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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE ZENIT-E (ЗЕНИТ-Е)

Mon premier article traitera d'un de ces boîtiers mythiques. Innombrables ont été les propriétaires de ce boîtier soviétique, très nombreux sont ceux qui l'ont adoré, très nombreux aussi sont ceux qui souhaitent en acquérir un pour se faire les dents en argentique et qui se sont laissés portés par les superlatifs associés à ce « monstre sacré »... Voyons si ses points faibles peuvent vous faire fuir loin de lui !...

Je ne sais pas ce que vous avez pu entendre au sujet du Zenit-E (je n'utiliserai que son nom latinisé), je sais seulement ce que j'ai pu en dire par ailleurs dans ce site... Je ne renie pas du tout ce que j'y ai écrit, mais j'ai du le tester à nouveau, comme si je ne le connaissais pas, pour redécouvrir ses défauts... et il est loin d'en être dépourvu (!!!) même si, en adorant l'utiliser, on en vient à lui pardonner ou à les oublier...

Si vous prévoyez d'utiliser un Zenit-E, pour la première fois, prévoyez de revenir avec un film mort ne montrant rien d'utilisable... je n'ai pas dit « mauvais résultats », j'ai bien dit « rien d'utilisable » et j'aurai même pu simplifier en disant « rien » !...

Enfoncez-vous bien cela dans la tête avant de l'utiliser (et pas uniquement la première fois !) : le Zenit-E est un appareil photo aussi occidental que ЛЕНИН, СТАЛИН ou ПУТИН (comprendra qui pourra !). Utilisez votre Zenit-E avec l'arrogance occidentale qui nous caractérise tous (les russes d'aujourd'hui aussi, j'en suis certain !) et tout ce que vous gagnerez sera, au mieux un ou plusieurs films ruinés, au pire un reflex hors d'usage, irréparable, bon à jeter !... En Russie Soviétique, semble-t-il, c'est l'appareil photo qui commandait et le photographe qui obéissait !...

Mais ce n’est pas grave, vous verrez, car même si le Zenit-E est le reflex le plus obstiné et le plus simple (dans sa conception, pas son utilisation !) que j’ai utilisé, c’est une machine extrêmement amusante et un plaisir absolu à utiliser...

L'histoire du Zenit et celle de la fabrication d'appareils photographiques soviétiques remontent à 1942, lorsque l'Unité Mécanique de Krasnogorsk (Krasnogorsk Mekhanicheskii Zavod ou KMZ) commença à produire des appareils dans la banlieue de Moscou, à Krasnogorsk. Ce fabricant d'appareils photo était si important pour la région que la ville incluait un prisme et des rayons lumineux (logo de KMZ, voir ici) dans ses armoiries. Leur premier appareil photo populaire était un télémétrique Zorki qui faisait de son mieux pour copier le Leica II. Rapidement, ils sont entrés dans le jeu des reflex en fabriquant un certain nombre de boîtiers sous les noms de Zorki et Zenit. Les 15 premières années de production ont été difficiles pour la société. La production était loin d'être rationalisée, les exportations étaient faibles (quasi nulles) et les chiffres des ventes intérieures, lamentables. C'était un article de luxe dans une société où les articles de luxe n'étaient pas abordables pour la plupart des gens dans les années qui ont suivi la « Grande guerre patriotique ». Mais à la fin des années 1960, les choses ont commencé à changer pour le Zenit. La société a commencé à utiliser des méthodes de moulage et de production en série. La monture d'objectif M39 a été remplacée par le filetage à vis M42 et l'intérieur mal copié de Leica a été révisé à l'aide d'un miroir à rappel instantané. Tout cela a conduit à la naissance du Zenit-E, qui allait devenir leur premier appareil photo réussi et, à terme, leur best-seller.

Il a été produit de 1965 à 1986, un temps assez long pour rivaliser avec des machines légendaires telles que le Pentax K1000, (dont je parlerai certainement dans cette page), presque entièrement à l’époque de Léonid Brejnev en Union soviétique (pour les historiens ou les vieux photographes), KMZ a vendu 3,3 millions de ces appareils photo dans le pays et en Europe. Alors que des crises internationales (Baie des cochons, etc) soient à l'origine de cette époque, l'économie soviétique était en plein essor et la prospérité augmentait. Cela a entraîné une demande accrue de biens de consommation -tels que des appareils photo- ce qui était impossible après-guerre. Le design même du Zenit-E est le reflet de cette nouvelle reprise économique. Dès la première fois que vous le prenez, le poids va vous scotcher. Avec son châssis moulé sous pression et ses arêtes vives, sa couronne de forme typiquement soviétique (on retrouve la même forme sur les Kiev mais aussi les productions des pays satellites de l'URSS) il ne serait pas étonnant qu'il soit fabriqué à partir de l'acier prévu pour fabriquer des chars d'assaut soviétiques... même si le manuel du Zenit indique que l'un des principaux avantages de l'appareil photo est sa conception légère, ce qui pousse à se demander quel type de parpaings prenait des photos en Russie avant l'arrivée du Zenit !... Tout ce que je sais, c'est que vous ne le laisserez tomber qu'une seule fois avant d'apprendre à faire très attention à lui !... Pas pour le bien-être du Zenit, mais pour la survie de votre pied !...

Ce modèle était à la hauteur de la conception de l'appareil photo en URSS, doté d'un photomètre découplé, de cinq vitesses d'obturation, d'une série d'objectifs à vis M42 et d'un retardateur. Oui mais, en pleine période numérique, comment on ressent le Zenit-E aujourd'hui ?

Pour ce qui suit, je partirai du Zenit-E d'exportation (nom : ZENIT et non ЗЕНИТ) équipé de son objectif Industar 50-2 50mm f/3.5.

Pour apprécier pleinement la laborieuse expérience de la prise de vue avec cet appareil photo, voici un mini guide étape par étape pour prendre une photo
◘ Avant de toucher à votre appareil, trouvez un mode d'emploi et apprenez-le par cœur (si vous n'en trouvez pas, cherchez ici). IMPERATIF !!!
◘ Avant toute chose, il est impératif de tester le posemètre de votre Zenit-E car il est inévitablement endommagé. Les photomètres à cellules au sélénium sont parfaits si vous souhaitez économiser de l'argent sur les piles, mais le sélénium a une durée de vie limitée. Donc utilisez votre boîtier numérique pour évaluer l'erreur de mesure du posemètre intégré au Zenit-E !... Ainsi vous saurez de combien il faudra corriger sa lecture !... Tant que vous y êtes, allez acheter un posemètre à main (et à pile !), même d'occasion... vous comprendrez plus tard. Ou mieux, apprenez parfaitement la technique du sunny-16 !!!...
◘ Commencez par charger votre film et avancez-le avec précaution. Les dents qui déplacent le film peuvent être coupantes et peuvent déchirer les perforations du film, plaçant des dizaines de photos sur une seule image !.... Cela pourrait vous rendre fou !...
◘ Ensuite, composez votre image en tournant la petite bague située à l'avant de votre objectif sur sa plus grande ouverture. C'est le seul espoir d'éclaircir suffisamment le viseur pour permettre une mise au point précise. À f/3.5 on peut raisonnablement faire le point. À f/5.6, c'est une lutte à mort et à f/16, il est presque impossible de voir quoi que ce soit. Sérieusement, c'est probablement un des viseurs les plus sombres du monde. Je ne dis pas qu'on pourrait l'utiliser pour regarder une éclipse solaire... mais bon.
◘ Maintenant que vous avez composé votre image, sortez votre posemètre à main pour évaluer l'exposition... De toute façon, même si le posemètre intégré est encore à peu près fiable, vous feriez peut-être mieux de ne pas l'utiliser, puisque le système de mesure de l'appareil photo utilise le système russe de sensibilité du film (GOST). Bon, on peut dire que la valeur GOST est approximativement équivalente à la valeur ASA ou ISO (100 ISO/ASA = 90 GOST). D'ailleurs, sur le modèle d'exportation (heureusement !) il y a 2 échelles : GOST/ASA (je vous avais bien dit que c'était approximativement équivalent) et DIN.
◘ Après cela, réglez votre vitesse d'obturation en tirant la molette de l'obturateur vers le haut et en la tournant jusqu'à ce que le point s'aligne à la vitesse souhaitée. Cela peut être déroutant, il est donc préférable de le pousser jusqu'au réglage Bulb et de travailler à partir de là. Heureusement, l'appareil ne vous offre pas beaucoup d'options, avec des vitesses allant de 1/30 à 1/500 de seconde et un mode bulb. Cela signifie que la vitesse du film est une considération très importante. Maintenant que vous avez réglé la vitesse d'obturation, vérifiez à nouveau la mise au point, puis faites pivoter la bague d'ouverture jusqu'à obtention de celle dont vous avez besoin pour une exposition correcte. Comme il n'y a pas de clic à chaque valeur de diaphragme, vous devrez essayer d'être aussi précis que possible. Ah, juste une remarque : quand vous tournez la bague de mise au point, vous déplacez l'échelle du diaphragme donc vous ne savez jamais où elle se trouve...
◘ Recomposez votre image pour la troisième fois à condition d'y voir encore quelque chose après le réglage de l'ouverture (!!!).
◘ Considérez où est le soleil. Est-il ailleurs que derrière vous ? Si c'est le cas, vous aurez presque certainement une lumière parasite importante.
◘ Appuyez sur le bouton de l'obturateur et souriez à la force et à la brutalité de l'action. Félicitations, tavaritch, tu as pris une photo.
◘ Avancez le film lentement pour ne pas déchirer les perforations du film, un piège courant pour les utilisateurs du Zenit. Vous apprendrez rapidement la différence entre le moment où le film est avancé et le moment où il ne l’est pas.
◘ Si vous êtes au bout du rouleau (de film !), préparez-vous à utiliser le bouton de rembobinage qui a été texturé pour ressembler à la tête d'un attendrisseur à viande. Vous faites un long rembobinage et vos mains ne seront pas loin d'être en sang... (j'exagère, bien sûr !).

Inutile de dire qu'utiliser cet appareil photo est tout un rituel. Un des aspects de l'amour du film est qu'il ralentit le processus photographique et vous oblige à travailler plus dur pour obtenir des images de qualité. Si cela est une vraie vertu, le Zenit-E pourrait bien être ZE boîtier le mieux conçu du monde et jamais construit. Il permet une photographie 35 mm à un rythme proche de celui du grand format !...

Donc, si l'appareil est dépourvu de modernisme, horriblement "difficile à utiliser" et plus lourd qu'une brique (attention, dans une manif', un Zenit-E est considéré comme une arme de poing !... -non, j'exagère !-), vous êtes en droit de vous demander pourquoi l'utiliser. Vous pensez peut-être que les objectifs du Zenit-E sont ce qui fait que l'appareil vaut votre temps et vos efforts. Vous avez un peu raison... Le Zenit-E est livré avec l'un des deux objectifs : l'Helios 44-M ou l'Industar 50-2. Ne laissez pas les désignations vous tromper. Le Helios est en réalité un 58mm f/2 et l'Industar est un 50mm f/3.5. L'Industar, qui est un pancake unique. Les deux objectifs produisent un bokeh spiralé devenu très célèbre mais les deux sont aussi sujets à la lumière parasite. Il y a probablement beaucoup de données techniques que l'on pourrait rassembler pour expliquer ces objectifs, mais lorsque vous voyez enfin les images qu’ils produisent, les spécifications s’évaporent. Car si ce boîtier est basique, une brique, une douleur à utiliser, a un penchant pour les pellicules déchirées, un posemètre qui n’aide pas beaucoup (même dans les rares cas où il fonctionne), utilise un verre qui laisse échapper la lumière et créera des callosités sur vos mains après le premier rembobinage, il pourrait très bien être votre nouvel appareil photo préféré.

Si vous jugez un appareil photo d'après son prix et sa réputation, vous ne considérerez pas le Zenit-E pour ce qu'il est. Mais une fois habitué à sa philosophie et après avoir cessé de ruiner des rouleaux de film, le Zenit-E vous semblera vivant. Prendre des photos avec cet appareil photo est tout simplement amusant. Vous aimerez le son tonitruant de son obturateur, la confusion quant à savoir si vous utilisez la vitesse correcte et la proximité avec laquelle vous écoutez les sons en faisant avancer le film, oreille contre le dos du boîtier. Photographier avec le Zenit-E vous permettra de vous sentir plus proche de vos photos, plus que jamais. Lorsque vos clichés revenus du laboratoire, le premier coup d'œil créera un sourire jusqu'aux oreilles. Ce sont les images que vous obtenez d'un appareil qui demande de la patience et un travail supplémentaire. Un appareil qui se sent, obstinément fier et peu disposé à se livrer au luxe -un appareil qui reflète sévèrement ses créateurs et sa place dans le temps-. En voyant les images qu'il crée, on se moque des appareils photo haut de gamme parce que l'on sait ce qui peut être accompli avec beaucoup moins d’argent et de fonctionnalités.

Vous pouvez également aller voir ici.

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE ZENIT-12 (ЗЕНИТ-12)

Après l'expérience du Zenit-E (article précédent), nous allons envisager celle d'un descendant bien modernisé (il date en effet de 1982~2000?). Je possède la version d'exportation du Zenit-12 (qui s'appelle ZENIT-12 XP) mais il existe la version marché intérieur (qui s'appelle ЗЕНИТ-12сд), ces deux boîtiers étant totalement identiques avec, peut-être, une meilleure fiabilité du modèle export (XP). Les deux étant identiques, je ne préciserai jamais en me contentant de parler du Zenit-12.

Cet article sera beaucoup plus court que le précédent mais demandera beaucoup plus de lecture (!!!) puisque le Zenit-12 n'est qu'une version modernisée du Zenit-E, il faudra connaitre le Zenit-E donc lire l'article précédent et compléter vos connaissances avec le contenu de l'article d'aujourd'hui comme une mise à jour... Attention, ne zappez pas l'analyse de l'article précédent !

En réalité, la modernisation du Zenit-E qui a permis la naissance du Zenit-12 ne représente pas grand-chose mais change énormément l'expérience de son utilisation ! En fait, je ne vois que 3 points d'amélioration (il y en a peut-être d'autres cachés à l'intérieur, mais je n'en sais rien, je ne me suis pas amusé à les ouvrir !) :
— une double couronne de microprismes pour une mise au point un peu plus facile et un peu plus efficace
— un système d'avancement du film un peu plus doux risquant moins de manger le film
— un posemètre intégré qui permet de ne plus quitter le viseur pour composer et effectuer les réglages d'exposition. Ce posemètre nécessite des piles donc il ne risque pas de donner des mauvaises valeurs avec le temps qui passe...
+
— peut-être une amélioration du système de réglage de la vitesse qui ne nécessite peut-être plus d'armer l'obturateur avant de faire tourner la roue de réglage de la vitesse. N'ayant pas de preuve formelle de cette amélioration, principe de précaution oblige, je continuerai à recommander l'armement en premier !...

Toutes ces améliorations permettent une utilisation bien plus rapide et bien plus simple que pour le Zenit-E !... Avec le Zenit-12, on arrive à une utilisation quasiment identique à celle des boîtiers occidentaux (et japonais !) des années 1970 (ce qui fait que le Zenit-12 n'est plus en retard que d'une quinzaine à une trentaine d'années, si on fait abstraction de l'absence de vitesses lentes). Dommage que le système de rembobinage du film soit débile et de philosophie plus ancienne que celle du Zenit-E (!!!), c'est tout les soviétiques ça !...

Pour ce qui suit, je partirai du Zenit-12 d'exportation (nom : ZENIT-12XP et non ЗЕНИТ-12сд) équipé de son objectif Helios 44M 58mm f/2.

Pour apprécier pleinement l'expérience de la prise de vue avec cet appareil photo, voici un mini guide étape par étape pour prendre une photo
◘ Avant de toucher à votre appareil, trouvez un mode d'emploi et apprenez-le par cœur (si vous n'en trouvez pas, cherchez ici). IMPERATIF !!!
◘ Avant toute chose, avec le Zenit-12, il suffit d'insérer deux piles bouton et de tester leur charge en armant l'obturateur et en appuyant légèrement sur le déclencheur tout en regardant dans le viseur. Arrivé à mi-course, si vous voyez s'éclairer une ou deux diodes c'est que les piles (donc le posemètre) sont efficaces. Un seul regret : KMZ aurait pu prévoir un bouton testeur de piles car la course du déclencheur est très courte entre le moment où il allume la(les) diode(s) et le moment où il déclenche... si vous avez un film chargé, il faudra être très prudent sous peine de perdre une vue... Cela dit, apprendre la technique du sunny 16 n'est pas une mauvaise idée ici non plus (!!!), le Zenit-12 étant entièrement mécanique et manuel, les piles ne servent qu'à faire fonctionner le posemètre... passez-vous des piles, c'est encore plus agréable !...
◘ Commencez par charger votre film et avancez-le avec précaution. Les dents qui déplacent le film peuvent être coupantes et peuvent déchirer les perforations du film, plaçant des dizaines de photos sur une seule image !.... Cela pourrait vous rendre fou !... Avec le Zenit-12 ce risque n'a pas totalement disparu mais est plus limité qu'avec le Zenit-E , il suffit d'avancer le film doucement pour ne pas manger le film. Il est inutile de se presser, le Zenit n'est pas un cheval de course, vous pouvez bien perdre 3 ou 4 secondes pour l'avancement du film !...
◘ Avec le Zenit-12, la procédure de composition de son image est plus classique puisque, quelle que soit la valeur de diaphragme réglée sur l'objectif, la visée se fera toujours à pleine ouverture (si objectif M42 automatique, ce qui n'est pas le cas de l'Industar 50-2 par exemple)... donc même si le viseur est assez sombre, à f/2 il n'y a pas de problème (sauf en basse lumière... mais avec une vitesse mini de 1/30è de seconde, vous ne ferez pas de photo de nuit !)
◘ En installant le film dans le Zenit-12, il faudra régler le bouton de sensibilité pour permettre au posemètre de fournir les bonnes valeurs. Le Zenit-12 d'exportation utilise le système russe de sensibilité du film (GOST). Bon, on peut dire que la valeur GOST est approximativement équivalente à la valeur ASA ou ISO (100 ISO/ASA = 90 GOST). D'ailleurs, sur ce modèle d'exportation il n'y a qu'1 échelle : GOST/ASA (je vous avais bien dit que c'était approximativement équivalent). Un énorme problème : la roue de réglage de sensibilité n'est pas bloquée (!!!) et ne demande qu'à tourner à la moindre sollicitation !!! Et qui dit modification de réglage de sensibilité dit erreur de mesure et exposition dans les choux !... Vérifiez systématiquement que la sensibilité affichée corresponde à celle du film installé, mais comme il n'est prévu aucune fenêtre aide-mémoire du film inséré dans le boîtier (!!!) ce n'est pas évident ! C'est là que l'utilisation du sunny-16 trouve sa place (!!!) vérifiez systématiquement la cohérence des mesures du posemètre du Zenit-12 !...
◘ Après cela, réglez votre vitesse d'obturation en tournant la molette de l'obturateur. Contrairement au Zenit-E, il n'est plus nécessaire de relever le bouton. Comme avec le Zenit-E, il est impossible de passer de la vitesse 1/500 à B et inversement. Il y a un frein, ne forcez pas !... Heureusement, l'appareil ne vous offre pas beaucoup d'options, avec des vitesses allant de 1/30 à 1/500 de seconde et un mode bulb. Cette limitation de mouvement me laisse craindre que l'on risque de tout casser en tournant la roue de sélection de vitesse si on n'a pas armé l'obturateur AVANT (comme avec le Zenit-E), donc je recommande d'armer PUIS de régler la vitesse... Maintenant que vous avez réglé la vitesse d'obturation, sans être obligé de quitter le viseur des yeux, faites tourner la bague de réglage de l'ouverture du diaphragme jusqu'à obtention de celle dont vous avez besoin pour une exposition correcte. Si les valeurs sélectionnées induiront une surexposition, la diode supérieure s'éclairera, si les valeurs sélectionnées induiront une sous-exposition, c'est la diode inférieure qui s'éclairera.. Sur la bague de réglage de la valeur du diaphragme de l'Hélios-44M, il y a un clic pour chaque 1/2 valeur de diaphragme (!!!) super, non ?
◘ Considérez où est le soleil. Est-il ailleurs que derrière vous ? Si c'est le cas, vous aurez presque certainement une lumière parasite importante.
◘ Appuyez sur le bouton de l'obturateur et souriez à la force et à la brutalité de l'action. Félicitations, tavaritch, tu as pris une photo.
◘ Avancez le film lentement pour ne pas déchirer les perforations du film.
◘ Si vous êtes au bout du rouleau (de film !), préparez-vous à appuyer comme un sourd sur le système de déverrouillage du mécanisme d'avance du film tout en tournant la manivelle de rembobinage avec l'autre main et en maintenant fermement le boîtier avec votre 3ème main !... Vous faites un long rembobinage et vous aurez une crampe dans le doigt qui déverrouille l'avancement du film.

Le Zenit-12 avec son Hélios-44M est beaucoup plus simple et intuitif d'utilisation, il est donc moins intéressant mais bien plus orienté réussite. D'aucun dira qu'il est devenu un appareil fade et sans âme. Un des aspects de l'amour du film est qu'il ralentit le processus photographique et vous oblige à travailler plus dur pour obtenir des images de qualité. Si cela est une vraie vertu, avec le Zenit-12, la difficulté n'existe plus, les puristes le regretteront et préfèreront très probablement utiliser le Zenit-E !... Bien que loin d'un cheval de course, le Zenit-12 permet un rythme de déclenchement beaucoup plus rapide que le Zenit-E !...

Donc, si l'appareil est dépourvu de modernisme au sens propre du mot, plus lourd qu'une brique (attention, dans une manif', un Zenit-12 est considéré comme une arme de poing !... -non, j'exagère !-), vous êtes en droit de vous demander pourquoi l'utiliser. Vous pensez peut-être que les objectifs du Zenit-12 sont ce qui fait que l'appareil vaut votre temps et vos efforts. Vous avez un peu raison... Le Zenit-12 est livré avec l'un des deux objectifs : l'Helios 44-M ou l'Industar 50-2. Ne laissez pas les désignations vous tromper. Le Helios est en réalité un 58mm f/2 et l'Industar est un 50mm f/3.5. Les deux objectifs produisent un bokeh spiralé devenu très célèbre mais les deux sont aussi sujets à la lumière parasite. Il y a probablement beaucoup de données techniques que l'on pourrait rassembler pour expliquer ces objectifs, mais lorsque vous voyez enfin les images qu’ils produisent, les spécifications s’évaporent. Car si ce boîtier est basique, une brique, un penchant pour les pellicules déchirées, qui utilise un verre qui laisse échapper la lumière, avec un posemètre qui risque de vous rendre fou (à cause d'une roue de réglage de sensibilité qui tourne librement) et qui vous tuera un doigt après le premier rembobinage, il pourrait très bien être ou devenir votre nouvel appareil photo préféré.

Si vous jugez un appareil photo d'après son prix et sa réputation, vous ne considérerez pas le Zenit-12 pour ce qu'il est. Mais une fois habitué à sa philosophie, le Zenit-12 vous semblera vivant. Prendre des photos avec cet appareil photo est tout simplement amusant. Vous aimerez le son tonitruant de son obturateur, la confusion quant à savoir si vous utilisez la vitesse correcte et la proximité avec laquelle vous écoutez les sons en faisant avancer le film, oreille contre le dos du boîtier. Photographier avec le Zenit-12 vous permettra de vous sentir plus proche de vos photos, plus que jamais. Lorsque vos clichés seront revenus du laboratoire, le premier coup d'œil engendrera un sourire jusqu'aux oreilles. Ce sont les images que vous obtenez d'un appareil qui demande de la patience et un travail supplémentaire. Un appareil qui se sent, obstinément fier et peu disposé à se livrer au luxe -un appareil qui reflète sévèrement ses créateurs et sa place dans le temps-. En voyant les images qu'il crée, on se moque des appareils photo haut de gamme parce que l'on sait ce qui peut être accompli avec beaucoup moins d’argent et de fonctionnalités.

Avec ce Zenit-12, on se retrouve face à un vrai reflex 35mm qui se manipule comme tous les autres... il faut simplement se faire à son poids éléphantesque et à l'absence de vitesses lentes. Le système de diodes pour l'interface entre le posemètre et le photographe est peu précis, mais a été utilisé par de nombreuses marques dans les années 1970~1980, j'aurais préféré le système à aiguille. Le posemètre mesure l'ensemble du champ, pas de mesure centrale pondérée, mais résultat extraordinaire. Peut-être que les puristes préfèreront photographier avec le Zenit-E, mais les débutants (mais pas que !) qui veulent des photos réussies sans trop se prendre la tête, préfèreront le Zenit-12. Bien sûr, d'autres boîtiers présentant les mêmes caractéristiques globales (en mieux) seront encore plus enviables, mais si on considère que l'on peut trouver un Zenit-12 (coté 50€ en état neuf) quasiment gratuitement, il devient un concurrent très bien placé ! Je me permettrai de vous rappeler qu'en achetant un Helio-44M et un Industar 50-2 pour ~20€, un Zenit-E ET un Zenit-12 m'ont été offerts (gratuitement) dans une foire photo...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... L'ASAHI PENTAX K1000

Nous restons dans le cadre des matériels mythiques, avec cette fois, le chef de file des boîtiers mythiques : l'Asahi Pentax K1000.

J'ai déjà beaucoup parlé de l'Asahi Pentax K1000 dans différentes pages de mon site, je ne vais pas y revenir (surtout que je n'ai pas changé d'avis depuis !), je me concentrerai donc sur les particularités de son utilisation, avec ses points faibles (et ses points forts), avec ce que l'on adore et avec ce que l'on déteste...

Avant toute chose, il me faut rappeler que le K1000 était un boîtier à longévité commerciale énorme, il a été au catalogue de 1975 à 1997, sans aucune modification fondamentale !... Nous sommes donc en présence d'un boîtier des années 1970, même si on l'a acheté quasiment en 2000 !... Il pourra donc sembler moderne si on l'achète en 1975 et franchement hors d'âge si on l'achète en 1997 !... Mais il faut savoir (et se souvenir toujours !) que le K1000 a, dès le début, été pensé pour être un boîtier minimaliste (!!!) et c'est peut-être pour cela qu'il est devenu ce qu'il est dans l'esprit et le cœur de tout photographe... C'est ainsi que le K1000, dès ses débuts, était déjà moins bien doté que nombre de ses prédécesseurs !...

On tombe amoureux du K1000 dès qu'on le prend en main (du moins, ses deux premières versions, la japonaise et la taiwanaise, car la dernière, chinoise, est bien moins classe...) ! Ses formes pures, sa taille qui convient parfaitement à la main malgré l'absence totale de bossage, son poids relativement important qui donne confiance, et cette beauté sans ostentation... Ce n'est qu'au deuxième regard que l'on prend conscience du peu de boutons (!!!) cela cacherait-il quelque chose ?

Oui, en fait ! Le K1000 ne fait rien, ou, du moins, pas grand-chose !... Toutes proportions gardées, hormis la présence de vitesses lentes, d'une synchronisation flash à 1/60è se seconde, et d'une qualité de fabrication (et de fiabilité) sans commune mesure, on peut dire que le K1000 ne vous en offre pas plus (et même moins sur certains aspects) que le Zenit-12 XP dont je vous ai parlé dans l'article précédent (même si vous pouviez vous offrir plusieurs Zenit-12 XP pour le prix d'un K1000, et encore bien plus aujourd'hui) !!!...

Le K1000 est un boîtier 100% mécanique, donc totalement autonome de toute source d'énergie. Il permet d'utiliser toutes ses vitesses d'obturation, sans la moindre pile. Pourtant le K1000 possède un compartiment à pile !... Cette pile ne servant qu'à faire fonctionner le posemètre, car, oui, le K1000 offre un posemètre. Oui mais voilà, est-ce par souci de facilitation du travail du photographe (franchement, cela m'étonnerait, vu la philosophie du boîtier !) ? La seule fonction évoluée du K1000 se trouve être une erreur (!!!) : pour ne pas installer un bouton marche/arrêt de la cellule du posemètre, le K1000 l'active quand il capte de la lumière et la désactive quand il n'en capte plus. Sympa au premier abord, ce mode de fonctionnement vous interdit la spontanéité !!! Pour ne pas vider la pile, vous devrez systématiquement couvrir l'objectif à l'aide de son bouchon... et vous devrez le retirer avant d'envisager photographier !!! Autant se passer de posemètre et travailler au sunny-16, ce que je fais avec encore plus de plaisir et qui me permet d'être plus réactif !... Cela dit, si vous voulez utiliser le posemètre, sachez que, contrairement au spotmatic plus ancien, le K1000 ne permet de mesurer que la moyenne de la lumière de tout le champ (avec une petite pondération centrale toutefois), cela est très efficace mais oblige à savoir parfaitement corriger l'exposition selon ce que l'on veut créer dans ses images !... Côté positif, la mesure du posemètre nous est transmise grâce à une aiguille, ce qui permet d'évaluer l'importance de la sur ou de la sous exposition.

Bien sûr, comme tous les boîtiers 100% manuels, le K1000 n'est pas ce que l'on peut appeler un boîtier rapide, en effet, aucun automatisme à l'horizon, il faudra régler ouverture et vitesse. De même, si vous souhaitez corriger l'exposition, il n'existe aucun bouton pour cela, vous devrez modifier la vitesse ou l'ouverture (ou les deux) pour obtenir la correction souhaitée...

Un gros défaut : le réglage de la sensibilité du film. Il est assez difficile de lever le sélecteur de vitesse... et j'ai des doigts fins (!!!). Le levier d'armement et le bouton déclencheur sont un peu trop proches du sélecteur de vitesse... Mais il est vrai que cette proximité permet d'armer, de déclencher et de régler la vitesse sans quitter le viseur de l'œil...

Une fonction pourtant importante (et pratique), même présente sur le Zenit-12 XP, est absente sur le K1000 : le testeur de profondeur de champ ! Donc soit vous y allez au pif en espérant un résultat correspondant à vos souhaits, soit votre objectif porte un tel système de test, soit votre objectif porte une échelle de profondeur de champ pour évaluer en gros la zone de netteté, soit il faudra libérer l'objectif et le faire tourner sur environs 10° pour visualiser l'ouverture réelle et donc la zone de netteté !...

Donc, pour créer une photo avec le K1000, il faudra :
◘ retirer le capuchon de l'objectif
◘ armer l'obturateur
◘ cadrer
◘ mettre au point
◘ régler le diaphragme (si vous voulez choisir la profondeur de champ) puis régler la vitesse pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ régler la vitesse (si vous voulez vous adapter à une action rapide) puis régler le diaphragme pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ dévisser* partiellement l'objectif pour visualiser la profondeur de champ OU quitter le viseur pour analyser l'échelle de profondeur de champ (si l'objectif le propose)
◘ revisser* l'objectif
◘ cadrer à nouveau
◘ déclencher
◘ replacer le bouchon d'objectif (pour économiser la pile)
*désolé, je ne trouve pas un autre moyen d'expliquer cette manipulation, la monture d'objectif du K1000 est bien une bayonnette, on ne peut donc pas parler de "visser" ou "dévisser" l'objectif !... mais le résultat est le même !...

Pour le reste, le K1000 ne présente aucune particularité, il n'est pas piégeux du tout (contrairement aux Zenit), son système de rembobinage du film n'est ni compliqué ni douloureux (contrairement aux Zenit).

Vous connaissez maintenant les limites du K1000 mais, j'insiste sur le fait que sa manipulation est très agréable, que son contact est très agréable et que sa fiabilité vous met à l'abri de toute forme d'angoisse... Essayez-le (si vous en avez la possibilité) avant de le juger !... Certes, sa cote est élevée, mais ce n'est pas par hasard si ce K1000 est le graal de tous les photographes argentiques... ce n'est pas par hasard si c'est probablement le meilleur boîtier qui soit pour qui veut vraiment apprendre la photographie et aussi, sinon surtout, qu'il permet l'utilisation des objectifs probablement les meilleurs de cette époque et avec un adaptateur, utiliser tous les objectifs M42 du marché... Enfin presque... Avec l'adaptateur K/M42 de Pentax, les objectifs M42 automatiques restent toujours ouverts à pleine ouverture, quel que soit le réglage du diaphragme... donc, soit vous bricolez l'adaptateur (je vous propose une solution ici), soit vous bricolez l'objectif M42 automatique, soit vous n'utilisez que des M42 manuels ou des M42 automatiques débrayables réglé en manuel... soit vous trouvez un adaptateur K/M42 permettant l'utilisation des M42 automatiques en manuel, ce type d'adaptateur existe, j'en ai trouvé un chez Kipon, mais il n'est pas donné...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE MIRANDA RE-II

Beaucoup moins connu que l'Asahi Pentax K1000 (voir plus haut), car de longévité commerciale bien moins longue et de nombre d'exemplaires fabriqués bien moins important, nous allons parler maintenant du Miranda RE-II.

Contemporain de l'Asahi Pentax K1000 et de même philosophie, le Miranda RE-II, bien qu'équipé de fonctions et d'accessoires qui manquent cruellement au K1000 peut se trouver (plus difficilement) aujourd'hui pour le quart du prix du K1000 (voir ici) ! Si le K1000 est reconnu comme étant l'appareil incontournable pour qui veut apprendre la photographie, le Miranda RE-II devrait mériter le même rôle !...

Il faut bien avouer que, même si le Miranda RE-II est de fabrication au moins au niveau du K1000, si on les place côte à côte, ce n'est pas lui qui accrochera notre regard. Cela est probablement dû au fait que le RE-II est totalement noir... et c'est bien dommage !...

Dans son état basal (sans tenir compte des accessoires en option), le RE-II est de conception tout aussi minimaliste que le K1000, mais on découvre immédiatement six points qui font de lui un boîtier bien plus abouti que le Pentax  :
- son prisme est amovible, ce qui permet de le personnaliser selon ses besoins.
- son viseur est équipé d'un pas de vis permettant l'adaptation d'un œilleton ou d'une lentille de correction dioptrique.
- son posemètre est équipé d'un interrupteur, ce qui permet d'économiser la pile tout en étant toujours prêt à shooter puisqu'il n'est pas indispensable de couvrir l'objectif en permanence.
- les objectifs de Miranda sont équipés d'un système de visualisation de profondeur de champ alors que ce n'est pas le cas de ceux de la série KM de Pentax.
- les objectifs de Miranda cachent un pare soleil extractible de leur fût, ce qui n'est pas le cas des objectifs KM de Pentax.
- là où le K1000 offre une zone de microprismes pour la mise au point, le RE-II offre deux zones concentriques de microprismes qui permettent une mise au point efficace bien plus rapide.

Malgré ce que j'ai dit en introduction, pour peu qu'il n'y ait pas de K1000 à proximité, on tombe amoureux du RE-II dès qu'on le prend en main ! Ses formes pures (et moins anguleuses que celles du K1000), sa taille qui convient parfaitement à la main malgré l'absence totale de bossage, son poids relativement important qui donne confiance, et cette beauté sans ostentation... sans compter le traitement de surface (ambré) des lentilles de l'objectif. Ce n'est qu'au deuxième regard que l'on prend conscience du peu de boutons (!!!) cela cacherait-il quelque chose ?

Oui, en fait ! Le RE-II, comme le K1000 ne fait rien, ou, du moins, pas grand-chose !... Toutes proportions gardées, hormis la présence de vitesses lentes, d'une synchronisation flash à 1/45è se seconde, et d'une qualité de fabrication (et de fiabilité) sans commune mesure, on peut dire que le RE-II ne vous en offre pas plus que le Zenit-12 XP dont je vous ai parlé plus haut (même si un peu plus cher que le Zenit-12 XP - aujourd'hui, car à l'époque, il n'existait déjà plus en neuf quand le Zenit-12 XP est né) !!!...

Le RE-II (comme le K1000) est un boîtier 100% mécanique, donc totalement autonome de toute source d'énergie. Il permet d'utiliser toutes ses vitesses d'obturation, sans la moindre pile. Pourtant le RE-II, comme le K1000, possède un compartiment à pile !... Cette pile ne servant qu'à faire fonctionner le posemètre, car, oui, le RE-II (comme le K1000) offre un posemètre. Et, contrairement au K1000, le RE-II a prévu l'économie de la pile : tant que l'obturateur n'est pas armé, le circuit électrique est coupé et, s'il est armé, il est prévu un interrupteur pour couper le circuit !... Cela dit, malgré cette double sécurité, du fait de son caractère 100% mécanique, il autorise aussi le travail au sunny-16, ce que je fais avec beaucoup de plaisir et qui me permet d'être encore plus réactif !... Cela dit, si vous voulez utiliser le posemètre, sachez que le RE-II permet de mesurer la lumière avec une pondération centrale et inférieure, cela est très efficace mais oblige à savoir parfaitement corriger l'exposition selon ce que l'on veut créer dans ses images en cas de composition verticale !... La mesure du posemètre nous est transmise grâce à une aiguille, ce qui permet d'évaluer l'importance de la sur ou de la sous exposition.

À noter que le RE-II, son posemètre en fait, fonctionne avec une pile au mercure introuvable aujourd'hui ! On peut l'utiliser sans problème avec les piles bouton d'aujourd'hui mais il est indispensable de modifier les paramètres de mesure car le voltage des piles actuelles est plus important et donc les mesures sont fausses !... Je ne vais pas vous ré-expliquer la procédure que je conseille, vous la trouverez dans mes autres pages, ici entre autre, ou cherchez ici.

Bien sûr, comme tous les boîtiers 100% manuels, le RE-II (comme le K1000) n'est pas ce que l'on peut appeler un boîtier rapide, en effet, aucun automatisme à l'horizon, il faudra régler ouverture et vitesse. De même, si vous souhaitez corriger l'exposition, il n'existe aucun bouton pour cela, vous devrez modifier la vitesse ou l'ouverture (ou les deux) pour obtenir la correction souhaitée... Mais le système de mise au point plus évolué, la visualisation de la profondeur de champ et la liberté de ne pas couvrir systématiquement l'objectif permet au RE-II d'être tout de même plus "rapide" que le K1000...

Un gros défaut : le réglage de la sensibilité du film. Il est assez difficile de lever le sélecteur de vitesse... et j'ai des doigts fins (!!!). Le levier d'armement et le bouton déclencheur sont un peu trop proches du sélecteur de vitesse... Mais il est vrai que cette proximité permet d'armer, de déclencher et de régler la vitesse sans quitter le viseur de l'œil... En fait, la position de ces commandes ressemble beaucoup à celle du K1000, même si le levier d'armement est un peu déporté.

Une fonction très importante (et absente sur le K1000) : le testeur de profondeur de champ est absent du boîtier du RE-II (comme du K1000) mais cette fonction est transférée sur l'objectif chez Miranda (et rien chez Pentax dans la série M). En plus, les objectifs Miranda portent une échelle de profondeur de champ pour évaluer en gros la zone de netteté !...

Donc, pour créer une photo avec le RE-II, il faudra :
◘ placer l'interrupteur du posemètre sur "marche"
◘ armer l'obturateur
◘ cadrer
◘ mettre au point
◘ régler le diaphragme (si vous voulez choisir la profondeur de champ) puis régler la vitesse pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ régler la vitesse (si vous voulez vous adapter à une action rapide) puis régler le diaphragme pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ visualiser la profondeur de champ OU quitter le viseur pour analyser l'échelle de profondeur de champ
◘ déclencher
◘ replacer l'interrupteur du posemètre sur "arrêt" (ce n'est pas obligatoire !)

Pour le reste, le RE-II ne présente aucune particularité, il n'est pas piégeux du tout (contrairement aux Zenit), son système de rembobinage du film n'est ni compliqué ni douloureux (contrairement aux Zenit).

Une remarque de peu d'importance : le levier d'armement (et d'avance du film) du RE-II est en plastique (il est en métal sur le K1000) mais il est solide, il n'y a aucune crainte à avoir...

Le RE-II utilise des objectifs à baïonnette spécifiques à Miranda. Ces optiques sont de grande qualité mais sont difficiles à trouver aujourd'hui. Mais le RE-II permet, avec un adaptateur Miranda (pas forcément évident à trouver aujourd'hui), d'utiliser tous les objectifs M42 du marché... Enfin presque, en effet, les objectifs M42 automatiques restent toujours ouverts à pleine ouverture, quel que soit le réglage du diaphragme... donc, soit vous bricolez l'adaptateur (vous pouvez vous inspirer de mon bricolage sur l'adaptateur Pentax ici), soit vous bricolez l'objectif M42 automatique, soit vous n'utilisez que des M42 manuels ou automatiques débrayables réglés en manuel...

Hormis ces différences, toutes les caractéristiques de K1000 se retrouvent dans le RE-II (sauf la synchro flash qui est plus rapide -1/60è de seconde- sur le K1000).

Juste une dernière remarque : là où le K1000 fait un bruit grave tonitruant lors du déclenchement, le RE-II fait un bruit aigu beaucoup plus discret !...

Vous connaissez maintenant les limites du RE-II mais, j'insiste sur le fait que sa manipulation est très agréable, que son contact est très agréable et que sa fiabilité vous met à l'abri de toute forme d'angoisse... Essayez-le (si vous en avez la possibilité) avant de le juger !... Sa cote est basse. Donc si ce RE-II n'est pas le graal de tous les photographes argentiques (c'est le K1000 !)... c'est probablement un des meilleurs boîtiers qui soit pour qui veut vraiment apprendre la photographie...

Si vous cherchez un appareil qui vous permettra de vraiment apprendre la photographie mais que vous ne voulez pas (ou ne pouvez pas) investir dans un Asahi Pentax K1000, prenez votre patience dans vos mains et cherchez un Miranda RE-II, vous ne regretterez pas votre choix !...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE CHINON CM-1 / REVUEFLEX SC-1

Avant de débuter cet article, il me faut préciser que si j'envisage deux boîtiers apparemment différents en même temps c'est qu'en réalité il s'agit d'un seul et même appareil ! Revue est une marque de la société allemande FotoQuelle qui revendait du matériel en fin de vie commerciale de marques différentes étiqueté sous son propre nom. Donc, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 sont un seul et même appareil. Une seule différence les distingue aujourd'hui : leur cote ! Là où le Chinon CM-1 en parfait état cote de 100 à 120€, le Revueflex SC-1 en parfait état cotera de 20 à 30€ (et on peut en trouver en parfait état à 10€... c'est dingue, mais la marque entre en grande partie dans la cote d'un boîtier !).

Totalement inconnus de la majorité des photographes d'aujourd'hui, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 peuvent représenter l'évolution ultime de l'Asahi Pentax K1000 (voir plus haut). Le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 n'offrent pas énormément plus que l'Asahi Pentax K1000, voire même moins puisqu'ils utilisent encore les objectifs M42 à vis là où le K1000 avait déjà adopté la monture K. Ceci mis à part, tout ce qui manque cruellement au K1000 est proposé dans le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 !...

Contemporains de l'Asahi Pentax K1000, de même philosophie (et de même forme générale), le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1, bien qu'équipés de fonctions qui manquent cruellement au K1000 peuvent se trouver (plus difficilement) aujourd'hui pour le dixième du prix du K1000 (voir ici) ! Si le K1000 est reconnu comme étant l'appareil incontournable pour qui veut apprendre la photographie, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 devraient mériter le même rôle !...

Il faut bien avouer que le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 sont de fabrication de niveau inférieur au K1000, si on les place côte à côte, ce n'est pas eux qui accrocheront notre regard. Cela est probablement dû au fait que le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 sont totalement noirs et couverts de plastique... et c'est bien dommage !...

Le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 sont de conception tout aussi minimaliste que le K1000, mais on découvre immédiatement six points qui font d'eux un boîtier bien plus abouti que le Pentax  :
- leur viseur est 100% identique à celui du K1000 et peut donc accepter les accessoires Pentax. Il est vrai que Chinon a toujours suivi les fabrications de Pentax (!!!), leur production a toujours porté les montures d'objectif Pentax, le M42 d'abord puis la baïonnette K...
- leur posemètre est géré par le bouton déclencheur, à mi-course le posemètre est activé sinon il est éteint, ce qui permet d'économiser la pile tout en étant toujours prêt à shooter...
- le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 sont équipés d'un système de visualisation de profondeur de champ intégré : enfoncer le bouton déclencheur à mi-course permet de visualiser la profondeur de champ si l'objectif installé est un M42 automatique, sinon, si l'objectif installé est un M42 manuel, on visualise la profondeur de champ en temps réel sans rien faire... .
- là où le K1000 offre une zone de microprismes pour la mise au point, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 offrent un stigmomètre et une couronne de microprismes qui permettent une mise au point plus efficace et bien plus rapide.
- le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ont une vitesse de synchro flash de 1/100è de seconde (soit le double du K1000 !)
- le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ont un obturateur métallique à déplacement vertical là où le K1000 enferme encore l'obturateur en tissu à déplacement horizontal.

Avec ce que j'ai dit en introduction, il est vrai qu'on ne tombe certainement pas amoureux du Chinon CM-1 et du Revueflex SC-1 mais quand on les prend en main, leur forme pure (identique à celle du K1000), leur taille qui convient parfaitement à la main malgré l'absence totale de bossage, leur poids relativement important qui donne confiance, nous font oublier que ces boîtiers semblent bien ternes. Ce n'est qu'au deuxième regard que l'on prend conscience du peu de boutons (!!!) cela cacherait-il quelque chose ?

Oui, en fait ! Le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1, comme le K1000, ne font rien, ou, du moins, pas grand-chose !... Toutes proportions gardées, hormis la présence de vitesses lentes, d'une synchronisation flash à 1/100è de seconde, et d'une qualité de fabrication (et de fiabilité) sans commune mesure, on peut dire que le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ne vous en offre pas plus que le Zenit-12 XP dont je vous ai parlé plus haut !!!...

Le Chinon CM-1 ou le Revueflex SC-1 (comme le K1000 et le Zenit-12 XP d'ailleurs) est un boîtier 100% mécanique, donc totalement autonome de toute source d'énergie. Il permet d'utiliser toutes ses vitesses d'obturation, sans la moindre pile. Pourtant le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1, comme le K1000, possède un compartiment à pile !... Ces piles (il y en a deux) ne servant qu'à faire fonctionner le posemètre, car, oui, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 (comme le K1000) offrent un posemètre. Et, contrairement au K1000, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ont prévu l'économie de la pile : tant que le bouton déclencheur n'est pas enfoncé à mi-course, le circuit électrique est coupé et, le dispositif de blocage du bouton déclencheur évite de l'enfoncer par accident lors du transport  !... Cela dit, malgré cette double sécurité, du fait de leur caractère 100% mécanique, ils autorisent aussi le travail au sunny-16, ce que je fais avec beaucoup de plaisir !... Cela dit, si vous voulez utiliser le posemètre, sachez que le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 permettent de mesurer la lumière avec une pondération centrale, cela est très efficace mais oblige à savoir parfaitement corriger l'exposition selon ce que l'on veut créer dans ses images !... La mesure du posemètre nous est transmise grâce à 3 diodes (2 rouges et une verte), ce qui permet d'évaluer l'importance de la sur ou de la sous exposition. C'est efficace bien que je préfère l'aiguille du K1000.

Bien sûr, comme tous les boîtiers 100% manuels, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 (comme le K1000) ne sont pas ce que l'on peut appeler des boîtiers rapides, en effet, aucun automatisme à l'horizon, il faudra régler ouverture et vitesse. De même, si vous souhaitez corriger l'exposition, il n'existe aucun bouton pour cela, vous devrez modifier la vitesse ou l'ouverture (ou les deux) pour obtenir la correction souhaitée... Mais le système de mise au point plus évolué, la visualisation de la profondeur de champ et la liberté de ne pas couvrir systématiquement l'objectif permet au Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 d'être tout de même plus "rapides" que le K1000... (et encore plus si on utilise son winder en option)

Contrairement au K1000 et au RE-II, le réglage de la sensibilité du film est très simple puisque la molette se trouve seule sur le côté gauche du prisme... Le problème, un peu comme sur le Zenit-12XP, est que cette molette peut être tournée par inadvertance et donc "tuer" une partie du film !...

L'armement et l'avancement du film s'effectue à l'aide d'un levier en plastique (assez solide !) qui peut être décollé de la couronne et ainsi être plus réactif...

Une fonction très importante (et absente sur le K1000) : le testeur de profondeur de champ est prévu dans le boîtier du Chinon CM-1 et du Revueflex SC-1 (comme pour le Zenit-12XP) en enfonçant à mi-course le bouton déclencheur. En plus, les objectifs M42 portent (tous ?) une échelle de profondeur de champ pour évaluer en gros la zone de netteté !...

Donc, pour créer une photo avec le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1, il faudra :
◘ débloquer le bouton déclencheur (le blocage n'est pas obligatoire !)
◘ armer l'obturateur
◘ cadrer
◘ mettre au point
◘ régler le diaphragme (si vous voulez choisir la profondeur de champ) puis régler la vitesse pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ régler la vitesse (si vous voulez vous adapter à une action rapide) puis régler le diaphragme pour obtenir une bonne exposition visualisable à la position de l'aiguille du posemètre.
◘ visualiser la profondeur de champ OU quitter le viseur pour analyser l'échelle de profondeur de champ
◘ déclencher

C'est beaucoup plus simple et beaucoup plus rapide qu'avec les boîtiers étudiés jusqu'ici !...

Pour le reste, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ne présentent aucune particularité, ils ne sont pas piégeux du tout (contrairement aux Zenit), leur système de rembobinage du film n'est ni compliqué ni douloureux (contrairement aux Zenit).

LeChinon CM-1 et le Revueflex SC-1 utilisent des objectifs M42 à vis. Ces optiques sont (pour certaines) de grande qualité et sont certainement les plus nombreuses du marché (voir ici) !...

Hormis ces différences, toutes les caractéristiques du K1000 se retrouvent dans le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 (sauf la synchro flash qui est plus rapide -1/100è de seconde- et l'obturateur métallique chez ces derniers).

Juste une dernière remarque : j'avais dit que le K1000 fait un bruit grave tonitruant lors du déclenchement, le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 font de même  !...

Vous connaissez maintenant les limites du Chinon CM-1 et du Revueflex SC-1 mais, j'insiste sur le fait que leur manipulation est très agréable, que leur contact est très agréable et que leur fiabilité vous met à l'abri de toute forme d'angoisse... Essayez-les (si vous en avez la possibilité) avant de le juger !... leur cote est basse (surtout pour le Revueflex SC-1). Donc si le Chinon CM-1 et le Revueflex SC-1 ne sont pas le graal de tous les photographes argentiques (c'est le K1000 !)... c'est probablement un des meilleurs boîtiers qui soit pour qui veut vraiment apprendre la photographie... surtout qu'ils sont très simples à mettre en œuvre !...

Si vous cherchez un appareil qui vous permettra de vraiment apprendre la photographie mais que vous ne voulez pas (ou ne pouvez pas) investir dans un Asahi Pentax K1000, prenez votre mal en patience et cherchez un Chinon CM-1 ou un Revueflex SC-1 en parfait état, vous ne regretterez pas votre choix !... et tant pis pour la frime...

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE PENTAX SUPER A

Nous voilà encore toujours dans le cadre des reflex petit format. Mais, contrairement à ceux envisagés jusqu'à présent, nous entrons, avec le Pentax SuperA, dans un autre monde. Il y a tout de même quasiment une décennie qui sépare ce SuperA de la conception des plus modernes des précédents ! Et ces quelques dix ans ont vu la naissance des appareils électroniques avec des nouveaux modes d'exposition. Et le SuperA est un beau et digne représentant de ces boîtiers électroniques !

Si les règles de la technique photographique sont immuables, le Pentax SuperA propose toute une série d'évolutions visant à faciliter la création photographique. C'est très intéressant, sauf que, plus les possibilités sont grandes et plus l'utilisation du boîtier se complique !... Heureusement pour l'utilisateur final, le Pentax SuperA, bien que déjà riche en nouvelles fonctions, fait encore partie des boîtiers simples d'utilisation (comparé à des boîtiers dont je parlerai plus loin).

Digne de la philosophie Pentax, le SuperA est un boîtier ultra compact... Comparé au K1000 dont j'ai parlé ici, il est plus petit et plus léger. Certes les nouveaux métaux utilisés sont moins denses donc la baisse de poids n'est pas du tout synonyme de baisse de qualité de fabrication. Le seul défaut étant plutôt d'ordre esthétique : la mode est aux boîtiers uniformément noirs ! Certains trouvent cela classe, perso je préfère, et de loin, les boîtiers bicolores ! Il faut toutefois noter que, comme c'était la mode à l'époque, les zones normalement peintes en noir sont couvertes de plastique (!) ce qui donne un aspect brillant et un peu bas de gamme... Juste une remarque, le SuperA offre un bossage avant et un bossage arrière en plastique "brut" très peu agréables au touché. Le bossage avant étant amovible pour l'installation du winder en option. Il est toutefois déconseillé d'avoir des gros doigts (!) car moi qui ai des doigts fins, seuls l'extrémité de mon 3ème et de mon 4ème doigt trouvent leur place sur le bossage avant ! et, évitez les objectifs trop lourds car le bossage arrière est tellement petit que, maintenir le couple boîtier/objectif à l'horizontale avec une seule main est une véritable épreuve de force !...

La plus grande difficulté d'utilisation du SuperA, la seule en fait, est de penser et de se souvenir des possibilités qu'il offre. Bien sûr, pour qui commence la photo avec ce genre de boîtiers ou avec des boîtiers plus récents, cette difficulté disparait comme par magie... Pour mieux comprendre ce que je veux dire, le Pentax SuperA propose :
◘ tous les modes d'exposition connus au jour de sa fabrication : Manuel (le SuperA fonctionne comme le K1000 dont j'ai parlé ici), Programme (le boîtier prend toutes les décisions, automatiquement), Automatique Priorité Vitesse (vous choisissez manuellement une vitesse et le boîtier se débrouille avec le diaphragme), Automatique Priorité Ouverture (vous choisissez manuellement une valeur de diaphragme et le boîtier se débrouille avec la vitesse) et 2 modes flash (dont je ne parlerai pas ici)
◘ un bouton de compensation de l'exposition pour influencer les mesures du posemètre.
◘ un levier de visualisation de la profondeur de champ

Cela ne parait pas, mais pour qui vient du monde des boîtiers 100% manuels, il faut s'y faire...

À noter que le fonctionnement des automatismes est logique pour l'époque mais relativement exotique pour les utilisateurs habitués aux boîtiers numériques : il faut envisager le boîtier et l'objectif comme deux entités séparées qui ne font que communiquer entre-elles (ce qui est le cas d'ailleurs).
- Si vous voulez que le SuperA s'occupe du diaphragme, il faut demander à l'objectif de se laisser manipuler par le boîtier en le passant en mode automatique et de demander au boîtier de se laisser manipuler par le photographe en le réglant en mode manuel. Le réglage du mode automatique sur les objectifs KA se trouve sur la bague de réglage de l'ouverture du diaphragme. Le passage de l'objectif du mode manuel au mode automatique se fait en débloquant une sécurité, ce qui montre bien l'existence de deux modes de fonctionnement différents...
- Si vous voulez que le SuperA s'occupe de la vitesse, il faut demander à l'objectif de se laisser manipuler par le photographe en le passant en mode manuel. Le réglage du mode manuel sur les objectifs KA se trouve sur la bague de réglage de l'ouverture du diaphragme qu'il faut placer sur une valeur autre que automatique... Et de régler le boîtier en automatique...
- Si vous voulez que le SuperA s'occupe de tout, il faut placer l'objectif et le boîtier en mode automatique.
C'est tout bête, même si certains jeunes débarqués du numérique sont un peu perplexes...

Autre élément déroutant pour l'utilisateur de boîtiers manuels : la présence de boutons poussoirs et d'écrans à cristaux liquides...
◘ Quand vous regardez le viseur, point d'aiguille de posemètre, point de diode !... mais deux petits écrans à cristaux liquides, l'un affichant la valeur du diaphragme et l'autre la valeur de vitesse (entre autre) !... Et en cas de photo en basse luminosité, il existe un bouton qui commande le rétro-éclairage de ces petits écrans.
◘ Sur le haut de la couronne du boîtier se trouve un troisième petit écran à cristaux liquides qui résume le fonctionnement en cours du boîtier.
◘ Ne cherchez pas la roue de sélection de vitesse, elle n'existe pas (!!!) le réglage de vitesse s'effectue en enfonçant des petits boutons poussoirs, l'un pour augmenter la vitesse, l'autre pour la diminuer, le résultat devant être suivi sur les écrans à cristaux liquides...

Autre particularité : le retardateur n'est pas mécanique mais électronique et émet un bip et éclaire une diode pour montrer son fonctionnement...

Sinon, le Pentax SuperA, comme tout boîtier moderne, propose un obturateur en métal à lames à déplacement vertical, permettant une vitesse maximale de 1/2000è de seconde et une synchro flash à 1/125è de seconde.

Comme les Chinon CM-1 et Revueflex SC-1 (voir ici), l'armement et l'avancement du film s'effectue à l'aide d'un levier en plastique (assez solide !) qui peut être décollé de la couronne et ainsi être plus réactif... Mais l'utilisation du winder du SuperA (en option) permet une utilisation encore plus rapide.

Le dépoli est extrêmement agréable et très clair. Il présente en son centre un stigmomètre et une couronne de microprismes qui permettent une mise au point rapide et efficace... en effet, le Pentax SuperA est encore un boîtier à mise au point manuelle.

Un petit détail qui a son importance : le bouton déclencheur n'est pas mécanique mais électro-mécanique, l'effleurer entraine la mesure, l'enfoncer d'une fraction de millimètre entraine le déclenchement... peu de risque de bougé, vous n'avez pas besoin de l'enfoncer comme une brute pour l'actionner !... Et malgré cette propriété, le bouton déclencheur accepte, malgré tout, un déclencheur souple grâce au pas de vis qu'il porte en son centre...

Toutes ces explications laissent présager un énorme défaut du SuperA, défaut commun à tous les boîtiers électroniques : sans pile, il est mort !!!... Il faut noter toutefois que le Super A se contente de deux piles bouton que l'on trouve partout et à petit prix.

Malgré toutes les innovations présentes dans le SuperA, ce dernier n'embarque qu'un seul mode de mesure : globale à pondération centrale. Point de mesure spot et pas plus de mesure multizones. Ce mode unique, déjà ancien, est cependant assisté par un microprocesseur, ce qui permet des mesures super efficaces.

Le SuperA se trouve au cœur d'un système incroyable d'objectifs de qualité, les SMC Pentax, bien sûr, qu'ils soient à monture KM ou KA, mais également, via un adaptateur, tous les objectifs M42 dont les superbes Takumar-Pentax... Il faut toutefois noter que l'adaptateur Pentax ne permet pas l'utilisation optimale des objectifs M42 automatiques, il faut le modifier (comme ici) ou trouver un adaptateur tiers capable de le faire...

Comme vous le voyez, photographier avec le Pentax SuperA ne présente pas beaucoup de points négatifs, il est simple d'utilisation, réactif et même rapide... le seul point sur lequel j'émettrai un bémol (aujourd'hui, car en 1983 c'était génial et révolutionnaire !) : c'est l'utilisation de ces boutons poussoirs avec visualisation de la vitesse sur les écrans à cristaux liquides... c'est finalement plus facile et plus rapide d'utiliser une roue de sélection...

Le Pentax SuperA, en appareil moderne, est sans surprise et n'est pas piégeux, quoi que vous fassiez, il encaisse tout ! Et si vous lui demandez l'impossible, il vous le signalera et il ne se produira rien du tout... puisque le déclencheur n'est pas mécanique mais électro-mécanique... quand le SuperA ne veux pas déclencher, il ne déclenchera pas, quoi que vous fassiez !...

Comme vous le voyez, nous sommes à des années-lumière des boîtiers dont j'ai parlé jusqu'à présent et tout cela pour un prix modique (voir ici)... inférieur à celui du Pentax K1000 !!! Ah les cotes... je n'y comprendrai jamais rien !!!

Que dire de ce Pentax SuperA ? Qu'il s'agit du meilleur de sa catégorie ? Probablement pas ! Mais pour sa qualité de fabrication, sa fiabilité, son prix et la qualité de ses objectifs SMC Pentax, c'est certainement une option à considérer sérieusement !!! Même 40 ans après sa disparition du catalogue !...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE MINOLTA X700

Toujours dans le cadre des reflex petit format. Contemporain au Pentax SuperA (voir ici), même si un peu plus âgé (2 ans), le Minolta X700 fait également partie des appareils électroniques avec des nouveaux modes d'exposition. Et le Minolta X700, comme le Pentax SuperA, est un beau et digne représentant de ces boîtiers électroniques ! Mais vous allez voir que, même s'il s'agissait du top haut de gamme de la famille "X" de chez Minolta, le X700 n'est pas au niveau du Pentax SuperA, comme nous allons le voir aujourd'hui, mais ses caractéristiques, légèrement en retrait par rapport au Pentax SuperA, ne le disqualifient nullement si vous deviez hésiter entre les deux boîtiers !...

En effet, si le Minolta X700 n'offre pas toutes les fonctions du Pentax SuperA, il en propose d'autre que ce dernier ne possède pas... Autant dire que si vous deviez choisir entre les deux, vous serez face à un choix cornellien !... Surtout que leurs cotes sont quasiment identiques... le prix ne sera plus un argument !...

Si les règles de la technique photographique sont immuables, le Minolta X700 propose toute une série d'évolutions visant à faciliter la création photographique. C'est très intéressant, sauf que, plus les possibilités sont grandes et plus l'utilisation du boîtier se complique !... Heureusement pour l'utilisateur final, le Minolta X700, bien que déjà riche en nouvelles fonctions, fait encore partie des boîtiers simples d'utilisation (comparé à des boîtiers dont je parlerai plus loin).

Comparé au Pentax SuperA, le Minolta X700 est moins compact mais plus léger... Comparé au K1000 dont j'ai parlé ici, il est plus petit et plus léger. Certes les nouveaux métaux utilisés sont moins denses donc la baisse de poids n'est pas du tout synonyme de baisse de qualité de fabrication. Mais il faut souligner que pour son X700, Minolta a beaucoup fait appel au plastique. Le vrai défaut, outre la grande quantité de plastique, est plutôt d'ordre esthétique : la mode est aux boîtiers uniformément noirs ! Certains trouvent cela classe, perso je préfère, et de loin, les boîtiers bicolores ! Il faut toutefois noter que, comme c'était la mode à l'époque, les zones normalement peintes en noir sont couvertes de plastique (!) ce qui donne un aspect brillant et un peu bas de gamme... et c'est tout à fait le cas du Minolta X700 qui fait beaucoup moins "classe" que le Pentax SuperA ! Juste une remarque, comme le SuperA, le X700 offre un bossage avant et un bossage arrière en plastique "brut" très peu agréables au touché. Il est toutefois déconseillé d'avoir des gros doigts (!) car moi qui ai des doigts fins, seuls l'extrémité de mon 3ème et de mon 4ème doigt trouvent leur place sur le bossage avant ! et, évitez les objectifs trop lourds car le bossage arrière est tellement petit (et totalement lisse !) que, maintenir le couple boîtier/objectif à l'horizontale avec une seule main est une véritable épreuve de force !...

La plus grande difficulté d'utilisation du Minolta X700, la seule en fait, est de penser et de se souvenir des possibilités qu'il offre. Bien sûr, pour qui commence la photo avec ce genre de boîtiers ou avec des boîtiers plus récents, cette difficulté disparait comme par magie... Pour mieux comprendre ce que je veux dire, le Minolta X700 propose :
◘ plusieurs modes d'exposition : Manuel (le X700 fonctionne comme le K1000 dont j'ai parlé ici - désolé de tout rapporter au Pentax K1000, mais il s'agit de la référence, ne l'oublions pas-), Programme (le boîtier prend toutes les décisions, automatiquement), Automatique Priorité Ouverture (vous choisissez manuellement une valeur de diaphragme et le boîtier se débrouille avec la vitesse). Il faut noter que le mode Automatique Priorité Vitesse (vous choisissez manuellement une vitesse et le boîtier se débrouille avec le diaphragme) est absent ici (!!!). Drôle d'idée, amputer de la sorte un tel boîtier est presque criminel, même si l'immense majorité des amateurs n'utilisent ce mode qu'exceptionnellement !...
◘ un cadran de compensation de l'exposition pour influencer les mesures du posemètre.
◘ un levier de visualisation de la profondeur de champ

Cela ne parait pas, mais pour qui vient du monde des boîtiers 100% manuels, il faut s'y faire...

À noter que le fonctionnement des automatismes est assez prise de tête avec le X700 : il faut envisager le boîtier et l'objectif comme deux entités séparées qui ne font que communiquer entre-elles (ce qui est le cas d'ailleurs).
- Si vous voulez que le X700 s'occupe du diaphragme, passez votre chemin... le X700 ne sait pas faire !... C'est incroyable mais c'est ainsi !!!...
- Si vous voulez que le X700 s'occupe de la vitesse, il faut placer la bague de réglage du diaphragme sur une valeur quelconque... Et régler le boîtier en automatique (mode A)... Il semble que les objectifs MD n'aient pas de position automatique de prime abord, ce qui serait logique puisque le X700 n'offre pas d'automatisme à priorité vitesse !...
- Si vous voulez que le X700 s'occupe de tout, il faut placer l'objectif et le boîtier en mode automatique. Tiens, tiens, les objectifs MD seraient donc automatiques ? Alors pourquoi ne pas greffer de mode automatique à priorité vitesse ? Bref, pour placer le boîtier en automatique de manière à le laisser tout gérer, il ne faut pas le placer en mode automatique (A) mais en mode programme (P) ! C'est bien compliqué ! Mais ce n'est pas tout !... Pour que le mode programme (P) soit possible, il faut placer l'objectif en automatique et c'est franchement alambiqué : il faut régler la bague de diaphragme sur sa valeur maximale (l'ouverture la plus petite) et la bloquer avec une petite gâchette... Heureusement que tout ce qui doit être réglé pour le mode programme soit écrit en vert !... Le P sur le boîtier, la valeur maxi sur le bague de diaphragme (22 sur mon objectif) et un trait sur la gâchette engagée !... Pas franchement simple, pas franchement logique, pas forcément rapide... Surtout que, côté boîtier, si le passage du mode manuel au mode P se fait sans problème à condition de faire tout le tour de la molette de réglage de vitesse jusqu'à la valeur B, le passage du mode A au mode P n'est possible qu'en appuyant sur un bouton de déverrouillage, manipulation qui nécessite 3 mains !!!... Si vous êtes en mode manuel et que vous ne voulez pas faire tout le tour de la molette de réglage de vitesse jusqu'à la valeur B, vous tombez sans problème en mode A que vous devrez débloquer pour passer en mode P !... Galère !!!...

C'est tout bête quand on le sait, mais avouez que ça laisse un peu perplexe... Surtout que ce n'est pas le seul point sur lequel Minolta a merdé, mais nous y reviendrons...

Hormis ce que je viens de dire, le Minolta X700 se manipule comme les boîtiers classiques (comme le Pentax K1000) : une molette de réglage de vitesse sur le boîtier et une bague de réglage du diaphragme sur l'objectif.

Le système de correction de l'exposition ne présente aucune particularité si ce n'est qu'il est bloqué : il faut appuyer sur un bouton pour pouvoir le régler. C'est plus sûr mais, encore une fois, il faut trois mains !...

Au niveau du viseur, très agréable au demeurant, Minolta a utilisé un système un peu bizarre pour indiquer les valeurs de mesure : une petite fenêtre, en bas du viseur, permet de voir la valeur de diaphragme réglée (si la fenêtre est sale, on n'y voit plus rien !) et, à droite du viseur, on trouve la liste des vitesses possibles avec une LED qui s'allume face à la vitesse choisie. Il faut noter qu'en ambiance de basse luminosité, l'échelle des vitesses n'est pas très visible (voire pas visible du tout !) donc les LED situées à côté ne nous parlent pas vraiment !...

Autre particularité : le retardateur n'est pas mécanique mais électronique et émet un bip et éclaire une diode pour montrer son fonctionnement...

Le Minolta X700 propose également un bouton de mémorisation de l'exposition en mode automatique. C'est super bien lorsqu'il s'agit d'effectuer une mesure suivie d'un recadrage (!) par contre, et c'est le deuxième point critiquable (3ème si je compte les problèmes de réglage des modes d'exposition !), cette mémorisation partage le même bouton que la fonction retardateur !!!!!!!!! mais qu'est-ce qui a bien pu piquer les concepteurs de ce X700 ?

Sinon, le Minolta X700, contrairement aux autres boîtiers modernes de l'époque, propose un obturateur en tissu à déplacement horizontal, permettant une vitesse maximale de 1/1000è de seconde seulement et une synchro flash à 1/60è de seconde seulement. Pourquoi Minolta ne s'est-il pas mis au goût du jour avec un obturateur métallique à course verticale ? Le X700 y aurait gagné en vitesse maximale et en vitesse de synchro flash !...

Comme les Chinon CM-1 et Revueflex SC-1 (voir ici), l'armement et l'avancement du film s'effectue à l'aide d'un levier en plastique (assez cacaille !) qui peut être décollé de la couronne et ainsi être plus réactif... Mais l'utilisation du winder du X700 (en option) permet une utilisation encore plus rapide.

Le dépoli est extrêmement agréable et très clair. Il présente en son centre un stigmomètre et une couronne de microprismes qui permettent une mise au point rapide et efficace... en effet, le Minolta X700 est encore un boîtier à mise au point manuelle.

Un petit détail qui a son importance : le bouton déclencheur n'est pas mécanique mais électro-mécanique, l'effleurer entraine la mesure, l'enfoncer d'une fraction de millimètre entraine le déclenchement... peu de risque de bougé, vous n'avez pas besoin de l'enfoncer comme une brute pour l'actionner !... Par contre, point de pas de vis pour déclencheur souple, contrairement au Pentax SuperA... C'est mesquin !...

Toutes ces explications laissent présager un énorme défaut du Minolta X700, défaut commun à tous les boîtiers électroniques : sans pile, il est mort !!!... Il faut noter toutefois que le X700 se contente de deux piles bouton que l'on trouve partout et à petit prix.

Malgré toutes les innovations présentes dans le Minolta X700, ce dernier n'embarque qu'un seul mode de mesure : globale à pondération centrale. Point de mesure spot et pas plus de mesure multizones. Ce mode unique, déjà ancien, est cependant assisté par un microprocesseur, ce qui permet des mesures super efficaces. En plus, une bande en haut du viseur n'est pas pris en compte lors de la mesure... c'est déroutant au début (surtout que la zone aveugle n'est pas représentée sur le dépoli !) mais une fois qu'on a bien compris le truc, les résultats ne prètent pas le flan à la critique.

Le Minolta X700 se trouve au cœur d'un système incroyable dont les objectifs de qualité, les Minolta MD ou Rokkor...

Comme vous le voyez, photographier avec le Minolta X700 peut présenter quelques difficultés pour cause d'erreurs de conception, mais il reste un boîtier réactif et même rapide... le seul point sur lequel j'émettrai un énorme bémol car si les réglages par roues de sélection et bagues est plus simple et plus rapide que par boutons poussoirs (comme sur le Pentax SuperA)... avec le X700, c'est presque chiant... à croire que les concepteurs voulaient ne lui greffer qu'un seul mode d'exposition et le transformer en reflex point and shoot !... C'est peut-être cette philosophie qui se cache derrière le logo MPS (Minolta Program System) ?

Le Minolta X700, en appareil moderne, est à considérer comme un boîtier ancien auquel on a greffé des automatismes. Il nécessite un long apprentissage pour bien le connaitre et bien le comprendre. Une fois cette phase acquise, le X700 est sans surprise et n'est pas piégeux, quoi que vous fassiez, il encaisse tout ! Et si vous lui demandez l'impossible, il vous le signalera et il ne se produira rien du tout... puisque le déclencheur n'est pas mécanique mais électro-mécanique... quand le X700 ne veux pas déclencher, il ne déclenchera pas, quoi que vous fassiez !...

En relisant cet article, je dois reconnaitre que je l'ai vraiment cassé ce "pauvre" Minolta X700... Mais c'est mérité ! Il est vrai qu'il faut vraiment vouloir le garder au début, mais une fois qu'on le connait, il faut avouer que sa beauté et la qualité de ses résultats font de lui un boîtier attachant, malgré tout, il vous remerciera longtemps pour votre patience !...

Comme vous le voyez, nous sommes à des années-lumière des boîtiers dont j'ai parlé en début de page et tout cela pour un prix modique (voir ici)... inférieur à celui du Pentax K1000 !!! Ah les cotes... je n'y comprendrai jamais rien !!! Au moment d'acheter un boîtier capable, je dois avouer qu'il faisait partie de la liste des candidats mais je lui ai préféré le Pentax SuperA. Ce n'est que bien plus tard, quand on m'a donné un exemplaire (plutôt que le jeter), que j'ai appris à l'apprécier aussi. Le Minolta X700 est plein de qualités mais... il les cache bien, à l'utilisateur de les trouver...

Que dire de ce Minolta X700 ? Qu'il s'agit du meilleur de sa catégorie ? Certainement pas ! Mais pour sa qualité de fabrication, sa fiabilité, son prix et la qualité de ses objectifs, c'est certainement une option à considérer sérieusement !!! Même 40 ans après sa disparition du catalogue !... Et les Minoltistes ne s'y trompent pas, Minolta ce sont des productions haut de gamme, même si le X700 est loin d'être leur préféré !...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE CANON EOS 650

Avant de débuter cet article, il me faut préciser un point important : si à l'époque de sa commercialisation, le doute n'était pas possible, à l'heure du numérique, les mots Canon + EOS + 650 font systématiquement penser à un boîtier reflex numérique. Mais regardez mieux : voyez-vous la lettre D ? Non, en effet, nous sommes ici face à un boîtier argentique. Nous sommes ici en 1987, donc seulement 5 ans après la naissance du Pentax SuperA.

Comme je viens de le dire, le Canon EOS 650 est un boîtier contemporain des Minolta X700 (voir ici) et Pentax SuperA (voir ici), tous les trois nés dans les années 1980. Le plus fou c'est que les deux Zenit dont j'ai parlé plus haut (ici et ici) étaient encore sur le marché à la sortie de ce 650 !... Mais là, nous avons entre les mains une véritable révolution dans le monde de la photographie : le Canon EOS 650, comme son nom ne le laisse pas supposer (ce n'est rien de le dire !), est le premier boîtier de la très grande famille EOS qui perdure dans le monde numérique actuel !... Ce qui sous-entend que tout ce que vous trouvez dans les boîtiers Canon EOS actuels se trouvait déjà dans ce 650 !... En fait ce n'est pas tout à fait vrai, beaucoup de choses sont apparues après la sortie du 650, mais la philosophie reste la même... d'ailleurs, les objectifs nés pour le 650 sont 100% compatibles avec les objectifs actuels et inversement, les objectifs actuels pour les boîtiers numériques plein format Canon (EF) sont 100% compatibles avec le 650 !... L'œilleton de viseur du 650 est strictement identique à celui utilisé encore aujourd'hui, la roue codeuse avant du 650 est encore placée exactement au même endroit sur les boîtiers actuels (toujours aussi peu ergonomique !), etc...

Mais disons-le tout de suite, je pense (et je ne suis pas le seul à le penser) que Canon a sorti son EOS 650 dans l'urgence... Il y a quelque chose qui a obligé Canon à lancer sa gamme EOS sans attendre que son boîtier soit totalement terminé (jeux olympiques de 1988 ?)... d'ailleurs, en DEUX mois seulement, l'EOS 650 a été remplacé par l'EOS 620 (numérotation très logique !) qui lui, était, semble-t-il, le 650 finalisé... d'ailleurs, ils sont indiscernables extérieurement (mis à part leurs numéros et quelques détails !)... C'est ce qui me fait dire que le 650 était quasiment une pré-série... Puisque le 620 était un 650 avec des évolutions majeures telles que :
- un obturateur plus rapide,
- un programme modifiable,
- un bracketing de l'exposition,
- des expositions multiples
- un illuminateur LCD électroluminescent
- abandon du mode confus de priorité à la profondeur de champ

Tout cela étant précisé, il est indispensable de souligner les côtés positifs du système EOS à l'époque. Le EOS 650 de Canon a tout ce dont vous avez besoin, comme une mesure matricielle à 6 segments, une mesure dite semi-spot (en fait mesure globale du centre de l'image), le système de contrôle de flash TTL le plus intelligent et le plus simple jamais vu à l'époque, un autofocus "ultra rapide" et rien d'inutile qui pourrait vous gêner... Rien, pas de menus, pas de fonctions personnalisées, rien ne doit être manipulé pour faire une photo. Tout ce que vous avez à faire est de composer et de shooter, exactement comme avec les point and shoot du monde numérique. Tout (obturateur, ouverture et compensation) fonctionne en demi-diaph'. Si vous voulez du tiers de diaph' vous pouvez modifier la valeur ISO et si vous voulez du sixième de diaph' vous pouvez utiliser les deux. Bien sûr, l'exposition automatique est progressive. Le 650 est le chef-d'œuvre complet de la simplicité moderne. Il s'agissait bien d'un boîtier amateur, mais sa réactivité aurait pu satisfaire les professionnels qui se sont d'ailleurs rués sur le premier EOS professionnel dès sa sortie. Attention, je ne dis pas que tout cela est génial, je dis simplement que nous sommes à des années-lumière des Minolta X700 (voir ici) et Pentax SuperA (voir ici), bien que dans la même décennie !!!

Bon, venons-en au sujet de cette page : comment se gère ce Canon EOS 650 lorsque l'on s'en sert pour photographier !

Bien que faisant largement appel au plastique, l'EOS 650 est assez lourd (le 620 encore plus), presque autant que le Pentax K1000 (voir ici) et est beaucoup plus grand... Il est même plus gros que le Canon 5D Mark II (pour ceux qui connaissent) !!! Il est vrai que la taille n'a jamais été une préoccupation chez Canon (contrairement à Pentax).

Avant toute chose, il faut remarquer que ce boîtier est d'une laideur repoussante ! Il ne ressemble à rien ! Une forme qui aimerait bien faire croire à quelque chose de moderne mais qui n'y parvient pas ! 100% couvert de plastique noir brillant et lisse, c'est très laid et ça fait franchement bas de gamme. Le nombre de pièces 100% plastique bas de gamme est innombrable (!), le dos en particulier. Vous pouvez tapoter le 650 où vous voulez avec un ongle, tout sonne creux !... Même si ce EOS 650 était le boîtier ultime (parfait), il demanderait beaucoup d'effort pour se le payer tant il ne ressemble à rien !... Cela dit, le 650 offre deux bossages en plastique caoutchouté, bossages de bonne taille, très confortables et très efficaces puisqu'ils offrent toute la place nécessaire pour tous les doigts, c'est la seule vraie réussite du design extérieur.

La pile de grande taille (2CR5 6V lithium) trouve sa place dans le bossage avant. Pourquoi pas me direz-vous MAIS, pour la changer, il faut démonter le bossage en dévissant une vis en plastique à l'aide d'une pièce de monnaie... et, vu la vis, je dois avouer que l'idée de la manipuler fait très peur !... Heureusement, j'ai découvert qu'il n'est pas indispensable de la visser à force... une fermeture à l'ongle suffit et donc, en la manipulant de la sorte, plus de crainte à avoir !!! La pile entre dans son logement sans détrompeur (galère !) donc vérifiez bien que vous l'insérez correctement et que les contacts se font bien face !... Et testez la pile avant de débuter le 1er shooting après changement !... On estime qu'une pile a une espérance de vie d'une centaine de films 36 poses (environs)...

Le Canon 650 ne présente quasiment aucun contrôle sur le boîtier. C'est très déroutant pour qui vient des boîtiers anciens voire contemporains au 650. Cela laisserait supposer une simplicité d'utilisation mais également très peu de possibilités d'intervenir sur la création de la photo finale. À gauche du prisme se trouve une molette un peu bizarre et assez énorme pour son rôle : Extinction du boîtier/Mise sous tension pour fonctionnement silencieux (pas de bip)/Mise sous tension avec bip autorisé/Mise sous tension en mode tout auto. Et dans la continuité, vers l'avant, 2 boutons poussoirs : un pour modifier la compensation de l'exposition et l'autre pour sélectionner le mode de prise de vue. Sur le côté droit, à proximité du pouce (mais aurait mérité d'être place un peu plus à gauche pour être vraiment ergonomique) se trouve un bouton poussoir non marqué (!!!) qui permet le passage de la mesure 6 zones à la mesure "semi-spot". Et puis c'est tout ! (???) Tiens, en bas et à gauche de la monture d'objectif, on découvre deux autres boutons poussoirs dont un seul est marqué (!!!), il permet la mise au point manuelle ou le réglage manuel du diaphragme et l'autre permet de visualiser la profondeur de champ. Et cette fois c'est tout !!! Mais, attendez... oui, il existe une petite trappe en plastique bien fragile qui cache 4 nouveaux boutons poussoirs... N'allez pas casser ou perdre le couvercle de cette petite cave... c'est elle qui vous donne le rôle de chacun de ces 4 boutons et le rôle de l'association de boutons... Certes, ces boutons masqués servent peu souvent, mais vu la qualité de la trappe, j'aurais préféré trouver ces boutons ailleurs sur le boîtier !...

Les choix multiples sont accessibles rapidement par l'association de l'appui sur un bouton et la manipulation de la roue codeuse. En effet, sur le 650, la roue codeuse arrière n'existait pas encore.

L'installation du film aussi est particulière ! Il faut ouvrir le dos (100% plastique bas de gamme) à l'aide d'un système (100% plastique bas de gamme) digne d'un Zenit (voir ici) : appuyer sur un bouton qui permet de libérer une tirette qui ouvre le dos. Il faut 2 doigts pour manipuler ces 2 éléments qui occupent 1 cm !!! J'ai des petits doigts et, c'est déjà compliqué ! Boxeurs et autres travailleurs de force, allez voir ailleurs ou travaillez avec des pinces à épiler !!! Ensuite, il faut installer le film à gauche, tirer l'amorce et la placer jusqu'au niveau d'un index. La fermeture du dos entraine la mise en place automatique du film et son avancement jusqu'à la première vue. OK, c'est pratique, OK, c'est rapide, mais cette procédure empêche de tirer une vue de plus par film (avec l'habitude, je faisais toujours 37 images sur un film de 36 poses, mais avec ce 650 c'est impossible !). Bien sûr, le 650 connait le codage DX du film (chercher ici) pour un réglage automatique de la sensibilité ISO. OK, c'est pratique, OK, c'est rapide, mais si, comme moi vous surexposez vos films, il faudra soit bricoler le codage DX, soit couvrir le code du film avec une bande adhésive noire et régler la sensibilité manuellement... C'est bien que cette possibilité existe mais c'est beaucoup moins bien de devoir couvrir le code DX sur le film !... Il aurait été plus intéressant de rendre la lecture DX caduque au réglage manuel de la sensibilité... mais elle est prioritaire !... Rien n'est fait pour faciliter la vie d'un amateur un peu avancé dans sa pratique photographique !... Bien sûr, on peut jouer sur la correction de l'exposition, mais cela limite un peu la liberté de compensation... Lorsque le film est totalement exposé, le rembobinage se fait automatiquement. Il est possible de rembobiner le film avant l'exposition complète, mais cette fonction est inutile en petit format !!!

Comme je l'ai déjà dit plus haut la mise au point est automatique avec ce Canon EOS 650. Normal puisque c'est un EOS ! Mais ce 650 n'offre qu'un seul collimateur central. Cela est largement suffisant pour qui vient du monde de la mise au point manuelle ! Cela est beaucoup plus facile et beaucoup plus rapide pour qui vient du numérique avec choix entre 36 collimateurs (et plus !). Comme sur les Canon EOS modernes, la mise au point est très rapide et très précise (et très silencieuse !). Elle n'est mémorisable qu'en maintenant le déclencheur à mi-course. Si la mise au point est impossible, l'EOS 650 refuse de déclencher (!), il faudra passer à la mise au point manuelle si on veut avoir des effets de flou !... L'EOS 650 propose deux modes de mesures autofocus : single shot ou Servo (= continu). C'est très bien, dommage qu'il faille passer par un bouton caché pour choisir le mode à utiliser !!!... Notons que la mise au point auto est déjà à détection de phase.

La mesure de l'exposition est très rapide et très efficace. L'EOS 650 propose tous les modes possibles : Manuel, Programme, Auto Priorité Vitesse, Auto Priorité Ouverture, plus un : mode priorité profondeur de champ (!!!). Ce dernier mode était une bonne idée, mais j'avoue que je ne l'utilise jamais, trop compliqué et trop aléatoire !... La sélection du mode est très simple : il suffit d'appuyer sur le bouton Mode et de faire tourner la roue codeuse ! Une grosse faiblesse du système de mesure : une fuite lumineuse dans l'oculaire engendre une sous exposition... veillez à garder l'œil sur le viseur ou occultez-le pour obtenir de bons résultats.

Le dépoli est bon, fin et lumineux. Le viseur offre très peu d'informations, et c'est très bien ainsi... trop d'information tue l'information ! Mais tout de même, ils auraient toutefois pu prévoir un affichage de la compensation d'exposition dans le viseur... ce n'aurait pas été un luxe !!! Comme tout boîtier autofocus, l'EOS 650 ne porte ni stigmomètre ni microprisme sur son dépoli (par défaut, mais on pouvait acheter d'autres dépolis qui les proposaient !), cela n'aide pas vraiment la mise au point manuelle... Le viseur de l'EOS 650 affiche 94% de ce qu'enregistrera le film, ce qui n'est vraiment pas mal (même si les reflex actuels offrent 100% !). Encore une critique : on ne visualise pas la profondeur de champ avec les objectifs rapides sur le dépoli par défaut... tout est bon pour faire acheter du matériel !... Ah ! J'allais oublier le pire : tout boîtier montre que les réglages en cours entrainent une exposition convenable, une sur exposition ou une sous exposition. Généralement ils affichent une aiguille ou une diode verte pour OK et une diode rouge pour trop ou pas assez exposé ou bien des valeurs mathématiques de type « - 0 + »... et bien, pour son EOS 650, Canon a pété les plombs !... Le 650 affiche « OP 00 CL » : kézako ? OP = sous exposé (!!!) je suppose que cela veut dire OPen (ouvre) le diaphragme, 00 = exposition convenable, ok on peut accepter et CL = sur exposé (!!!) je suppose que cela veut dire CLose (ferme) le diaphragme... n'importe quoi !...

Bien sûr, vu son année de naissance, l'EOS 650 présente un obturateur métallique à déplacement vertical, ce qui permet des vitesses élevées mais les améliorations du 620 doublent ces vitesses !...

Les poses longues sont possibles avec l'EOS 650 mais pas dans sa version de base !... Il n'y a pas possibilité de fixer un déclencheur souple sur le bouton déclencheur et il n'existe aucune interface pour un déclencheur électrique !... Pour pouvoir faire des poses longues, il faut acheter un bossage particulier et une télécommande !... Il n'y a pas de petit profit !... Mais cette politique commerciale de Canon a, elle aussi, perdurée !.. Cela dit, même si c'est moins pratique, on peut toujours utiliser le retardateur !...

Grâce à ses automatismes, le Canon EOS 650 est franchement très rapide (sauf si vous devez modifier certains réglages, comme le mode autofocus par exemple) et son moteur à 3 images/seconde (fou à l'époque !) font du 650 une véritable bête de course... mais il est assez bruyant dans sa gestion du film et c'est bien dommage !...

Un autre point à signaler : cela ne s'est pas encore produit sur mon exemplaire mais il parait que les lamelles de l'obturateur peuvent se couvrir de graisse et coller, entrainant une exposition partielle. Vérifiez à chaque chargement de film que les lamelles sont sèches sinon, essuyez-les avec un coton-tige imbibé d'essence-C.

Dernier point négatif à apporter à ce Canon EOS 650 : l'absence de correction dioptrique. Tout porteur de lunette sait à quel point cet accessoire est pratique et confortable... Certes, la conformation du viseur de ce premier EOS de l'histoire est totalement identique aux viseurs actuels, ce qui permet de trouver facilement des lentilles de correction oculaires chez Canon. Ce n'est pas donné pour ce que c'est, mais ça se trouve !...

En conclusion, je dirai que ce précurseur de la très longue lignée EOS n'est pas dépourvu de défauts et ce n'est rien de le dire (!), il a probablement été lancé trop vite, une maturation d'un an ou deux n'aurait pas été un luxe, mais il faut tout de même lui reconnaitre deux points positifs capitaux : 1) il est très rapide et très fiable 2) il est très simple d'utilisation eu et gare à ses fonctions évoluées. Si on retrouve son ADN dans tous les EOS qui l'ont suivi, on retrouvera toujours la rapidité et la fiabilité, par contre, Canon aura oublié le paramètre simplicité !... C'est un plaisir de retrouver les boîtiers numériques dans un vieil appareil argentique (si on a commencé la photo par le numérique) ou bien c'est un excellent tremplin d'essayer ce 650 avant de plonger dans le monde numérique (si on a commencé la photo par l'argentique). En plus, ce boîtier a une cote relativement basse (voir ici), c'est donc un excellent candidat si on cherche un boîtier à cheval entre l'argentique et le numérique...

Les Canon EOS 650 et EOS 620 sont un seul et même appareil photo et ont la même cote, mais le 620 est plus finalisé (!) donc si un collectionneur préfèrera le 650 pour être le tout premier EOS au monde, je recommanderais plutôt de vous procurer le 620 si vous êtes uniquement utilisateur !... En effet, outre la correction de certaines galères du 650, voici ce qui a évolué dans le 620 :

 
650
620
Obturateur
1/2000è ~ 30"
1/4000è ~ 30"
Synchro flash
1/125è
1/250è
Rembobinage film 24 poses
10"
7"
Décalage de programme
non
oui
Bracketage automatique
non
oui
LCD rétro éclairé
non
oui
Expositions multiples
non
oui
Exposition auto priorité profondeur de champ
oui mais très aléatoire
non
Interface Déclencheur Souple par défaut
non
oui

Et puis n'oublions pas leurs deux plus grandes qualités :
- fonctionnement identique à celui des EOS actuels
- objectifs et accessoires identiques à ceux des EOS actuels !!!

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE CANON EOS 3

Même remarque que pour l'article précédent, avant de débuter cet article, il me faut préciser un point important : si à l'époque de sa commercialisation, le doute n'était pas possible, à l'heure du numérique, les mots Canon + EOS + 3 font systématiquement penser à un boîtier reflex numérique. Mais regardez mieux : voyez-vous la lettre D ? Non, en effet, nous sommes ici face à un boîtier argentique. Nous sommes ici en 1998 (jusque 2007), donc 10 à 20 ans après la naissance du Canon EOS 650 (ici).

Cela étant précisé, il est indispensable de souligner les côtés positifs du système EOS à l'époque. Le EOS 3 de Canon a tout ce dont vous avez besoin, et bien plus, il reprend et améliore tout ce qui a été introduit dans l'EOS 650 il y a 10 à 20 ans. Il permet tout type de photographie, depuis l'extrême facilité où tout ce que vous avez à faire est de composer et de shooter (exactement comme avec les point and shoot du monde numérique) jusqu'aux techniques les plus évoluées et les plus complexes. Tout (obturateur, ouverture et compensation) fonctionne en tiers de diaph'. Il s'agissait d'un boîtier situé entre le monde amateur (évolué) et le monde professionnel. Attention, je ne dis pas qu'il est génial, je dis simplement que nous sommes à des années-lumière des autres boîtiers dont je parlerai dans cette page.

Comme tout boîtier EOS depuis l'EOS 650, tout ce que vous trouvez dans les boîtiers Canon EOS actuels se trouvait déjà dans cet EOS 3 !... Les objectifs nés pour l'EOS 3 (et 650 déjà) sont 100% compatibles avec les objectifs actuels et inversement, les objectifs actuels pour les boîtiers numériques plein format Canon (EF) sont 100% compatibles avec le 3 !... L'œilleton de viseur du 3 (comme du 650) est strictement identique à celui utilisé encore aujourd'hui, la roue codeuse avant du 3 (et du 650) est encore placée exactement au même endroit sur les boîtiers actuels (toujours aussi peu ergonomique !), et la roue codeuse arrière est identique et située au même endroit qu'aujourd'hui, etc...

On disait déjà à l'époque, que le Canon EOS 3 a été conçu pour servir de modèle aux futurs EOS numériques, une espèce de "répétition générale" en quelque sorte... Mais son prix de revient (et donc son prix de vente) était tellement élevé que Canon l'a laissé sur une voie sans issue, effectuant un grand retour en arrière avant de lancer les boîtiers EOS numériques. Tenir l'EOS 3 en main nous donne totalement l'impression de porter un EOS 5D ou un EOS 1D ! La localisation des roues codeuses est identique, les boutons situés à droite du boîtier, bien que moins nombreux, sont situés au même endroit. Les roues de sélection de mode et de vitesse sont remplacées par des boutons à la manière de l'EOS 1D. L'écran LCD supérieur, (trop) petit est situé au même endroit. Bref, hormis l'écran LCD arrière, cet EOS 3 pourrait tout à fait être un boîtier numérique...

Bon, venons-en au sujet de cette page : comment se gère ce Canon EOS 3 lorsque l'on s'en sert pour photographier !

Bien que faisant largement appel au plastique, l'EOS 3 est assez lourd pour être confortable et assez grand pour être agréable à utiliser et sécurisant... Il est même plus gros que le Canon 5D Mark II (pour ceux qui connaissent) !!! Il est vrai que la taille n'a jamais été une préoccupation chez Canon (contrairement à Pentax).

Avant toute chose, il faut remarquer que ce boîtier est d'un design très agréable, très beau, très équilibré et très pro. 100% couvert de plastique noir brillant et lisse, c'est très laid et ça fait franchement bas de gamme... c'était la mode, dommage... Le nombre de pièces 100% plastique bas de gamme est incroyable (!), le dos en particulier. Vous pouvez tapoter l'EOS 3 où vous voulez avec un ongle, tout (ou presque) sonne creux !... Même si ce EOS 3 était le boîtier ultime (parfait), il demandait beaucoup d'effort pour se le payer tant ses caractéristiques étaient évoluées donc son prix extrêmement élevé !... Cela dit, l'EOS 3 offre deux bossages en plastique granuleux, bossages de bonne taille, très confortables et très efficaces puisqu'ils offrent toute la place nécessaire pour tous les doigts, c'est une vraie réussite du design extérieur.

La pile de grande taille (2CR5 6V lithium) trouve sa place dans le bossage avant. Pourquoi pas me direz-vous MAIS, pour la changer, il faut démonter le bossage en dévissant une vis à l'aide d'une pièce de monnaie et... déposer le bossage avant !!! La pile entre dans son logement sans détrompeur (galère !) après une véritable gymnastique, donc vérifiez bien que vous l'insérez correctement et que les contacts se font bien face !... Et testez la pile avant de débuter le 1er shooting après changement !... On estime qu'une pile a une espérance de vie d'une cinquantaine de films 36 poses (environs)...

Le Canon EOS 3 ne présente que peu de contrôles sur le boîtier. C'est très déroutant pour qui vient des boîtiers anciens (voire contemporains). Cela laisserait supposer une simplicité d'utilisation mais également très peu de possibilités d'intervenir sur la création de la photo finale. À gauche du prisme se trouvent 3 boutons poussoirs qui permettent plusieurs fonction selon qu'on utilise un bouton isolément ou une association de boutons, ah, c'est déjà moins simple qu'il pouvait sembler de prime abord. Sur le côté droit, à proximité du pouce (mais aurait mérité d'être place un peu plus à gauche pour être vraiment ergonomique) se trouvent 2 boutons poussoir qui permettent le choix manuel du collimateur de mise au point et le blocage de la mise au point. Sur le devant, à proximité du bouton déclencheur, relativement bien positionnés, se trouvent 3 boutons permettant la mémorisation d'exposition au flash, la correction d'exposition et l'illumination de l'écran LCD et la roue codeuse avant. et puis c'est tout. Tiens, sur le bord droit du boîtier, on découvre quatre autres boutons poussoirs cachés sous une petite trappe en plastique bien fragile... Ces boutons sont très importants mais leur utilisation est impossible si on n'a pas le mode d'emploi en mains ! Je n'en dirai pas plus, allez voir le mode d'emploi ici. Ces boutons fonctionnent également seuls ou en association... Vu la qualité de la trappe, j'aurais préféré trouver ces boutons ailleurs sur le boîtier !... Elle est très fragile (je l'ai dit) mais en plus, elle ne s'ouvre qu'à 90°, ce qui est trop peu et un ressort la ferme en permanence, donc il faut deux mains pour utiliser ces boutons : une pour maintenir la trappe ouverte et l'autre pour manipuler les boutons (et une 3ème pour tenir le boîtier !), en plus, il est préférable d'être gaucher (!!!) un droitier devra être très souple !!! Sur la porte du dos, 100% plastique bas de gamme, quelle drôle d'idée, se trouve le bouton marche/arrêt et la roue codeuse arrière (la position identique sur les boîtiers numériques est moins stupide puisqu'il n'y a pas ouverture du dos !). Sous cette porte se trouve un sélecteur principal et un bouton de rembobinage. Un autre bon point : le bouton testeur de profondeur de champ est situé à droite de l'objectif, super si utilisation du boîtier avec 1 seule main.

Il me faut préciser ici que l'écran LCD supérieur est beaucoup trop petit pour être conformable voire utilisable vu le nombre d'informations qu'il regroupe... L'écran LCD peut être éclairé mais la diode est bleue et trop faible pour être vraiment efficace.

L'installation du film aussi est particulière ! Il faut ouvrir le dos (100% plastique bas de gamme comme déjà précisé) à l'aide d'un système (100% plastique bas de gamme) digne d'un Zenit (voir ici) : appuyer sur un bouton qui permet de libérer une tirette qui ouvre le dos. Il faut 2 doigts pour manipuler ces 2 éléments qui occupent 1 cm !!! J'ai des petits doigts et, c'est déjà compliqué ! Boxeurs et autres travailleurs de force, allez voir ailleurs ou travaillez avec des pinces à épiler !!! Ensuite, il faut installer le film à gauche, tirer l'amorce et la placer jusqu'au niveau d'un index. La fermeture du dos entraine la mise en place automatique du film et son avancement jusqu'à la première vue. OK, c'est pratique, OK, c'est rapide, mais cette procédure empêche de tirer une vue de plus par film (avec l'habitude, je faisais toujours 37 images sur un film de 36 poses, mais avec cet EOS 3 c'est impossible !). Bien sûr, l'EOS 3 connait le codage DX du film (chercher ici) pour un réglage automatique de la sensibilité ISO. OK, c'est pratique, OK, c'est rapide, mais si, comme moi vous surexposez vos films, il faudra régler la sensibilité manuellement... Lorsque le film est totalement exposé, le rembobinage se fait automatiquement. Il est possible de rembobiner le film avant l'exposition complète, mais cette fonction est inutile en petit format !!! Notons un rembobinage tonitruant... impossible de passer inaperçu !

Comme je l'ai déjà dit plus haut la mise au point est automatique avec ce Canon EOS 3. Normal puisque c'est un EOS ! Mais cet EOS 3 offre une fonction extraordinaire : une fonction que l'on n'a encore jamais vu sur les boîtiers numériques : le mode de sélection du collimateur de mise au point ! L'EOS 3, après une phase de calibration, est, en effet, capable de sélectionner automatiquement le collimateur de mise au point en analysant la zone que l'œil du photographe regarde ! Révolutionnaire, efficace, rapide, bref génial... sauf que le système jette l'éponge si le photographe porte des lunettes ! Et, encore plus grave, ce système empêche l'addition d'un système de correction dioptrique !... Donc, porteurs de lunettes, oubliez cet excellent outil de l'EOS 3 ! Je pense qu'en plus de ces problèmes, le système devait être tellement cher qu'il a été abandonné... Dommage, un peu amélioré, il aurait trouvé beaucoup de monde qui accepterait de payer un peu plus cher son boîtier numérique ainsi équipé !... Si vous voulez (ou êtes condamné à) vous passer de cette fonction extraordinaire, vous pouvez toujours vous rabattre sur le choix manuel du collimateur autofocus. L'autofocus s'effectue sur 45 zones. Si la mise au point est impossible, l'EOS 3 refuse de déclencher (!), il faudra passer à la mise au point manuelle !... La mesure d'exposition se fait sur 21 zones, mais vous pouvez aussi choisir un mode centré (10°), un mode spot (2°) lié au collimateur de mise au point, un mode pondéré central, et un mode multiples zones ponctuelles. Tous les modes d'exposition sont présents, même le mode profondeur de champ qui existait déjà sur l'EOS 650 (et disparu sur l'EOS 620). La mesure de l'exposition est parfaite en hautes luminosité ou en cas de reflets, par contre, en faible luminosité, on a systématiquement une sous exposition. Mais, comme avec tout boîtier, il faut trouver ses points faibles pour savoir comment les corriger... Le mode programme est orienté sur la vitesse la plus élevée possible, si vous souhaitez le forcer à travailler en profondeur de champ, vous devrez effectuer un décalage de programme, décalage qui s'annule dès le déclenchement, franchement pas pratique !!!...

Le dépoli est bon, fin et lumineux. Le viseur offre une couverture de 97% ce qui est très bien (même si les reflex actuels offrent 100% !). Il offre très peu d'informations, et c'est très bien ainsi... trop d'information tue l'information ! L'affichage des infos dans le viseur est difficile à visualiser car l'oculaire est beaucoup trop petit. Les collimateurs autofocus ne sont pas dessinés sur le dépoli, cela évite les surcharges mais c'est gênant. Comme tout boîtier autofocus, l'EOS 3 ne porte ni stigmomètre ni microprisme sur son dépoli (par défaut, mais on pouvait acheter d'autres dépolis qui les proposaient !), cela n'aide pas vraiment la mise au point manuelle...

Bien sûr, vu son année de naissance, l'EOS 3 présente un obturateur métallique à déplacement vertical, ce qui permet des vitesses élevées de 1/8000è à 30" mais la vitesse de synchro flash est plutôt "lente" à 1/200è. L'EOS 3 est donc assez rapide et, avec bossage et alimentation de base, il permet des prises de vue en continu au rythme de 3,3 images/s (plus avec le booster en option).

Mais les possibilités proches des EOS numériques ne s'arrêtent pas là ! L'EOS 3 est également pourvu de fonctions personnalisables ! Mais sans écran LCD arrière et sans système de menu, c'est une galère sans nom ! Tout le reste à propos de l'EOS 3 est brillamment simple. Il fait ce dont nous avons besoin et ne contient pas de fonctionnalités inutiles pour nous gêner. Oui, il a les fonctions personnalisées redoutées, et elles peuvent être ignorées la plupart du temps, même si c'est dommage de s'en priver... Bien sûr, pour qui utilise déjà un boîtier numérique Canon Pro, le passage à l'EOS 3 n'est pas trop exotique, mais pour tous les autres, il faudra prévoir quelques mois pour comprendre et apprendre à l'utiliser... Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il faut apprendre le mode d'emploi (140 pages !) par cœur, mais, personnellement, il m'a fallu 10 séances d'étude approfondie du boîtier avec le mode d'emploi en main et, malgré cela, l'utilisation des fonctions personnalisables reste encore impossible de tête !!! Ah, si on critiquait les menus dans les boîtiers numériques, avec un EOS 3 en main, on change d'avis immédiatement !!!

Le verrouillage du miroir existe mais il est franchement galère car il faut passer par un mode personnalisé et utiliser une télécommande non fournie  !!! Il n'y a pas de petit profit !!!

Le point le plus frustrant de cet EOS 3 est que la gestion de l'appareil est assez compliquée d'où la nécessité de réinitialiser tous les réglages après chaque image en appuyant sur le bouton idoine caché dans la trappe. C'est nul et contre-productif !...

En conclusion, je dirai que cet EOS n'est pas dépourvu de défauts et ce n'est rien de le dire (!), il a évolué trop vite, il aurait fallu aller un peu plus loin avec un écran LCD arrière digne de ce nom et un système de menu, une maturation d'un an ou deux n'aurait pas été un luxe, en effet, placer des modes de boîtier numérique dans un boîtier argentique (par définition, limité) était un pari risqué ! Mais il faut tout de même lui reconnaitre des points positifs dont sa rapidité et sa fiabilité. C'est un plaisir de retrouver les boîtiers numériques dans un vieil appareil argentique (si on a commencé la photo par le numérique) mais c'est un très mauvais tremplin d'acquérir ce EOS 3 avant de plonger dans le monde numérique (si on a commencé la photo par l'argentique) car sa complexité vous tiendra éloigné du numérique qui est pourtant plus simple que lui. En plus, ce boîtier a encore une cote très élevée (voir ici), il est vrai qu'au temps de sa commercialisation il valait une véritable fortune (!!!!). Si on cherche un boîtier à cheval entre l'argentique et le numérique... l'EOS 3 peut (éventuellement) s'adresser aux utilisateurs de reflex numérique, mais certainement pas aux utilisateurs de reflex argentique !...

Le Canon EOS 3 est une excellente illustration de ce que je me tue à répéter dans mes pages : il est inutile et contre-productif d'acheter des boîtiers haut de gamme... il faut choisir le boîtier qui vous convient... et l'EOS 3 ne conviendra certainement pas à tous les amateurs !!!...

Vous pouvez également aller voir ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE ZORKI 1 (ЗОРКИЙ-1)

Après les reflex petit format (24x36), je vais envisager l'utilisation des compacts petit format (24x36). Pour débuter l'analyse de ce groupe, je vais parler d'un de mes compacts petit format préféré, même s'il est loin d'être le plus agréable d'utilisation (!!!).

Ah, le Zorki 1 ! Quel boîtier ! Nombre de photographes n'en ont jamais entendu parler alors que ces mêmes photographes sauteront comme des cabris en entendant le nom de Leica II... Et bien, même si cela n'est pas forcément très glorieux, le Zorki 1 est (quasiment) un Leica II ! À quelques petits détails que personne ne remarquera, tels la came de synchronisation du télémètre sur l'objectif, la calligraphie des gravures et le nom, vous aurez entre les mains un Leica II avec toutes ses qualités et, surtout, tous ses défauts (!!!), Le Zorki 1 est la copie conforme du Leica II signée KMZ (la toute première copie conforme soviétique était signée FED) et même ses objectifs sont des copies conformes de ceux de Leica. Pour en savoir plus, référez-vous à la page ici. Vous pouvez également aller voir ici.

Le Zorki 1 a été produit de 1949 (ou 1950) à 1956 environs, avec les soviétiques on ne peut jamais être trop sûr !... Mais, comme toute leur production, les exemplaires nés en 1955 (n° de série 55xxxxxx) sont les meilleurs, les plus fiables et les mieux finis.

Cela dit, venons-en au vif du sujet. Décrire l'utilisation du Zorki 1 revient à décrire l'utilisation du Leica II tant la copie est semblable à l'original ! Il s'agit de matériel ancien, certes, mais ce bond en arrière dans le temps n'explique pas et ne justifie pas non plus les difficultés d'utilisation et la conception discutable de ce(s) boîtier(s) ! En effet, vous allez découvrir qu'il faut vraiment aimer ce boîtier pour vouloir l'utiliser (idem pour le Leica, bien sûr !).

Il y a tant de choses à critiquer que je ne sais pas par quoi commencer ! Le chargement peut-être ? Le Leica II, donc le Zorki 1, sont sensés utiliser les anciens types de films 35mm qui sont identiques aux films 35mm actuels sauf leur amorce. Ce n'est pas grand-chose me direz-vous, mais vous allez voir que pour l'utilisateur, ce n'est pas rien !!! Pour pouvoir utiliser le Zorki 1, il faut commencer par bricoler le film avant d'espérer l'installer dans le boîtier !!! Et ce n'est pas simple ! Et ce n'est pas rapide ! Leica vendait un accessoire permettant cette modification du film mais cet accessoire est impossible à trouver aujourd'hui (ou alors à un prix supérieur au Leica II !)... donc, il ne reste pas 36 solutions, il va falloir bricoler un outil avant d'espérer bricoler le film !... Cet article n'est pas là pour vous expliquer comment résoudre ce problème, cela a été fait dans d'autres pages... allez voir ici. Et une fois le film prêt, encore faut-il le mettre en place, et ce n'est pas une mince affaire non plus, en effet, le chargement se fait quasiment à l'aveugle, par le dessous (!!!), allez voir la procédure ici...

Cette première étape est déjà susceptible d'en décourager plus d'un, mais ce n'est pas fini !... Venons-en à la visée et à la mise au point. Le Zorki 1 est un boîtier compact télémétrique, c'est à dire que la visée et la mise au point ne s'effectuent pas à travers l'objectif (ceci étant spécifique aux reflex) mais par l'intermédiaire d'un système mécanique et optique dans un viseur déporté de l'objectif. En mettant au point, l'objectif déplace une came qui met le système optique en mouvement, la vérification se fait dans le viseur déporté, tant que l'image est double, la mise au point n'est pas correcte, quand les deux images sont exactement superposées, la mise au point est effectuée. Dans les boîtiers télémétriques plus modernes, la mise au point et la visée s'effectuent dans un viseur unique MAIS avec le Zorki 1, il y a deux viseurs (!!!), avec le premier, il va falloir repérer la zone de l'image sur laquelle vous voulez faire le point puis, il va falloir utiliser le deuxième viseur pour composer l'image. En plus, la base du télémètre est très courte ce qui fait que la visualisation de la superposition des deux images est assez compliquée, elle est certes très efficace mais elle demande pas mal de temps. Quant à la visée, la composition n'est pas très simple non plus dans la mesure où le viseur n'est pas collimaté, donc selon la position de l'œil face à l'oculaire, la visée sera très différente (!!!) et si on ajoute à cela l'erreur de parallaxe entre l'objectif et la fenêtre du viseur, la composition est très aléatoire. Autre remarque, les deux viseurs sont très petits donc très peu lumineux... il vaut mieux travailler en atmosphère lumineuse pour s'en sortir !... Et, cerise sur le gâteau, aucune correction dioptrique et aucune protection pour les verres de lunettes si le photographe en porte... c'est directement le verre contre le corps métallique des viseurs !...

Vous n'avez pas encore abandonné l'idée de vous offrir un Zorki 1 (ou un Leica II), nous allons poursuivre. Parlons des vitesses proposées : de 1/25è de seconde à 1/500è de seconde, donc aucune vitesse lente à l'horizon si ce n'est une pose B. Autre particularité (commune avec le Leica II ?) il est strictement interdit de modifier le réglage des vitesses avant d'avoir armé l'obturateur sous peine de tuer votre Zorki 1 ! En plus, il est strictement interdit d'essayer de passer de la vitesse 1/500è à B et inversement sous peine de tuer votre Zorki 1 ! Il faut donc, chaque fois, faire tout le tour de l'échelle des vitesses !!!...

Sur le Zorki 1, la vitesse se synchro flash est la vitesse la plus faible (1/25è), mais cela n'est pas très grave puisque le Zorki 1 ne possède d'aucune interface permettant de synchroniser un flash (!!!) même si mon exemplaire a été bricolé par un ancien propriétaire qui lui a greffé une prise PC standard de synchro flash...

Un autre défaut ? Oui, mais pas trop péjoratif cette fois, le pas de vis de fixation à un trépied est au format européen (beaucoup plus grand que le format international), il faudra donc trouver un adaptateur. En plus, ce pas de vis est totalement déporté sur un côté du boîtier. Encore un autre petit défaut : l'absence d'œillet pour fixer une dragonne ou une courroie de cou.

Mais alors, me direz-vous, comment peut-on avoir envie de posséder et d'utiliser un Zorki 1 ? En effet, tout ce que je vous ai décrit ici n'est pas très sexy !... Mais justement, le Zorki 1 permet de faire de la photo à la mode ancienne, et c'est très agréable ! Je dis à longueur de site que faire de la photo argentique oblige à ralentir l'acte photographique pour augmenter la qualité du résultat... et bien, le Zorki 1 oblige à ralentir l'acte ralenti !... En plus, tout respire le boîtier de grande qualité dans le Zorki 1, sa beauté, ses assemblages, les métaux utilisés (donc son poids assez élevé) et... la qualité de ses optiques qui, bien qu'accusant un âge canonique permettent des images de grande qualité avec, en plus, un caractère intéressant et très particulier (voir ici) !...

Donc, certes, le Zorki 1 n'est franchement pas le boîtier compact télémétrique à recommander à tout le monde et certainement pas à un amateur venant du numérique et souhaitant s'essayer à l'argentique !!! D'autant que sa cote est très élevée si en bon état (voir ici) même si ridicule par rapport à la cote d'un Leica II !... Et, contrairement à ce que pourrait laisser penser le contenu de cet article, personnellement, j'a-do-re le Zorki 1 !!!

Vous pouvez également aller voir ici ou chercher son mode d'emploi ici.

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE FOCA PF 2B (2 étoiles gravées)

Très intéressant (!), après avoir parlé du Zorki 1 (et du Leica II par le fait) ici, nous allons nous intéresser maintenant à une autre vision du Leica II (oui, encore lui ! Leica s'est imposé quand il a imposé le format 35mm du film !). Alors que le Zorki 1 a été construit de 1949 (ou 1950) à 1956, nous allons maintenant discuter du FOCA PF 2B (2 étoiles gravées) fabriqué par OPL (société d’Optique de Précision de Levallois) de 1945 à ???

A la vue de l'appareil, la filiation est évidente et pourtant... si l'inspiration est assumée, ce clone français ne s'est jamais voulu être une copie du Leica II, et ne s'est pas gêné de lui apporter des améliorations non négligeables !!! Il est vrai que 12 ans séparent le premier Leica II du premier PF2B (2 étoiles gravées), mais les 18 ans qui séparent le premier Leica II du premier Zorki 1 n'ont rien apporté au soviétique...

Peut-on dire que le Foca PF2B (2 étoiles gravées) a réussi l'exploit de faire une version de Leica II agréable à utiliser là où le Zorki 1 n'a cherché qu'à lui ressembler ? C'est ce que nous allons voir ici... Je vais donc reprendre dans cet article le plan que j'ai utilisé pour le Zorki 1, ce qui permettra de comparer les évolutions apportées par OPL.

Le premier point critiqué sur le Zorki 1 (et le Leica II) a été son chargement. Il est vrai que c'est une vraie misère depuis la disparition des anciens films 35mm... Le Foca PF2B (2 étoiles gravées), lui, propose un dos amovible !... Vous tournez une clé située sous la semelle sur 1/4 de tour et... le dos s'enlève sans difficulté ! Vous insérez un film 35mm moderne dans la chambre de gauche, vous tirez l'amorce, vous la coincez sur la bobine réceptrice à vue et en plein jour, vous refermez le dos et... vous voilà prêt à photographier !!! Il y a tout de même un petit défaut qu'il convient de souligner : la bobine réceptrice du Foca n'est pas fixe, on risque donc de la perdre si on n'y prend pas garde !... Il existe bien un système de chargement qui enferme cette bobine et qui rend l'ensemble bien plus sécurisant, mais il est très difficile à trouver de nos jours... Donc, pour ce premier point, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) sera, sans commune mesure, beaucoup plus agréable à utiliser que le Zorki 1 ou le Leica II !!!... Plus de film à découper, plus de jonglerie pour insérer le film... que du bonheur !!!

Puis il a été question de visée et de mise au point. Il est vrai que le système adopté par le Leica II (et le Zorki 1) est un peu exotique... qu'en est-il avec le Foca PF2B (2 étoiles gravées) ? Si la base du télémètre est du même ordre de grandeur, donc que la vérification de la mise au point est aussi problématique, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) n'utilise plus qu'un seul viseur (!!!), visée et mise au point sont couplées. En plus, le viseur a été placé juste au-dessus de l'objectif donc l'erreur de parallaxe est moins importante lors de la composition. Donc la visée et la mise au point sont bien plus agréables avec le Foca PF2B (2 étoiles gravées)...

Vient la question des vitesses. Le Foca PF2B (2 étoiles gravées), comme le Zorki-1 et le Leica II ne propose pas de vitesse lente. Il propose, par contre une vitesse super rapide à 1/1000è de seconde. La vitesse la plus lente est, ici aussi, de 1/25è de seconde, vitesse qui est donc également la vitesse de synchro flash puisque le Foca PF2B (2 étoiles gravées) est également un boîtier à obturateur focal. Mais, contrairement au Zorki-1, on peut ici, sans risque, sélectionner sa vitesse en passant par toutes les valeurs, sans sens particulier, sans limitation, obturateur armé ou non !... Quelle libération ! Et quel gain de vitesse !...

Le Foca PF2B (2 étoiles gravées) propose aussi un sabot porte accessoire. Ce dernier n'est pas équipé de contact de synchronisation avec le flash (cela n'existait pas à l'époque), par contre, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) porte 2 contacts PC pour la synchronisation du flash !...

Autres point intéressants, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) a prévu un système d'échelle de profondeur de champ, bien pratique... Et même un système de réglage "automatique" à l'hyperfocale via des chiffres gravés et colorés en rouge. Malheureusement, après des décennies ce rouge a tendance à disparaitre, sur mon objectif, f/9 est rouge (on le devine plus qu'on ne le voit) et sur l'échelle des vitesses, on ne voit plus de rouge du tout...

Sur le Zorki-1, j'ai critiqué la vis de fixation de l'appareil au trépied. C'est presque pire avec le Foca PF2B (2 étoiles gravées) ! Pourquoi presque pire ? Parce que cette vis a été intelligemment placée dans la clé de libération du dos, a été située au milieu de la semelle MAIS, le milieu de la semelle n'est pas l'axe optique de l'objectif !!! Donc, si la localisation semble bonne pour faire de la photo panoramique, en réalité elle ne vaut guère mieux que sur le Zorki-1 !!! Notons que cette vis de fixation est également de type Européen, donc plus grande que la vis universelle d'aujourd'hui et nécessite aussi un adaptateur (facile à trouver et peu cher) pour utiliser un trépied moderne.

L'objectif du Foca PF2B (2 étoiles gravées) est également proche de l'objectif du Zorki-1 mais, puisque plus ancien, il porte des valeurs de diaphragme plus exotiques (ancienne échelle) : 3.5, 4.5, 6.3, 9, 12.5, 18 (!) mais, avec la latitude de pose des films, on peut largement considérer cette échelle comme étant marquée : 3.5, 4, 5.6, 8, 11, 16 !... L'objectif Oplar 50mm f/3.5, comme l'Industar du Zorki-1 tourne lors de la mise au point et, son système de réglage du diaphragme se trouve sur la face avant de l'objectif, donc, là aussi, il faudra tourner l'appareil dans tous les sens pour régler ses paramètres d'exposition...

Le Foca PF2B (2 étoiles gravées), est aussi grand et quasiment aussi lourd que le Zorki-1, autant dire que le matériau utilisé pour sa fabrication était de qualité et la finition de ce magnifique appareil ne prête pas le flanc à la critique !...

Moins ressemblant au Leica II, aussi bien fait, ayant un caractère bien à lui, beaucoup plus simple et agréable à utiliser, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) peut, en effet, être considéré comme l'aboutissement ultime du Leica II... Tout le plaisir de la photographie à l'ancienne sans les difficultés, le Foca PF2B (2 étoiles gravées) peut être un excellent choix pour qui veut se lancer dans cet exercice, malgré une cote qui représente bien les qualités du Foca PF2B (2 étoiles gravées) : (très) élevée !!! (voir ici).

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE ZORKI 3S (ЗОРКИЙ 3C)

Après avoir parlé des clones du Leica II, nous allons rester dans le cadre des clones de Leica, mais du Leica III cette fois. Encore une fois nous allons lorgner du côté des fabrications soviétiques... Champions de la copie conforme, ils devaient pouvoir nous offrir un Leica III avec leur Zorki 3 comme ils nous ont offert un Leica II avec leur Zorki 1... En réalité, oui, le Zorki 3 était très proche du Leica III (avec quelques améliorations déjà) mais le Zorki 3C, s'il conserve une vague ressemblance avec le Leica III, il est un appareil bien plus moderne !...

Le Zorki 3C a été produit en relativement petite quantité de 1955 à 1956 environs, avec les soviétiques on ne peut jamais être trop sûr !... Mais, comme toute leur production, les exemplaires nés ces années-là sont les meilleurs, les plus fiables et les mieux finis. Et le 3C ne fait pas exception... son poids peut vous garantir la qualité de ses matériaux et sa finition la qualité des artisans qui l'ont créé !...

Je pourrais reprendre tout ce que j'ai dit ci-dessus pour le Zorki 1 (ici) mais en comparaison du Leica III. Mais si la comparaison entre le Leica III et le Zorki 3 est totalement licite, ce n'est plus tout à fait le cas pour ce qui est du Zorki 3C, qui est une vraie évolution et pas simplement esthétique (même si le look du Zorki 3 et du Zorki 3M est beaucoup plus sympa -à mon goût- que celui du Zorki 3C !). Chaque modification visible sur le boîtier trouve sa justification dans une évolution positive qui l'éloigne du Leica III...

Et si je parle d'évolution, il s'agit d'améliorations qui vont dans le sens d'une simplification de l'utilisation !... Prenons les exemples de modifications esthétiques avec leur pendant technique :
→Couronne plus longue et taillée à la hache associée au point suivant
→Disparition de la molette en façade : modification de la mécanique gérant la vitesse d'obturation. Le Zorki 3 a réussi à rassembler, sur une seule molette, l'ensemble des vitesses, lentes (depuis 1 seconde) et rapides (jusqu'à 1/1000è de seconde).
→Disparition de la clé de réglage du sens d'avancement du film : mise en place du système moderne de débrayage du système d'avancement du film.
→Apparition d'une fiche PC de synchro-flash en façade associée au point suivant
→Apparition d'une roue de réglage du délai de déclanchement du flash pour la synchronisation. Cette roue adapte mécaniquement le déclenchement en fonction de la réactivité de décharge du flash. Les 6 valeurs disponibles devraient permettre de synchroniser tous les types de flashes avec le Zorki 3C. D'ailleurs, le "C" du nom, qui est un "S" en cyrillique (voir ici) signifie.... synchro !!!... cqfd !!!...
→Apparition d'une clé sous le bouton de rembobinage : correction dioptrique (!!!) du viseur pour les porteurs de lunettes.
→Apparition de deux "clés" sur la semelle : ouverture complète du dos pour le chargement et le déchargement du film.
→Un seul viseur servant à la composition et à la mise au point.
→Localisation de la vis de fixation au trépied au beau milieu de l'axe optique de l'objectif. (c'était une critique que j'avais émis pour le Zorki 1 ici).

Tout cela semble bien joli, mais, toutes ces améliorations permettent-elles, effectivement, de simplifier la vie du photographe ? Voyons cela, puisque c'est finalement le but de cette page !...

→Toutes les vitesses sur une même molette : sur le Leica III et les Zorki 3 et 3M, pour avoir accès aux vitesses lentes, il faut régler sa vitesse sur 1/25s puis actionner la molette située sur la face avant du boîtier !... Une véritable galère, mobiliser le boîtier en plus de 2 molettes... horreur ! Avec le Zorki 3C il n'est plus nécessaire de tourner l'appareil dans tous les sens et une seule molette suffit. Malheureusement (cela aurait été trop beau !), pour une raison que je n'ai pas encore réussi à comprendre, cette molette unique est en fait divisée en deux, comme s'il y avait deux molettes... on n'a donc pas gagné grand-chose !... La molette ne peut pas tourner sur 360° : dans un sens, vous passez de 1/1000s jusqu'à 1s et dans l'autre sens, vous passez de 1/1000s à 1/25s (vitesse de synchro flash) en passant par la pose B !... Bonjour la logique : vous faites une photo à 1/50s et pour plus de sécurité vous voulez la doubler en doublant le temps de pose, vous devrez passer par 1/100s, 1/250s, 1/500s, 1/1000s, B pour finalement trouver le 1/25s ! Pire encore : vous avez fait une photo à 1s et pour plus de sûreté vous voulez la doubler à 2s... oui mais voilà, 2s ça n'existe pas... il faut donc passer en pose B et, pour cela, il faudra passer par 1/2s, 1/5s, 1/10s, 1/50s, 1/100s, 1/250s, 1/500s, 1/1000s pour finalement trouver la pose B !... Ne vous amusez pas à prendre le raccourci 1s, 1/25s, B... vous démoliriez votre Zorki 3C !!! Et, bien sûr, cela ne vous dispensera pas de devoir impérativement armer l'obturateur avant de modifier la vitesse !!!
Ce qui pouvait paraitre génial de prime abord s'avère à peine plus pratique que le système à deux molettes (on gagne toutefois la nécessité de tourner le boîtier pour accéder à la deuxième molette)...
→Système moderne de débrayage du système d'avancement du film : certes, c'est plus moderne et très probablement plus solide mais le système de débrayage est rapidement désagréable et très vite douloureux ! En plus, la molette de rembobinage en métal couvert de picots n'est pas franchement agréable à faire tourner au bout de quelques vues... En plus, pour réussir le rembobinage il faut avoir 3 mains (!) : une pour le débrayage, une pour le rembobinage et une pour tenir l'appareil ! Heureusement que le boîtier est équipé d'oreilles de fixation de courroie, cette dernière pourra remplacer une main !!! Belle évolution en réalité mais l'ancien système était beaucoup plus agréable à utiliser.
→Synchronisation du flash : le Zorki 3C permet de synchroniser tous les types de flashes (!!!), c'est génial, sauf qu'il faut connaitre le temps de latence de chaque type de flash (!), surtout que 99,99% des utilisateurs de Zorki 3C utilisera aujourd'hui un flash électronique donc n'utilisera jamais la molette de réglage du délai... il la laissera à 0 !... En plus, localiser la prise PC là où elle est, entraîne systématiquement la localisation du câble de synchronisation face à la fenêtre du télémètre donc mise au point possible que si on maintient ce câble à distance !!! Ne soyons pas mauvaise langue, c'est déjà bien de pouvoir utiliser un flash (et électronique en plus !) avec ce type de boîtier !...
→Correction dioptrique : voilà un point qu'il faut applaudir à tout rompre !... Trouvez moi beaucoup de compacts, même modernes, qui offrent un tel luxe !!!...
→Un seul viseur pour le cadrage et la mise au point : pour qui a utilisé un Leica II ou un Zorki-1 (voir ici), cette possibilité est un gage de rapidité et de confort incontestable !!!
→L'ouverture complète du dos : contrairement aux Leica de l'époque, les soviétiques ont vite compris que le chargement à vue était beaucoup plus simple, beaucoup plus rapide et beaucoup plus sûr qu'un chargement par le dessous... Merci à eux. En plus, les deux clés d'ouverture du dos (situées sous la semelle) forment un triangle avec la vis de fixation au trépied, permettant de poser le Zorki bien à plat et bien stable sur un support plat.
→ La vis de fixation au trépied située dans l'axe optique de l'objectif : enfin, avec ce Zorki 3C, il est possible d'envisager la photographie panoramique !...

Que dire de ce Zorki 3C en fin de compte ? Si on le considère comme un appareil des années 1950~1960, on peut dire qu'il s'agit d'un appareil exceptionnel et luxueux ! Il offre tout ce que l'on serait en droit d'exiger d'un appareil haut de gamme, il a tout et, aujourd'hui, pour une cote pour le moins élevée (prix certainement plus important que celui du neuf en 1956 -voir ici-) on peut s'offrir un boîtier extraordinaire et increvable (à condition de respecter son mode d'emploi à la lettre ! Voir ici) qui pourra éblouir tout nouveau converti à la photo argentique et aux appareils anciens...

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE FED 5 (ФЕД 5)

Nous avons vu dans l'article précédent (ici) l'évolution soviétique du Leica III du milieu des années 1950, nous allons envisager aujourd'hui ce qu'il en est d'une autre évolution du Leica III signée par FED cette fois et datant des années 1977~1980. Ceci est tout de même très intéressant dans la mesure où le Leica III date de 1933 (et a évolué jusqu'en 1951) et qu'en regardant la forme du FED 5, rien, absolument rien, ne laisse présager la "filiation" entre les deux appareils (!) ni dans la forme, ni dans les équipements, ni dans le fonctionnement... et pourtant !...

Il a existé différentes variantes de FED-5 mais les différences ne sont pas fondamentales (sauf pour le 5a, nous y reviendrons)... mais je n'envisagerai ici que le modèle 5.

Avant de traiter du FED-5, je vais parler de son objectif "prioritaire" : l'Industar-61 L/D (ИНДУСТАР-61 Л/Д), souvent gravé I-61 L/D. Je ne vais pas m'attarder sur son traitement de surface radioactif (oh très peu !) mais plutôt sur sa conception. Si les résultats qu'offre cet Industar sont extraordinaires, je dois toutefois signaler que ce 61 L/D est, à mon humble avis, le pire des objectifs qu'il m'ait été donné de rencontrer !... La bague de mise au point est très fine et collée contre le boîtier... autant dire qu'elle n'est pas simple à utiliser. Cette bague n'est pas franchement circulaire (ou est totalement désaxées, je n'en sais rien), toujours est-il que soit elle tourne difficilement (de 2m à l'∞), soit elle tourne trop facilement (de 0,8m à 2m)... une véritable galère. La bague des diaphragme est, elle, située à l'extrémité du fût (drôle d'idée mais fréquent chez les soviétiques). Cette bague de diaphragme est équipée de clic pour chaque valeur entière mais permet (si vous voulez vous amuser) une fermeture continue entre deux valeurs. Donc pour en finir avec cet objectif, je dirai « heureusement que tous les objectifs soviétiques (et pas que) ø39 peuvent être installés sur le FED-5 ».

Venons-en au boîtier à proprement parler puisque c'est le cœur de cette page.

Je ne m'attarderai pas non plus sur le poids de ce FED-5, comme toutes les productions soviétiques, il est constitué de matériaux qualitatifs, ce qui explique (et excuse) un poids digne d'un reflex pour un simple compact télémétrique.

Venons-en à sa forme qui n'a strictement rien à voir, ni de près ni de loin, avec un Leica !... Le FED-5 est un boîtier strictement rectangulaire, taillé à la hache. C'est quasiment la forme d'un reflex, le prisme en moins, surmonté de deux boutons ronds de grande taille. Quelles que soient les qualités du FED-5, l'esthétique ne fera jamais partie de ces dernières !!!

En y regardant de plus près, le gros bouton de droite ne sert strictement à rien !... Il porte un disque indiquant le type de lumière utilisé : lune/ampoule/soleil, mais qui n'a absolument aucun rôle et qui ne présente donc aucun intérêt !... Il porte également le compteur de vues mais, franchement, pourquoi créer un tel bouton pour cela ? Pour faire joli ? C'est loupé !

Première grosse surprise : sous ce gros bouton inutile se trouve un levier d'armement et d'avancement du film. Ce système n'a jamais existé chez Leica. Comble de luxe, ce levier totalement mécanique a deux positions, position de repos, collé contre le corps du boîtier ou position d'utilisation, séparé du corps de 5mm, largement suffisant pour une utilisation agréable. L'ajout de ce levier d'armement et d'avance du film ajoute de la simplicité et de la rapidité dans l'acte photographique. Par contre, il présente un énorme défaut : comme tous les leviers d'avancement de film, il est très puissant. Arrivé en fin de film, si vous forcez, vous allez faire sortir le film de la cartouche ou vous allez déchirer le film si ce dernier est solidement fixé dans la cartouche !... En plus, il sera impossible de rembobiner le film si l'armement est à moitié effectué !... Donc, si vous ne voulez pas de mauvaise surprise, vérifiez bien que vous pourrez réarmer l'obturateur (c'est à dire que la dernière vue n'a pas déjà été exposée !), sans quoi il faudra l'effectuer de force avec les risques déjà évoqués !... Reportez-vous au mode d'emploi ici.

Deuxième grosse surprise : le gros bouton de gauche est une règle à calculer l'exposition ! En effet, contrairement aux Leica et copies, le FED-5 dispose d'un posemètre ! Je ne vais pas vous expliquer le fonctionnement du système de mesure ici, reportez-vous au mode d'emploi ici. Le principe adopté par FED, très à la mode dans les années 1960 (ici nous sommes dans les années 1980 !), est basé sur l'utilisation d'une cellule sélénium qui ne nécessite aucune énergie. La lumière qui atteint la cellule fait naitre un courant électrique qui déplacera une aiguille sur une échelle numérique. La règle à calcul servira à traduire ces chiffres en couple de valeurs vitesse/diaphragme en fonction de la sensibilité du film installé. À noter que l'échelle de sensibilité proposée par la règle à calcul du FED-5 est en GOST (à peu près égal à ISO). L'ajout d'un système de posemètre est un plus non négligeable pour le photographe (surtout débutant) mais le FED-5 peut tout à fait être utilisé sans faire appel à son posemètre. Notez également que les cellules au sélénium s'usent quand en contact avec la lumière... donc, au cours du temps, le posemètre sera de moins en moins efficace !...

Venons-en aux deux plus grosses critiques que j'ai à formuler :
→ Le bouton déclencheur a été placé entre le gros bouton de droite et le levier d'armement. Il est moins haut que le gros bouton de droite, il est donc très peu accessible... Très utilisable mais ch**** et à risque de flou de bougé.
→ Le système de débrayage d'avancement du film permettant le rembobinage du film est situé autour du bouton déclencheur. Il est difficilement accessible, malgré des petits doigts... En plus, la molette de rembobinage est en métal couvert de picots... cela vous blessera les doigts !... Et encore en plus, il faudra 3 mains pour rembobiner le film : une pour le débrayage, une pour le rembobinage et une pour porter l'appareil photo !... Surtout que le FED-5 n'est pas équipé d'oreilles pour courroie de cou !...

Il y a d'autres critiques à souligner, même si elles sont moins capitales :
→ la fenêtre du télémètre est microscopique, ce qui ne facilite pas la mise au point.
→ la fenêtre de visée est teintée de vert, ce qui ne simplifie pas la visée en faible luminosité.
→ le viseur métallique n'est pas lisse et peut aisément rayer les verres de lunettes.
→ la prise PC de synchro flash est située à 3cm du viseur... la visée est plus compliquée à la photo au flash via PC.
→ comme tous les appareils soviétiques anciens, il est indispensable d'armer l'obturateur avant de régler la vitesse !... Lisez le mode d'emploi ici.
→ comme tous les appareils soviétiques anciens, ne modifiez pas la vitesse avant d'avoir lu le mode d'emploi ici.
→ la vis de fixation au trépied est décentré sur la semelle mais ne se situe pas dans l'axe optique donc n'est pas adapté à la photo panoramique.
→ comme déjà dit, le FED-5 n'est pas équipé pour recevoir une courroie de cou (il faut posséder sa housse !).

Cela dit, outre la cellule photoélectrique permettant la détermination de l'exposition et la présence du levier d'armement, le FED-5 propose quelques avantages qu'il faut souligner :
→ la griffe porte accessoire est équipée d'un contact pour synchro flash, ce qui évite l'utilisation de la prise PC mal placée
→ le FED-5 propose des vitesses lentes et rapides (de 1" à 1/500è + B) sur un seul bouton de réglage, même si la vitesse de synchro flash est bizarrement située sur l'échelle des vitesses.
→ le viseur est équipé d'un réglage de correction dioptrique, même si la bague de réglage peut rayer les lunettes.
→ le FED-5 est équipé d'un retardateur mécanique.

Donc, résumer ce qu'est le FED-5 est très difficile ! Il est solide mais sa mécanique est fragile si mal utilisée et il est laid. Il est rapide d'utilisation grâce à son levier d'armement mais la taille de la fenêtre du télémètre rend la mise au point lente et le réglage de la vitesse prend beaucoup de temps.

Il n'est donc pas le boîtier idéal pour qui veut débuter la photo argentique... et pourtant, il ne faut pas s'arrêter sur sa laideur, il est capable de bonnes choses... Et, obligeant à une rigueur de tous les instants, il sera un prof extraordinaire !... En plus, sa cote ridicule (voir ici) ne vous fera courir aucun risque de ruine si, par malheur, vous ne l'appréciez pas à la longue. Envisagez-le quoi que l'on puisse en dire ou en penser...

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE KIEV 4A (КИЕВ 4A)

Après avoir discuté des clones de Leica, nous allons envisager un clone soviétique du ZeissIkon Contax. Mais peut-on réellement parler de clone ? En fait non, puisque Contax a été récupéré par les armées soviétiques à la fin de la guerre donc plus qu'un clone, ces Kiev sont la continuité des Contax, à tel point que les premiers Kiev étaient marqués Contax avec Kiev gravé par dessus !...

Avant de débuter réellement, il faut que vous sachiez qu'à l'époque, Leica était considéré comme la marque des photographes désargentés (!!!), la grande classe en photographie c'était... ZeissIkon !...

Le Kiev 4A a été fabriqué de 1948 à 1980 (comme toujours avec les soviétiques, pendant une éternité !). Le Kiev 4A est la version du Kiev 4 dépourvue de posemètre. Le posemètre du Kiev 4 était de type sélénium donc qui perdait en efficacité avec l'âge... 40 ans après sa fabrication, quel que soit le modèle que vous possédez, vous n'aurez plus de posemètre à disposition !...

En tant que matériel haut de gamme de l'époque, vous allez voir que ce Kiev 4 (toutes variantes confondues) apporte des caractéristiques inédites et intéressantes mais qui s'accompagnent de quelques désagréments...

En regardant le Kiev 4A de face, il y a tout de suite une chose qui saute aux yeux : la fenêtre du télémètre est très grande et située à l'extrémité opposée du viseur ! En fait, le Kiev 4 (et l'ex-Contax !) propose la base de télémètre parmi les plus larges de la création ! Ce point sous-entend une plus grande efficacité et une plus grande simplicité de mise au point. Et la taille de la fenêtre du télémètre laisse supposer une très grande clarté pour une mise au point facilitée même en basse lumière !... Il y a toutefois un côté négatif à ce système : il est très facile de placer un doigt de la main droite devant la fenêtre du télémètre sans s'en apercevoir et se demander pourquoi on ne peut plus visualiser la mise au point !!!

La fenêtre de visée est colorée en vert, ce qui augmente le contraste avec l'image du télémètre et ainsi augmente l'efficacité de la mise au point, mais, en contre-partie, rend plus difficile la visée en basse lumière.

L'oculaire de visée est équipé d'une correction dioptrique mais sa couronne est métallique et risque de rayer les verres de lunettes !...

Le Kiev 4 propose un système très intéressant de mise au point : inutile de manipuler l'objectif (bien que cela reste possible), à portée de doigt de la main droite, se trouve une molette qui agit sur l'objectif... c'est très pratique mais... naturellement, on utilise l'index pour la manipulation... dans cette configuration, on maintient le boîtier avec le majeur de la main droite qui, naturellement, prend appui plus haut et... masque la fenêtre du télémètre !... Il est donc recommandé de maintenir le boîtier avec sa main gauche...

En bout de course, l'objectif du Kiev 4 se bloque. Le déblocage s'effectue via une petite patte qui se situe sur la molette de mise au point. Donc le déblocage s'effectue sans que nous ayons besoin d'y penser. Ce blocage de l'objectif est une bonne chose en soi, malheureusement, il se fait pour une mise au point à l'infini... Il faut donc toujours équiper l'objectif de son capuchon au risque de faire un trou dans l'obturateur si l'objectif vise le soleil !...

Le sabot porte accessoire du Kiev 4 ne porte aucun contact de synchro flash, il faut utiliser la prise PC pour utiliser un flash. La prise PC est placée très haut sur le boîtier, juste sous la fenêtre de visée, et c'est une bonne position puisque cela permet d'éviter le passage du câble de synchro devant la fenêtre de visée !..

Chose extraordinaire pour un appareil de cet âge (la conception date d'avant la guerre !) : le Kiev 4 propose une vitesse maximale de 1/1250è de seconde !!! Malheureusement, sa vitesse la plus lente n'est que de 1/2 seconde. Pour exposer plus longtemps, il faut utiliser la pose B.

Contrairement à de nombreux appareils mécaniques de l'époque (voir les Leica-like dont j'ai parlé plus haut), le Kiev 4 présente une échelle linéaire des vitesses, il n'est pas nécessaire de tourner dans tous les sens pour trouver la vitesse que l'on veut utiliser... Par contre, il est impossible de tourner le bouton des vitesses sur 360° (!!!), il n'est pas possible de passer de B à 1250 et inversement ! Mais c'est très logique !...

Le Kiev 4 offre un dos totalement amovible pour simplifier le chargement/déchargement du film. Pour retirer ce dos, il suffit d'actionner deux clés situées sous la semelle du boîtier.

La vis permettant la fixation du Kiev 4 sur un trépied a été déportée du centre de la semelle de façon à se situer exactement dans l'axe optique de l'objectif !... Cela facilitant la photo panoramique. Comble de raffinement : cette vis est également déportée sur le bord de la semelle de façon à se rapprocher le plus possible (sans l'atteindre toutefois) du point nodal !...

Passons à ce qui ne se voit pas. Contrairement à la quasi-totalité des boîtiers, même reflex et même beaucoup plus récents, le Kiev 4 est équipé d'un rideau à déplacement vertical !... C'est ce qui explique sa capacité de vitesses d'obturation élevées...

La bobine réceptrice du film n'est malheureusement pas fixe... Il faut donc être très prudent de ne pas la perdre... même s'il est facile de s'en bricoler une (voir ici).

Il faut également souligner le système de rembobinage du film ! Il est strictement identique à celui utilisé dans les boîtiers modernes ! Plus besoin d'utiliser 3 mains, ni de s'arracher les doigts pour rembobiner un film ! Il suffit d'appuyer sur un large bouton (bien plus confortable que les boutons des boîtiers modernes !) situé sous la semelle et de faire tourner le bouton de rembobinage... En plus, le Kiev 4 est équipé d'oreilles de fixation de courroie de cou, ce qui facilite encore plus cette manœuvre  !...

L'objectif par défaut du Kiev 4 est le Jupiter-8M en monture baïonnette Contax. Il s'agit d'un 50mm qui ouvre à f/2. Outre sa rapidité, cet objectif est extraordinaire ! Piqué, précis, sa bague des diaph' présente des arrêts pour chaque valeur entière mais il est possible de choisir une infinité de positions entre deux arrêts. Cet objectif (comme tous ceux à monture Contax) a une drôle de forme mais cette forme permet la gravure des distances de mise au point et l'utilisation d'une échelle de profondeur de champ identique à celle équipant les objectifs modernes (à mise au point manuelle).

Voilà, comme dit en début d'article, le Kiev 4 est véritablement un niveau au-dessus des Leica (et clones) ! Il n'est pas parfait, aucun appareil photo ne l'est (à ma connaissance), mais il faut avouer que c'est une véritable œuvre d'art industrielle ! Et je n'ai pas souligné la caractéristique commune à toutes les productions soviétiques : la qualité des matériaux (et donc le poids important)... Certes, sa cote est assez élevée (voir ici) mais pas extraordinairement élevée non plus... et à ce prix, c'est franchement une petite merveille mécanique qui pourra combler tout amoureux de photo argentique, qu'il soit débutant ou non !!!...

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE SEAGULL (HAIOU) 205A

En restant dans le cadre des appareils compacts à mise au point télémétrique mais de philosophie totalement différente, nous allons nous propulser en Chine dans les années 1960. Nous allons découvrir aujourd'hui le Haiou ou Seagull 205A (et comme souvent avec les productions chinoises de l'époque sous plein d'autres marques).

Certes, le Haiou est un appareil compact télémétrique totalement mécanique mais qui n'a aucun rapport ni avec un Leica ni avec un Contax, ce serait plutôt un clone de Minolta V5 (certains affirmaient même qu'il était construit sous licence). Il s'agit donc d'un appareil petit format (24x36) moderne. Il est beaucoup plus léger que le matériel soviétique envisagé précédemment et plus compact aussi. Pour le voyageur, cette compacité et ce poids plume est véritablement un plus !

Autre particularité, le Haiou 205A porte un objectif fixe de 50mm f/2.8 et surtout un obturateur central (situé dans l'objectif et non dans le corps de l'appareil).

Ses capacités sont intéressantes sans être révolutionnaires :
☻ diaphragme de f/2.8 à f/16 réglable par pas d'1/2 diaph'. Notons tout de suite que les "blocages" sur les valeurs de diaphragme sont quasiment virtuels, ce qui fait que le réglage du diaphragme est très aléatoire, surtout que l'échelle de réglage est très compacte. Les erreurs d'exposition sont donc très fréquentes mais heureusement compensées par la latitude de pose des films. Je n'ai jamais essayé mais e pense que faire de la diapositive avec lui est sinon suicidaire, au moins sportive !
☻ vitesse de 1" à 1/300è plus B. L'obturateur étant central, le réglage des vitesses s'effectue sur l'objectif.

Le Haiou 205A est un appareil 100% mécanique et dépourvu de posemètre, il ne nécessite donc aucune source d'énergie.

Comme ses "cousins" soviétiques, le Haiou 205A n'est pas sécurisé du tout et impose une procédure de manipulation. Attention, cette procédure est inverse de celle des Leica like soviétiques : il faut régler la valeur de vitesse AVANT l'armement... faute de quoi vous tuerez cette belle petite mécanique !...

La présentation des commandes et l'utilisation n'ont rien de bien exotique (hormis la mise en garde exposée à l'instant). L'armement et l'avancement du film s'effectuent simultanément en actionnant le levier d'armement. Le viseur est collimaté pour limiter l'erreur de parallaxe et l'écran du télémètre est associé dans le même viseur. Le viseur est légèrement ambré et l'image du télémètre est très claire, permettant une mise au point très précise. Le rembobinage du film s'effectue classiquement en débrayant l'avancement du film et en rembobinant le film avec la manivelle située à gauche.

Le 205A dispose d'une griffe porte accessoire portant un contact de synchronisation pour le flash mais propose également une prise PC de synchro-flash situé sur le côté gauche.

Le levier d'armement propose deux positions de repos : totalement placé sur la couronne pour le transport ou séparé de la couronne pour une utilisation plus rapide.

Le 205A offre deux oreilles de fixation pour courroie de cou, mais vu la taille et le poids de l'appareil, je préfère le porter dans un poche qu'autour du cou.

Le 205A propose on bossage pour faciliter le maintien, il est tout petit mais permet l'utilisation de 3 doigts (si doigts fins !). Cela est agréable à l'œil mais vu le poids de l'appareil, ce bossage est vraiment superflu !

Sur la semelle du 205A on trouve un pas de vis pour fixation à un trépied. Ce pas de vis est idéalement placé sur l'axe optique de l'objectif mais, déporté sur l'arrière, il ne permettra pas la photo panoramique sans accessoire.

Je disais plus haut que le Haiou 205A était très léger et ce n'est rien de le dire. Il est beau (surtout dans sa livrée champagne, je trouve), il fait sérieux, mais en y regardant de plus près, on remarquera qu'il ne possède pas beaucoup de métal... tout est plastique et compagnie ! C'est cacaille, c'est fragile !...

L'objectif Haiou n'est pas un foudre de guerre non plus mais permet d'obtenir de belles images et des couleurs éclatantes. Rien à dire de ce côté-là !

Que dire du Haiou 205 pour vous donner envie de l'utiliser ? Rien d'autre qu'un bon objectif, un poids et une taille minimum qui feront de lui un excellent appareil pour voyageur. Pour le reste, je dois avouer que je n'ai pas très confiance en sa fiabilité... il me parait très fragile du côté mécanique aussi. En plus, vu que cet appareil est relativement difficile à trouver, sa cote est "très" élevée ! Je ne pourrai donc jamais vous stimuler à en chercher un. Personnellement je l'aime bien, mais il faut avouer que j'ai l'habitude d'utiliser les matériels photographiques fragiles... ce n'est pas forcément le cas de tout le monde...

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PHOTOGRAPHIER AVEC... LE VOIGTLÄNDER VITESSA

Aujourd'hui, nous allons rester dans le cadre des appareils compacts télémétriques, mais contrairement au précédent, nous allons passer d'un bas de gamme à un super haut de gamme et contrairement aux autres déjà traités, il ne s'agit ni d'une copie ni d'une inspiration d'un autre appareil... Nous allons parler d'une véritable perle dans le monde des appareils télémétriques. Perle de beauté et merveille mécanique, je vais traiter du Voigtländer Vitessa.

Boîtier européen des années 1951 à 1959 (à mon avis, la meilleure époque ! Les meilleures fabrications photo, toutes origines confondues, toutes marques confondues, sont nées dans les années 195x !). Le Voigtländer Vitessa est un superbe appareil 100% mécanique, dépourvu de posemètre (il existe un modèle de Vitessa équipé d'un posemètre à cellule sélénium -qui meurt avec le temps-), mais, et ça il faut le souligner fortement, doté d'un automatisme mécanique d'exposition et d'un système d'armement/avancement hyper rapide (il ne s'agissait pas encore d'un moteur mécanique).

Bien sûr, la première chose que l'on repère quand on voit un objet c'est la qualité de ses matériaux ainsi que la qualité de sa fabrication. Le Voigtländer Vitessa ne fait pas exception, mais sa haute qualité éclipse absolument tous les appareils concurrents, Leica et Zeiss Ikon compris ! Il est bien construit, parfaitement ajusté, fait à 100% de métal de haute qualité, il est beau, presque excitant, on ne peut pas le quitter des yeux. Sa qualité de fabrication présente un (petit) inconvénient toutefois, il est très lourd (pas plus qu'un Leica ou une copie soviétique ou un Zeiss Ikon). En plus de sa beauté, le Le Voigtländer Vitessa est très compact puisque Voigtländer a décidé d'utiliser un objectif à obturateur central monté sur un soufflet pour permettre de le faire disparaitre dans le corps hors utilisation. Une fois les deux volets de protection de l'objectif fermés et la barre d'armement/avancement du film enfoncée, le Voigtländer Vitessa pourra facilement trouver sa place dans une (grande) poche, même s'il est équipé de deux oreilles permettant de fixer un courroie de cou.

Il faut noter que le Voigtländer Vitessa est assez déroutant lorsqu'on le voit totalement refermé. On n'a aucune idée de la façon de l'utiliser, un mode d'emploi est franchement bienvenu (voir ici). Une fois ouvert, on n'est pas au bout de nos surprises (!!!) tant pour ce qui touche à l'utilisation de base et encore plus en ce qui concerne son automatisme d'exposition (je vous conseille fortement de lire l'article ici) ! Encore une fois, un mode d'emploi est franchement bienvenu (voir ici)... Je n'entrerai pas dans les détails de son utilisation ici, il vaut mieux que vous lisiez son mode d'emploi ici et ce que j'ai pu en dire par ailleurs dans mes pages (vous pouvez chercher ici).

Maintenant que vous êtes rompu à son utilisation, vous comprenez le choix de Voigtländer au moment de nommer son précieux : Vitessa ! L'armement/avance du film est rapide, le changement de vitesse (avec adaptation automatique du diaphragme) est rapide, la mise au point est rapide, l'absence de commandes sur le boîtier permet une utilisation simplifiée et donc très rapide, bref, un vrai cheval de course.

Malheureusement, le choix de l'objectif à obturateur central nous fait perdre un peu de temps au moment de régler les paramètres d'exposition de base, il est nécessaire de tourner le Vitessa dans tous les sens avant de pouvoir utiliser son automatisme.

La base du télémètre est assez limitée (50mm) mais le viseur et le télémètre sont très clairs et facilitent donc bien la mise au point. La mise au point s'effectue à l'aide d'une molette située à l'arrière de la couronne et le Vitessa dispose même d'une échelle de profondeur de champ automatique. Le viseur est légèrement ambré mais ne gêne pas du tout la mise au point en faible lumière.

On peut toutefois critiquer l'absence de correction dioptrique sur le viseur, nul n'est parfait !...

Cela ne pose aucun problème à l'utilisation mais il faut savoir que le défilement du film s'effectue de droite à gauche (sens inverse de l'habitude), il est donc important, au moment du rembobinage, de tourner la manivelle dans le bon sens, mais, pas de panique, une flèche vous évitera de faire des bêtises...

Le débrayage de l'avancement du film et la manivelle de rembobinage sont tous deux situés sous la semelle du Vitessa, ce qui évite d'encombrer la couronne. Le dos de l'appareil se dépose totalement pour simplifier au maximum le chargement et le déchargement. Malheureusement, ce système impose une clé de fermeture bien centrée sur la semelle, ce qui impose de déporter complètement sur la gauche la vis de fixation au trépied, ce qui interdit la photo panoramique, l'axe optique de l'objectif est séparé de l'axe de rotation du trépied de quasiment 80mm (!) et se situe très loin du point nodal de l'objectif !

Le Vitessa dispose d'un compte pose mais sa remise à zéro n'est pas automatique (dommage).

Le Vitessa dispose d'un système d'aide-mémoire du film chargé assez complexe, mais utilisable.

Dans la mesure où l'objectif est à obturateur central (obturateur dans l'objectif), le Vitessa synchronise le flash quelle que soit la vitesse d'obturation... le Vitessa est le maître de l'open flash !

Le Voigtländer Vitessa est une telle réussite qu'il est impossible d'écrire une conclusion à cet article, son contenu est une conclusion à chaque ligne... Ayant lu cet article, je pense que vous ne serez pas surpris d'apprendre que sa cote est élevée (voir ici) par contre, la surenchère (totalement injustifiée) sur les Leica fait que, bon an mal an, la cote de ce Voigtländer Vitessa est (relativement) bas pour un appareil de cette qualité !...

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