qui permet de vérifier que le presse film correspond bien au type de film chargé dans l'appareil.

Sur le dessous, à part le sabot de fixation, on retrouve un compartiment pour la pile de 6V et 2 boutons de maintien des axes des bobines du film.

Sur l'objectif, on retrouve la sempiternelle bague de réglage du diaphragme ainsi que la bague de mise au point. En plus, les objectifs SMC Takumar portent tous une tirette permettant de vérifier la profondeur de champ qui sert en même temps à bloquer l'objectif en position « manuelle », c'est à dire à ouverture de diaphragme telle que réglée, en temps réel.

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu !

Alimentation
Le PENTAX 6x7 ne peut fonctionner qu'en présence d'une pile de 6V. Les caractéristiques de cette pile (alkaline à la base) peuvent être élargies, en effet, j'ai testé une pile lithium de 6V qui fonctionne parfaitement. Il est vrai que cette pile ne gère que la levée du miroir (énorme) ainsi que l'ouverture du rideau, donc même si la pile est plus puissante que prévu, il n'y aura aucun problème. Je n'en dirai pas de même pour la pile qui devrait gérer la cellule du prisme TTL.

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le PENTAX 6x7 s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120 pour 10 poses ou des films 220 pour 20 poses.

Viseur & Objectif
Le viseur du PENTAX 6x7 n'a rien de particulier pour un pentaxiste : c'est un viseur très lumineux. Il peut être couvert par un viseur capuchon pliant qui permet de visualiser 100% de l'image sur le film ou d'un prisme (pentaprisme, normal... c'est du Pentax) TTL ou non qui ne présente plus que 95% de la surface de l'image qui figurera sur le film.

Nous arrivons maintenant au morceau de bravoure : nous sommes en présence d'un PENTAX® et à cet époque les optiques Asahi s'appelaient... Takumar. Même un non pentaxiste, je dirais même un non photographe connait ces objectifs, au moins de nom !... C'est ce qui s'est fait de mieux en optique photo. Depuis la construction exemplaire, la solidité, la rapidité (le Takumar standard 105mm ouvre à f/2.4 !) et je ne parle pas du traitement multicouche que tout le monde connait aussi : le SMC Pentax® !... On peut résumer ce paragraphe en une seule phrase : c'est du bon et que du bon !... Cela dit, rien ne peut être parfait dans tous les domaines et encore moins en photo ! Ici, les objectifs Takumar sont de conception idéale pour la photo «scientifique», «architecturale» et autre, à l'exception toutefois (à mon humble avis) du portrait ! Ces objectifs sont tellement pointus (pas assez doux à mon goût) que le portrait risque de ressembler plus à une photo «médicale» qu'à une photo «artistique» ! Dans ce cas, je postulerais pour l'emploi d'un filtre adoucissant... c'est un comble... devoir apporter des imperfections à une optique de qualité supérieure !...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Il suffit de tourner la bague de mise au point du Takumar pour effectuer la mise au point. La vérification de la netteté se faisant sur le super dépoli du viseur du Pentax 6x7.

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Pentax 6x7 est en fait celle du film que l'on installera. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film.

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Vous avez un Takumar en entrée de lumière... Autant dire un morceau de cristal de roche ! En plus, imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 7 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier...


Exposition
A moins de choisir le viseur prisme équipé TTL, le Pentax 6x7 n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Pentax 6x7 on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Ne possédant pas de viseur prisme TTL avec mon Pentax 6x7, je ne pourrai pas tirer de jugement sur la qualité de leurs mesures.

Flash
Le Pentax 6x7 ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet

Il est par contre important de noter que la vitesse de synchro flash du PENTAX 6x7 est de seulement 1/30ème de seconde ! C'est vraiment très lent ! Autant dire que faire du fill-in au flash est une véritable gageure !... Bien sûr il faut déplacer un rideau gigantesque, mais, pris dans l'absolu, ce n'est pas le problème du photographe !... Bien sûr de nombreux autres appareils moyen format à obturateur plan focal (dans le corps de l'appareil) ne proposent pas de synchro plus rapide, mais ce n'est pas une excuse non plus !...

Balance des blancs
Le Pentax 6x7 étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Pentax 6x7, contrairement aux autres appareils moyen format argentiques professionnels, est ce qui se fait de plus rapide (attention : comparons les appareils de la même époque !) !... Pour autant, on ne pourra pas le comparer aux appareils petit format, si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Pentax 6x7, si vous obtenez 1 image/seconde, c'est déjà pas si mal... Essayez de voir le temps que prennent les autres moyens formats de l'époque...

Conclusion
Le Pentax 6x7 a toujours été LE préféré des photographes professionnels, la lignée des Pentax 6x7 1ère génération, 2ème génération (avec MLU), 67, 67 II (c'est en gros toujours le même appareil) a tout de même vécu plus de 50 ans et ce n'est pas fini... Cela n'est pas un hasard !...

Le Pentax 6x7, de par son poids et sa taille, est boudé par de nombreux amateurs pourtant ferus de moyen format. Je trouve cela dommage ! Il est d'une simplicité d'utilisation sans pareille ! N'allez pas le comparer à un Mamiya RB... Pour peu que vous soyez en mesure de trimballer 3 kilos sur le dos en promenade, le Pentax 6x7 vous donnera le meilleur de la photo argentique et ne vous laissera jamais tomber ! A vous le reportage, le sport, le paysage et même le studio avec un négatif géant !... Si vous avez la possibilité d'en trouver un pas trop cher (ce n'est pas évident !) laissez vous tenter, vous ne le regretterez jamais !....

Et puis il est intéressant de souligner que l'exposition est gérée électroniquement (déjà, malgré l'âge de l'appareil) ce qui est un gage de précision et de fiabilité même si ça oblige le photographe a avoir toujours une pile de secours ! En effet, tant que l'obturateur est ouvert, le Pentax 6x7 va « pomper » sur la pile et si cette pile devient trop faible, le miroir restera levé et l'obturateur ne se refermera pas !... C'est pourquoi il a été prévu un bouton de libération du miroir et tant pis pour la vue « brulée ».

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Pentax 6x7

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : PENTAX 645

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE PENTAX

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MON TEST COMPLET

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Introduction
Après une incursion remarquée dans le monde du moyen format dans les années 1970 avec son 6x7 et son expertise et sa réussite fans le monde du petit format avec son ME Super et son Super A, PENTAX® a décidé de transposer ses appareils experts petit format dans le monde du moyen format. Le cahier des charges était ambitieux : proposer un moyen format aussi performant qu’un moyen format en qualité d’image ET aussi simple d’utilisation et aussi intuitif qu’un petit format !... En 1984 est donc né le Pentax 645 ! Il a « suffit » de transplanter le cœur du Pentax Super A dans un boîtier géant pouvant utiliser des films 120 ou 220… Pas si simple en fait !... Mais le résultat est plutôt réussi, malgré quelques défauts incontournables inhérents au cahier des charges et à l’époque qui accompagnait sa naissance. Je parle de défauts mais ces derniers sont mineurs puisqu’ils n’ont pas empêché le Pentax 645 d’être un appareil très apprécié des professionnels. Tellement apprécié qu’il aura fallu 15 ans pour que Pentax se lance dans sa mise à jour avec son 645N, 4 ans de plus pour créer la 3ème génération, le 645NII. Le pentax 645 était un tel appareil qu’il vit encore aujourd’hui, sous la forme de sa 4ème génération, numérique cette fois : le Pentax 645 D. En réalité, entre le 645 de première génération (dont je parle ici) et le 645 D, les changements ne sont dus qu’à l’amélioration des techniques appliquées à la photographie et le 645 D trouve bien ses racines dans le 645 de 1984 !...

Je ne peux pas passer sous silence mon énorme frustration : Pentax, le champion toutes catégories de la compatibilité ascendante a, pour une fois, fait beaucoup de mal aux pentaxistes ! Si le 645 D accepte toujours les objectifs de ses prédécesseurs, Pentax n’aurait pas du refondre la totalité du 645 NII pour plutôt créer un dos numérique qui aurait pu être adaptable aux 4 générations de 645…

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

45 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120 ou 220 ou en bobine 70mm
Modes de prise de vue

Mode Manuel avec mesure de l'exposition
Mode B
Mode
60
Mode exposition auto "programme"
Mode exposition auto "priorité diaphragme"
Mode exposition auto "priorité vitesse"
Mode exposition auto "flash TTL"
Mode objectif à obturateur central
Mode correction d'exposition
Expositions multiples

Lignes de programme
Une seule
Plage de mesure
Mesure TTL à pondération centrale ou (mesure OTF -sur le film- pour exposition au flash) de EV3 à EV19
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Correction de l'exposition de -3EV à +3EV par incrément de 1EV
Réglage dioptrique du viseur
Intégré dans l'oculaire de -5 à +2 dioptries
Infos viseur
Diaphragme,
Vitesse,
Facteur de correction d'exposition,
Signal flash prêt,
Confirmation exposition au flash,
Mode 60,
Mode B,
Alarme "hors limites de couplage"
Valeur de sur ou sous exposition en mode manuel
Moniteur LCD
Un externe qui affiche :
Avancement du film
Sensibilité film
Vitesse
Diaphragme
Correction d'exposition
Mode "programme"
Mode "priorité diaphragme"
Mode "priorité vitesse"
Mode "manuel"
Mode "60"
Mode "B"
Mode "objectif à obturateur central"
Compte poses
Signal flash prêt
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à lampe ou électronique
Synchronisation par sabot à contacts multiples pour flash dédié Pentax ou contact central unique pour flash générique PLUS 1 prise synchro flash PC
Vitesse de synchro-flash : 1/60è
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Oui
Prise de vues continue
Oui environs 1,5 image/seconde par moteur intégré
Mémoires Utilisateur
Une
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120 ou 220 ou bobine 70mm
Dimensions
147 x 109 x 117 mm (avec poignée mais sans objectif)
Poids
1320 g avec poignée et magasin 120 mais sans objectif, sans pile, sans film
Accessoires
Dépolis interchangeables, œilletons, ligne d'objectifs spécifique, accessoires pour macrophotographie, magasin 120, magasin 220, bobine film 70mm, etc...

Présentation générale
Le Pentax 645, de prime abord, a une drôle de « bouille » : il est long, mais long ! Hauteur faible, largeur faible malgré la poignée, mais quelle longueur, surtout avec un objectif en place ! Pour qui vient du petit format, c’est une curiosité en soi.

En y regardant d’un peu plus près, les surprises fusent : on découvre un long tuyau en haut, à la place du prisme ! Etrange pour un appareil de la marque qui a inventé le pentaprisme (en fait il y a un prisme mais ce dernier est d’un type particulier, quasiment plat !), il y a une poignée de maintien à main droite.

On a beau chercher, nulle trace d’un levier pour armer l’obturateur ou faire avancer le film ! Il y a bien un petit levier sur le côté droit mais si proche de l’objectif qu’il doit certainement servir à autre chose !

Sur la face avant il n’y a rien d’autre qu’un petit bouton qui doit certainement servir à libérer l’objectif.

Sur la gauche de l’appareil se trouve un grand cercle dont le centre est constitué d’un pas de vis, esthétique discutable et quel intérêt ? Un autre trou juste à côté du cercle… rôle mystérieux aussi. Deux caches en plastique qu’il va falloir retirer pour espérer comprendre le rôle des éléments cachés  : celui à l’avant camouffle un trou avec un pas de vis au milieu donc rôle toujours aussi mystérieux ; celui en arrière est une prise PC pour synchro flash. En bas, une roulette dentée, notée « ME », dont le rôle n’est pas franchement clair non plus et qui surplombe un petit point qui ressemble à une diode. Fichtre ! C’est bien le premier appareil moyen format que je vois en me disant « il faut que je trouve le mode d’emploi ! ».

Sur la face arrière, une fenêtre classique pour aide mémoire du film et une clé marquée « 120 », il ne peut donc s’agir que du dos !

Vu de dessus, encore une fois, ce Pentax 645 n’a rien de commun avec les moyen formats « classiques » : une griffe porte flash avec 3 contacts, le « tuyau » de visée dont j’ai déjà parlé et à sa gauche… 5 boutons poussoirs ! Juste en dessous de ces 5 boutons, une roulette marquée « S » ou « C » alternativement quand on la fait tourner !... A droite du viseur une petite fenêtre séparée en 3 écrans : un grand et deux petits. A la limite droite du boîtier, à côté de la poignée, encore 2 boutons poussoirs ! Reste la poignée qui porte le bouton déclencheur et un interrupteur type interrupteur mural !...

Sur la semelle du Pentax 645, une classique semelle de fixation au statif, mais plus mystérieux, une espèce de trappe dotée de 2 micro trous et en arrière une vis dans un logement... certainement l’emplacement de la pile : et bien non, si on dévisse, on trouve : rien ! Il semblerait que ce soit seulement un cache qui cache un pas de vis ! Bizarre ! Au niveau du dessous de la poignée, on trouve une grosse vis qui permet la fixation de la poignée au boîtier, un autre bouton rond et rugueux (que je dévisse, bien sûr ! pour trouver une espèce de prise électrique !). Devant lui une tirette en plastique. Là je comprends qu’en déplaçant cette tirette je devrais avoir accès à un logement à piles, mais rien…En fait, il faut bien chercher… c’est l’arrière de la poignée qui peut sortir en faisant coulisser la tirette ! Encore faut-il avoir des ongles pour saisir le coin du logement à pile !...

Bref, le Pentax 645 est bizarre vu de loin et il devient mystérieux vu de prêt !...

Les différents boutons
Avant d'aller dans le détail, il me faut mettre une chose au point car dans ce chapitre je ne vais pas franchement être tendre avec Pentax... Entre le Super A en petit format et ce 645, il y a un point commun : nous sommes dans les années 1980 ! La folie de cette époque s'appelait... l'explosion du modernisme digital avec l'avènement des montres à Quartz ! Pour faire moderne, il fallait absolument être doté de boutons, de LED, d'écrans LCD et tout et tout... Pentax, en bon japonais qu'il est, ne pouvait pas passer pour un "ringard" et a donc doté ses appareils de... boutons, LED, écrans LCD !...

Parlons des boutons, vous allez vite comprendre pourquoi cette entrée en matière !

Sur la poignée d’abord :
Sur le dessous : bien protégé par un couvercle vissant, se trouve l’interface qui permet d’alimenter le Pentax 645 avec une alimentation externe.
Une petite tirette permet de libérer le compartiment à pile situé dans la poignée.

Sur le dessus : un interrupteur type interrupteur mural, sert d’interrupteur général. En fait d’interrupteur général, il semblerait qu’il s’agisse plus d’un système empêchant le déclenchement involontaire puisque même en position OFF, l’affichage ne s’éteint pas et l’éclairage de l’écran LCD est possible !

Sur le boîtier ensuite :
Sur la face avant : rien d’autre que le bouton de libération de l’objectif.

Sur le côté gauche : après lecture du mode d’emploi, je peux dire que le pas de vis placé à l’avant est en réalité l’interface d’un bouton que l’on trouve sur la semelle du 645, vous savez, ce truc qui, une fois enlevé ne servait à rien ? Et bien, ce truc se fixe ici ! Il sert à avancer manuellement le film si les piles vous lâchent ! Il sert aussi à armer l’obturateur si les piles vous lâchent ! Je m’étonnais au début de l’absence de levier d’armement et d’avancement du film, le mystère est résolu : tout fonctionne automatiquement via un moteur électrique et les pièces apparemment absentes se trouvent sur ce simple petit pas de vis ! Difficile à trouver sans le mode d’emploi non ?
Le bouton situé à l’arrière est bien la fiche PC de synchro flash.
Le grand cercle et le petit trou contigu, s’ils ne sont pas des boutons, je me dois d’en parler quand même puisque jusqu’à présent on n'avait aucune idée de ce que c’était… et bien c’est tout simplement un deuxième sabot de fixation au statif pour la prise de vue en portrait.
La roulette dentelée marquée ME est en fait le bouton de commande de l’exposition multiple, il suffit de la faire tourner pour exposer 2 fois (ou plus) la même vue.
Ce qui semblait être une petite diode en dessous n’est en fait qu’une petite fenêtre qui affiche une couleur rouge quand l’obturateur est armé.

Sur l’arrière : rien de particulier : il y a une clé mais qui ne sert pas à retirer le dos ! Le 645 ne possède pas de dos amovible ! Cette clé sert à sortir le magasin du film du corps de l’appareil.

Sur le côté droit : on ne retrouve que le petit levier qui sert à la visualisation de la profondeur de champ. Et c’est tout !

Sur le dessus : C’est là que se concentre tout le Pentax 645 !

A gauche du tuyau de visée se trouvent 5 boutons poussoirs :
+ EF : qui sert à la compensation d’exposition (comme son nom l’indique)
ISO : qui sert à régler la sensibilité du film (comme son nom l’indique)
LED : qui commande l’affichage LED à l’intérieur du viseur
O : un simple O mystérieux pour dire qu’il sert à éclairer l’écran LCD situé à droite du tuyau du viseur ! Oh, quand je dis « éclairer » c’est un bien grand mot ! N’allez pas imaginer l’éclairage des écrans LCD de votre numérique du XXIè siècle ! C’est comme les premières montres à quartz, une micro diode placée sur le côté de l’écran LCD et qui s’éclaire (la diode s’éclaire, l’écran pas vraiment !)
MODE : c’est le bouton le plus important de tous puisque c’est lui qui joue le rôle des menus des appareils numériques d’aujourd’hui ! C’est par lui que vous passerez pour commander votre Pentax 645 !

La molette située sous ces 5 boutons sert à sélectionner le mode de déclenchement : vue par vue ou en rafale.

A droite du viseur se trouvent 2 boutons poussoirs. Ces 2 boutons n’ont aucune action si on les prend isolément !  Ils fonctionnent en combinaison avec les boutons situés de l’autre côté du viseur (+ EF, ISO et MODE) !

Et c’est là que prend tout le sens de mon entrée en matière : pour commander le Pentax 645 il faut un certain entraînement ou se faire greffer une 3ème main ! Alors que le principe des boutons poussoirs et des écrans LCD permettaient une utilisation simple et intuitive sur le Pentax Super A, il en va tout autrement avec le 645 ! Déjà qu’il est lourd (1,3 kg + 6 piles AA + 1 objectif), qu’il est très long et que la poignée se trouve sur la face postérieure, le 645 est déséquilibré vers l’avant ! Deux mains ne sont pas de trop pour le porter. Et en plus, pour travailler, il faut appuyer sur un des boutons situés à gauche du viseur, et, tout en le maintenant enfoncé, sélectionner les paramètres avec les boutons situés du côté droit du viseur… Ce n’est plus de la gymnastique, c’est du contorsionnisme !...

Bien sûr, on s’y fait, mais il ne faut pas faire l’impasse sur la période d’entraînement à vide avant de partir faire un shooting important !... Un des aspects du cahier des charges de Pentax® est totalement loupé (à mon humble avis) : la « simplicité d’utilisation d’un petit format ».

Les menus
Le Pentax 645 ne possède pas de menu à proprement parler, l’appui sur un des boutons de réglage modifie l’affichage de l’écran LCD externe et de l’écran LED du viseur et permet de modifier le fonctionnement de l’appareil. Peut-on dire qu’il s’agit d’un pseudo-menu ? Dans le sens des menus des appareils numériques actuels non… mais on n’en est franchement pas très loin, surtout que le Pentax 645 date des années 1980, c’est presque un exploit…

Alimentation
Le Pentax 645 ne peut pas fonctionner sans alimentation électrique (enfin, si, un peu en avance manuelle du film et armement de l’obturateur manuel… mais même le mode d’emploi ne le recommande pas !). Il faut alimenter le posemètre, le moteur d’entraînement, la mémoire, l’obturateur…

En fait le Pentax 645 requiert 6 piles de 1,5V de type AA qui trouvent leur place dans la poignée PLUS une pile au lithium de 1,5V placée dans un logement sécurisé dans la semelle du 645. Le mode d'emploi parle d'une autonomie d'une centaine de films. C'est probablement vrai, à condition de ne pas attendre 6 mois entre deux pellicules...

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le PENTAX 645 s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120 pour 15 poses ou des films 220 pour 30 poses. Il peut également utiliser des films de 70mm pour environs 90 poses...

Viseur & Objectif
Pour un pentaxiste, le 645 est une bête curieuse dans la mesure où le pentaprisme « classique » de Pentax® est absent. Soit, le prisme existe mais il est d’un type particulier, moins lourd et moins volumineux (c’est un avantage pourtant non négligeable !). Je le trouve un tantinet moins lumineux. Son champs de couverture n’est que de 93%, mais il est vrai qu’à l’époque, l’utilisation des prismes ne permettaient pas une couverture à 100% et ce quel que soit le format.

Pour ce qui est des objectifs, on est bien loin des Takumar®, ce sont des objectifs Pentax® qui s’adaptent à la baïonnette KA du 645. Ces objectifs sont tout de même d’excellente facture, le traitement SMC Pentax® est grandiose, l’ouverture est grande, le bokeh très agréable, bref,  la seule différence se trouve au niveau du poids, le résultat sur l’image n’a rien à envier aux prestigieux prédécesseurs. Personnellement, ce que j’apprécie le plus avec les optiques Pentax® c’est l’aisance avec laquelle les différentes bagues coulissent ! Il est à noter toutefois qu’il est possible d’attacher au 645 des vieux objectifs Takumar® du Pentax 6x7 grâce à des bagues d’adaptation au prix de la perte de certains automatismes.

La mise au point
Le Pentax 645 (1ère génération) est équipé d'une monture KA 645 qui permet des automatismes, mais, contrairement à ses successeurs, pas à la mise au point automatique (autofocus). Donc la mise au point est 100% manuelle. Il suffit de tourner la bague de mise au point de l'objectif pour effectuer la mise au point. La vérification de la netteté se faisant sur le super dépoli du viseur du Pentax 645 équipé d'un stigmomètre et d'une bague de microprismes.

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Pentax 645 est en fait celle du film que l'on installera. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film.

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Vous avez un Pentax en entrée de lumière... Autant dire un morceau de cristal de roche ! En plus, imaginez ce qu'est un négatif de 4,5 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier (bien que les capteurs numériques professionnels actuels approchent le 45x60 full frame ! mais à quel prix !...)

Exposition
Attention, il faut se souvenir de l’âge de notre appareil ! Il est prévu pour assurer une exposition automatique ou manuelle mais ne sait encore mesurer la lumière qu’en pondération centrale, pas de mesure spot, pas de mesure multizones à l’époque ! Pas plus de mémorisation de l’exposition… cette dernière se fait en continu… Il faut donc cadrer le sujet principal au centre et l’y laisser (bof) ou utiliser le 645 en mode manuel ou jouer avec les corrections d’exposition, après tout c’est un appareil pour professionnel, qui sait donc contourner cette « limitation » !... Cela dit, le 645 fait parfaitement bien le travail qu’on lui demande de faire, les résultats sont sans surprise !...

Flash
Le Pentax 645 ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet. Il faut noter que le 645 s'est vu offrir des flashs automatiques dédiés qui permettent une mesure TTL (et même OTF !) avec résultat garanti, si toutefois le photographe sait s'en servir, ce qui ne devrait pas poser de problème à un professionnel !...

Il est par contre important de noter que la vitesse de synchro flash du PENTAX 645 est de seulement 1/60ème de seconde ! C'est vraiment très lent ! Autant dire que faire du fill-in au flash est une véritable gageure !... Bien sûr il faut déplacer un rideau gigantesque, mais, pris dans l'absolu, ce n'est pas le problème du photographe !... Bien sûr de nombreux autres appareils moyen format à obturateur plan focal (dans le corps de l'appareil) ne proposent pas de synchro plus rapide, mais ce n'est pas une excuse non plus !... Et, après tout, pour qui veut faire du fill in au flash, le 645 peut utiliser des objectifs à obturateur central et ainsi avoir une synchro flash à toutes les vitesses, même les plus rapides !...

Balance des blancs
Le Pentax 645 étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Pentax 645, contrairement aux autres appareils moyen format argentique professionnels, est ce qui se fait de plus rapide (attention : comparons les appareils de la même époque !) !... Pour autant, on ne pourra pas le comparer aux appareils petit format, si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Pentax 645, vous devrez vous contenter d'1,5 image/seconde, c'est déjà pas si mal... Il faut garder présent à l'esprit qu'il faut avancer plus de film en moyen format qu'en petit format, en plus, les films 120 et 220 ne sont pas perforés (contrairement aux films 24x36) et qu'un moteur d'entraînement trop rapide ne réussirait qu'à faire patiner le film !...

Conclusion
Le Pentax 645 n'a pas la renommée du Pentax 6x7, mais ne joue pas dans la même cour. Il a toutefois de nombreux adeptes, au point que le 645 a survécu au temps et que sa descendance est assurée, après le 645 N, le 645 NII, voilà le 645 D et demain ? C'est en gros toujours le même appareil qui a tout de même vécu près de 30 ans et ce n'est pas fini... Cela n'est pas un hasard !...

Le Pentax 645, même bourré d'électronique est d'une fiabilité à toute épreuve, mon exemplaire (acheté d'occasion) a près de 30 ans, n'a jamais été révisé ni nettoyé et il continue à me servir fidèlement sans jamais me laisser tomber, même dans des conditions difficiles d'éclairage ! Aujourd'hui, vu son prix, de nombreux amateurs commencent à s'y intéresser... je ne saurais leur dire qu'une chose : allez-y !...

Et puis il est intéressant de souligner que l'exposition est gérée électroniquement (déjà, malgré l'âge de l'appareil) ce qui est un gage de précision et de fiabilité même si ça oblige le photographe a avoir toujours un jeu de piles de secours ! En effet, tant que l'obturateur est ouvert, le Pentax 645 va « pomper » sur les piles et si ces dernières deviennent trop faibles, le 645 sera quasiment hors d'usage d'où le bouton de secours pour sauver au moins la partie du film déjà exposée...

Juste une dernière réflexion : je n’ai pas encore très bien compris ce que souhaitait Pentax® en lançant son premier 645 ? Apporter aux professionnels des possibilités qui jusque là n’étaient offertes qu’aux appareils petit format ou stimuler les amateurs à regarder du côté du moyen format ? Si on lit le mode d’emploi, on découvre que ce dernier est franchement écrit pour un public d’amateurs mais avec le prix de vente de cet appareil, je ne pense pas que le 645 ait réussi à en convaincre beaucoup à l’époque ! Pour les professionnels, je ne suis pas sûr que le système de boutons et d’écrans LCD/LED soit un réel plus et même que l’absence de dos amovible a pu être un frein (en fait pas de trop vu la brillante carrière du Pentax 645 !). Bref, je terminerai cet article comme je l’ai commencé en regrettant que Pentax® n’ait pas fabriqué un dos numérique qui aurait pu s’adapter à toutes les générations de 645… cela m’aurait bien plu, et m’aurait peut-être empêché de rêver au 645 D !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Pentax 645

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : BRONICA ECTL

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE BRONICA

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MON TEST COMPLET

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Introduction
Bronica®, voilà encore une marque dévaluée dans l'esprit du public (comme Pentax®- c'est à croire que j'ai une tendresse pour les marques mal aimées ! -) qui est tout de même signataire d'appareils qui méritent franchement qu'on s'y intéresse, au moins qu'on s'y arrête un instant !

Parmi les « bijoux » que nous a proposé Bronica®, je vais vous parler de l’ECTL proposé sur le marché en 1975. Vous me direz « encore un appareil moyen format qui essaye de concurrencer les Hasselblad® ». Bien sûr, il y a un petit air de ressemblance, mais comment faire autrement ? C’est un 6x6, et, à ma connaissance, il y a très peu de possibilités de design général (voir ce que j’en dis dans le chapitre consacré au Kowa® six MM) !... Si l'Hasselblad®, en bon suédois qu'il est, a un design taillé à la hache (ce n'est qu'un cube !) comme les Volvo® de l'époque, le Bronica® aurait plutôt un style plus recherché. Mais, et je le regrette, l'ECTL a perdu ce design «voiture américaine des années 50» qu'arborait avec bonheur la série Bronica® S ! N’empêche que ce Bronica® ECTL est un boîtier entièrement nouveau, avec obturateur électronique, le premier appareil moyen format au monde avec exposition automatique. Il ne s'agit « que » d’un automatisme à priorité diaphragme qui mesure la lumière à travers l'objectif (TTL) et affiche les vitesses par diodes dans le viseur. Bien sûr, l'appareil fonctionne aussi en manuel ! Ca peut paraitre kitch, voire léger, pour un appareil professionel, mais l'avenir a montré que les professionels aussi se sont laissés séduire par les automatismes !... Dernier regret, Bronica® a aujourd'hui disparu du paysage photographique, heureusement que de nombreux amateurs perpétuent son souvenir en les utilisant et en les bien traitant !...

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

60 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120 ou 220 ou polaroïd (dos spécifique)
Modes de prise de vue

Mode Manuel avec mesure de l'exposition
Mode B
Mode exposition auto "priorité diaphragme"
Pseudo mode exposition auto "priorité vitesse"
Mode objectif à obturateur central
Mode correction d'exposition
Expositions multiples

Lignes de programme
Non
Plage de mesure
Mesure TTL à centrale prépondérante grâce à 3 cellules silicone bleues dont une qui mesure les éventuelles lumières parasites venant du viseur.
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Non
Réglage dioptrique du viseur
Selon configuration du viseur / option
Infos viseur
Vitesse,
Mode 60 (synchro flash),
Mode B (en fait, aucun affichage du tout dans ce mode),
Sur ou sous exposition
Moniteur LCD
Non
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à lampe ou électronique
Synchronisation par 1 prise synchro flash PC
Vitesse de synchro-flash : 1/60è
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Oui
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Non
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120 ou 220
Dimensions
(L/l/h) = 139x170x117mm
Poids
1840 g boîtier seul, 2100 g en ordre de marche avec Nikor P 75mm f/2.8
Accessoires
Dépolis interchangeables, ligne d'objectifs spécifique + objectifs de série antérieure (S), accessoires pour macrophotographie, dos, viseurs, poignées, etc...

Présentation générale
Le Bronica ECTL est ce qu'on appelle un « système » moyen format, c'est à dire qu'en réalité il s'agit plus d'un puzzle que d'un appareil photo !...

À la base, le Bronica ECTL n'est qu'un cube évidé sur 3 de ses 6 côtés, un miroir incliné à 45° en son centre, une manette d'armement avec la tringlerie qui permet l'actionner l'obturateur focal, une baïonnette permettant de fixer un objectif sur le devant et des glissières permettant la fixation d'un système de visée sur le haut et un dos pour contenir les films sur l'arrière et un bouton déclencheur qui fait se relever le miroir et qui commande l'obturateur.

Avant de poursuivre, il faut que je parle de la baïonnette de l'ECTL ! Bronica®, sur ce coup là, a réussi à jouer l'originalité (mais il l'avait déjà inauguré sur les prédécesseurs de l'ECTL !). Le Bronica ECTL ne compte pas moins de 3 montures d'objectif : une grande baïonnette pour monter les bagues de mise au point des objectifs de 300, 400, 600, 800 et 1200mm ; une petite baïonnette pour monter les objectifs de 40, 50, 75, 80, 100, 150 et 200mm ; une petite monture à vis pour recevoir les bagues allonges et les objectifs plus anciens adaptés à cette monture. Autant dire que le montage d'un objectif sur le Bronica ECTL n'est pas franchement une sinécure ! En plus, la mise au point ne se fait pas par l'objectif mais via la bague de mise au point fixée sur la baïonnette et c'est cette bague qui porte l'objectif (donc la mise au point se fait par le boîtier) !... C'est intéressant pour le prix des objectifs (moins complexes) mais pas franchement simple à gérer car il faut que les bagues soient adaptées aux gammes d'objectifs !...

Pour être utilisable, le Bronica ECTL a besoin, au minimum, de :

Un dépoli : qui permet de voir une image dans le viseur. Le Bronica ECTL était proposé avec 5 dépolis différents, selon les besoins du photographe.

Un système de visée : qui permet de visualiser l'image qui se forme sur le dépoli. Le Bronica ECTL était proposé avec 4 viseurs différents en fonction des besoins du photographe.

Un système pour contenir et cadrer le film : le Bronica ECTL était proposé avec 3 dos différents en fonction du type de film (120 - 220 [un seul dos gérant les deux films], polaroïd).

Un objectif : pour créer l'image sur le dépoli et sur le film. Le Bronica ECTL proposait 18 objectifs « nouvelle génération » {40mm f/4, 50mm f/2.8, 75mm f/2.8 (PC), 75mm f/2.8 (HC), 200mm f/4, 300mm f/5.6, 400mm f/4.5, 600mm f/5.6, 800mm f/8 et 1200mm f/11 signés Nikkor® PLUS 40mm f/4, 50mm f/2.8, 75mm f/2.8, 80mm f/2.4, 100mm f/2.8, 150mm f/3.5, 200mm f/3.5 et 300mm f/4.5 signés Zenzanon® PLUS les objectifs de la série Bronica S PLUS des raretés Zeiss® adaptées à la monture Bronica®}, ce qui fait 18 objectifs en tout même s'il y a doublons et sans compter les anciens objectifs série S et les autres tentatives rares car restées sans suite...

En plus, le Bronica ECTL proposait une gamme impressionnante d'accessoires plus ou moins importants mais jamais indispensables pour une prise de vue « basique ». Voir le mode d'emploi pour plus de détails...

Les différents boutons
Sur la face avant : Juste au dessus de la marque «Zenza BRONICA» on trouve le bouton de libération du viseur. En haut, à gauche de l'objectif (côté opposé au marquage «TL») se trouve le bouton de libération de la grande baïonnette. En bas à droite, comme toujours, on trouve le bouton déclencheur, ce dernier est percé d'un pas de vis acceptant un déclencheur souple. Dans le coin inférieur droit de l'objectif se trouve le bouton testeur de profondeur de champs et il permet également de lancer la mesure TTL de l'exposition. Il ne s'agit pas d'un bouton mais il faut parler ici de la bague de mise au point puisqu'elle fait partie intégrante du boîtier.

Sur le dessus : l'ECTL ne porte aucun bouton si on ne considère que le boîtier. Par contre, le dos présente, sur sa gauche (si l'objectif est en haut) le bouton d'ouverture du dos. Il y a également les boutons du viseur mais je n'en parlerai pas ici, puisque tout dépend du type de viseur installé.

Sur le côté gauche (objectif situé à gauche) : en haut, vers l'arrière se trouve la prise PC synchro-X flash, au centre le bouton de levée du miroir et le bouton de libération du miroir levé.

Sur le côté droit (objectif situé à droite) : c'est un peu plus fourni : la molette de sélection des vitesses se trouve à proximité de l'objectif. Cette molette de sélection des vitesses porte en elle le bouton de réglage de sensibilité du film ainsi que 2 fenêtres présentant l'une la sensibilité ASA, l'autre la sensibilité DIN (eh oui, point d'ISO à l'époque !). En peu en retrait se trouve la manivelle d'avancement du film et d'armement de l'obturateur. Sur le dos, du même côté se trouve le bouton de sélection du type de film (120/220) et du nombre de vues (12/24), le bouton d'avance du film propre au dos, le levier d'expositions multiples ainsi que le bouton de libération de ce levier d'expositions multiples.

Avant de poursuivre, bien que je sois sensé ne parler que des boutons dans ce paragraphe, je vais faire une parenthèse que j'estime importante ! En effet, peut-on parler de défaut du Bronica ECTL ? Je n'en sais rien, toujours est-il que ce système n'est pas fait pour faciliter l'utilisation de cet appareil !... Il faut renseigner la cellule du posemètre en réglant la sensibilité du film, soit, tous les appareils ont besoin de cela MAIS avec l'ECTL, pour peu qu'on possède plusieurs objectifs, il faut se promener en permanence avec le mode d'emploi dans la poche !... Le bouton de réglage ASA/DIN est généralement doté d'un point face auquel il faut placer la valeur de la sensibilité du film, l'ECTL, lui, est doté de 3 points de couleurs différentes ! Chaque point correspond à un ensemble de focales d'objectifs, donc selon l'objectif que vous installez, il faudra modifier le réglage du bouton de sensibilité ASA/DIN faute de quoi les renseignements du posemètre seront faux !... Une galère que je n'ai jamais rencontré sur aucun autre appareil (sauf le Kiev 60 où il fallait entrer l'ouverture maximum de l'objectif monté sur le posemètre !)...

Sur le dessous : point de bouton mais, en plus du sabot de fixation au trépied, se trouve une vis qui bloque la trappe du logement à pile. Est-ce une malfaçon due à Bronica®, est-ce mon exemplaire, je n'en sais rien, toujours est-il que la vis qui maintient la porte du logement à pile peut être libérée comme rien !... Ce qui fait que la porte du logement s'ouvre pour un oui ou pour un non, que la pile peut tomber (on la perd et bonjour la balade photographique !), pire, si on pose l'appareil avec cette porte ouverte, on risque de la casser !... S'il s'agit d'un problème de conception, c'est un sacré défaut, s'il s'agit de mon exemplaire, pas de critique !... Quoi qu'il en soit, un bout de scotch résout tout et il suffit d'être attentif avant de poser le Bronica sur un support !...

Sur la face arrière, il y a le dos mais aucun bouton.

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu !

Alimentation
Le Bronica ECTL est un appareil avec obturateur électronique ET posemètre intégré DONC il a absolument besoin d'une pile. On peut même dire que sans pile, il est incapable de fonctionner puisqu'il n'a qu'une seule vitesse d'obturation mécanique à 1/40è, ce qui fait plus que limiter son utilisation. Le Bronica ECTL a été prévu pour fonctionner avec une pile alkaline 4LR44 de 6V. J'ai testé avec succès une pile lithium de 6V, c'était une Energizer L544 et la différence de courbe de décharge entre les deux familles de piles n'a aucunement entraîné d'erreur d'évaluation du posemètre.

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le Bronica ECTL s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120, des films 220 ou des polaroïds.

Viseur & Objectif
Le Bronica ECTL est, nous l'avons dit, un système moyen format. Il propose (nous l'avons dit plus haut) 4 viseurs et 5 dépolis. Il faudrait donc tester 30 possibilités et ce test complet n'aurait aucun intérêt puisque le choix d'un dépoli ainsi que le choix d'un système de visée dépend uniquement des besoins et des goûts du photographe ! Je me contenterai donc de signaler que le simple dépoli de base est largement suffisant pour une utilisation professionnelle : il est extrêmement fin et très lumineux ! Les systèmes de stigmomètre, de microprisme, de champ couplés peuvent, certes, apporter un plus pour certains, mais ce n'est pas parce qu'ils ont été adoptés par les reflex petit format qu'ils doivent faire l'unanimité !

Quel type de viseur pour quelle utilisation ? Nous avons vu que le Bronica ECTL proposait 4 viseurs, pour quoi faire ?
• le viseur capuchon permet une visée par le dessus (moins agressif pour le portrait). Il couvre 100% du champ de vision de l'objectif, il est extrêmement clair, respecte au mieux les couleurs ainsi que les ombres. On peut dire qu'il nous montre une « diapositive » de l'image finale.
• le viseur cheminée utilise le même principe que le viseur capuchon sauf qu'il est plus lourd et ne peut pas se replier (encombrant). On l'utilise via un oculaire vertical qui peut entraîner des aberrations lors de la visée. Par contre, il peut être équipé de loupe pour une mise au point encore plus précise (surtout en macro-photo).
• le viseur prisme, lui, permet d'effectuer une visée à hauteur d'œil, il permet également de redresser l'image, en effet, avec les viseurs verticaux il y a une inversion gauche/droite entre la visée et la réalité. Par contre, les prismes ne couvrent plus 100% du champ de l'objectif. En plus, ils induisent des aberrations au cours de la visée et en plus, sont très lourds (ce peut être un handicap vu le poids de base du Bronica ECTL). Les 2 viseurs prismatiques prévus pour le Bronica ECTL proposent soit une visée à 45° soit une visée horizontale.

Pour ce qui est des viseurs, il en va de même que pour les dépolis : dans la mesure où ils ont chacun des avantages et des inconvénients, on ne peut pas faire une réelle critique !

Pour ce qui est des objectifs, Bronica®, à sa création, craignant de ne pas savoir faire de bonnes optiques, s'est tourné vers Nikon® pour la fabrication des objectifs. Cette association a perdurée même si Bronica (dont le vrai nom est Zenza Bronica) s'est mis à fabriquer des optiques nommées Zenzanon® qui se sont révélées aussi bonnes que les Nikkor®. Tous deux délivrent des images piquées et précises, et il faut souligner que, dans les deux marques on a accès à des objectifs très lumineux (rien à voir avec le petit format ! f/2.8 en moyen format c'est excellent !)...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Avec toutefois cette particularité dont j'ai déjà parlé plus haut : la mise au point ne s'effectue pas dans l'objectif mais dans le boîtier grâce à la bague de mise au point hélicoïdale installée sur la grande baïonnette. Ce système est particulier, mais totalement "transparent" dans la mesure où tourner une bague du boîtier ou tourner une bague de l'objectif, le résultat est le même !

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Bronica ECTL est en fait celle du film que l'on installera dans son dos. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, il faut changer de film (ou changer de dos).

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !...

Exposition
Le Bronica ECTL, et c'est sa plus grande caractéristique (puisque le premier !) est équipé d'un posemètre intégré qui permet une exposition automatique (à priorité diaphragme). Ce posemètre se base sur la mesure de 3 cellules dont une qui mesure la lumière provenant éventuellement du viseur de manière à ne pas la prendre en compte. Ce système paraît compliqué mais est très efficace ! J'ai testé l'ECTL en mode automatique et en mode manuel et le résultat a toujours été parfait ! Il faut avouer, et c'est un peu frustrant (à mon goût !), que je vois plutôt les appareils moyen format «cubiques», qu'ils soient en 60x60 ou plus, en utilisation manuelle avec posemètre autonome externe (remarque que je ne fais pas pour le moyen format 45x60, ou les formats 60x60 ou plus qui ont la forme d'un gros 24x36 tels le Pentax 6x7 ou le Kiev 60 etc... ou des «compacts» tels les Mamiya 6, Mamiya 7, Plaubel 67 etc... avec lesquels l'utilisation d'un posemètre intégré ne me pose aucun problème métaphysique !).

Donc aucune critique à souligner concernant les capacités de mesure d'exposition du Bronica ECTL !...

Flash
Le Bronica ECTL ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Bronica ECTL, dans la mesure où il possède un obturateur plan focal (devant le film), a une vitesse de synchro flash plutôt basse 1/60è... mais c'est malheureusement le cas de tous les appareils moyen format à obturateur plan focal !... Voilà un vrai problème pour le fill-in au flash !...

Balance des blancs
Le Bronica ECTL étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Bronica ECTL, comme tous les appareils moyen format argentique professionnels, ne peut pas être considéré comme un foudre de guerre !... Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Bronica ECTL, si vous obtenez 1 image/secondes, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer des réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 5 ou 10 secondes et encore... Mais, je me répète, avec le Bronica ECTL on fait de la photo, on ne prend pas des photos... En plus, avec la manivelle d'avancement du film (assez rapide) et avec l'exposition automatique, le Bronica ECTL est une «mitrailleuse» par rapport à des appareils de moyen format comme le Mamiya RB 67 (voir plus loin !).

Conclusion
Le Bronica ECTL a été quelque peu boudé des photographes professionnels, il a eu la malchance d'être né gros et lourd pour un 60x60 et surtout de s'appeller Bronica® ! Mais je pense que tous ceux qui ont pris le temps de le regarder et surtout de l'essayer, en ont pris suffisamment de plaisir pour garder un petit coin de leur cœur pour cet appareil ! En plus, aujourd'hui que Bronica® n'est plus, son prix est devenu dérisoire et il est donc possible de se «fabriquer» un système complet pour peu de frais ! Bien sûr, l'ECTL porte sur les épaules le poids de son âge, Bronica® a fait beaucoup mieux depuis l'ECTL, mais ce bon vieux ECTL a encore de nombreux adeptes, comme les Bronica® de la famille S d'ailleurs...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Bronica ECTL

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : KOWA SIX MM

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE KOWA

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MON TEST COMPLET

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Encore une marque inconnue de beaucoup ! Pourtant cette marque a été très prolifique, tant en moyen qu'en petit format ! Sa maîtrise des optiques l'a également amenée à créer des objectifs pour d'autres marques. J'ai décidé d'acquérir (en occasion) le Kowa Six MM, d'une part parce que je lui ai trouvé «bonne mine» mais également à cause de son design très particulier pour un moyen format 60x60. Par la suite, seulement j'ai appris à apprécier son utilisation et la qualité optique des objectifs Kowa. Il faut noter que le Kowa Six s'est décliné en 3 appareils, le Kowa Six, suivi du Kowa Six MM (qui est un Kowa Six à qui on a greffé une levée du miroir et la possibilité de faire des multi-expositions), lui même suivi du Kowa 66 (qui est un Kowa Six MM à qui on a greffé des dos interchangeables).

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

60 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120 ou 220
Modes de prise de vue

Mode 100%
Expositions multiples

Lignes de programme
Non
Plage de mesure
Aucune, absence de posemètre
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Non
Réglage dioptrique du viseur
Selon configuration du viseur / option
Infos viseur
Aucune
Moniteur LCD
Non
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à lampe ou électronique
Synchronisation par 1 prise synchro flash PC
Vitesse de synchro-flash : toutes les vitesses (obturateur central)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Oui
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Non
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120 ou 220
Dimensions
(L/l/h) = 137x118x157mm
Poids
1750 g
Accessoires
Dépolis interchangeables, ligne d'objectifs spécifique, accessoires pour macrophotographie, microphotographie, viseurs, poignées, etc...

Présentation générale
Le Kowa Six (MM) est ce qu'on appelle un « système » moyen format, c'est à dire qu'en réalité il s'agit plus d'un puzzle que d'un appareil photo !... Sauf qu'il ne propose pas de dos interchangeable, le dos amovible n'étant pas compatible avec son design particulier ! (son successeur, le Kowa 66, lui, en était bien qu'ayant le même design !).

Le Kowa Six, de par sa forme générale, fait pensé à l'élément manquant de l'évolution (si l'évolution Darwinienne était admissible en matériel photographique !) : Son boîtier est vertical, comme les appareils moyen format bi-objectifs, mais moins haut puisqu'il s'agit d'un reflex mono-objectif ! Cette particularité lui permet donc d'aligner les avantages de ce type de forme (poids réduit, meilleur équilibre -même si un peu déséquilibré vers l'avant à cause du poids de l'objectif-, plus grande compacité...) mais également les défauts (dos non amovible, impossibilité de sortir le film tant que l'appareil est fixé sur un trépied...).

À la base, comme tous les systèmes moyen format, le Kowa Six (MM) n'est qu'un cube (n'ayant pas de dos amovible, ce cube n'est évidé que sur 2 de ses 6 côtés), un miroir incliné à 45° en son centre, une manette d'armement avec la tringlerie qui permet l'actionner l'obturateur situé dans l'objectif et en même temps de baisser le miroir pour permettre la visée ainsi que de faire avancer le film, une baïonnette permettant de fixer un objectif sur le devant, un logement permettant la fixation d'un système de visée sur le haut et un bouton déclencheur qui fait se relever le miroir et qui commande l'obturateur (contenu dans l'objectif). Le dos étant absent, c'est le corps de l'appareil qui contient le film (comme les appareils petit format ou les appareils moyen format bi-objectif).

Dans l'état, le Kowa Six (MM) ne sert strictement à rien !... Pour être utilisable, le Kowa Six (MM) a besoin, au minimum, de :

Un dépoli : qui permet de voir une image dans le viseur. Le Kowa Six (MM) était proposé avec 6 dépolis différents, selon les besoins du photographe.

Un système de visée : qui permet de visualiser l'image qui se forme sur le dépoli. Le Six (MM) était proposé avec 6 viseurs différents en fonction des besoins du photographe.

Un objectif : pour créer l'image sur le dépoli et sur le film. Le Kowa Six (MM) proposait 10 objectifs {19mm f/4.5, 35mm f/4.5, 40mm f/4, 55mm f/3.5, 85mm f/2.8, 110mm f/5.6, 150mm f/3.5, 200mm f/4.5, 250mm f/5.6 et 500 f/8} plus un doubleur de focale.

En plus, le Kowa Six (MM) proposait une gamme impressionnante d'accessoires plus ou moins importants mais jamais indispensables pour une prise de vue « basique ». Voir le mode d'emploi pour plus de détails...

Les différents boutons
Dans la mesure où le Kowa Six (MM) est un appareil à obturateur central, c'est donc l'objectif qui porte les commandes principales de l'appareil (mise au point, vitesse, diaphragme, test de profondeur de champ, prise PC synchro flash, sélection M/X de type de flash, retardateur), les commandes situées sur le boîtier ne servant plus qu'à gérer le film et à armer ou déclencher l'obturateur (situé dans l'objectif).

Sur la face avant : Hormis la baïonnette de fixation de l'objectif, dans l'angle inférieur gauche, se trouve le bouton de déclencheur. Comme il se doit, ce dernier est percé d'un pas de vis pouvant recevoir un déclencheur souple, en plus, ce bouton est entouré d'une couronne qui permet le blocage de l'action du bouton déclencheur pour éviter un déclenchement accidentel.

Sur le côté gauche (objectif situé à gauche) : on trouve, outre les deux points de fixation de la courroie, un bouton permettant la libération du viseur et la libération du dépoli (pour remplacement) et deux boutons permettant l'installation du film. Il reste le sabot porte accessoires et un étrange petit levier qui sert de blocage de l'objectif (on l'aurait plutôt vu sur la face antérieure).

Sur le côté droit (objectif situé à droite) : en plus des deux points de fixation de la courroie, on découvre dans la partie supérieure, deux grosses roues : la plus grosse servant à faire avancer le film et à armer l'obturateur, la deuxième est un peu plus mystérieuse, elle sert à commander les expositions multiples (fonction indisponible sur le Kowa Six non "MM"). Dans la partie inférieure, il existe également 2 roues, une de couleur argentée qui sert à déterminer le type de film installé dans l'appareil (via le nombre de poses : film 120 = 12 poses, film 220 = 24 poses) et qui est tout naturellement situé à côté de la fenêtre du compte vues. Tout en bas, une autre roulette, de couleur noire, elle, qui sert à la levée anticipée du miroir (fonction indisponible sur le Kowa Six non "MM").

La face arrière : elle ne porte rien, même pas un petit emplacement pour servir d'aide mémoire sur la sensibilité du film installé (en même temps, il faut vraiment être Alzheimer pour oublier la sensibilité d'un film qui ne contient que 12 poses !... et même 24...)

Le dessous : la semelle du Kowa Six (MM) est très classique : une clé d'ouverture/fermeture du dos et un pas de vis pour la fixation sur un trépied. Cette fixation pour le trépied est déportée à l'extrémité antérieure de la semelle, mais, à part pour ceux qui ont bricolé un système d'entretoise de 20cm, cette localisation ne permettra tout de même pas l'ouverture du dos sans démontage du Kowa Six (MM) de son trépied !... donc précaution inutile !...

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu !

Alimentation
Comme au dessus, voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucune alimentation ! Le Kowa Six (MM) est un appareil 100% mécanique !... Dans la gamme des accessoires, on trouve 2 viseurs équipés de posemètre TTL. Ces deux viseurs seront donc équipés d'un logement à pile, mais cela sort de la description du Kowa Six (MM).

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le Kowa Six (MM) s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120 et des films 220.

Viseur & Objectif
Le Le Kowa Six (MM) est, nous l'avons dit, un système moyen format. Il propose (nous l'avons dit plus haut) 6 viseurs et 6 dépolis. Il faudrait donc tester 36 possibilités et ce test complet n'aurait aucun intérêt puisque le choix d'un dépoli ainsi que le choix d'un système de visée dépend uniquement des besoins et des goûts du photographe ! Je me contenterai donc de signaler que le simple dépoli de base est largement suffisant pour une utilisation professionnelle : il est extrêmement fin et très lumineux ! Les systèmes de stigmomètre, de microprisme, de champ couplés peuvent, certes, apporter un plus pour certains, mais ce n'est pas parce qu'ils ont été adoptés par les reflex petit format qu'ils doivent faire l'unanimité ! Le Kowa Six MM que j'ai acheté (d'occasion, pour ne pas dire de collection) est équipé d'un dépoli standard, dit mat, soit un dépoli Fresnel avec pastille matte et il me convient parfaitement...

Quel type de viseur pour quelle utilisation ? Nous avons vu que le Kowa Six (MM) proposait 6 viseurs, pour quoi faire ?
• le viseur sport permet un cadrage ultra rapide puisqu'il ne coupe pas le monde alentours, on peut voir si l'objet à photographier arrive sur le lieu de prise de vue, sans devoir le suivre.
• le viseur capuchon permet une visée par le dessus (moins agressif pour le portrait). Il couvre 100% du champ de vision de l'objectif, il est extrêmement clair, respecte au mieux les couleurs ainsi que les ombres. On peut dire qu'il nous montre une « diapositive » de l'image finale.
• le viseur cheminée utilise le même principe que le viseur capuchon sauf qu'il est plus lourd et ne peut pas se replier (encombrant). On l'utilise via un oculaire vertical qui peut entraîner des aberrations lors de la visée. Par contre, il peut être équipé de loupe pour une mise au point encore plus précise (surtout en macro-photo). Il peut également être équipé d'une cellule pour déterminer précisément les paramètres d'exposition, cela est très pratique surtout dans le cas ou le Kowa Six (MM) est utilisé en macrophotographie et encore plus en microphotographie (puisqu'il dispose d'un accessoire de fixation sur microscope -et ce n'est pas rien pour un appareil moyen format !-). Il existe un viseur cheminée TTL.
• le viseur prisme, lui, permet d'effectuer une visée à hauteur d'œil, il permet également de redresser l'image, en effet, avec les viseurs verticaux il y a une inversion gauche/droite entre la visée et la réalité. Par contre, les prismes ne couvrent plus 100% du champ de l'objectif. En plus, ils induisent des aberrations au cours de la visée et en plus, sont très lourds. Il existe un prisme 90° et un prisme 45° ainsi qu'un prisme 45° TTL.

Pour ce qui est des viseurs, il en va de même que pour les dépolis : dans la mesure où ils ont chacun des avantages et des inconvénients, on ne peut pas faire une réelle critique !

Pour ce qui est des objectifs, Kowa® qui est inconnu pour la plupart d'entre nous, a tout de même signé des objectifs qui délivrent des images piquées, précises, même si la gamme proposée pour le Kowa Six (MM) ne comporte pas que des optiques très lumineuses (faible ouverture maximale). Cela dit, si les optiques Kowa® sont très bonnes, elles ne sont pas comparables aux optiques Takumar®. Avec les Pentax® il peut être difficile de faire du portrait (voir ce que j'ai dit au sujet du Pentax 6x7), avec les Kowa®, le problème ne se pose pas !... Optiques pointues mais pas autant que les Pentax (presque trop pointues !)

La mise au point
Sur le Kowa Six (MM), la mise au point est classique : elle est de type hélicoïdale, il suffit de faire tourner la bague de mise au point de l'objectif et visualiser le résultat sur le dépoli.

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Kowa Six (MM) est en fait celle du film que l'on installera dans son dos. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, il faut changer de film (ou changer de dos).

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !...

Exposition
A moins de choisir un viseur équipé TTL, le Kowa Six (MM) n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Kowa Six (MM) on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Ne possédant pas de viseur TTL avec mon Kowa Six MM, je ne pourrai pas tirer de jugement sur la qualité de leurs mesures.

Flash
Le Kowa Six (MM) ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Kowa Six (MM), dans la mesure où il possède un obturateur central (dans l'objectif), n'a pas de vitesse de synchro flash, ou plus précisément, le flash sera synchronisé quelle que soit la vitesse !... Il n'y a aucun rideau à déplacer, la synchronisation se fera même aux vitesses les plus élevées ! Voilà un vrai plus pour le fill-in au flash !...

Balance des blancs
Le Kowa Six (MM) étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Kowa Six (MM), comme tous les appareils moyen format argentique professionnels, ne peut pas être considéré comme un foudre de guerre !... Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Kowa Six (MM), si vous obtenez 1 image/3 secondes, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer aux réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 10 ou 20 secondes et encore... Mais, je me répète, avec le Kowa Six (MM) on fait de la photo, on ne prend pas des photos...

Autre point à signaler (qui limite la réactivité générale) : comme avec tous les autres moyen format qui utilisent une roue pour avancer le film et armer l'obturateur, il faudra être très doux avec le Kowa Six (MM), en effet, l'action de la roue se voit opposée une très forte résistance et les cas de casse (ou de panne) sont monnaie courante... il vaut mieux utiliser la roue sans le levier qui y est attaché, quitte à faire plusieurs petits mouvements doux, protéger la mécanique au prix de la perte de quelques brefs instants.

Conclusion
Le Kowa Six (MM) cet inconnu, est bien attachant, malgré ses quelques petits défauts ! Il est assez mignon, tellement compact qu'on peut le promener partout avec soi, en ville ou dans la nature, tellement «petit» qu'on peut faire de la photo de rue sans faire fuir la population (essayez donc avec un Mamiya RB/RZ -je ne l'ai jamais fait, par contre, c'est du 100% échec garanti avec un Pentax 6x7, même avec un Kiev 60 et limite avec un Pentax 645, là j'ai testé pour vous !-). Cette compacité, cette discrétion et ce nom inconnu sont de réels atouts pour se faire accepter des gens ; je ne suis pas sûr qu'il en irrai de même avec un Hasselblad® ou un Rolleiflex®, ni même avec un Mamiya C tout bi-objectif qu'il soit !...

Et puis, il reste le résultat de son travail : la seule critique qu'on puisse jamais lui adresser c'est d'être entre les mains d'un «gugus» qui n'a pas été assez attentif lors de la détermination de l'exposition ! Ses prestations à lui sont notées 18/20 (à mon humble avis, mais il est impossible d'aller à une note supérieure, quel que soit l'appareil !), son objectif est capable de grandes choses, son format 60x60 est difficile mais si harmonieux, bref, encore une bête qui relèguera votre beau reflex numérique au fond de son sac photo, malgré ses rafales de 8 images/s, ses 20 Mpixels, ses «hauts ISO» et tout le reste !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Kowa six MM

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : MAMIYA RB 67 Professional S

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE MAMIYA

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Mamiya) est protégé par un copyright de MAMIYA ®


Je n'ai pas encore trouvé la fiche du Pro S mais je ne désespère pas ... En attendant, voici la fiche du Mamiya RB 67 professional (prédécesseur du pro S mais peu différent...)








MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Le Mamiya RB 67 professional S, comme son nom l'indique, est un appareil reflex mono objectif moyen format professionnel qui délivre des négatifs de 6x7 cm de côté. Il est né en 1970 sous le nom de RB 67 pro. Il a été amélioré en 1974 en prenant le nom de RB professional S. Une deuxième amélioration est apparue en 1990 en prenant le nom de professional SD encore au catalogue !... Parallèlement au Pro S est apparu un clone du RB nommé RZ, plus léger (à cause du plastique qui a tout envahi) et qui a commencé à intégrer de l'électronique (comme le pro SD d'ailleurs). Mais, en gros on peut dire que le RB, son esprit du moins, existe encore et existera encore longtemps puisqu'il existe en version numérique aujourd'hui, et s'appelle « RZ 22 » et « RZ 33 » (pour 22 ou 23 mégapixels). Dernière note importante, hormis le RB 67 professional, le RB professional S et les autres argentiques RB/RZ peuvent être équipés de dos numériques PhaseOne®, Hasselblad® et Mamiya® bien sûr. Le rêve ! Un RB tout mécanique, sans la moindre pile qui délivre des images numériques...

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

négatifs 45 x 60 mm
négatifs 70 x 60 mm
plan film 65 x 90 mm
polaroïd
taille d'images numériques variables selon le dos numérique adapté
.

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120, 220 ou roll film 70 mm, plan film 65 x 90, polaroïd.
RAW /
JPEG si utilisation d'un dos numérique
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement (même si dos numérique)
Mode T

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisque de base il ne contient même pas de posemètre
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Par lentilles additionnelles en option
Infos viseur
Aucune si ce n'est le cadrage exact de l'image, le netteté de la mise au point ou les lignes permettant de vérifier que le cadrage est droit (sur dépoli en option)
Moniteur LCD
Aucun
Fonction du dos numérique adapté
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC située sur l'objectif
Vitesse de synchro-flash : toutes les vitesses
Connectivité
Aucune
Fonction du dos numérique adapté
Blocage miroir
Oui
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Fonction du dos numérique adapté
Stockage
Film 120, 220, roll film 70mm
Fonction du dos numérique adapté
Dimensions
160 x 144 x 144 mm (viseur capuchon replié et dos 120, sans objectif) - gigantesque -
Poids
2350 g avec dos 120, viseur capuchon et objectif 90 mm (sans film) - gigantesque -
Accessoires
Voir mode d'emploi car innombrables et en plus il y a les accessoires apparus avec l'avènement de l'imagerie numérique !!!

Présentation générale
Le Mamiya RB 67 Professional S est ce qu'on appelle un « système » moyen format, c'est à dire qu'en réalité il s'agit plus d'un puzzle que d'un appareil photo !...

À la base, le Mamiya RB 67 Professional S n'est qu'un cube évidé sur 3 de ses 6 côtés, un miroir incliné à 45° en son centre, une manette d'armement avec la tringlerie qui permet l'actionner l'obturateur situé dans l'objectif et en même temps de baisser le miroir pour permettre la visée, un soufflet ainsi que 2 molettes qui coulissent sur des crémaillères pour permettre la mise au point, une baïonnette permettant de fixer un objectif sur le devant et des glissières permettant la fixation d'un système de visée sur le haut et un dos pour contenir les films sur l'arrière et un bouton déclencheur qui fait se relever le miroir et qui commande l'obturateur (contenu dans l'objectif).

Dans l'état, le Mamiya RB 67 Professional S ne sert strictement à rien !... C'est à se demander ce qui peut justifier son prix (je parle du prix du neuf !). Pour être utilisable, le Mamiya RB 67 Professional S a besoin, au minimum, de :

Un dépoli : qui permet de voir une image dans le viseur. Le Mamiya RB 67 Professional S était proposé avec 6 dépolis différents, selon les besoins du photographe.

Un système de visée : qui permet de visualiser l'image qui se forme sur le dépoli. Le Mamiya RB 67 Professional S était proposé avec 6 viseurs différents en fonction des besoins du photographe.

Un système pour contenir et cadrer le film : le Mamiya RB 67 Professional S était proposé avec 8 dos différents en fonction du type de film (120, 220, 70mm, plan film, polaroïd) et des dimensions du négatif (45 x 60 ou 60 x 70). Il existait même des adaptateurs pour augmenter le choix ! Plus tard, le choix s'est encore élargi avec de nombreux dos numériques de nombreuses marques.

Un objectif : pour créer l'image sur le dépoli et sur le film. Le Mamiya RB 67 Professional S proposait 7 objectifs « nouvelle génération » (traités multicouches) {50mm f/4.5, 65mm f/4.5, 90mm f/3.8, 127mm f/3.8, 180mm f/4.5, 250mm f/4.5, 360mm f/6.3} et était compatible avec les 4 objectifs (non traités multicouches) du RB 67 professional, ce qui fait 11 objectifs en tout même s'il y a doublons.

En plus, le Mamiya RB 67 Professional S proposait une gamme impressionnante d'accessoires plus ou moins importants mais jamais indispensables pour une prise de vue « basique ». Voir le mode d'emploi pour plus de détails...

Les différents boutons
Le Mamiya RB 67 Professional S, considéré comme le cube de base, ne propose que peu de boutons :

• Le bouton de déclencheur situé en bas et à gauche de l'objectif. Ce bouton est équipé en son centre d'un pas de vis pour recevoir un déclencheur souple. Il est également entouré d'une couronne qui bloque sa course pour éviter de déclencher par accident.
• Un levier d'armement, situé à main droite du photographe pour armer l'obturateur et baisser le miroir de visée.
• Deux boutons (un de chaque côté) pour déplier ou replier le soufflet pour permettre la mise au point. En effet, contrairement au principe classique qui demande de faire tourner une bague de l'objectif pour mettre au point, les systèmes Mamiya RB / RZ utilisent la mise au point dans le boîtier en avançant ou en reculant l'objectif du plan du film. Le bouton de mise au point situé à main gauche du photographe est équipé d'un levier qui empêche le déplacement de la platine porte objectif afin de conserver la mise au point.
• Et c'est tout !

Les autres boutons se trouvent sur les autres parties du Mamiya RB 67 Professional S :

Sur l'objectif : L'objectif est le centre du système du Mamiya RB 67 Professional S, c'est pourquoi il est naturel que ce soit sur lui que se trouve le maximum de commandes :
• La bague de diaphragme : qui détermine l'ouverture de ce dernier. Son échelle est fonction de l'objectif, sur le 90mm f/3.8 de « base » elle s'échelonne de 3.8 à 32 par demi valeur. Il faut noter que les objectifs du système Mamiya RB ne sont pas très rapides avec des ouvertures maximales de f/3.8 ! Mais cela est du à la mission de ce système d'appareil photo qui n'a pas besoin de plus.
• La bague de vitesse d'obturateur : dans la mesure où l'obturateur se situe dans l'objectif, il semble logique de trouver le bouton de réglage à cet endroit (bien que d'autres marques de moyen format à obturateur central -dans l'objectif- aient préférées placer ce bouton sur le boîtier quand même !). L'échelle des vitesses est commune à tous les objectifs de la gamme Mamiya RB et s'échelonne de 1/400è de seconde à une pause « T » (l'obturateur reste ouvert tant que le photographe ne lui demande pas de se fermer !). Il faut noter que le système Mamiya RB n'est pas très rapide avec son 1/400è de seconde, la majorité des appareils moyen format à obturateur central s'offrant des vitesses de 1/500è. Mais cela est du à la mission de ce système d'appareil photo qui n'a pas besoin de plus.
• La bague d'adaptation de la profondeur de champ : ceci est une exclusivité de Mamiya® : on effectue la mise au point depuis le boîtier. Quand la mise au point est bonne, on lit une abaque sur le boîtier dont la valeur doit être reportée sur l'objectif par cette bague d'adaptation de profondeur de champ, condition sine qua non pour obtenir une image vraiment nette. C'est en partie cette particularité qui me fait dire que le Mamiya RB 67 Professional S n'est vraiment pas fait pour l'amateur débutant !...
• Le bouton de visualisation de la profondeur de champ : ce bouton permet de fermer le diaphragme à sa valeur réelle pour visualiser quelles seront les zones nettes et les zones floues sur l'image finale. (Il faut se rappeler que le Mamiya RB 67 Professional S, hors usage de ce bouton, se trouve en permanence en ouverture maximale pour faciliter la visée et le cadrage et que le diaphragme ne se ferme à la valeur réglée que lors de la prise de la photo.
• Le bouton de choix du flash : le Mamiya RB 67 Professional S permet l'utilisation de flash au magnésium ou de flash électronique. Les caractéristiques de ces deux types de flash nécessitent un réglage particulier donc le bouton a deux positions X = flash électronique et M = magnésium.
• Le bouton de levée du miroir avant la prise de vue : Ce bouton permet d'éviter les flous de bougé causés par la levée de l'énorme miroir des 6x7 lors des poses longues en particulier. Il faut noter que dans le cas du système Mamiya RB / RZ, si ce bouton est situé sur l'objectif c'est qu'il ne s'agit pas d'un bouton de levée du miroir à proprement parler mais plutôt d'un bouton qui empêche la transmission de l'ordre de déclenchement émanant du bouton déclencheur du boîtier. Dans ce cas, si vous déclencher depuis le boîtier, le miroir se lèvera mais vous ne ferez jamais de photo, il faudra également déclencher sur l'objectif, via le filetage prévu dans ce bouton et qui doit, lui-aussi recevoir un déclencheur souple !... Encore une raison de dire que le Mamiya RB 67 Professional S n'est vraiment pas fait pour l'amateur débutant !...

Sur le dos : Aussi bizarre que cela puisse paraître, c'est l'élément le plus oublié dans les autres systèmes (petit ou moyen format) qui prend ici une place prépondérante quant au nombre de fonctions et donc de boutons !
• Le levier d'avancement du film : contrairement aux appareils petit format et à la majorité des reflex moyen format, vous l'aurez déjà compris, sur le Mamiya RB 67 Professional S, l'armement de l'obturateur et l'avancement du film sont deux actions indépendantes qui nécessitent donc deux leviers séparés. Et ce, même si les deux leviers doivent impérativement être actionnés pour pouvoir faire une photo !...
• Le levier de commande de multi expositions : situé sous le levier d'avancement du film, permet la prise d'une photo (si le levier d'armement a été actionné) sans pour autant avoir avancé le film en actionnant le levier d'avancement...
• Le levier d'ouverture du dos : pour pouvoir charger et décharger le film, il faut ouvrir le dos pour avoir accès au porte film.
• Le bouton de libération du dos : Le dos (également appelé magasin) est amovible, soit pour pouvoir tirer en continu sans perdre de temps à recharger le dos (un assistant charge un dos pendant que le photographe en utilise un autre - surtout qu'en 6 x 7 il n'y a qu'une autonomie de 10 clichés sur un film 120), soit pour passer d'une prise de vue en noir et blanc à une prise de vue en couleur (un dos chargé en couleur, un autre en noir et blanc), soit pour passer d'un négatif à une diapo, soit pour passer d'un négatif à un polaroïd, soit pour passer d'une photo argentique à une photo numérique ! Pour libérer le dos, il existe deux tirettes, une au dessus, l'autre au dessous du magasin.
• Le bouton de rotation du dos : une exclusivité du système Mamiya RB / RZ, plutôt que de se limiter au format carré (60 x 60), Mamiya® a inventé la possibilité de rotation du dos. Pour ce faire, il existe deux boutons métalliques (oh bien trop discrets à mon goût) qu'il suffit d'enfoncer (un seul des deux à la fois suffit !) pour faire tourner le dos sur 90°.
• Le porte film (situé dans le dos) dispose également de 2 boutons : ils servent à libérer les bobines du film (bobine pleine et bobine vide) pour recharger le magasin.
• Bon, ce n'est pas un bouton, mais où en parler ? Il s'agit du rideau d'occultation du dos qui permet de retirer le dos à mi-bobine sans voiler le film.

Sur le viseur : Comme je l'ai déjà dit, le Mamiya RB 67 Professional S propose plusieurs viseurs. Certains viseurs proposent des boutons de commande, d'autres non ! Nous n'allons pas détailler tous les viseurs (il y en a 6 !) mais disons que le viseur capuchon possède un bouton de libération de la loupe, que le viseur cheminée à 2 grossissements possède un bouton pour passer de x3 à x5, que les viseurs TTL (cheminée ou prisme) possèdent un bouton de mesure de l'exposition et que le viseur sport possède un bouton de libération des cadres de visée.

Ouf, ça fait beaucoup, mais je pense avoir fait le tour.

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! A moins d'utiliser un dos numérique et dans ce cas, les menus à tester seront les menus du dos utilisé et cela sort du cadre du test du Mamiya RB 67 Professional S...

Alimentation
Le Mamiya RB 67 Professional S (contrairement au Mamiya RB 67 Professional SD et au Mamiya RZ 67 / ZD) est un appareil 100% mécanique, il n'utilise aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe car son poids est plus qu'honorable (aussi lourd que le Pentax® 6x7 équipé d'un prisme !). Si, toutefois, vous utilisez un viseur TTL, une pile sera indispensable. Idem si vous utilisez un dos numérique.

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le Mamiya RB 67 Professional S s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120, des films 220, des films 70mm, des plan films 6.5 x 9 ou des polaroïds. Si vous utilisez un dos numérique, il faudra discuter de la carte utilisée par le dos numérique et cela sort du cadre du test du Mamiya RB 67 Professional S...

Viseur & Objectif
Le Mamiya RB 67 Professional S est, nous l'avons dit, un système moyen format. Il propose (nous l'avons dit plus haut) 6 viseurs et 6 dépolis. Il faudrait donc tester 36 possibilités et ce test complet n'aurait aucun intérêt puisque le choix d'un dépoli ainsi que le choix d'un système de visée dépend uniquement des besoins et des goûts du photographe ! Je me contenterai donc de signaler que le simple dépoli de base est largement suffisant pour une utilisation professionnelle : il est extrêmement fin et très lumineux ! On en oublierait que les objectifs soient si lents. Les systèmes de stigmomètre, de microprisme, de champ couplés peuvent, certes, apporter un plus pour certains, mais ce n'est pas parce qu'ils ont été adoptés par les reflex petit format qu'ils doivent faire l'unanimité ! Le Mamiya RB 67 Professional S que j'ai acheté (d'occasion, pour ne pas dire de collection) est équipé d'un dépoli n°2 soit un dépoli Fresnel quadrillé avec pastille matte qui permet de bien gérer les lignes fuyantes et qui, en plus, permet de visualiser la surface d'un 60x60 pour un éventuel recadrage ultérieur, et il me convient parfaitement...

Par contre il faut souligner une autre exclusivité du système Mamiya RB / RZ 67 : puisque le format est rectangulaire et que le dos est rotatif, il est difficile de s'y retrouver sur un dépoli de 70 x 70 mm ! Aussi, Mamiya® à implanté dans ses appareil un « format » qui délimite la surface exacte que couvre le négatif, quelle que soit la position du dos !... Dos horizontal : 2 traits rouges « coupent » 5 mm en haut et en bas du dépoli. Dos vertical : 2 traits bleus « coupent » 5mm à droite et à gauche du dépoli ! C'est simplissime d'utilisation, probablement très difficile techniquement mais très agréable et très confortable pour l'utilisateur !...

Quel type de viseur pour quelle utilisation ? Nous avons vu que le Mamiya RB 67 Professional S proposait 6 viseurs, pour quoi faire ?
• le viseur sport permet un cadrage ultra rapide puisqu'il ne coupe pas le monde alentours, on peut voir si l'objet à photographier arrive sur le lieu de prise de vue, sans devoir le suivre.
• le viseur capuchon permet une visée par le dessus (moins agressif pour le portrait). Il couvre 100% du champ de vision de l'objectif, il est extrêmement clair, respecte au mieux les couleurs ainsi que les ombres. On peut dire qu'il nous montre une « diapositive » de l'image finale.
• le viseur cheminée utilise le même principe que le viseur capuchon sauf qu'il est plus lourd et ne peut pas se replier (encombrant). On l'utilise via un oculaire vertical qui peut entraîner des aberrations lors de la visée. Par contre, il peut être équipé de loupe pour une mise au point encore plus précise (surtout en macro-photo). Il peut également être équipé d'une cellule pour déterminer précisément les paramètres d'exposition, cela est très pratique surtout dans le cas du Mamiya RB 67 Professional S qui utilise le tirage du soufflet pour la mise au point (encore plus en macro photo).
• le viseur prisme, lui, permet d'effectuer une visée à hauteur d'œil, il permet également de redresser l'image, en effet, avec les viseurs verticaux il y a une inversion gauche/droite entre la visée et la réalité. Par contre, les prismes ne couvrent plus 100% du champ de l'objectif. En plus, ils induisent des aberrations au cours de la visée et en plus, sont très lourds (ce peut être un handicap vu le poids de base du Mamiya RB 67 Professional S).

Pour ce qui est des viseurs, il en va de même que pour les dépolis : dans la mesure où ils ont chacun des avantages et des inconvénients, on ne peut pas faire une réelle critique !

Pour ce qui est des objectifs, Mamiya® est connu pour la qualité de ses objectifs qui délivrent des images piquées, précises, même si la gamme proposée pour le RB 67 Professional S ne sont pas très rapides (ouverture maximum assez à très faible). Cet appareil étant destiné quasi exclusivement qu'au studio, cette «lenteur» est toute relative...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Il suffit d'allonger ou de rétrécir le soufflet pour effectuer la mise au point ET de lire la distance sujet/plan du film sur l'abaque fixée sur le boîtier et reporter la valeur sur l'objectif pour obtenir une mise au point au quart de poil. Ce système est parfait (pour ce qui est du résultat) mais, et c'est peu de le dire, très laborieux ! Le dépoli nous montre une image nette après la mise au point par tirage du soufflet MAIS l'image réelle ne le sera qu'après le report de la valeur de l'abaque sur l'objectif. Ce report de valeur sur l'objectif ne modifiant nullement l'image présente sur le dépoli, on peut très bien déclencher sans effectuer ce report et obtenir une image nette, soit, mais pas vraiment pro !...

Ce système de soufflet a toutefois un avantage caché : la macrophotographie (ou proxiphotographie) ! En effet, sans posséder d'objectif « macro » (d'ailleurs la gamme n'en propose pas !) on peut très bien faire de la macrophoto avec un objectif classique ! Bien sûr, dans ce cas, se pose le problème de la détermination de l'exposition ! Ou bien on a opté pour un viseur TTL, dans ce cas tout se passe bien, ou bien on a opté pour un viseur (capuchon, cheminée ou prisme) sans cellule intégrée et la galère commence... Heureusement, l'abaque qui mesure le tirage du soufflet donne également une échelle de correction de l'exposition... voir plus loin...

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Mamiya RB 67 Professional S est en fait celle du film que l'on installera dans son dos. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, il faut changer de film (ou changer de dos). Si vous équipez votre Mamiya RB 67 Professional S d'un dos numérique, le problème est tout autre et dans ce cas il faudra tester les capacités de sensibilité du dos choisi !

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 7 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !...

Exposition
A moins de choisir un viseur équipé TTL, le Mamiya RB 67 Professional S n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Mamiya RB 67 Professional S on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Ne possédant pas de viseur TTL avec mon Mamiya RB 67 Professional S, je ne pourrai pas tirer de jugement sur la qualité de leurs mesures.

Attention : plus le soufflet est allongé et moins de lumière atteint le film ! C'est pourquoi, si vous ne disposez pas de viseur TTL, il faut lire l'abaque situé sur le boîtier qui indique la correction d'exposition à appliquer ! Il faudra ensuite traduire cette correction en variation de valeur de diaphragme ou de vitesse sur l'objectif... faute de quoi vous aurez sous exposé le film !... Ceci est d'autant plus important en macrophotographie, quand le soufflet et allongé à l'extrême !...

Flash
Le Mamiya RB 67 Professional S ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Mamiya RB 67 pro S, dans la mesure où il possède un obturateur central (dans l'objectif), n'a pas de vitesse de synchro flash, ou plus précisément, le flash sera synchronisé quelle que soit la vitesse !... Il n'y a aucun rideau à déplacer, la synchronisation se fera même aux vitesses les plus élevées ! Voilà un vrai plus pour le fill-in au flash !...

Balance des blancs
Le Mamiya RB 67 Professional S étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Si vous faites l'acquisition d'un dos numérique, cette balance des blancs dépendra de la qualité du dos choisi et cela sort du cadre de cette critique.

Réactivité générale
Le Mamiya RB 67 Professional S, comme tous les appareils moyen format argentique professionnels, ne peut pas être considéré comme un foudre de guerre !... Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Mamiya RB 67 Professional S, si vous obtenez 1 image/5 secondes, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer des réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 10 ou 20 secondes et encore... Mais, je me répète, avec le Mamiya RB 67 Professional S on fait de la photo, on ne prend pas des photos...

Conclusion
Le Mamiya RB 67 Professional S a toujours été un chouchou des photographes professionnels, la lignée des Mamiya RB / RZ / ZD (c'est en gros le même appareil) a tout de même vécu plus de 40 ans et ce n'est pas fini... Cela n'est pas un hasard !...

Le Mamiya RB 67 Professional S, de par son poids, sa taille, sa relative difficulté de mise en œuvre, ses limitations (vitesses maximales très limites, ouvertures maximales très limites) a toujours été prévu pour être un appareil pour pose... Roi des studios de portrait, de mode, de pub, de macro, éventuellement excellent appareil de paysage, il n'a jamais été conçu et ne sera jamais utilisable en photo journalisme ou en photo sportive, il y a des appareils spécialisés pour cela !

Comme je l'ai déjà dit plus haut, cet appareil est vraiment une bête ! Il est tout simplement extraordinaire mais n'allez pas penser que vous allez pouvoir le dompter si vous êtes un fondu de photo numérique ou si vous êtes un photographe débutant. De nombreux photographes argentiques qui pratiquent depuis des décennies en petit format ont déjà jeté l'éponge en voulant s'attaquer à lui !... Le Mamiya RB 67 Professional S est un appareil qui se mérite, qui exige que vous soyez au clair avec les techniques photographiques de base et, accessoirement que vous soyez doté de quelques muscles solides si vous souhaitez l'emporter sur le terrain...

100% mécanique, le Mamiya RB 67 Professional S, considéré comme la bête de somme des professionnels, ne décevra jamais, il a été taillé dans le marbre et est donc condamné à être fiable à perpétuité !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Mamiya RB 67 proS

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : KIEV SALIOUT C et KIEV 88 CM

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE KIEV ARSENAL

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Kiev) est protégé par un copyright de KIEV ARSENAL ®

A ma connaissance, KIEV ARSENAL n'a jamais ressenti le besoin de faire de la publicité pour ses productions anciennes... pour les modernes, j'ai trouvé la fiche technique (en anglais) du Kiev 88 CM...





MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Comme souvent avec le matériel soviétique, une recette est utilisée aussi longtemps que possible. C'est ainsi que, si je place deux appareils dans le même test, c'est que ces deux appareils, bien que d'âges très différents, sont quasiment identiques. Les modifications sont si discrètes qu'on peut les tester ensemble. Je ne place dans ce test « que » le Saliout C et le Kiev 88 CM car ce sont les seuls appareils que je possède, mais ce test pourrait s'appliquer à de nombreux autres appareils soviétiques et pas uniquement de la « marque » Kiev !... Je passerai sous silence tout ce qui se dit de la naissance de l'ancêtre commun de ces appareils (appareil dessiné par les Nazis et plans volés par les soviétiques qui ont revendu le concept au suédois Hasselblad® OU appareil de conception suédoise Hasselblad® copié par les soviétiques, etc...) qui n'apporte rien ici, mais il est toutefois remarquable que le Saliout et ses évolutions jusqu'au Kiev 88 CM (dernier de la lignée) ont collés de très près l'Hasselblad 1600 et descendants jusqu'au jour où Hasselblad® a abandonné le principe de l'obturation focale au profit de l'obturation centrale (dans l'objectif) pour enfin... proposer un matériel fiable !...
Cela veut-il dire que les Saliout et Kiev 88 ne sont pas fiables ? Je dirai simplement : ni plus ni moins que les Hasselblad® à obturation focale !... Bien sûr, puisque l'évolution des Kiev® s'est arrêtée avec le Kiev 88 CM, il ne sera jamais possible de le comparer avec un Hasselblad® 500 ou suivant !... Quoi qu'il en soit, l'évolution des Saliout et des Kiev® a été continue tout au long de leur histoire et le Kiev 88 CM, dernier né, est incontestablement le meilleur (le « moins pire » diront certains) !...

Le nom de ces appareils ne le laisse pas prévoir, leur forme, au contraire, suggère bien qu'on est en présence d'un appareil moyen format. En fait, il s'agit d'un moyen format 60x60 ! Si la production soviétique n'a jamais été considérée comme gamme pour professionnels (à part en Union Soviétique, à Cuba et en Afrique -probablement pour une question de «bas coût»-), elle a, depuis toujours, fait la joie des amateurs de moyen format qui ont pu s'offrir tout un système photographique « professionnel » avec tous les objectifs, pour moins que le prix d'une simple révision d'un Hasselblad® !... Doit-on parler d'un appareil amateur ? Peut-on parler d'un appareil professionnel ? Le débat est sans fin et sans fondement ! Un professionnel avec un Saliout fera toujours beaucoup mieux qu'un amateur avec un Mamiya®, un Hasselblad® ou un Rollei® !...

Reste que les évolutions de la lignée n'ont jamais touché le « cœur » de ces appareils qui, donc même achetés neufs en 2009 (pour le Kiev 88 CM uniquement), doivent être compris et manipulés comme des appareils très anciens (1940-1942) pour ne pas tomber gravement en panne !... Il est dit que même le Kiev® 88 CM est loin de ce que l'on peut attendre d'un appareil photographique «moderne » pour ce qui est de la fiabilité et qu'il est préférable de se tourner vers les sociétés qui remodèlent ce matériel pour espérer une quelconque fiabilité ! Personnellement, pour avoir utilisé le Saliout, j'affirme que, utilisés avec intelligence, ces matériels ne poseront jamais aucun problème, mais qu'au moindre faux pas de votre part, ils seront bons pour la benne (n'espérez pas les faire réparer !...).

A noter qu'il est dommage que la firme ARSAT® ait déposé le bilan puisqu'une autre société de l'Est (Jenoptic®) était en train de mettre au point un dos numérique compatible avec la lignée soviétique des Saliout et Kiev 88 !... Le rêve ! Un appareil tout mécanique, sans la moindre pile, datant des années 1940, qui délivre des images numériques...

Caractéristiques techniques
Elles sont communes (globalement) à toute la lignée Saliout-Kiev88

Tailles d'image

négatifs 45 x 60 mm
négatifs 60 x 60 mm
polaroïd
taille d'images numériques selon le dos numérique adapté qui ne verra certainement plus le jour..
.

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120, 220 ou polaroïd.
RAW /
JPEG si utilisation du dos numérique s'il venait tout de même sur le marché
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement (même si dos numérique)

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisque de base il ne contient même pas de posemètre. Il faut utiliser un viseur prismatique TTL ou TTL Spot pour bénéficier d'un posemètre...
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Par lentilles additionnelles en option
Infos viseur
Aucune si ce n'est le cadrage exact de l'image, le netteté de la mise au point ou les lignes permettant de vérifier que le cadrage est droit (sur support transparent à poser sur le dépoli -en option proposée par Arax®-)
Les viseurs prismatiques TTL et TTL Spot proposent la mesure de l'exposition via des LED
Moniteur LCD
Aucun
Fonction du dos numérique adapté
(s'il voit le jour)
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC située sur le boîtier
Vitesse de synchro-flash : 1/30è de seconde
Connectivité
Aucune
Fonction du dos numérique adapté (s'il voit le jour)
Blocage miroir
Non - Option proposée à la commande uniquement
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Fonction du dos numérique adapté
(s'il voit le jour)
Stockage
Film 120, 220, polaroïd
Fonction du dos numérique adapté
(s'il voit le jour)
Dimensions
130 x 110 x 105 mm (sans objectif, viseur capuchon replié et dos 120 - tout « petit »  -)
Poids
1250 g avec dos 120, viseur capuchon sans objectif - « léger » pour un moyen format, surtout soviétique -
Accessoires
Voir fiche technique et en plus il y a les accessoires d'origine autre que Arsat® plus (peut-être) un dos numérique !!!

Présentation générale
Qu'il s'agisse du Saliout (première génération) ou du Kiev® 88 CM (dernier de la lignée), ces appareils forment ce que l'on appelle un « système » moyen format, c'est à dire qu'en réalité il s'agit plus d'un puzzle que d'un appareil photo !... Pour la suite du test j'utiliserai uniquement le terme « Kiev 88 CM », à vous de le remplacer par « Saliout C » (ou autre), sauf si je précise qu'une caractéristique est propre à un appareil particulier...

À la base, le Kiev 88 CM n'est qu'un cube évidé sur 3 de ses 6 côtés, un miroir incliné à 45° en son centre, une manette d'armement qui permet l'actionner l'obturateur et en même temps de baisser le miroir pour permettre la visée. Particularité du Kiev 88 CM (et de l'Hasselblad® équivalent), le bouton d'armement permet également de régler la vitesse d'obturation, ce point est très important, mais nous y reviendrons en temps voulu. Une baïonnette permettant de fixer un objectif sur le devant. Particularité du Kiev 88 CM par rapport à ses prédécesseurs, sa monture d'objectif est une baïonnette compatible avec celle du Kiev 60 qui ouvre la voie à la plus vaste gamme d'objectifs moyen format au monde, Carl Zeiss Jena®, Scheider Kreutznach®, Pentacon 6® et Kiev® bien sûr. Des glissières permettant la fixation d'un système de visée sur le haut. A noter que le Kiev 88 CM ne possède pas de dépoli interchangeable, donc ce dernier est fixe et placé entre les rails de fixation du viseur sur le haut du boîtier. Enfin un dos pour contenir les films sur l'arrière et un bouton déclencheur qui fait se relever le miroir et qui commande l'obturateur.

Dans l'état, le Kiev 88 CM ne sert strictement à rien !... Pour être utilisable, le Kiev 88 CM a besoin, au minimum, de :

Un dépoli : qui permet de voir une image dans le viseur. Comme déjà précisé, le Kiev 88 CM est livré avec un dépoli fixe. Arax®, une société indépendante qui retravaille les Kiev® propose des accessoires transparents avec des gravures spéciales qui complètent le dépoli d'origine avec 9 systèmes de visée différents, selon les besoins du photographe.

Un système de visée : qui permet de visualiser l'image qui se forme sur le dépoli. Le Kiev 88 CM était proposé avec 3 viseurs différents en fonction des besoins du photographe. Un viseur dépliant, un viseur prisme TTL et un viseur prisme TTL Spot.

Un système pour contenir et cadrer le film : le Kiev 88 CM était proposé avec 3 dos différents en fonction du type de film (120 / 220 ou polaroïd) et des dimensions du négatif (45 x 60 ou 60 x 60). Le choix pourra peut-être s'élargir avec un dos numérique éventuel.

Un objectif : pour créer l'image sur le dépoli et sur le film. Le Kiev 88 CM (contrairement aux prédécesseurs) proposait un nombre incalculable d'objectifs de plusieurs marques prestigieuses allant de 30mm à 1000mm (plus doubleur) certains traités multicouches, d'autres non. Il existe également un adaptateur pour fixer les objectifs spécifiques de ses prédécesseurs Kiev 88, Saliout C, Saliout etc... Par contre, il est incompatible avec les optiques de l'Hasselblad®...

En plus, le Kiev 88 CM proposait une gamme impressionnante d'accessoires plus ou moins importants mais jamais indispensables pour une prise de vue « basique » tels que bagues allonges, poignées, soufflet plus une multitude d'accessoires de marques indépendantes qui ressembles souvent plus à des gadgets.

Il existait un autre accessoire mais non amovible (qui devait être commandé à l'avance) : le système optionnel de levée du miroir avant déclenchement.

Les différents boutons
Le Kiev 88 CM, considéré comme le cube de base, ne propose que peu de boutons :

• Le bouton de déclencheur situé en bas et à droite de l'objectif. Ce bouton est équipé en son centre d'un pas de vis pour recevoir un déclencheur souple. Il est dommage que ce bouton ne soit pas équipé d'un système permettant le blocage de sa course pour éviter de déclencher par accident. En même temps, si vous placez le volet d'occultation du dos, le déclenchement sera impossible.
• Un levier d'armement, situé à main droite du photographe pour armer l'obturateur et baisser le miroir de visée, mais aussi faire avancer le film. Ce bouton/levier d'armement peut être tiré vers l'extérieur pour permettre le choix de la vitesse d'obturation.

Puisque je parle de ce système à double fonction, il est capital de noter qu'il s'agit du point faible le plus important de cet appareil : Si vous tirez accidentellement sur ce bouton (en position réglage de la vitesse) au moment de le faire tourner... vous tuez l'appareil !... Heureusement, contrairement à ses prédécesseurs, le Kiev 88 CM a été équipé d'une manivelle qui ne permet pas de placer le bouton d'armement en position sélection de vitesse !... En plus, qu'il s'agisse des différents Saliout mais également du Kiev 88 (non CM), la rotation de la roue de sélection de vitesse devait impérativement être tournée dans le sens horaire sous peine de tuer le mécanisme !... Le Kiev 88 CM a également été modifié sur ce point pour limiter les risques de casse !... La société Arax®, dont j'ai déjà parlé, diffuse un document important à connaître précisant ce qu'il faut faire et ne pas faire avec son Kiev 88 CM. J'ai traduit ce document et je vous le livre dans la rubrique des modes d'emploi (ici).

• Et c'est tout !

Les autres boutons se trouvent sur les autres parties du Kiev 88 CM :

Sur l'objectif :
• La bague de diaphragme : qui détermine l'ouverture de ce dernier. Son échelle est fonction de l'objectif, je vous propose de lire les caractéristiques des différents objectifs ici pour en savoir plus.
•Le bouton de visualisation de la profondeur de champ : ce bouton permet de fermer le diaphragme à sa valeur réelle pour visualiser quelles seront les zones nettes et les zones floues sur l'image finale. Dans la mesure où le Kiev 88 CM ne possède aucun bouton de test de profondeur de champ, il est dommage que tous les objectifs n'en soient pas équipés !... Il faut se rappeler que, hors usage de ce bouton, l'objectif se trouve en permanence en ouverture maximale pour faciliter la visée et le cadrage et que le diaphragme ne se ferme à la valeur réglée que lors de la prise de la photo.

Sur le dos :
• Le levier d'avancement du film : contrairement aux appareils petit format et à la majorité des reflex moyen format plus modernes, il existe sur le dos un bouton d'avancement du film indépendant du bouton d'armement situé sur le boîtier qui, pourtant, fait également avancer le film !...
• Le levier de commande de multi expositions : situé sur le côté droit du dos, permet la prise d'une photo (si le levier d'armement a été actionné) sans pour autant avoir avancé le film en actionnant le levier d'avancement...
• Le levier d'ouverture du dos : pour pouvoir charger et décharger le film, il faut ouvrir le dos pour avoir accès au porte film.
• Le bouton de libération du dos : Le dos (également appelé magasin) est amovible, soit pour pouvoir tirer en continu sans perdre de temps à recharger le dos (un assistant charge un dos pendant que le photographe en utilise un autre - surtout qu'en 6 x 6 il n'y a qu'une autonomie de 12 clichés sur un film 120), soit pour passer d'une prise de vue en noir et blanc à une prise de vue en couleur (un dos chargé en couleur, un autre en noir et blanc), soit pour passer d'un négatif à une diapo, soit pour passer d'un négatif à un polaroïd, soit pour passer d'une photo argentique à une photo numérique (si on le voit un jour) ! Pour libérer le dos, il existe deux boutons-tirettes, sur le dessus du magasin.
• Le porte film (situé dans le dos) dispose également de 2 languettes qui servent à libérer les bobines du film (bobine pleine et bobine vide) pour recharger le magasin.
• Bon, ce n'est pas un bouton, mais où en parler ? Il s'agit du rideau d'occultation du dos qui permet de retirer le dos à mi-bobine sans voiler le film.

Sur le viseur : Comme je l'ai déjà dit, le Kiev 88 CM propose plusieurs viseurs. Certains viseurs proposent des boutons de commande, d'autres non ! Nous n'allons pas détailler tous les viseurs mais disons que le viseur capuchon possède un bouton de libération de la loupe, que les viseurs TTL (ou Spot TTL) possèdent un bouton de mesure de l'exposition et une roue calculatrice d'exposition et que le viseur Spot TTL est également équipé d'un bouton de choix du type de mesure (pondérée centrale -plutôt globale- ou spot).

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! A moins d'utiliser le dos numérique (qui n'existera peut-être jamais) et dans ce cas, les menus à tester seront les menus du dos et cela sort du cadre du test...

Alimentation
Le Kiev 88 CM (ainsi que ses prédécesseurs) est un appareil 100% mécanique, il n'utilise aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe qui arme l'obturateur et qui le porte (même s'il s'agit d'un petit poids comparé à de nombreux autres moyen formats !). Si, toutefois, vous utilisez un viseur TTL, une pile sera indispensable. Idem si vous utilisez le dos numérique (on peut rêver).

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le Kiev 88 CM s'appelle un film moyen format. Il peut utiliser des films 120, 220 ou des polaroïds. Si vous utilisez le dos numérique (j'y crois encore !), il faudra discuter de la carte utilisée par le dos numérique et cela sort du cadre du test...

Viseur & Objectif
Le Kiev 88 CM est, contrairement à ses prédécesseurs, équipé d'un dépoli super lumineux qui dispose en plus d'un stigmomètre à champ coupé ainsi qu'une bague de microprismes ! Il faut avouer que cela facilite énormément la mise au point précise !... Si vous avez besoin en plus de lignes pour vérifier les points de fuites, il faudra vous tourner vers des accessoires indépendants... Cela dit, le dépoli de « base » qui équipe les Saliout est déjà suffisamment clair pour permettre une mise au point précise (sans stigmomètre et sans microprismes).

Quel type de viseur pour quelle utilisation ? Nous avons vu que le Kiev 88 CM proposait 3 viseurs, pour quoi faire ?
• le viseur capuchon permet une visée par le dessus (moins agressif pour le portrait). Il couvre 100% du champ de vision de l'objectif, il est extrêmement clair, respecte au mieux les couleurs ainsi que les ombres. On peut dire qu'il nous montre une « diapositive » de l'image finale. A mon avis, c'est le viseur idéal pour les appareils moyen format dits « cubiques ».
• le viseur prisme, lui, permet d'effectuer une visée à hauteur d'œil, il permet également de redresser l'image, en effet, avec les viseurs verticaux il y a une inversion gauche/droite entre la visée et la réalité. Par contre, les prismes induisent des aberrations au cours de la visée et en plus, sont très lourds (ce peut être un handicap). Il ne faut pas oublier non plus qu'avec un prisme, le champ de visée est inférieur de celui du viseur capuchon. Bon, mais les viseurs prisme disposent d'un posemètre intégré, ce qui peut être très pratique. Soit, il s'agit ici de posemètre « soviétique », ce n'est pas qu'ils ne sont pas fiables, non, au contraire, mais pas vraiment simple d'utilisation !... Il vaut mieux bien lire le mode d'emploi (si on en trouve) et beaucoup s'entraîner avant de partir sur le terrain !... Je crois que je vais devoir écrire un mode d'emploi des posemètres soviétiques... Voir ici.

Pour ce qui est des objectifs, ..., il faut commencer par briser un mythe né de la propagande occidentale... les optiques de l'Est (Allemagne de l'Est, Pologne, ex-URSS) sont tout simplement extraordinaires !... Vous pouvez lire l'anecdote ici. En plus, le Kiev 88 CM (pas les Saliout, ni le Kiev 88 non CM) qui est équipé de la même monture que le Pentacon 6, que l'Exacta 66, que le Kiev 60 (et bien d'autres) peut être équipé de la plus large gamme d'objectifs du monde !... Et que de la haute qualité !... Seul bémol : si ces objectifs sont exceptionnels, leur prix était quasiment dérisoire au vue de leur qualité avant la chute du mur, aujourd'hui, tous les fabricants de ces optiques ont disparus et... les prix ont explosés !... Heureux sont ceux qui ont pu les acheter avant la mort d'Arsat®, car aujourd'hui, on trouve ces objectifs d'occasion plus chers qu'on a pu les acheter neufs avant 2010 !...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Aucune particularité, il suffit de tourner la bague de mise au point de l'objectif et de vérifier le résultat sur le dépoli. Le système d'aide à la mise au point incorporé au dépoli du Kiev 88 CM associé à la loupe qui couvre tout le champ de visée (pour le viseur capuchon pliant) ou au grossissement du viseur prismatique est tout simplement idéal. Pour ce qui est des prédécesseurs, le dépoli est simple, la loupe ne couvre que la partie centrale du champ de visée mais, malgré tout, la mise au point ne posait pas trop de problème !...

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Kiev 88 CM est en fait celle du film que l'on installera dans son dos. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, il faut changer de film (ou changer de dos). Si, un jour, on avait la possibilité d'équiper le Kiev 88 CM d'un dos numérique, le problème serait tout autre et dans ce cas il faudra tester les capacités de sensibilité du dos !

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !...

Exposition
A moins de choisir un viseur équipé TTL (ou Spot TTL), le Kiev 88 CM n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Kiev 88 CM on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Je pourrai aussi tester le viseur Spot-TTL du Kiev 88 CM, je ne sais pas si je devrais le poster ici ou dans un chapitre séparé, je me déciderai au moment de l'écriture à venir. Mais sachez dores et déjà que si son utilisation n'est pas des plus simples, les résultats sont sans surprise à condition de savoir exactement quelles sont ses caractéristiques et ainsi savoir comment prendre en compte ses mesures.

Mise à jour : finalement j'ai décidé de tester le prisme TTL Spot du Kiev 88 CM ici, après tout c'est tout à fait sa place... Attention, je ne possède que le prisme TTL Spot, mais le prisme TTL (simple) est le même, le champ étroit de mesure en moins.

Commençons par une grosse critique (à mon avis le plus gros défaut de ce prisme TTL Spot), la zone de mesure centrale (quasiment globale d'ailleurs, j'en parlerai plus loin) et la zone de mesure spot ne sont pas concentriques ! Autant dire que l'utilisation sur un pied n'est pas des plus simples... En effet, la zone de mesure spot est totalement déportée sur la limite supérieure du champ de vision !... Autre critique, moins dure toutefois, la dénomination « mesure spot » est quelque peu usurpée, en effet, si cette zone est ridiculement petite par rapport à la mesure centrale, elle couvre quand même une surface assez importante... au point que, si on n'est pas très au clair avec sa méthode de mesure, il est presque préférable d'utiliser la mesure centrale, le résultat sera meilleur !...
Passons à la mesure centrale. En réalité, contrairement à l'habitude qu'on peut avoir avec les appareils Européens ou Japonais, il ne s'agit pas d'une mesure « centrale pondérée » mais d'une mesure « globale » de la quasi totalité du champ de visée. Cela n'a pas que des défauts, en effet, si on connaît les règles d'adaptation des valeurs mesurées, le résultat de cette mesure sera plus intéressant que la mesure centrale pondérée au moins parce que la zone est plus représentative et en plus, on n'est plus obligé de placer le modèle au centre du cadre pour mesurer l'exposition.
Reste à parler de la détermination de l'exposition ! Ça aussi c'est un gros morceau pour qui ne connaît rien aux Kiev !... Il n'y a aucune « relation » entre le posemètre et le sélecteur de vitesse (et pour cause, il n'y a pas d'électronique) mais pas plus avec la valeur du diaphragme (pour la même raison). Donc la détermination de l'exposition s'effectuera uniquement grâce à une règle à calculer (cela fera le bonheur de pas mal de générations de techniciens et de scientifiques de se projeter 30 à 40 ans en arrière !). Le fonctionnement est efficace et infaillible à condition que l'utilisateur sache exactement comment s'en servir (voir ici) ET qu'il sache interpréter les résultats !... La technique est simple, l'explication beaucoup plus longue donc je ne vais pas m'appesantir ici...

Globalement, si on ne connaît rien à la correction de l'exposition, le posemètre Kiev donnera une mesure tout à fait acceptable (j'ai testé !), ce ne sera pas une exposition de professionnel (aucun posemètre sait faire ça !) mais la photo sera réussie, dans ce cadre, si vous n'y connaissez rien, préférez la mesure centrale, vous aurez beaucoup moins de mauvaises surprises. La mesure « spot » qui n'a de spot que le nom, fournit également une mesure très précise, mais là, il faut savoir se servir d'un « spotmètre » (même s'il est aussi large que celui du prisme Kiev !)

Donc, en un mot comme en cent, contrairement à ce que l'on peut voir sur Internet, les posemètres Kiev sont TRÈS ACCEPTABLES, ils valent bien ceux qu'on retrouve dans les autres marques, à condition de respecter une correspondance de gamme ! Un spotmètre Pentax (à main) ne sera jamais détrôné par un spotmètre intégré de quelque marque que ce soit ! J'ai dit "ils valent bien ceux qu'on retrouve dans les autres marques" ? En fait non, ils valent bien plus que ceux qu'on retrouve dans pas mal d'autres marques !

Encore une critique du prisme TTL ou Spot/TTL du Kiev-88CM : Le Kiev-88 CM est si léger et son prisme est si lourd que finalement l'ensemble se trouve très déséquilibré d'où la quasi nécessité d'utiliser un pied !!!

Flash
Le Kiev 88 CM ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Kiev 88 CM, dans la mesure où il possède un obturateur focal, doit utiliser une vitesse de synchro flash, ou plus précisément, le flash sera synchronisé à toutes les vitesses inférieures ou égales à 1/30è de seconde. Cette vitesse de 1/30è est très lente, mais, malheureusement, dans la bonne moyenne des appareils moyen format !... Autant dire que le fill-in au flash n'est pas vraiment le fort de cette gamme d'appareils !...

Balance des blancs
Le Kiev 88 CM étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Si, avec un peu de chance, vous pourrez faire l'acquisition d'un dos numérique, cette balance des blancs dépendra de la qualité du dos et cela sort du cadre de cette critique (surtout que rien ne laisse prévoir la sortie d'un tel dos !...).

Réactivité générale
Le Kiev 88 CM, comme tous les appareils moyen format argentique professionnels (oui, j'ai envie de le qualifier de professionnel, il le mérite, même s'il est un peu exigeant d'un point de vue de la manipulation), ne peut pas être considéré comme un foudre de guerre !... Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Kiev 88 CM, si vous obtenez 1 image/3 secondes, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer des réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 10 ou 20 secondes et encore... Mais, je me répète, avec le Kiev 88 CM on fait de la photo, on ne prend pas des photos...

Conclusion
Le Kiev 88 CM a toujours souffert de la mauvaise réputation de ses prédécesseurs. S'il est indéniable que la qualité des appareils soviétiques était très variable selon la période de leur fabrication, un choix éclairé de la machine et une utilisation raisonnée ont toujours permis d'excellents résultats... Bien sûr, les Saliout, les Kiev 88 non CM, de même que les Hasselblad® correspondants, présentaient une fiabilité discutable, il est également vrai que les Kiev 88 non CM étaient relativement plus mauvais que les Saliout, mais il faut souligner que les améliorations apportées au Kiev 88 CM ont réellement été efficaces, l'évolution du Kiev 88 CM aurait certainement porté sur une modification de l'obturateur pour remplacer le rideau par une « porte » qui se lèverait d'un seul tenant et qui aurait fait disparaître le dernier point problématique de cet appareil, mais voilà... cette évolution ne se verra jamais, le Kiev 88 CM fait maintenant partie des appareils du passé !...

Le Kiev 88 CM, pas trop à cause de son poids ni de sa taille, mais plutôt de sa forme et de sa relative difficulté de mise en œuvre, a été prévu pour être un appareil pour pose, contrairement au Kiev 60 par exemple... Roi des studios de portrait, de mode, de pub, de macro, éventuellement excellent appareil de paysage, il n'a jamais été conçu et ne sera jamais utilisable en photo journalisme ou en photo sportive, il y a des appareils spécialisés pour cela !

Comme je l'ai déjà dit, cet appareil est vraiment performant et agréable, il est même touchant à certains égards ! Mais n'allez pas penser que vous allez pouvoir le dompter si vous êtes un fondu de photo numérique ou si vous êtes un photographe débutant. De nombreux photographes argentiques qui pratiquent depuis des décennies en petit format ont déjà jeté l'éponge en voulant s'attaquer à lui !... Le Kiev 88 CM est un appareil qui se mérite, le conserver en état de marche se mérite également, il exige que vous soyez au clair avec les techniques photographiques de base et TRÈS AU CLAIR avec sa logique de fonctionnement ! C'est pourquoi je n'insisterai jamais assez sur le fait de, non pas lire mais étudier en profondeur son mode d'emploi ainsi que les règles à suivre et les choses à ne pas faire avec lui, si vous ne voulez pas le tuer avant la fin de votre 1er film test !...

100% mécanique, le Kiev 88 CM, si manipulé comme il se doit, ne décevra jamais, même si fragile, il est prêt à être fiable à perpétuité !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Lire mode d'emploi Saliout C

Lire mode d'emploi Kiev 88 CM

Lire les précautions d'utilisation. Rien n'y est précisé concernant le Kiev 88 CM, mais dans le doute je préfère considérer les mêmes précautions. Bien que je ne sois pas trop d'accord avec certains « articles » de cette « charte » (en particulier les n°12 et n°15) mon autorisation de publication imposait une traduction littérale ! donc je m'y plie.

Si vous avez apprécié cet article, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : KIEV 60

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE KIEV ARSENAL

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de Kiev) est protégé par un copyright de KIEV ARSENAL ®

A ma connaissance, KIEV ARSENAL n'a jamais ressenti le besoin de faire de la publicité pour ses productions anciennes... Je n'ai encore rien trouvé pour le Kiev 60...


MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Voilà l'autre modèle de reflex moyen format de la firme Arsenal/Arsat. Et voici le deuxième modèle de Kiev qui est descendu en flèche par de nombreux auteurs sur internet (heureusement qu'il y en a également beaucoup qui le défendent !...). Je tiens toutefois à dire et à insister sur le fait que le Kiev 60 n'est pas une copie du Pentacon 6, ni même du Praktisix (ancêtre du Pentacon) et que le seul point commun entre ces appareils est la monture d'objectif ! Choix judicieux de la part de Kiev qui offre du coup à son 60 une gamme d'objectifs extraordinaire en nombre et en qualité.

Le Kiev 60 est un reflex mono-objectif moyen format (60x60), mais contrairement au Kiev 88 (voir ci-dessus), celui-ci est ce que j'appelle un reflex « plat » qui ressemble tout à fait à un reflex petit format (ou un Pentax 67 -voir plus haut-) mais avec des dimensions et un poids correspondant à la taille de son format !... Gros et lourd !... Contrairement au Kiev 88, le Kiev 60 est d'origine, beaucoup plus universel, de par sa forme déjà qui ne limite pas ses compétences, mais par son équipement de base également puisqu'il est livré avec tous les accessoires indispensables (et même certains qui sont très facultatifs !) : un viseur capuchon, un viseur prisme TTL, une courroie de cou, des filtres, des bagues allonge, un objectif, un pare soleil etc...

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

négatifs 45 x 60 mm (uniquement après modification après sortie d'usine)
négatifs 60 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120. On trouve des annonces de Kiev 60 qui acceptent des films 220 mais c'est faux ! Le Kiev 6C (ancêtre du 60) acceptait les deux formats, mais ce n'est plus le cas du Kiev 60 !!! (d'ailleurs, cette disparition était motivée par la difficulté de se procurer des films 220 en URSS !)
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisque de base il ne contient même pas de posemètre. Il faut utiliser le viseur prismatique TTL pour bénéficier d'un posemètre...
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
Par lentilles additionnelles en option
Infos viseur
Aucune si ce n'est le cadrage exact de l'image, le netteté de la mise au point. Le viseur prismatique TTL propose la mesure de l'exposition via des LED
Moniteur LCD
Aucun
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC située sur le boîtier
Vitesse de synchro-flash : 1/30è de seconde
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Non - Option proposée après sortie d'usine par des modificateurs
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120
Dimensions
173 x 160 x 85 mm (sans objectif, avec viseur prismatique)
Poids
1950 g avec tous ses accessoires (prisme, porte flash, objectif piles)
Accessoires
Voir fiche technique et en plus il y a les accessoires d'origine autre que Arsat®

Présentation générale
Bien que reflex mono-objectif « plat », le Kiev 60 forme ce que l'on appelle un « système » moyen format, c'est à dire qu'en réalité il s'agit plus d'un puzzle que d'un appareil photo !... Chose appréciable, ce système est livré « complet » d'origine avec viseur capuchon pliant, viseur prismatique TTL, objectif standard.

À la base, le Kiev 60 est exactement comparable à un reflex petit format (sauf s'il est équipé du viseur capuchon, sauf que son prisme est amovible -bien que certains reflex petit format proposaient également cette particularité, comme le Miranda RE II de ma collection), simplement « un peu » plus gros et « un peu » plus lourd.

Dans l'état, contrairement au Kiev 88 CM (et tous les reflex moyen format cubiques), le Kiev 60 est immédiatement fonctionnel... Il contient :

Un dépoli : qui permet de voir une image dans le viseur. Le Kiev 60 est livré avec un dépoli fixe. Arax®, une société indépendante qui retravaille les Kiev® propose des accessoires transparents avec des gravures spéciales qui complètent le dépoli d'origine avec 9 systèmes de visée différents, selon les besoins du photographe.

Un système de visée : qui permet de visualiser l'image qui se forme sur le dépoli. Le Kiev 60 était proposé avec 2 viseurs différents en fonction des besoins du photographe. Un viseur dépliant et un viseur prisme TTL.

Un système pour contenir et cadrer le film : le Kiev 60, comme les reflex petit format, n'a pas de dos amovible, son corps contient et cadre le film. Le Kiev 60 n'utilise que des films 120 et délivre des images de 60x60mm. On trouve sur le marché des Kiev 60 qui délivrent des images de 45x60, mais il ne s'agit pas de Kiev 60 originaux, ils ont été modifiés après leur construction.

Un objectif : pour créer l'image sur le dépoli et sur le film. Le Kiev 60, grâce à sa monture d'objectif, proposait un nombre incalculable d'objectifs de plusieurs marques prestigieuses allant de 30mm à 1000mm (plus doubleur) certains traités multicouches, d'autres non. Il existe également un adaptateur pour fixer les objectifs spécifiques de ses « cousins » Kiev 88, Saliout C, Saliout etc...

En plus, le Kiev 60 proposait des accessoires plus ou moins importants mais jamais indispensables pour une prise de vue « basique » tels que bagues allonges (fournies d'origine), poignées, soufflet plus une multitude d'accessoires de marques indépendantes qui ressembles souvent plus à des gadgets.

Il existe des Kiev 60 équipés du système de levée du miroir avant déclenchement, mais cela n'existe pas d'origine non plus, il s'agit de modification après sortie d'usine.

Les différents boutons
Le Kiev 60, comme les reflex petit format, ne propose que peu de boutons :

• Le bouton de déclencheur situé sur la face avant de l'appareil, à main droite (contrairement au Kiev 6C qui l'avait à main gauche). Ce bouton est équipé en son centre d'un pas de vis pour recevoir un déclencheur souple. Il est dommage que ce bouton ne soit pas équipé d'un système permettant le blocage de sa course pour éviter de déclencher par accident.
• Un levier d'armement, situé à main droite du photographe pour armer l'obturateur et baisser le miroir de visée, mais aussi faire avancer le film. Ce levier est presque difforme vu sa petite taille par rapport au boîtier...
• Un levier de test de profondeur de champ (qui manque cruellement sur le Kiev 88)
• Un bouton de sélection de la vitesse d'obturateur situé classiquement à main gauche
• Deux boutons de libération des axes de bobines de film sur sa semelle
• Un levier situé sur la semelle de l'appareil pour ouvrir la porte du dos.
• Et c'est tout !

Les autres boutons se trouvent sur les autres parties du Kiev 60 :

Sur l'objectif :
• La bague de diaphragme : qui détermine l'ouverture de ce dernier. Son échelle est fonction de l'objectif, je vous propose de lire les caractéristiques des différents objectifs ici pour en savoir plus.
•Le bouton de visualisation de la profondeur de champ : ce bouton permet de fermer le diaphragme à sa valeur réelle pour visualiser quelles seront les zones nettes et les zones floues sur l'image finale. Tous les objectifs n'en sont pas équipés mais le boîtier si !... Il faut se rappeler que, hors usage de ce bouton, l'objectif se trouve en permanence en ouverture maximale pour faciliter la visée et le cadrage et que le diaphragme ne se ferme à la valeur réglée que lors de la prise de la photo.

Sur le viseur : Comme je l'ai déjà dit, le Kiev 60 propose deux viseurs. Ils proposent tous les deux des boutons de commande : le viseur capuchon possède un bouton de libération de la loupe, le viseur TTL possèdent un bouton marche/arrêt et une roue calculatrice d'exposition.

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! Tout est fixe et mécanique.

Alimentation
Le Kiev 60 est un appareil 100% mécanique, il n'utilise aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe qui arme l'obturateur et qui le porte (c'est déjà un exploit pour certains). Si, toutefois, vous utilisez le viseur TTL, une pile sera indispensable.

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par le Kiev 60 s'appelle un film moyen format. Il ne peut utiliser que des films 120.

Viseur & Objectif
Le Kiev 60 est équipé d'un dépoli super lumineux qui dispose en plus d'un stigmomètre à champ coupé ainsi qu'une bague de microprismes ! Il faut avouer que cela facilite énormément la mise au point précise !... Si vous avez besoin en plus de lignes pour vérifier les points de fuites, il faudra vous tourner vers des accessoires indépendants... Le viseur capuchon dispose d'une loupe pour encore affiner la mise au point ET, plus rare, un système de visée mixte sport/dépoli qui permet de vérifier la mise au point tout en autorisant une visée super rapide bien que peu précise.

Quel type de viseur pour quelle utilisation ? Nous avons vu que le Kiev 60 proposait 2 viseurs, pour quoi faire ?
• le viseur capuchon permet une visée par le dessus (moins agressif pour le portrait). Il couvre 100% du champ de vision de l'objectif, il est extrêmement clair, respecte au mieux les couleurs ainsi que les ombres. On peut dire qu'il nous montre une « diapositive » de l'image finale. A mon avis, c'est le viseur idéal pour les appareils moyen format dits « cubiques ».
• le viseur prisme, lui, permet d'effectuer une visée à hauteur d'œil, il permet également de redresser l'image, en effet, avec les viseurs verticaux il y a une inversion gauche/droite entre la visée et la réalité. Par contre, les prismes induisent des aberrations au cours de la visée et en plus, sont très lourds (ce peut être un handicap). Bon, mais les viseurs prisme disposent d'un posemètre intégré, ce qui peut être très pratique. Soit, il s'agit ici de posemètre « soviétique », ce n'est pas qu'ils ne sont pas fiables, non, au contraire, mais pas vraiment simple d'utilisation !... Il vaut mieux bien lire le mode d'emploi (si on en trouve) et beaucoup s'entraîner avant de partir sur le terrain !... Je crois que je vais devoir écrire un mode d'emploi des posemètres soviétiques... Voir ici.

Pour ce qui est des objectifs, ..., il faut commencer par briser un mythe né de la propagande occidentale... les optiques de l'Est (Allemagne de l'Est, Pologne, ex-URSS) sont tout simplement extraordinaires !... Vous pouvez lire l'anecdote ici. En plus, le Kiev 60 qui est équipé de la même monture que le Pentacon 6, que l'Exacta 66 (et bien d'autres) peut être équipé de la plus large gamme d'objectifs du monde !... Et que de la haute qualité !... Seul bémol : si ces objectifs sont exceptionnels, leur prix était quasiment dérisoire au vue de leur qualité avant la chute du mur, aujourd'hui, tous les fabricants de ces optiques ont disparus et... les prix ont explosés !... Heureux sont ceux qui ont pu les acheter avant la mort d'Arsat®, car aujourd'hui, on trouve ces objectifs d'occasion plus chers qu'on a pu les acheter neufs avant 2010 !...

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Aucune particularité, il suffit de tourner la bague de mise au point de l'objectif et de vérifier le résultat sur le dépoli. Le système d'aide à la mise au point incorporé au dépoli du Kiev 60 associé à la loupe qui couvre tout le champ de visée (pour le viseur capuchon pliant) ou au grossissement du viseur prismatique est tout simplement idéal.

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Kiev 60 est en fait celle du film que l'on installera dans son corps. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, c'est encore moins pratique qu'avec le Kiev 88 où il est possible de changer de dos... Mais la philosophie des deux appareils est très différente !

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !...

Exposition
A moins d'utiliser le viseur équipé TTL, le Kiev 60 n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Kiev 60 on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Concernant le prisme TTL, il utilise une mesure centrale. En réalité, contrairement à l'habitude qu'on peut avoir avec les appareils Européens ou Japonais, il ne s'agit pas d'une mesure « centrale pondérée » mais d'une mesure « globale » de la quasi totalité du champ de visée. Cela n'a pas que des défauts, en effet, si on connaît les règles d'adaptation des valeurs mesurées, le résultat de cette mesure sera plus intéressant que la mesure centrale pondérée au moins parce que la zone est plus représentative et en plus, on n'est plus obligé de placer le modèle au centre du cadre pour mesurer l'exposition.

Reste à parler de la détermination de l'exposition ! Ça aussi c'est un gros morceau pour qui ne connaît rien aux Kiev !... Il n'y a aucune « relation » entre le posemètre et le sélecteur de vitesse (et pour cause, il n'y a pas d'électronique) mais pas plus avec la valeur du diaphragme (pour la même raison). Donc la détermination de l'exposition s'effectuera uniquement grâce à une règle à calculer (cela fera le bonheur de pas mal de générations de techniciens et de scientifiques de se projeter 30 à 40 ans en arrière !). Le fonctionnement est efficace et infaillible à condition que l'utilisateur sache exactement comment s'en servir (voir ici) ET qu'il sache interpréter les résultats !... La technique est simple, l'explication beaucoup plus longue donc je ne vais pas m'appesantir ici...

Globalement, si on ne connaît rien à la correction de l'exposition, le posemètre Kiev donnera une mesure acceptable (j'ai testé !), ce ne sera pas une exposition de professionnel (aucun posemètre sait faire ça !) mais la photo sera réussie !...

Donc, en un mot comme en cent, contrairement à ce que l'on peut voir sur Internet, les posemètres Kiev sont TRÈS ACCEPTABLES, ils valent bien ceux qu'on retrouve dans les autres marques, à condition de respecter une correspondance de gamme !

Flash
Le Kiev 60 ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Kiev 60, dans la mesure où il possède un obturateur focal, doit utiliser une vitesse de synchro flash, ou plus précisément, le flash sera synchronisé à toutes les vitesses inférieures ou égales à 1/30è de seconde. Cette vitesse de 1/30è est très lente, mais, malheureusement, dans la bonne moyenne des appareils moyen format !... Autant dire que le fill-in au flash n'est pas vraiment le fort de cette gamme d'appareils !...

Balance des blancs
Le Kiev 60 étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Kiev 60, comme tous les appareils « plats » moyen format ou non, est relativement rapide à la mise en œuvre. Bien sûr le manque d'électronique le ralentira mais il sera toujours beaucoup plus rapide qu'un appareil « cubique » ... Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Kiev 60, si vous obtenez 1 image/seconde, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer des réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 2 à 5 secondes et encore... Mais, je me répète, avec le Kiev 60 on fait de la photo, on ne prend pas des photos...

Conclusion
Le Kiev 60 a toujours souffert d'une mauvaise réputation... S'il est indéniable que la qualité des appareils soviétiques était très variable selon la période de leur fabrication, un choix éclairé de la machine et une utilisation raisonnée ont toujours permis d'excellents résultats... Il n'y a aucune comparaison avec les Kiev 88, le Kiev 60 ne souffre d'aucune des tares de son « cousin » !...

Comme je l'ai déjà dit, cet appareil est vraiment performant et agréable, il est même touchant à certains égards ! Mais n'allez pas penser que vous allez pouvoir le dompter si vous êtes un fondu de photo numérique ou si vous êtes un photographe débutant. De nombreux photographes argentiques qui pratiquent depuis des décennies en petit format ont déjà jeté l'éponge en voulant s'attaquer à lui !... Le Kiev 60 est un appareil qui se mérite, il exige que vous soyez au clair avec les techniques photographiques de base !

100% mécanique, le Kiev 60, ne décevra jamais, même s'il exige la compréhension de certains points de son mode d'emploi, il est prêt à être fiable à perpétuité !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Lire mode d'emploi Kiev 60

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : ALSAPHOT AJAX D

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE ALSAPHOT

Non encore trouvée...


MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Assez peu connue du grand public aujourd'hui, Alsaphot nous a laissé quelques grands modèles d'appareils photographiques. L'Ajax D est un de ceux-là. Il ne ressemble pas du tout à un matériel professionnel, même s'il est équipé de son viseur télémétrique optionnel pourtant, nous le verrons, il n'est pas dépourvu de qualités. Bien sûr, il date des années 1950... il ne faut pas s'attendre à des caractéristiques comme celles que l'on retrouve sur les appareils des années 2000 et plus... mais pourtant, outre son côté vieillot attachant, il sait se montrer digne du photographe qui aura pris la patience de le dompter.

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

négatifs 60 x 60 mm

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120.
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune, il ne contient même pas de posemètre.
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
non car simple viseur galilée
Infos viseur
Aucune. Même le cadrage de l'image est assez approximatif
Moniteur LCD
Aucun
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC située sur l'objectif
Vitesse de synchro-flash à toutes les vitesses (obturateur central)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Non - pas de visée reflex
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120
Dimensions
125 x 74 x 93 mm (objectif rentré) 125 x 98 x 93mm (objectif déployé)
Poids
599 g
Accessoires
Télémètre à fixer dans la griffe porte accessoire

Présentation générale
L'Ajax D est une petite (si, si) boite quasiment carrée, en métal peint et gainé de simili noir du plus bel effet. De prime abord on ne repère que son gros objectif et une petite fenêtre de visée microscopique. Les commandes semblent inexistantes puisqu'à part un gros bouton et un déclencheur, on ne retrouve rien sur le boîtier.

L'Ajax D est, si on s'arrête sur la taxinomie iconomécanophile, un compact moyen format. Mais ce qui est intéressant c'est qu'il est effectivement très compact (!!!), il suffit de relire la liste de ses caractéristiques pour repérer son poids et ses dimensions..

Comme beaucoup de ses congénères, l'Ajax D est équipé d'un objectif qui peut rentrer dans le boîtier (en position de repos uniquement !) de manière à pouvoir tenir dans une poche, ce qui n'est pas négligeable pour un appareil moyen format. Par contre, pour photographier, il est impératif de sortir l'objectif, faute de quoi toutes les images seraient floues.

Comme je l'ai déjà dit, sa taille et son poids font de lui un excellent appareil pour baroudeur qui souhaite faire de la photo de qualité sur un format de négatif important (60x60mm). Très solide mais très léger et tout petit avec ça... il a été bâti pour aller sur le terrain sans faire souffrir son propriétaire. Malheureusement, il n'est équipé d'aucun système de fixation pour courroie d'épaule... ce n'est pas grand chose, mais il est vrai que cela manque !...

L'ajax D a conservé, comme beaucoup d'appareils de l'époque, la philosophie des appareils grand format, à savoir toutes les fonctions réunies autour de l'objectif... Vous voulez armer l'obturateur ? Cherchez sur l'objectif ! Vous voulez régler la vitesse d'obturation ? Cherchez sur l'objectif ! Vous voulez régler le diaphragme ? Cherchez sur l'objectif ! Vous voulez mettre au point ? Cherchez sur l'objectif ! Vous voulez déclencher ? Cherchez sur l'objectif ! Tout cela est quelque peu déroutant pour un photographe moderne, mais avec un peu d'habitude, on finit par s'y faire très bien ! Surtout que, contrairement aux appareils soviétiques et autres moyen format plus anciens, la patte d'armement est « très » éloignée du déclencheur, ce qui fait qu'un déclenchement accidentel lors de l'armement est impossible !... Une particularité de l'Ajax D : un premier pas dans la modernité (?) il propose un bouton déclencheur sur le boîtier... Ce bouton ne fait que transférer le mouvement vertical en direction de l'objectif où se situe le vrai déclencheur, mais ce n'est pas désagréable : on se retrouve avec deux déclencheurs pour le prix d'un...

Dans sa version de base, l'Ajax D ne permet aucune vérification de la mise au point ! Son viseur est une simple fenêtre ! Le réglage de la mise au point est totalement au jugé. Ce fut le cas pour de nombreux appareils et après tout ce n'est pas désagréable ! Il existait un accessoire (difficile à trouver aujourd'hui) qui consistait à effectuer la mise au point directement à la visée. Cet accessoire s'appelle un télémètre, il se plaçait sur le sabot porte accessoire et permettait une mise au point précise au prix d'une perte de temps assez considérable !... En fin de compte, mieux vaut jouer avec la profondeur de champs ou l'hyperfocale si on est pressé... Heureusement, l'objectif propose une échelle de profondeur de champ !...

Autre problème de la visée : cette petite fenêtre ne donne qu'un aperçu approximatif de la composition. D'une part parce qu'elle est très petite et, d'autre part parce qu'elle est décalée par rapport à l'axe optique de l'objectif. L'utilisation du télémètre (en option) compliquant encore plus les choses puisque situé encore plus loin de l'axe optique de l'objectif !!!

L'ensemble des commandes situées autour de l'objectif n'étant pas particulièrement intuitif, l'utilisation de l'Ajax D ne le place pas parmi les meilleurs s'il s'agit de faire de la photographie sur le vif : le réglage des différents paramètres prenant tout de même pas mal de temps...

En plus, son obturateur n'était pas encore d'inspiration Compur et offrait une vitesse maximum de 1/300è de seconde. Les vitesses lentes allant jusqu'à 1 seconde et à « B ».

Par contre, le fait d'avoir choisi un obturateur central (dans l'objectif) permet une synchro flash à toutes les vitesses, ce qui est idéal pour les fill-in au flash en plein jour.

L'Ajax D offre en plus une prise pour déclencheur souple sur laquelle on peut également fixer un retardateur mécanique.

Les différents boutons
— sur le boîtier : Sur la couronne on trouve à l'extrémité droite un bouton qui n'en est pas un... c'est l'axe de la bobine débitrice, eh oui, le chemin du film est monté à l'envers par rapport à la norme actuellement admise.
Plus en avant et plus à gauche se trouve le bouton déclencheur. Ce dernier n'est pas équipé d'un pas de vis pour déclencheur souple puisqu'il n'est rien de plus qu'un appendice qui transmet son mouvement au véritable bouton déclencheur situé sur l'objectif.
A l'extrémité gauche se situe le bouton d'avancement du film, je l'ai déjà dit, le chemin du film est inversé sur l'Ajax D. Il faut noter que ce bouton ne sert d'à avancer le film, il n'a aucune action sur l'armement qui s'effectue... sur l'objectif !

Sur la semelle se trouve un bouton qui permet de libérer cette semelle et le dos de l'appareil du boîtier. Ce bouton est associé à une fenêtre qui précise l'état du bouton : position ouverte ou fermée.

—sur l'objectif : ça se complique un peu ! On a des tirettes, des bagues, des leviers et des boutons (et je ne parle pas de la bague de mise au point !)... On va essayer de simplifier un peu :
Du côté gauche de l'objectif se trouve une double échelle de valeurs : l'échelle proximale signale les valeurs de diaphragme (de f/3.5 à f/16), l'échelle distale les valeurs de vitesse (de B à 300). Pour régler le diaphragme, il faut déplacer un petit index métallique face à une valeur de diaphragme (NB: il n'y a pas de cran, tous les diaphragmes intermédiaires sont possibles). Pour régler la vitesse, il faut tourner la bague métallique externe de l'objectif pour placer un point rouge face à la valeur de vitesse.

Le levier qui semble solidaire à la bague de réglage des vitesses est en fait totalement indépendant (!!!) c'est lui qui arme le mécanisme de l'obturateur.

Sur le côté droit de l'objectif on trouve 2 fiches, de haut en bas il s'agit de la prise flash et en dessous la prise pour le déclencheur souple.

A l'extrémité droite de l'objectif se trouve un levier surplombé d'une lame métallique. Le levier c'est le déclencheur, la lame métallique est l'extension du bouton déclencheur situé sur le boîtier.

Voilà, ça paraît beaucoup, mais en réalité, c'est le strict nécessaire et suffisant !...

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! Tout est fixe et mécanique.

Alimentation
L'Ajax D est un appareil 100% mécanique, il n'utilise aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe qui arme l'obturateur et appuie sur le déclencheur (énergie minimale !).

Carte mémoire
A la base, la carte mémoire utilisée par l'Ajax D s'appelle un film moyen format. Il ne peut utiliser que des films 120.

Viseur & Objectif
Le viseur de l'Ajax D, je l'ai déjà dit plus haut est de type galilée. Du côté photographe, il s'agit d'un trou carré de 4x4mm (!!!), du côté objectif, un trou à peine plus gros de 8x8mm. Bien sûr entre les deux se trouve un système optique qui permet d'obtenir une couverture de champs assez proche de la réalité, mais c'est tout... et c'est peu...

L'objectif est un Boyer Topaz (très connu à cette époque et qui équipait de nombreux appareils français de différentes marques) f/3.5 de 75mm. Il s'agit donc d'un objectif normal (à peine 5mm sur le versant grand angulaire pour un 60x60) de rapidité limitée mais très correcte (f/3.5). L'ouverture minimale est bien plus ennuyeuse pour une utilisation avec les films modernes, puisqu'elle ne propose que du f/16 (!) mais bon, on pourra travailler tout de même avec du 400 ISO et moins.

Cet objectif est équipé d'un obturateur central (j'en ai déjà parlé) et porte toutes les fonctions de l'appareil (je l'ai également déjà dit). Il est collapsible pour un gain de place en position de repos.

La bague de mise au point est assez déroutante : on a beau la faire tourner, on a l'impression qu'elle tourne dans le vide et que rien ne se passe dans l'objectif...

Bref, objectif lenticulaire, soit mais quel objectif !... Je parle de résultat maintenant. Associer un tel objectif à un négatif géant est vraiment un gage de surprise au développement, même pour une vieillerie comme l'Ajax D.

La mise au point
La bague de mise au point est assez déroutante : on a beau la faire tourner, on a l'impression qu'elle tourne dans le vide et que rien ne se passe dans l'objectif... Je l'ai déjà souligné. Dire que la mise au point est facile serait mentir puisqu'elle s'effectue au jugé (pour ne pas dire au "pif"), sans aucun moyen de vérification (sauf avec le télémètre en option). Heureusement qu'il existe une échelle de profondeur de champ qui permettra, au pire, d'utiliser l'Ajax D à l'hyperfocale... (voir ici et ici)

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité de l'Ajax D est en fait celle du film que l'on installera dans son corps. Aujourd'hui, en 2011, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO.

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !... Même si l'Ajax D est vraiment une vieillerie !!!

Exposition
L'Ajax D n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec l'Ajax D on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Flash
L'Ajax D ne dispose pas de flash. Ce n'est pas un mal quand on voit la piètre qualité des flashs intégrés actuels. Par contre il dispose d'une prise de synchro flash compatible PC et d'une griffe porte accessoire qui, à eux deux permettent l'utilisation de n'importe quel flash actuel.

Balance des blancs
La balance des blancs est impossible sur un appareil analogique. Il faut choisir un film compatible avec les caractéristique de l'éclairage ou utiliser des filtres adéquats, malheureusement l'objectif de l'Ajax D ne possède pas de pas de vis pour insérer des filtres.

Réactivité générale
L'utilisation des appareils de cet âge n'est pas des plus rapides ! C'est une évidence. Pour les appareils ayant toutes les fonctions sur l'objectif (comme l'Ajax D) c'est encore plus vrai !... En plus, il est indispensable de se créer une logique d'utilisation puisque l'avancement du film et l'armement de l'obturateur sont totalement indépendants donc il est possible d'avancer le film sans l'exposer et il est possible d'exposer plusieurs fois la même image... La mise au point est longue à mettre en œuvre également... Bref, si vous espérez tirer plus d'une image toutes les 20 secondes, vous risquez d'être déçu...

Conclusion
Obtenir la qualité d'un négatif géant avec un appareil moyen format sans les inconvénients de poids et de taille... avec les avantages de la discrétion et du compact, cela mérite bien de faire quelques efforts pour apprendre à se servir de ce merveilleux petit appareil... Ce n'est certes pas un matériel de professionnel (et pourquoi pas après tout !) mais il offre des résultats irréprochables à celui qui connaît bien les règles de la photographie... Avec l'Ajax D il s'agit de construire une image et non de prendre une photo !... Sa robustesse fait vraiment de lui un appareil appréciable sur le terrain pour tous ceux qui ne souhaitent pas transporter 30 kg de matériel en balade...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi Ajax D

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES :
GOMZ LUBITEL et LOMO LUBITEL 166V

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE LOMO

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (fiche technique officielle de GOMZ/LOMO) est protégé par un copyright de GOMZ ou LOMO

A ma connaissance, ni GOMZ ni LOMO n'a jamais ressenti le besoin de faire de la publicité pour ses productions... en même temps, comme leurs nom l'indiquent, il s'agit de matériel « Amateur » (Lubitel = amateur en russe) qui n'avait pas besoin de publicité vu leur prix !... Il n'empêche que je poursuis les recherches...

MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
Comme souvent avec le matériel soviétique, une recette est utilisée aussi longtemps que possible. C'est ainsi que, si je place deux appareils dans le même test, c'est que ces deux appareils, bien que d'âges très différents, sont quasiment identiques. Les modifications sont si discrètes qu'on peut les tester ensemble. Je ne place dans ce test « que » le GOMZ Lubitel et le LOMO Lubitel 166V car ce sont les seuls appareils que je possède, mais ce test pourrait s'appliquer à de nombreux autres appareils soviétiques !... Je passerai sous silence l'ancêtre : le Komsomlets qui était une « photocopie » du Voigtländer Brilliant (1ère génération de 1928) qui n'était pas très différent -mis à part l'absence de mise au point- !...

Je viens de dire qu'il s'agissait d'un boîtier « amateur », mais il s'agit d'un appareil moyen format (60x60) qui fonctionne un peu comme les appareils grand format, autant le signaler tout de suite : il s'agit d'un appareil simple dans sa conception, mais il s'agit, en même temps, d'un appareil assez (voire très) compliqué à utiliser, ce qui ne permet donc pas de le recommander aux amateurs !...

À noter que je le nomme 166 V ici puisque j'utilise la traduction de son nom 166 B en cyrillique (voir ici).

Caractéristiques techniques

Elles sont communes (globalement) à toute la lignée Lubitel

Tailles d'image

négatifs 60 x 60 mm
à noter la possibilité d'utiliser un bricolage pour utiliser un film petit format..
. voire utiliser l'accessoire idoine proposé avec un Lubitel plus récent (le 166 Universal) proposant la même possibilité !

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120,
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisque de base il ne contient même pas de posemètre.
Balance des blancs manuelle
Impossible
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
non
Infos viseur
Aucune si ce n'est le cadrage exact de l'image et la netteté de la mise au point
Moniteur LCD
Aucun
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC située sur l'objectif
Vitesse de synchro-flash : toutes puisque obturateur central (dans l'objectif)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Non
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120
Dimensions
96 x 127 x 98 mm
Poids
576 g sans film ni courroie
Accessoires
filtres colorés pour noir et blanc

Présentation générale
Qu'il s'agisse du GOMZ Lubitel ou du Lubitel 166 V (mais c'est également valable pour les Komsomolets et pour les Lubitels ultérieurs !), ces appareils sont des boîtiers moyen format bi-objectifs, c'est à dire qu'ils portent deux objectifs, un ouvrant sur un miroir incliné à 45° vers le haut pour effectuer la visée, et l'autre servant à transférer la lumière sur le film. Nous en reparlerons plus loin. Ce sont des appareils en plastique (bakélite), ce qui explique leur très petit poids pour des appareils moyen format complets.

Comme tous les boîtiers bi-objectifs, les Lubitel sont plus hauts que larges que profonds puisqu'ils doivent porter 2 objectifs superposés.

Les Lubitel sont, contrairement aux appareils moyen format professionnels, livrés complets, c'est à dire qu'ils possèdent d'origine tous les éléments indispensable à la prise de vue. Le côté négatif de cette philosophie est l'impossibilité de modifier sa configuration ! L'objectif est fixe, le viseur est fixe, il ne possède pas de dos amovible etc...

Je ne parlerai pas des accessoires éventuellement disponibles puisqu'ils n'existaient pas pour ces boîtiers, les accessoires sont apparus avec des boîtiers Lubitel nés ultérieurement. Ni des filtres colorés qui étaient livrés avec le GOMZ Lubitel alors que le Lubitel 166V ne les livrait plus.

Les différents boutons
Les Lubitel (tous !), considérés comme des boîtes en plastique, ne proposent que peu de boutons :

• Un système de fermeture du dos, très efficace (bien que simple) pour Le GOMZ Lubitel et totalement inefficace sur le Lubitel 166V (il faudra que je vous présente mon système de sécurisation pour le 166V).
• 3 boutons de maintien des bobines pour le 166V (le 4ème étant constitué par le bouton d'avancement du film), le GOMZ Lubitel propose un système interne bien plus ancien mais bien plus pratique complété par le bouton d'avancement du film.
• Un bouton d'avancement du film.
• Un sabot porte accessoire (porte flash non synchronisé) pour le Lubitel 166V uniquement.
• Un compartiment de stockage de deux filtres colorés pour le GOMZ Lubitel uniquement.
• Une roue « aide mémoire » spécifiant la sensibilité du film chargé sur le Lubitel 166V uniquement.
• Un bouton d'occultation de la fenêtre permettant la visualisation du n° de la vue en cours (sans intérêt).
• Et c'est tout !
Bien qu'il ne s'agisse plus de boutons, il faut noter la fenêtre rouge permettant la visualisation du n° de la vue en cours (intérêt discutable, nous en reparlerons, il faudra que je vous donne mon système d'amélioration du Lubitel 166V). Notons également la présence du pas de vis pour fixation au trépied, au pas européen pour le GOMZ Lubitel et au pas international pour le LOMO Lubitel 166V.

Quasiment toutes les autres commandes se trouvent sur l'objectif (!!! - comme pour les appareils grand format !!!) ce qui explique (en partie) la difficulté de mise en œuvre et la lenteur de mise en œuvre de ces appareils !...

Sur l'objectif :
• La mise au point est très originale sur le Lubitel (quel que soit son âge -depuis que la mise au point est permise, c'est à dire que le Komsomolets est exclus du lot-) en effet, les deux objectifs sont encerclés par une couronne dentée ce qui fait que la rotation d'un des deux objectifs permet la rotation automatique de l'autre !... Bien sûr, cela sous entend que les pas de vis de déplacement des deux objectifs soient inversés de façon que la mise au point visible dans le viseur soit exactement la même que celle qui va correspondre au plan du film !...
• La bague de diaphragme : qui détermine l'ouverture de ce dernier. Le diaphragme se situant dans l'objectif, il est logique que cette bague se trouve à cet endroit. Par contre, contrairement aux bagues que l'on retrouve habituellement sur les objectifs, cette bague est mise en rotation via un petit bouton situé en périphérie de l'objectif inférieur. Ce tout petit bouton n'est pas simple à repérer, en fait, si on ne regarde pas l'objectif, il sera impossible de le trouver (!!!) Sur le GOMZ Lubitel, ce petit bouton se situe à gauche de l'objectif alors que sur le Lubitel 166V il se situe sur la partie inférieure (!). L'échelle des valeurs de diaphragme se situe latéralement (à gauche) sur le fût de l'objectif. Il faut noter que l'échelle des diaphragmes est de type moderne sur les deux boîtiers (f/4.5-f/5.6-f/8-f/11-f/16-f/22)
• Le réglage de la vitesse se trouve également sur l'objectif. Puisque l'obturateur se trouve dans l'objectif, il est bien évident que la bague de réglage se situe à cet endroit ! La bague de réglage des vitesses est également mise en mouvement via un petit bouton (identique à celui des diaphragmes, ce qui ne simplifie pas franchement la mise en œuvre !). Sur les deux boîtiers, ce petit bouton se situe sur la partie inférieure du l'objectif... cela est très bien sur le GOMZ Lubitel, mais beaucoup moins pratique sur le 166V !!!. L'échelle des vitesses est également gravée sur le côté du fût de l'objectif inférieur, en face de l'échelle des diaphragmes... c'est dire que la taille des chiffres n'est franchement pas gigantesque... prévoyez de bonnes lunettes et un bon éclairage si vous souhaitez vous en sortir !!! Il faut noter que l'échelle des vitesse est de type ancien sur le GOMZ Lubitel (B-10-25-50-100-200) alors qu'elle est de type moderne sur le Lubitel 166V (B-15-30-60-125-250).
• Mais ce n'est pas tout (!!!), toujours autour de l'objectif inférieur, on trouve un autre petit bouton identique aux deux premiers (!!!) qui permet de régler le retardateur mécanique (sur le 166V uniquement) et qui est situé sur le côté gauche de l'objectif.
• Mais ce n'est pas tout (!!!), toujours autour de l'objectif inférieur, sur le côté droit (sur les deux boîtiers), on trouve le levier d'armement de l'obturateur, lui aussi commandé par un petit bouton identique aux autres (!!!).
• Mais ce n'est pas tout (!!!) grâce à un autre petit bouton (identique à tous les autres !!!), situé juste sous le bouton d'armement, on commande le déclencheur...
• Mais ce n'est pas tout (!!!) au milieu de tous ces petits boutons, on trouve un truc ressemblant aux boutons sus décrits mais troué en son milieu qui sert de synchro-flash (sur le 166V uniquement). Bonne idée, il est planté au beau milieu de l'échelle des vitesses (entre B et 15) ce qui ne simplifie pas franchement la lecture de l'échelle (!!!)
• Mais ce n'est pas tout (!!!) parmi cette forêt de boutons en tous genres, on trouve également l'interface du déclencheur souple (sur les deux boîtiers).

Quand je dis que le principe de fonctionnement est une des explications de la difficulté d'utilisation, j'aurais peut-être mieux fait de préciser que c'est la seule difficulté d'utilisation... mais ce n'est pas tout à fait vrai, vous verrez cela plus loin, je vous ai fait assez peur pour le moment !...

Pour calmer un peu votre angoisse, je vais préciser que si tous ces petits boutons semblent identiques, ils sont toutefois tous différents même si de taille identique :

Boutons
GOMZ Lubitel
Lubitel 166V
Armement
Rond et finement granuleux
Rond et lisse
Déclencheur
Rond et crénelé
Rond et crénelé
Réglage vitesse
Fin au bout d'une petite tige
Rond et courbé vers l'avant
Réglage diaphragme
Rond lisse et fin
Rond lisse et plat
Retardateur
/
Identique à l'armement mais diamétralement opposé


Le Lubitel (les 2 en fait) ne possède aucun bouton de test de profondeur de champ, ce qui est logique puisque le diaphragme se situe sur l'objectif de prise de vue alors que la visée s'effectue sur un autre objectif, totalement indépendant...

Sur le viseur : Les Lubitel ne proposent pas vraiment de boutons sur leur viseur mais des appendices qu'il faut connaitre :
•Une encoche qui permet d'ouvrir le capuchon du viseur
• Cachée à l'intérieur de l'écusson, on trouve une loupe de mise au point qu'il faut tirer pour l'utiliser et qu'il faut pousser pour la remettre en place.
• L'écusson lui même doit être poussé vers l'intérieur du viseur pour utiliser la visée sport.
• Les quatre côtés du viseur capuchon sont à déploiement automatique à l'ouverture mais il est nécessaire de les replier manuellement pour la fermeture.

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu !

Alimentation
Les Lubitel sont des appareils 100% mécaniques, ils n'utilisent aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe qui arme l'obturateur et qui le porte (même s'il s'agit d'un tout petit poids !).

Carte mémoire
Dans la mesure où il s'agit d'appareils argentiques, point de carte mémoire mais un film au format 120.

Viseur & Objectif
Pour quiconque a déjà approché son œil d'un viseur reflex (quel que soit le format) la visée dans le viseur du Lubitel (et cela est valable pour les deux modèles dont je parle ici !) sera pour le moins exotique !!! Plutôt que découvrir l'image formée sur un dépoli, on observe ici une image directement formée sur le miroir incliné !... Quelle importance ? En fait elle est double :
- la visée est beaucoup plus claire, et cela n'est pas négligeable !.
- l'image semble être nette quelle que soit la position de l'échelle de réglage de la mise au point, et cela est un énorme handicap !!! ce n'est rien de le dire !...
Pour contourner le problème de la visualisation de la mise au point, les Lubitel offrent (tout de même !) une petite pastille dépolie au centre du viseur qui permet de visualiser convenablement le réglage de la mise au point... malheureusement, cette lentille dépolie présente deux problèmes :
- elle ne couvre qu'une zone microscopique au milieu du viseur... ce qui impose donc de placer le point principal du sujet au beau milieu du viseur, de mettre au point et de recadrer ensuite avant de déclencher... ce qui n'est franchement pas fait pour accélérer la création de l'image (et ce n'est rien de le dire !!!)
- elle est tellement petite qu'il est impossible de voir si la mise au point est correcte !!! Obligation nous est faite d'utiliser la loupe de mise au point intégrée dans le viseur. Cela ne serait pas un problème s'il était possible d'utiliser la loupe en maintenant le boîtier toujours à la même distance de l'œil... malheureusement, si la visée avec le Lubitel (les deux modèles !!!) peut se faire avec le boîtier positionné au niveau de la ceinture, une fois la loupe dépliée, l'œil doit se situer au maximum à quelques millimètres de la loupe (la distance est en fait fonction de votre acuité visuelle !...)

Pourquoi est-ce que je vous dis tout cela ? Tout simplement pour vous faire prendre conscience de la difficulté de cadrer sa future image !... Il faut :
- d'abord porter son lubitel à hauteur de ceinture pour effectuer un cadrage de la scène à photographier
- puis déplier la loupe
- ensuite porter le lubitel au niveau de son œil, ce qui a pour effet de perdre totalement le premier cadrage général
- puis, il faut placer le point principal de la scène sous la lentille dépolie (ce qui fausse absolument le cadrage initial !!!)
- effectuer la mise au point
- rabattre la loupe de mise au point
- replacer le Lubitel au niveau de la ceinture
- retrouver le cadrage original
- et seulement on pourra régler les paramètres d'exposition, en faisant tourner son Lubitel dans tous les sens pour visualiser les boutons de réglage et les échelles de réglage, ce qui nous fait perdre une nouvelle fois le cadrage
- refaire une troisième fois le cadrage avant de déclencher !!!

Bon, j'entends déjà ceux qui suivent crier que cette méthodologie est stupide... et ils auront raison, seulement c'est exactement celle qui sera utilisée par tout photographe n'ayant connu que les boîtiers modernes !... Conclusion ? Il faudra s'habituer à travailler totalement différemment avec un Lubitel !!!...
- repérer à l'œil nu (donc pas dans le viseur !) le cadrage souhaité (j'aurais envie de dire espéré !)
- rechercher et analyser les zones claires et les zones sombres de ce cadrage espéré pour déterminer les paramètres d'exposition
- tourner le Lubitel dans tous les sens pour trouver les boutons de réglage et les échelles de réglage
- déplier la loupe de mise au point
- porter le Lubitel à proximité de son œil
- placer le point fort de votre composition espérée sous la zone dépolie
- effectuer la mise au point
- replier la loupe
- placer le Lubitel à hauteur de nombril et tenter de cadrer comme ce que vous espériez obtenir... Si la couverture de l'objectif est moins large, il vous faudra reculer et recommencer toute la procédure !...

Je disais plus haut que photographier avec un Lubitel n'était pas franchement très simple (même si Lubitel, je le rappelle, veut dire amateur !...) vous commencez à comprendre maintenant... il y a la difficulté (et la lenteur) des réglages des paramètres d'exposition, voilà maintenant la difficulté (et la lenteur) du cadrage... et ce n'est pas fini, il y a un autre point de difficulté dont je parlerai plus loin !!!...

Heureusement, le Lubitel nous offre également un viseur "sport" qui n'a plus rien de reflex (!!!) puisqu'il consiste à placer son œil devant un petit trou carré, d'enfoncer l'écusson du viseur pour visualiser approximativement le champ couvert par l'objectif... C'est beaucoup plus simple mais cela présente également des inconvénients :
- le cadrage est approximatif (puisque non reflex)
- il existe une erreur de parallaxe très importante puisque le viseur sport se situe à près de 13 centimètres au dessus de l'axe optique de l'objectif qui crée la photo
- il est impossible de vérifier la mise au point (puisque cette visée n'est pas reflex !), il faudra donc évaluer (avec risque important de se tromper) la distance qui sépare le film du sujet OU utiliser le Lubitel à l'hyperfocale, mais dans ce cas il faudra oublier le superbe flou d'arrière plan bien connu du moyen format...
Cela dit, le Lubitel (les deux modèles) est très sympa : il propose un index (en fait un point) sur l'échelle de mise au point et un autre index (en fait un point) sur l'échelle de diaphragme pour régler sans se poser de question son boîtier à l'hyperfocale... il ne reste plus qu'à "deviner" la valeur de vitesse correspondant au sujet à photographier !...

Cela est connu de tous (ou du moins cela devrait être connu de tous !) les reflex bi-objectifs, dans leur immense majorité, sont de très mauvais appareils pour la photographie à faible distance... donc, un dans l'autre, l'erreur de parallaxe du viseur sport n'est pas beaucoup plus catastrophique que l'erreur de parallaxe produite par l'objectif de visée dans ce cas particulier...

Parlons de l'objectif maintenant, en fait, je devrais dire parlons des objectifs puisqu'il y en a deux !... Comme sur tous les boîtiers bi-objectifs, l'objectif de visée est beaucoup plus lumineux que l'objectif principal (celui qui va créer la photographie) pour faciliter la visée. Et c'est d'autant plus vrai pour le Lubitel dont l'objectif principal est très sombre puisqu'il n'offre une ouverture maximale que de f/4.5... on est presque dans le monde du grand format !!!

L'objectif principal du Lubitel (sur les deux modèles présentés ici !) est un objectif très simple optiquement parlant. il s'agit d'un objectif de type triplet de 75mm ouvrant à f/4.5. Cela dit, objectif simple ne veut pas dire objectif de piètre qualité, bien au contraire !... Ce petit triplet permet d'obtenir de superbes images (à condition de savoir effectuer une bonne mise au point avec son Lubitel !!!)... Contrairement à ce que l'on voit de ci de là sur le net, le Lubitel n'est pas à considérer comme un appareil de lomographie puisque ce 75mm est affecté de très peu de défauts, pas de vignetage inconsidéré, pas de perte de qualité inconsidérée à la périphérie, bonne reproduction des couleurs, piqué très convenable (à condition de savoir mettre au point, je le répète !). Bien sûr, comme avec l'énorme majorité des boîtiers bi-objectifs, le Lubitel porte un objectif fixe (il n'est pas remplaçable) mais avec une focale de 75mm, le choix est des plus judicieux !...

La mise au point
Sur le Lubitel (les deux modèles), la mise au point est classique : elle est de type hélicoïdale, il suffit de faire tourner la bague de mise au point de l'objectif pour effectuer la mise au point. Mais, comme je l'ai déjà souligné plus haut, sur le Lubitel, le système hélicoïdal est double et inversé puisque les deux objectifs sont dépendants... ceci est donc nécessaire pour que la mise au point soit identique avec les deux objectifs.

J'ai déjà parlé des difficultés de mise au point dans le paragraphe précédent, inutile d'y revenir...

Le réglage des paramètres d'exposition
Je l'ai déjà décrit dans un paragraphe précédent, inutile d'y revenir... Par contre, il est très important de souligner ici un point capital pour qui souhaite réussir ses photos avec le Lubitel :
Le Lubitel est un appareil 100% mécanique donc les paramètres d'exposition seront ceux que vous règlerez, sans aucune possibilité pour l'appareil de corriger quoi que ce soit ! Cela est logique, mais pourquoi le souligner ? Tout simplement parce que les boutons de réglage des paramètres d'exposition sont « libres », c'est à dire qu'il n'existe aucun cran en regard des valeurs et si on place son index de réglage légèrement décalé par rapport à la graduation, on n'a plus la moindre idée du réglage réellement effectué... et dans la mesure où il n'existe pas de posemètre, il n'y a pas moyen de savoir ce que l'on va réellement faire... Bon, pour ce qui est des valeurs de diaphragme, cela n'est pas catastrophique puisque la latitude de pose des films sera capable de se satisfaire d'une erreur d'une fraction de diaphragme... par contre, en ce qui concerne les réglages de vitesses, il est impossible de savoir si on utilisera une fraction de vitesse ou la valeur entière immédiatement supérieure ou inférieure à celle souhaitée et là, cela risque d'être catastrophique en photographie diapositive, beaucoup moins grave en photographie couleur et sans importance en photographie noir et blanc !...

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Lubitel (les deux) est en fait celle du film que l'on installera à l'intérieur. Aujourd'hui, en 2015, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO (même si le 400 ISO est le plus facile à trouver !). Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film, il faut changer de film.

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !... Avec toutefois toujours la même réserve concernant sa capacité à réussir la mise au point avec le Lubitel...

Exposition
Comme déjà dit, le Lubitel (les deux en fait) n'effectue aucune mesure d'exposition ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie "professionnelle" (même si Lubitel veut dire amateur !), et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Lubitel (les deux) on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Flash
Le Lubitel (les deux en fait) ne possède pas de flash intégré. Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet ! À noter toutefois que seul le Lubitel 166V est en mesure d'utiliser un flash extérieur puisque le GOMZ Lubitel ne possède aucune prise de synchro flash !...

Il est toutefois intéressant de noter que le Lubitel (les deux), dans la mesure où il possède un obturateur central (dans l'objectif), n'a pas de vitesse de synchro flash, ou plus précisément, le flash sera synchronisé quelle que soit la vitesse !... Il n'y a aucun rideau à déplacer, la synchronisation se fera même aux vitesses les plus élevées ! Voilà un vrai plus pour le fill-in au flash !... Mais, une fois de plus, l'absence de prise de synchro flash empêche cette technique avec le GOMZ Lubitel !...

Balance des blancs
Le Lubitel (les deux) étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspond pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Lubitel (les deux), comme tous les appareils moyen format argentique (professionnels ou non), ne peut pas être considéré comme un foudre de guerre !... Et c'est encore moins vrai avec le Lubitel vu les difficultés d'utilisation soulignées plus haut !!! Si les reflex argentiques petit format et les appareils reflex petit format numériques permettent des rafales à 8 images/seconde (ou plus), avec le Lubitel (les deux), si vous obtenez 1 image/minute, c'est que soit vous ne travaillez pas suffisamment votre image, soit que votre résultat sera médiocre, soit que vous tirez 10 fois la même image sans rien changer aux réglages... Pour une vraie image bien travaillée, bien mise au point, bien exposée, bien cadrée, vous pouvez espérer 1 image / 2 à 3 minutes et encore... Mais, je me répète, avec le Lubitel on fait de la photo, on ne prend pas des photos...

Autre point à signaler, ne sachant pas où placer cette nouvelle difficulté, j'ai décidé de la placer dans cette rubrique puisqu'elle limite -aussi- la réactivité générale : Le Lubitel (les deux) possède un bouton d'armement de l'obturateur mais qui n'a aucune action sur l'avancement du film. Il possède également un bouton qui permet d'avancer le film mais qui n'a aucune action sur l'armement du film. Cela veut dire qu'il est toujours possible de faire avancer le film plusieurs fois sans jamais déclencher, mais, de la même manière, il est possible de déclencher plusieurs fois sans faire avancer le film... Il faut donc :
- être particulièrement prudent avant de faire quoi que ce soit avec un Lubitel ! Le film doit-il être avancé avant de déclencher ou non ?
- se forcer à utiliser une routine d'utilisation, par exemple, systématiquement avancer le film avant d'armer l'obturateur OU, au contraire, toujours avancer le film après chaque déclenchement.

À noter encore qu'en plus de toutes ces difficultés, le bouton d'avancement du film est totalement libre, ce qui veut dire qu'il ne vous empêchera jamais de ne pas avancer suffisamment le film (donc risque de chevauchement des vues) ni de trop l'avancer (gaspillage de film non exposé) !!! Il est donc très important de faire avancer le film lentement en gardant l'œil rivé sur la petite fenêtre située sur le dos du Lubitel et qui nous montre la numérotation des vues imprimée sur le papier enveloppant le film.

Et il reste un dernier point de difficulté que je ne sais où placer donc je vais le décrire ici aussi : le bouton déclencheur est placé immédiatement sous le bouton d'armement... ce qui fait qu'à défaut de précaution, le déplacement du bouton d'armement aboutit inévitablement à la manipulation du bouton déclencheur donc avec gaspillage d'une (ou plusieurs) vue(s) !!!...

Et il faut ajouter à tout cela le fait que, comme tout moyen format qui se respecte (en fait, je devrais dire comme tout reflex sans prisme), le lubitel ne facilite pas le cadrage dans la mesure où, dans le viseur, il y a une inversion gauche/droite de la scène visée, on s'y fait assez rapidement mais au début cela ralentit méchament à lui tout seul la création de l'image...

Conclusion
Le Lubitel (les deux), appareil si simple, est, nous l'avons vu, particulièrement difficile à utiliser. Mais attention !!! ceci n'est pas forcément un défaut !!! bien au contraire !!! cette difficulté d'utilisation fait de lui le meilleur professeur de photographie du monde !!! Il vous enseignera la rigueur à tous points de vue, il vous apprendra la lenteur de la création photographique !!! et ne serait-ce que pour cela, il devrait être remboursé par la sécurité sociale des photographes amateurs souhaitant s'initier à la photographie générale, à la photographie argentique ou encore à la photographie moyen format !!! Cet appareil risque de se voir explosé plusieurs fois contre les murs, mais, une fois dompté, il deviendra très attachant, malgré ses quelques "petits" défauts ! Il est assez mignon, tellement compact et tellement léger qu'on peut le promener partout avec soi, en ville ou dans la nature, tellement «petit» qu'on peut faire de la photo de rue sans faire fuir la population (essayez donc avec un Mamiya RB/RZ -je ne l'ai jamais fait, par contre, c'est du 100% échec garanti avec un Pentax 6x7, même avec un Kiev 60 et limite avec un Pentax 645, là j'ai testé pour vous !-). Sans compter que sa simplificité est gage d'une fiabilité exemplaire et malgré une coque plastique, il est d'une solidité impressionnante !...

Et puis, il reste le résultat de son travail : la seule critique qu'on puisse jamais lui adresser c'est d'être entre les mains d'un amateur qui n'a pas été assez attentif lors de la détermination de l'exposition, ou qui n'a pas su apprendre à effectuer la mise au point ! Ses prestations à lui sont extraordinaires (à mon humble avis), son objectif est capable de grandes choses, son format 60x60 est difficile mais si harmonieux, bref, encore une bête qui relèguera votre beau reflex numérique au fond de son sac photo, malgré ses rafales de 12 images/s, ses 36 Mpixels, ses «hauts ISO» et tout le reste !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu

Lire mode d'emploi GOMZ Lubitel et du LOMO Lubitel 166B

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MES APPAREILS MOYEN FORMAT ARGENTIQUES : SEMFLEX OTOMATIC II

LA FICHE TECHNIQUE OFFICIELLE DE SEM

Non encore trouvée...


MON TEST COMPLET


ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Introduction
SEM a fabriqué des reflex moyen format bi-objectif d'apparence générale identique depuis la fin des années 1940 jusque dans les années 1970. Bien sûr, selon leur âge, les caractéristiques variaient mais très peu. Les Semflex bi-objectifs ont toujours été des appareils haut de gamme (et leur prix aussi) et étaient considérés comme les Rolleiflex français, non pas qu'il s'agissait d'une copie mais ces deux marques ont proposés des appareils comparables à tous points de vue, tant qualité de fabrication que qualité des images obtenues. On peut, en très gros, différencier ces appareils selon leur format et selon leur mode de fonctionnement, ils étaient soit manuels, soit semi automatiques soit automatiques. Ils ont été nommés standard, semi automatique et automatique puis standard, semi otomatic et otomatic pour une raison assez obscure. Ils étaient montés avec des objectifs Berthiot à trois lentilles, ou Berthiot à quatre lentilles, ou Berthiot et Angénieux à quatre lentilles, ou Angénieux à quatre lentilles. Bien sûr, les objectifs à quatre lentilles offrent une meilleure qualité d'image. Mon exemplaire est un Semflex Otomatic monté de deux objectifs Angénieux : un objectif de visée de 75mm f/2.8 et un objectif de prise de vue de 75mm f/3.5. En effet, pour faciliter la visée, les appareils bi-objectifs possédaient systématiquement des objectifs de visée plus lumineux que les objectifs de prise de vue (probablement pour limiter les coûts !).

Le Semflex Otomatic est donc un appareil moyen format 60x60 (ou 40x40 ou 28x40 sur film 120 grâce à des caches en option à installer dans la chambre d'exposition)... Comme son nom l'indique, l''avancement du film s'accompagne automatiquement de l'armement de l'obturateur.

Caractéristiques techniques

Tailles d'image

négatifs ou diapositives 60 x 60 mm
négatifs ou diapositives 40x40mm
(uniquement avec accessoire)
négatifs ou diapositives 28x40mm (uniquement avec accessoire)

Formats d'images
négatifs ou diapositives noir et blanc ou couleur sur film au format 120. ou film 35mm avec adaptateur en option
Modes de prise de vue

Mode Manuel uniquement

Lignes de programme
Aucun puisque 100% manuel
Plage de mesure
Aucune puisqu'il ne contient même pas de posemètre.
Balance des blancs manuelle
Impossible (argentique)
Réglage paramètres de l'image
Aucun puisque 100% manuel
Réglage dioptrique du viseur
non
Infos viseur
Aucune sauf le cadrage exact de l'image, le netteté de la mise au point.
Moniteur LCD
Aucun
Flash
Aucun
Fonction du flash adapté, à magnésium ou électronique
Synchronisation par prise synchro flash PC (pour les boîtiers à obturateur Compur uniquement)
Synchronisation spécifique SEM (pour boîtiers à obturateur Compur ou Orec)
Connectivité
Aucune
Blocage miroir
Non
Prise de vues continue
Non
Mémoires Utilisateur
Aucune
Langues du menu
Aucune
Stockage
Film 120 ou 135 avec adaptateur en option
Dimensions
142x97x92 (HxPxL) viseur fermé
Poids
959g sans film et sans accessoire.
Accessoires
Voir mode d'emploi

Présentation générale
Le Semflex Otomatic II est un reflex moyen format bi-objectif. En tant que tel, il ne présente aucune particularité si on l'observe de loin : une boite avec un viseur pliant, une platine qui porte deux objectifs, quelques boutons de droite et de gauche, une manivelle (cela n'est pas une généralité mais c'est très fréquent tout de même), quatre pieds (cela n'est pas une généralité non plus) et... un point c'est tout !...

Comme l'immense majorité des reflex bi-objectifs, le Semflex est un appareil complet, prêt à être utilisé, rien n'est amovible (sauf le pare soleil -que je ne possède pas !) sauf les éventuels accessoires dont je ne parlerai pas dans cet article... donc il ne sera pas possible de le modifier.

Les différents boutons

Le Semflex propose, pour ce genre de boîtier, un nombre important de boutons mais sans aucune commune mesure avec ce que l'on peut trouver sur les reflex modernes, voyons cela :

• La face avant est, en fait, constituée uniquement d'une platine porte objectif. Elle porte donc les deux objectifs mais porte également 2 boutons et deux leviers. Dans la mesure où cette platine se déplace d'avant en arrière pour permettre la mise au point (contrairement aux Lubitel dont j'ai pu parler plus haut qui font tourner les objectifs pour la mise au point), le fonctionnement des boutons a du poser des problèmes techniques, mais dans la mesure où mon exemplaire des années 1950 fonctionne encore parfaitement, ces problèmes techniques ont été gérés avec brio.

Le bouton de déclencheur est situé à droite et en bas de l'objectif de prise de vue (objectif inférieur). De l'autre côté se trouve un bouton qui n'évoque pas grand chose à première vue, mais en y regardant de plus près, on constate que ce bouton est un simple pas de vis mais agrémenté de façon à respecter le look général du boîtier, il s'agit en effet du bouton permettant d'accepter le déclencheur souple.

Sur l'angle inférieur droit de la platine, se trouve un petit levier, en regard du bouton déclencheur. En fait, s'il semble appartenir à la platine, c'est un élément du déclencheur puisqu'il sert à désactiver le bouton déclencheur pour éviter les déclenchements involontaires.

Toujours sur le bord inférieur de la platine, mais au milieu, se trouve un autre levier dont on ne devine pas franchement le rôle dans la mesure où aucune gravure ne vient expliquer quoi que ce soit... il faut bien regarder pour comprendre que la gravure expliquant le rôle de ce levier se trouve sur l'objectif de prise de vue (!!!). Ce levier sert à déterminer la synchronisation du flash "X" pour flash électronique "F" pour flash au magnésium.

Les autres boutons de la face antérieure sont des leviers permettant de déterminer la vitesse d'obturation et la valeur de diaphragme. Dans la mesure où le Semflex propose un objectif à obturateur central (comme c'est souvent le cas dans ce genre de boîtier), il est tout à fait naturel de trouver ces leviers autour de l'objectif de prise de vue. Donc, le levier de réglage des vitesses se trouve sur le côté droit de l'objectif et le levier de réglage des diaphragmes se trouve sur le côté gauche de l'objectif. Ce n'est pas franchement très pratique, puisqu'il faut tourner le boîtier dans tous les sens pour permettre les réglages mais cela est typique sur ce genre de boîtier. Il faut noter que l'échelle des diaphragme n'est pas très classique (pour les utilisateurs d'aujourd'hui) [3.5 / 4.5 / 5.6 / 8 / 11 / 16 / 22] et que l'échelle des vitesse est encore plus exotique (pour les utilisateurs d'aujourd'hui) [B / 1 / 2 / 5 / 10 / 25 / 50 / 100 / 200 / 400] mais c'est totalement logique puisqu'il s'agit d'un appareil des années 1950 équipé d'un obturateur Orec (donc non Compur qui a introduit les échelles modernes). Il est important de noter que ces deux leviers ne sont pas équipés de crans, il est donc possible de régler des valeurs intermédiaires... si cela peut être intéressant pour les valeurs de diaphragme (bien que très peu précis, ce n'est rien de le dire !), je ne suis pas sûr que l'on puisse obtenir des valeurs intermédiaires de vitesse, donc dans le cas d'un réglage intermédiaire, on ne saura jamais à quele vitesse on déclenchera (!!!) et puisque le temps d'exposition est double en passant d'une graduation à l'autre... on risque de grosses surprises !...

• Sur le côté droit du Semflex, on trouve un levier, un bouton et une petite fenêtre.
Classiquement, le levier est un levier d'avance de film mais, puisqu'il est automatique, le Semflex associe l'armement de l'obturateur à l'avancement du film. Donc, l'utilisation de ce levier simplifie beaucoup la tâche du photographe, en effectuant deux actions en actionnant un seul levier. Contrairement au Rolleiflex (connu aujourd'hui pour être LA norme à suivre !), il n'est pas nécessaire de faire tourner le levier dans un sens pour faire avancer le film et le faire tourner dans l'autre sens pour armer l'obturateur, le Semflex est donc supérieur au Rollei, dommage qu'il faille actionner ce levier à deux reprises... Sem aurait pu augmenter la démultiplication de ses rouages internes pour faire tout cela d'un seul geste, surtout que le deuxième trajet du levier sert uniquement à terminer le déplacement du film puisque la deuxième course du levier n'est plus que de moitié... À noter toutefois que le levier d'armement/avancement du film propose un repose doigt très agréable et pliable... Simple, efficace, rapide (beaucoup plus que le système des Rolleiflex !)

Le petit bouton est un bouton d'embrayage/débrayage du système d'avancement du film... Autant dire qu'il ne servira pas très souvent (les amateurs de multi-exposition ne sont pas légion).

Quant à la petite fenêtre, elle sert à montrer que l'obturateur est armé, c'est un peu comme ce que l'on retrouve sur le dos des Hasselblad (anciens) / Saliout et Kiev 88 dont j'ai parlé plus haut.

• Le côté gauche du Semflex semble le plus pourvu en boutons, on en compte pas moins de 5, mais en réalité, nous le verrons, il s'agit d'une erreur de le croire !

Le plus gros bouton, qui, soit dit en passant, ressemble aux boutons d'avancement du film sur la majorité des boîtiers, sert ici à mobiliser la platine porte objectif, c'est donc grâce à lui que l'on effectuera la mise au point.
Au centre de ce bouton, on trouve deux picots permettant de renseigner l'échelle des sensibilités (ASA et DIN) du film installé dans le Semflex. Cela est très pratique, même si le Semflex ne possède aucun posemètre. Sur la bague de cette échelle de sensibilité, on trouve deux dessins gravés dont je ne vois pas du tout l'intérêt !
Sur le pourtour du bouton de mise au point, on trouve gravé la valeur des distances de mise au point qui permet d'évaluer la profondeur de champ grâce à une échelle installée autour du bouton de mise au point.

On trouve également deux boutons identiques qui n'en sont pas vraiment, ils servent uniquement à maintenir les bobines de film. Ces boutons ne tournent pas, on peut uniquement les tirer et les pousser, pour installer ou pour bloquer les axes de bobines de films sur leur axe.

Restent deux autres boutons encore plus mystérieux ils sont encerclés d'une petite rondelle colorée en blanc ou en rouge... Il s'agit en fait des électrodes prévues pour le flash spécifique au Semflex. Aucun flash actuel ne pourra donc être utilisé avec ce Semflex puisqu'il n'existe aucune prise PC de synchro flash !...

• Sur le dos du Semflex, on ne trouve qu'une fenêtre équipée d'un obturateur métallique. Cette fenêtre permet de connaître le numéro de la vue en cours imprimée sur le papier protecteur du film 120.

• Sur le haut du Semflex, on ne retrouve absolument rien... Il faut prendre le couvercle du vitesse et le tirer vers le haut pour ouvrir automatiquement le viseur. Rien de particulier donc... SAUF que la particularité du viseur du Semflex se retrouve au moment de sa fermeture !... Contrairement à la majorité des autres appareils moyens format à viseur capuchon (même les Rolleiflex et même les moyen format à viseur capuchon plus modernes) le simple fait de baisser le viseur entraine le pliage automatique des 4 côtés (!...) et pour cause... les quatre côtés sont uniquement constitués de deux pièces mobiles (!...) la fermeture peut donc s'effectuer avec un seul doigt là où de nombreux d'autres exigent 3 doigts voire deux mains !... Chapeau pour un appareil des années 1950 !!!

• Sur la semelle du Semflex, encadrés par quatre petits pieds, on trouve un gros bouton rond qui permet de libérer ou de bloquer la fermeture du dos et une fenêtre équipée d'un obturateur métallique pour l'installation du film. Au milieu du gros bouton rond on trouve un pas de vis pour permettre la fixation à un trépied. Ce pas de vis est au format international (aux normes actuelles).

• Et c'est tout !

Les menus
Voilà une rubrique qu'il sera facile à compléter : il n'y a aucun menu ! Tout est fixe et mécanique.

Alimentation
Le Semflex Otomatic est un appareil 100% mécanique, il n'utilise aucune source d'énergie, si ce n'est la force musculaire du photographe qui arme l'obturateur et qui le porte.

Carte mémoire
Pas de carte mémoire pour le Semflex, on enregistre les images sur un film moyen format. Il ne peut utiliser que des films 120 (sauf avec des accessoires spécifiques qui permettent de créer des images 28x40 sur des films 135).

Viseur & Objectif
J'ai déjà parlé des particularités du viseur capuchon du Semflex, je ne ferai que rappeler ici l'ingéniosité de son système d'ouverture/fermeture.

Le Semflex est équipé d'un dépoli super lumineux (aux normes de l'époque, c'est à dire relativement sombre pour les normes actuelles !) agréablement servi par un objectif de visée Angénieux ouvrant à f/2.8. Ce dépoli n'est pas équipé de stigmomètre ni de microprisme. Dommage, mais cela ne pose pas franchement de gros problème dans la mesure où l'écusson du viseur capuchon est équipé d'une loupe plein champ ! Il faut avouer que cela facilite énormément la mise au point précise !... Contrairement à ce que j'avais expliqué plus haut en décrivant les Lubitel, la loupe de mise au point du Semflex n'oblige plus de coller son œil contre (!!!) donc si on vise à hauteur de ceinture, on peut utiliser la loupe à hauteur de ceinture également... cela simplifie énormément l'utilisation du Semflex et accélère énormément la procédure de cadrage de l'image !... Comme de nombreux autres boîtiers reflex à viseur capuchon (mais pas tous malheureusement !), le viseur du Semflex propose une visée dite visée sport qui permet une approximation de la composition avec visée à hauteur d'œil. Cette visée est très rapide mais ne permet pas de vérifier la mise au point. Donc pour utiliser la visée sport, il faut accepter une composition approximative et être certain de travailler à l'hyperfocale (aucun système n'est prévu pour une détermination rapide de l'hyperfocale, on peut toutefois utiliser l'échelle de profondeur de champ pour s'aider).

Le dépoli n'est pas équipé d'un quadrillage pour vérifier l'horizontalité du cadrage, par contre, on y trouve une gravure qui délimite le format 18x40 utilisable avec un accessoire en option. Ce cadre, bien que sans rapport peut éventuellement servir de repère pour l'horizontalité...

Pour ce qui est des objectifs, ..., le Semflex peut être équipé d'objectifs Berthiot ou Angénieux à 3 ou 4 lentilles (selon l'âge de l'appareil). Soit les deux objectifs sont de la même marque soit ils sont panachés. Cela ne change rien dans la réalité, les deux marques étant aussi qualitatives (même si seul Angénieux a vécu jusqu'à nos jours !). Les objectifs à quatre lentilles permettent de meilleurs résultats que les objectifs à trois lentilles, mais, dans l'ensemble, les résultats sont de bonne qualité.

La mise au point
La mise au point est 100% manuelle. Aucune particularité, il suffit de tourner le bouton de mise au point et de vérifier le résultat sur le dépoli. L'utilisation de la loupe (qui couvre tout le champ de visée) est tout simplement idéale.

Sensibilité et qualité d'image
La sensibilité du Semflex est en fait celle du film que l'on installera dans son corps. Aujourd'hui, en 2015, on trouve encore des films qui vont de 50 à 3200 ISO. Malheureusement, l'échelle de sensibilité du Semflex couvre uniquement le 12~200 ASA... mais la vitesse maximale à 1/400ème peut éventuellement permettre l'utilisation de films de 400 ISO. Bien sûr, contrairement au numérique, il n'est pas possible de changer de sensibilité en cours de film !...

Pour ce qui est de la qualité d'image, rien à dire ! Imaginez ce qu'est un négatif de 6 x 6 cm ! Il suffit de le grossir 10 fois pour obtenir un poster géant ! Et un grossissement de 10x ce n'est rien en ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'image ! Ce n'est pas demain qu'un appareil numérique donnera des images de cette taille en sortie de boîtier !... Les optiques du Semflex sont d'excellente qualité mais il faut avouer qu'ils ont une tendance à donner un résultat assez doux... ce n'est pas un défaut en photographie générale, et c'est même une qualité en photographie de paysage et en portrait...

Exposition
Le Semflex ne peut effectuer aucune mesure d'exposition (mais il existait un accessoire en option qui pouvait aider) ! Soit le photographe connaît les règles d'une évaluation de l'exposition (voir ma rubrique un petit cours de photographie) soit il possède et sait se servir d'un posemètre indépendant (spotmètre et/ou posemètre à lumière incidente) et il obtiendra des expositions au quart de poil, soit il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même ! Eh oui, on est dans le cadre de la photographie professionnelle, et pas dans le numérique bas de gamme !... Avec le Semflex Otomatic on fait de la photo, on ne prend pas des photos !...

Flash
Le Semflex Otomatic ne possède pas de flash intégré (contrairement au Semflex Studio dont la base est la même !). Vue la piètre qualité des flashs intégrés dans les appareils numériques, ce n'est pas un mal !... Là il faut utiliser un flash extérieur et c'est de ses capacités à lui qu'on devra discuter, et là nous sortons du sujet !

Il est toutefois intéressant de noter que le Semflex Otomatic, dans la mesure où il possède un obturateur central (intégré à l'objectif), n'a que faire de la vitesse de synchro flash, le flash sera synchronisé à toutes les vitesses... Autant dire que le fill-in au flash est vraiment un des points forts de cette gamme d'appareils !... Le problème étant de trouver un flash Sem ou de bricoler un système pour interfacer un flash moderne avec les prises du Semflex...

Balance des blancs
Le Semflex Otomatique étant un appareil argentique, nul besoin de faire une balance des blancs. Si la température des couleurs ne correspondent pas à celles prévues pour le film, il faudra utiliser des filtres colorés à placer devant l'objectif.

Réactivité générale
Le Semflex Otomatique, comme tous les appareils moyen format et plus particulièrement bi-objectifs, est relativement lent à la mise en œuvre. Il faut évaluer l'exposition, il va falloir tourner le boîtier dans tous les sens pour effectuer les réglages de vitesse et de diaphragme etc... mais son fonctionnement haut de gamme, lui permet toutefois d'être beaucoup plus facile et rapide à utiliser en comparaison avec les appareils moins pointus tels les Lubitel dont j'ai parlé plus haut...

Conclusion
Le Semflex Otomatic, comme tous les Sem d'ailleurs, bien qu'étant du matériel Français et haut de gamme a toujours été (et est encore) un grand inconnu par la majorité des gens. Bien sûr, à l'époque, c'est son prix élevé qui l'a empêché d'être populaire, mais aujourd'hui, il est devenu très abordable, relativement facile à trouver sur les marchés de l'occasion spécialisés en Europe de l'Ouest (beaucoup plus rare dans les foires non spécialisées), il a également été exporté en Amérique du Nord où on peut également le trouver dans les marchés spécialisés, mais peu de monde semble s'y intéresser... et c'est bien dommage... si vous avez la chance d'en trouver un, n'hésitez pas, il est beau, bien construit, très solide et très efficace...

Le Semflex Otomatic est un appareil qui se mérite, il exige que vous soyez au clair avec les techniques photographiques de base ! Mais il ne vous décevra certainement pas si vous souhaitez faire de la photographie moyen format argentique à petit prix en 2015 et pour encore au moins les 100 ans à venir !...

ATTENTION : l'ensemble des images et des textes de ce paragraphe (mon test complet) est protégé par un copyright de Thierry Delorraine pour le site www.thydelor.eu


Lire mode d'emploi Semflex Otomatic

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