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J'ai toujours adoré la photographie noir et blanc, ce n'est pas un scoop pour ceux qui connaissent déjà mon site, mais puisque le noir et blanc rassemble de plus en plus d'amateurs, il me semblait nécessaire de créer une page entièrement dédiée au sujet. Bien sûr, le vrai noir et blanc ne s'entend qu'en argentique donc c'est plus spécialement aux argentistes que se destine cette page MAIS les numéristes y trouveront également leur compte !...

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Rappel des fondamentaux en noir et blanc La représentation des couleurs
Influencer la représentation des couleurs Comment être créatif en photo monochrome ?
Savoir si le noir et blanc convient à votre photo Des trucs pour le N&B en numérique


RAPPEL DES FONDAMENTAUX EN NOIR ET BLANC

J'ai déjà consacré de nombreux articles traitant du noir et blanc dans plusieurs pages de ce site, je ne vais pas les reprendre ici, je vous laisse le soin de les trouver, de les lire et de les étudier en complément des articles de cette page ...

Il faut commencer par souligner qu'une photographie en noir et blanc n'est pas (n'a jamais été et ne sera jamais) une photographie couleur de laquelle on a fait disparaître les couleurs !!! Et c'est en particulier pour cette raison que les boîtiers numériques, aussi évolués et haut de gamme soient-ils, sont bien incapables de faire du beau noir et blanc, même si de gros progrès ont été apportés à certains boîtiers comme le Leica M (c'est bien le moins que l'on puisse faire !) ou le Fuji X-Pro-1 entre autres.

C'est ainsi qu'un excellent sujet pour une photographie couleur peut être un très mauvais sujet pour une photographie noir et blanc et inversement, un excellent sujet pour une photographie noir et blanc peut être un très mauvais sujet pour une photographie couleur. Il s'agit bien de deux modes d'expression différents et complémentaires qui ne sauraient en aucun cas se substituer l'un à l'autre...

Ainsi, pour faire de la photographie noir et blanc, il faut penser monochrome, il faut apprendre à voir le monde en monochrome avant de regarder dans le viseur de son boîtier... N'ayez aucune crainte, cela parait insurmontable mais avec un minimum d'entrainement il est tout à fait possible de voir son environnement en monochrome... Dans le monde numérique, les mirorless avec viseur électronique (ou sur l'écran LCD arrière pour les autres types de boîtiers), il est possible de voir directement son image en N&B en sélectionnant ce mode

Avant de créer une image en noir et blanc, il est capital de connaître les fondements de cette photographie, en gros, on pourrait dire les points forts de ce mode d'expression, les éléments incontournables qu'il faudra absolument utiliser pour réussir son sujet.

—> La forme et l'aspect du sujet :
En faisant disparaitre les couleurs, on ne peut plus compter sur elles pour apporter de l'intérêt à une image. C'est tellement évident que cette phrase peut limite choquer... et pourtant, en regardant nombres de photographes amateurs faisant du noir et blanc, on se rend vite compte qu'ils n'ont pas intégré ce fait !... Mais cette disparition des couleurs possède un corollaire positif : elle fait immédiatement disparaitre tout élément perturbateur, toute distraction, tout artéfact pour ne plus laisser au sujet que sa substantifique moelle ... sa forme et son aspect, son âme profonde en sommes. Donc pour créer une bonne photo en monochrome, il faut sublimer le sujet en ne s'attardant pas sur ses couleurs mais sur sa forme et son aspect ou à une composition de formes qui interagissent pour donner du mouvement à l'image.

—> Les contrastes et les tonalités :
Les différences de couleurs ayant disparues, il n'y a, théoriquement, plus moyen de différencier les différents éléments d'une composition... c'est pourquoi il faut être attentif à l'intégration de nuances de contraste pour aboutir à un effet comparable, voire encore plus fort. Les contrastes doivent définir et séparer les différents éléments d'une scène, mettre en avant le point principal du sujet et différencier les différents plans de moindre importance. Si, en complément, il est possible d'incorporer des variations de tonalité, il sera possible, en plus, d'apporter une profondeur à l'image.

—> Les motifs :
Très souvent, les motifs, les plus subtils du moins, semblent disparaitre au bénéfice des couleurs. C'est exactement pour cela que l'on dit que la couleur peut constituer un artéfact en photographie. Faire disparaitre les couleurs et, automatiquement, comme par magie, tous les motifs retrouvent leur force originale. La photographie en noir et blanc est donc LA photographie des motifs...

—> La texture :
Tout comme les motifs, la texture s'efface devant la couleur. À la lecture d'une photographie en couleur, on ne cherche pas à analyser l'image puisqu'elle est trop proche de la réalité, on l'identifie, on la référence, on la classe et c'est tout... en monochrome, au contraire, on est obligé de voir l'image, de l'interpréter. La texture donne donc toute la valeur à l'image monochrome, elle apporte la force et la profondeur à l'image. Si le lecteur de l'image est réellement concerné c'est exactement parce qu'il accorde une réelle attention aux détails de la photographie monochrome, à l'âme du sujet représenté, et ces détails constituent le point principal de l'image, ces détails sont constitués de la texture (et des motifs si ces derniers coexistent).

—> L'éclairage :
En photographie monochrome, encore plus qu'en photographie couleur, l'éclairage est LA clé de la réussite d'une image. Mais en noir et blanc, cet éclairage est également différent de celui destiné à la couleur... Nombre d'éclairages extraordinaires en photographie monochrome ne fonctionneront tout simplement pas en photographie couleur (et inversement). En fait, les éclairages spécifiques en monochrome auront pour rôle de souligner (j'allais dire de mettre en lumière) tous les éléments que j'ai décrits jusqu'ici. Au moment de la création d'une image monochrome, il faut donc systématiquement étudier la scène en se demandant comment l'éclairage pourra influencer ces différents éléments...


les éclairages latéraux uniques et puissants, quasiment inutilisables en photo couleur, apportent en monochrome
tout l'intérêt à une image d'un sujet pourtant banal... Ici, le léger flou volontaire ajoute encore à l'intérêt
alors qu'il aurait littéralement tué la même image en couleurs

Toutes les images d'illustration publiées ici sont des images argentiques (même si la taille a quelque peu fait disparaitre le grain pourtant si joli sur les originaux), puisque je disais en introduction que le vrai noir et blanc était argentique, mais les considérations exposées dans cet article sont tout aussi valables et importantes en photographie numérique monochrome ! N'allez pas croire qu'en transformant une image numérique couleur sans intérêt en image numérique monochrome vous allez lui donner une quelconque valeur...

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LA REPRÉSENTATION DES COULEURS

J'ai déjà abordé le problème ici, je ne ferais que reprendre les grandes lignes dans cet article dans un souci de simplification et d'exhaustivité.

Parler de photo noir et blanc est un excès de langage puisque il serait préférable de parler de photographie monochrome. En effet, la photographie monochrome présente un nombre important de niveaux de gris possibles. En informatique et en photographie numérique on a codé les capacités du film noir et blanc en 254 niveaux de gris plus le blanc pur plus le noir profond. Donc même s'il n'y a aucune couleur, on dispose de 256 nuances (l'œil humain peut distinguer ~500 nuances de gris et le film argentique peut -théoriquement- reproduire une infinité de nuances de gris).

Ces 256 nuances permettent donc de simuler 256 pseudo couleurs, ce qui est très peu en comparaison des 16 millions de couleurs que peut différencier l'œil humain !... Cela explique que plusieurs couleurs seront représentées par une même nuance de gris...
    =>       
Cela ne vous parle peut être pas beaucoup mais cet état de fait peut entrainer d'énormes problèmes : imaginez une photographie présentant une jolie fleur rouge au milieu d'un champ d'herbe verte sous un ciel bien bleu de plein été. En photographie couleur, l'image pourra être très agréable... en noir et blanc, cette même scène sera reproduite ainsi :

donc une image uniformément gris foncé !... C'est comme je disais dans l'article précédent, un excellent sujet en couleurs pourra faire un sujet nul en noir et blanc...

Voilà exactement la raison pour laquelle il est indispensable de voir le monde en noir et blanc avant d'essayer de créer une image monochrome...

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INFLUENCER LA REPRÉSENTATION DES COULEURS

Cette page vous propose d'être créatif en photographie noir et blanc. Pour ce faire, il faudra, bien sûr, surtout adapter les conseils donnés dans le premier article ci-dessus mais ces notions capitales pourront avantageusement être assistées par un apport matériel à placer devant l'objectif de manière à modifier la représentation des couleurs en monochrome. Ces matériels sont connus sous le nom de filtres.

Il ne faut pas confondre ici les filtres dit créatifs (qui en fait ne le sont pas du tout à mon goût) qui apportent des distorsions autant en couleur qu'en noir et blanc et les filtres indispensables pour le noir et blanc. Ces derniers, et uniquement eux, permettant d'éviter les photos plates, sans vie, manquant de contraste et de définition.

Avant de poursuivre je tiens à souligner que si j'ai placé le mot "indispensable" en italique, c'est qu'il est parfaitement possible d'envisager toute une carrière de photographe noir et blanc sans jamais utiliser le moindre filtre... simplement en jouant sur la forme et l'aspect du sujet, les contrastes et les tonalités, les motifs, la texture et, bien sûr, l'éclairage. Le problème c'est que ces éléments peuvent être très limitatifs au moment du choix de ses sujets. Pour entrevoir un panel plus large de sujets, l'apport des filtres est à considérer sérieusement.

Attention, je ne désire pas changer mon fusil d'épaule, il n'est pas question de vous stimuler à l'achat de quoi que ce soit, surtout que des filtres de bonne qualité ne sont pas donnés !... Je me contenterai donc de vous en parler, de vous donner les clés indispensables à leur choix et à leur utilisation si, par hasard, vous souhaitiez un jour acquérir ces accessoires.

Quel que soit le type de filtre, on a toujours le choix entre des filtres ronds à visser devant la lentille frontale de l'objectif et des filtres carrés (ou rectangulaires) à placer dans un porte filtre qui lui sera vissé devant la lentille frontale de l'objectif. Chacune de ces deux classes de filtres présente des avantages et des inconvénients (ce serait trop beau qu'une classe n'ait que des avantages et que l'autre que des inconvénients !).

Type
Filtre rond
Filtre carré ou rectangulaire
Prix
Important
Inférieur mais nécessité d'achat d'un porte filtre
Universalité
Un filtre de chaque pour chaque diamètre d'objectif
Un seul filtre adaptable sur plusieurs diamètres d'objectif
Pratique
Dégradés inutilisables
Effets cumulés partiels impossibles
Dégradés utilisables
Effets cumulés partiels possibles
Matière
Verre ou gélatine
Verre ou gélatine
Vignetage
Possible par cumul de filtres
Impossible même si cumul de filtres
Utilisation sur fisheye
Impossible
Possible mais vignetage
Qualité optique
Variable selon les marques
Variable selon les marques
Influence sur la qualité d'image
Légère baisse
Légère baisse

Les filtres pour le noir et blanc permettent de gérer volontairement la valeur de gris dans laquelle sera traduite chaque couleur mais aussi (et surtout ?) de gérer les contrastes et l'atmosphère générale de ses images. Il faut également noter qu'il existe plusieurs filtres qui n'entrent pas dans le cadre des filtres pour le noir et blanc mais qui trouvent également toute leur place dans l'arsenal du photographe monochrome, j'en parlerai également.

Pour les adeptes de la photographie numérique, il est possible de se passer des filtres dans la mesure où les principaux logiciels de traitement d'image offrent la possibilité d'appliquer ces filtres informatiquement sur des images couleur pour les transformer en images noir et blanc filtrées (voir ici). Cela peut paraître très pratique mais je trouve que cette solution est une très mauvaise solution pour qui ne connaît pas parfaitement le maniement de la photo monochrome et le maniement des filtres... en effet, photographier en couleur pour créer des images noir et blanc filtrées consiste à s'enchainer à un boulet appelé «coup de chance» !... Il reste donc, en numérique, la possibilité d'utiliser les mêmes filtres que pour l'argentique MAIS sans oublier de désactiver la balance des blancs automatique au profit du réglage manuel «lumière du jour» sans quoi votre filtre ne vous permettra que de faire baisser la qualité du résultat sans obtenir le moindre effet sur la traduction des couleurs en noir et blanc !....

COMMENT FONCTIONNENT LES FILTRES COLORÉS POUR LE NOIR ET BLANC ?

Un filtre éclaircit le ton correspondant à sa couleur et assombrit celui correspondant à sa couleur complémentaire. Ainsi, un filtre rouge éclaircira le ton des couleurs rouges de l'image et assombrira les couleurs vertes de cette même image. Un filtre orange éclaircira le ton des oranges et assombrira le ton des bleus. Un filtre vert éclaircira les verts et assombrira les rouges... etc...

En observant la roue des couleurs, on peut imaginer un nombre important de filtres colorés (12 sur la roue plus une quasi infinité de couleurs intermédiaires) mais, en photographie noir et blanc, seuls 5 filtres sont communément utilisés : rouge, orange, jaune, vert et bleu. En effet, quand je disais qu'un filtre éclaircissait sa propre couleur et assombrissait sa couleur complémentaire, c'était vrai mais en théorie seulement ! Dans la vraie vie, les couleurs (au pluriel !) assombries débordent de la seule couleur complémentaire !... Ainsi, par exemple, un filtre rouge va éclaircir les rouges mais assombrir la plupart des verts et des bleus... Traduire cela en termes de photographie monochrome donnerait : les objets apparaitront sous forme de nuances de gris plus ou moins claires (rouges) ou plus ou moins sombres (verts et bleus).

Pour bien fixer les idées, je vous ai créé un pseudo arc en ciel (ce ne sont pas les couleurs réelles de l'arc en ciel !) avec le résultat des différentes couleurs transformées en monochrome pour chaque filtre utilisé:

Que remarque-t-on immédiatement ?
— La traduction monochrome de mon "arc en ciel" est beaucoup plus riche en nuances de gris différentes si on n'utilise aucun filtre (colonne de gauche) !
— l'image globale n'est pas très contrastée si on n'utilise aucun filtre, elle est plus plate, ne présente pas de blanc et pas de noir.
— on critiquait plus haut le fait que plusieurs couleurs sont traduites par la même nuance de gris si on n'utilise aucun filtre MAIS, en utilisant des filtres colorés pour le noir et blanc c'est encore pire !... Il y a encore plus de couleurs qui sont traduites par la même nuance de gris et ce quel que soit le filtre coloré !...

Pour reprendre mon exemple de la fleur rouge perdue dans un champ d'herbe bien verte et sous un superbe ciel bleu (voir plus haut), on obtiendra :
- sans filtre : une image d'un gris uniforme
- filtre rouge : une fleur blanche au beau milieu d'une image uniformément noire
- filtre orange : une fleur claire sur un champ un peu plus foncé sous un ciel encore plus foncé (ou identique au vert selon le ton de bleu du ciel)
- filtre jaune : une fleur sombre sur un champ plus clair sous un ciel identique à la fleur ou identique à l'herbe selon le ton de bleu du ciel
- filtre vert : une fleur noire sur un champ clair sous un ciel plus sombre que l'herbe (ou identique selon le ton de bleu du ciel)
- filtre bleu : une fleur noire sur un champ gris moyen sous un ciel clair (ou blanc selon le ton de bleu du ciel)

Donc, malgré le défaut apparent des filtres (réduction de la palette des nuances de gris), on constate que pour un seul et même sujet, on obtiendra 6 interprétations différentes donc 6 messages différents selon le choix du filtre... Là, le photographe pourra créer exactement l'image qu'il souhaitera obtenir, c'est de la création pure (!) contrairement à la photo couleur de la même scène !...

Voilà exactement la raison pour laquelle je disais plus haut qu'une connaissance approfondie de la photographie monochrome et de l'utilisation des filtres était indispensable avant de regarder dans le viseur de son boîtier et que le fait de faire une photo numérique couleur en comptant utiliser à postériori, informatiquement, les filtres colorés pour la transformation monochrome était quasiment suicidaire !...

Dans l'article déjà cité plus haut (voir ici), je me suis amusé à vous montrer sur de vraies images l'action des filtres colorés pour le noir et blanc, n'hésitez pas à aller voir, je ne vais pas les reproduire ici !... Par contre je redonnerai le mode d'utilisation de ces différents filtres.

Filtre Rouge :
Le filtre rouge produit un effet puissant et augmente grandement le contraste. Ce filtre est jugé par beaucoup comme trop violent mais s'il n'est pas adapté pour tous les types de photographie, il permet des effets créatifs saisissants et très intéressants. En photo de paysage, le filtre rouge transforme un ciel bleu quasiment en noir, les nuages blancs s'y démarquant extraordinairement (ce qui n'est pas le cas en couleur !) donnant à la scène une dimension dramatique et irréelle. Mais il est également important de noter que le filtre rouge permet une meilleure visibilité par temps de brume ou de brouillard. En photographie botanique, le filtre rouge est intéressant pour séparer les fleurs du feuillage environnant (surtout si la fleur est rouge !)

Filtre Orange :
Le filtre orange se situe exactement entre le filtre rouge et le filtre jaune, de ce fait il offre un équilibre idéal entre les effets de ces deux filtres. Cela fait de lui un excellent filtre multi usages (peut avoir un intérêt quelle que soit la photo). En photo de portrait, le filtre orange réduit les taches et les taches de rousseur et donne à la peau une apparence de pleine santé et de douceur, le visage prend immédiatement des tons chauds et doux et les cheveux clairs sont mis en valeur. En photographie d'architecture ou de paysage urbain, le filtre orange donne un ton agréable aux briques et augmente le contraste entre différents matériaux pour ajouter de la texture et de la profondeur aux images. Comme le filtre rouge, mais à un degré moindre, le filtre orange améliore la visibilité dans la brume ou le brouillard, il est souvent utilisé pour la photo à longue distance au téléobjectif. De même, il assombrit le ciel bleu (moins que le filtre rouge) et met en valeur les nuages.

Filtre Jaune :
Le filtre jaune est des 5 filtres colorés pour le noir et blanc celui qui donne les effets les moins violents et les plus subtiles. Parfois, cet effet est si subtil qu'il est invisible et on se retrouve quasiment dans le même cas de figure que si on photographiait sans filtre. Mais généralement il suffit largement pour sauver une photo sans laisser penser qu'il a été utilisé. De par cette finesse de traitement, le filtre jaune est véritablement un filtre universel, et ce n'est pas par hasard si, à l'époque où les films couleurs étaient encore peu répandus, les objectifs étaient livrés d'origine avec un filtre jaune. C'est également le filtre correspondant au meilleur choix pour le débutant en photographie monochrome filtrée... les autres pouvant attendre avant de rejoindre le fourre tout (voir ne jamais venir compléter le jaune !). En photo de paysage, le filtre jaune assombrit légèrement le ciel bleu permettant d'équilibrer un peu la différence de luminosité avec le sol mais ne remplacera jamais le filtre polarisant dans ce cas de figure. Il aidera également à rendre les nuages plus intéressants. Il améliore les lointains en altitude puisque bloque les UV. Il ravive de même le rendu des ombres sur la neige. En photo de portrait, le filtre jaune produit des tons de peau chauds naturels et agréables, il met également en valeur les cheveux clair, sun peu comme le filtre orange mais en moins intense. En photo de botanique, le filtre jaune permet de différencier des tons de verts rendant lisible une image globalement verte en séparant par exemple les herbes des feuillages ou les jeunes pouces des feuilles plus vieilles.

Filtre vert :
Le filtre vert est probablement le plus mal aimé des amateurs, il peut toutefois être très intéressant dans certains cas, ce n'est pas pour rien qu'il était également souvent livré d'origine avec les objectifs au temps où les films couleurs étaient encore peu répandus. Il est très souvent utilisé en photographie botanique puisqu'il sépare parfaitement les feuillages des fleurs de couleur vive et des bourgeons. En photo de paysage, le filtre vert souligne bien les arbres et les herbes mais il éclaircit également légèrement le ciel, il faut tenir compte de ce fait pour ne pas avoir de mauvaises surprises... Il faut également noter qu'il améliore la différenciation des plans dans l’image et est souverain sur les étandues d'eau... En portrait, il fonce le rouge à lèvres et rend le teint halé, améliore le rendu de la peau pour les prises de vues en extérieur.

Filtre Bleu :
Le filtre bleu est rarement utilisé en photographie noir et blanc, et c'est un tort à mon avis... Il est vrai qu'il assombrit la plupart des couleurs et qu'il réduit les contrastes de l'image mais crée une atmosphère douce, mélancolique, calme, apaisante, presque vintage dans certains cas, surtout si utilisé avec des films à grains. En plus, contrairement aux autres, le filtre bleu augmente l'apparence de brume ou de brouillard, le rendant très intéressant en photographie automnale ou hivernale, voire très tôt au petit matin humide. En portrait il met en valeur le rouge à lèvre mais marque les défauts de la peau en accentuant les tons chairs, évite les yeux bleus trop foncés en lumière artificielle.

QUEL AUTRE FILTRE PEUT PRÉSENTER UN AVANTAGE EN PHOTOGRAPHIE MONOCHROME ?

Quitte à utiliser des filtres, il ne faut pas se priver des filtres utilisables autant en photo monochrome qu'en photo couleur !... Surtout qu'ils ne sont pas légion !
—> Filtre polarisant pour faire disparaître les reflets gênants des surfaces non métalliques ET pour assombrir les cieux afin d'équilibrer les contrastes d'une scène au ciel super lumineux et donc au sol très sombre.
—> Filtre gris neutre dégradé (uniquement si vous choisissez les filtres carrés ou rectangulaires !) également souverain pour équilibrer les contrastes dans l'image.
—> éventuellement un filtre infra rouge (non associé à un film infra rouge) pour obtenir les résultats d'un filtre rouge mais largement démultiplié !

Vous pourrez également lire cette page.

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COMMENT ÊTRE CRÉATIF EN PHOTO MONOCHROME ?

Dans la mesure où l'immense majorité des amateurs ne fait, au moment de la création, aucune différence entre une photo noir et blanc et une photo couleur, le simple fait de réfléchir à sa prochaine photo noir et blanc nous rend déjà créatif !... Voilà, tout est dit, l'article pourrait se terminer ainsi ! Mais, bien sûr, bavard comme je suis , vous vous doutez bien que je vais développer un peu !...

Faire de la photographie créative en noir et blanc c'est faire vraiment de la photo monochrome et ne pas faire de la photo couleur en retirant les informations colorées !... Il faut, avant toute chose, apprendre à reconnaître les sujets forts qui méritent un traitement monochrome. Il faut ensuite connaître parfaitement les points forts de la photographie monochrome. Connaître parfaitement les éléments à mettre en avant pour créer une bonne photo monochrome (premier article en haut de cette page). Et connaître parfaitement la transcription des couleurs en nuances de gris (deuxième article de cette page). Avec ce baguage, la plus grande partie du chemin est parcourue.

Pour peaufiner la puissance de la photo noir et blanc, il faut garder présent à l'esprit qu'une image monochrome, plus encore qu'une image couleur, doit être simple ! Le sujet doit être immédiatement identifiable, l'image ne doit traiter qu'un seul sujet à la fois, il faut absolument éviter le fouillis dans l'image. Les points forts doivent être mis en valeur et les éléments complémentaires doivent être minimisés au maximum.

Maintenant vous possédez toutes les clés pour être créatif en photo noir et blanc. Mais, si vous souhaitez vous aider des filtres colorés pour le noir et blanc, ne vous gênez pas ! Il faut simplement connaître parfaitement l'usage de ces filtres (troisième article de cette page). Si vous ne possédez aucun filtre au jour de la lecture de cette page, permettez-moi de vous conseiller les filtres carrés ou rectangulaires, quelle que soit leur marque (sauf certaines copies pas chères) ils seront d'une qualité suffisante pour ne pas détériorer la définition de vos images. Le prix dépendra bien sûr de la marque choisie, mais sachez que personnellement j'ai arrêté mon choix sur la grande marque (reconnue) la moins chère et que je suis totalement satisfait de leur prestation.

Vous avez tout appris (du moins tout ce qu'il est indispensable de connaitre) sur ces filtres dans cette page, alors, pour être encore plus créatifs, pourquoi ne pas associer plusieurs filtres ? Supposons que vous souhaitiez utiliser un filtre rouge pour le ciel et un filtre vert pour le sol, ne vous freinez pas : enfoncez partiellement votre premier filtre dans le porte filtre et enfoncez le deuxième filtre également partiellement dans le porte filtre mais du côté opposé. Vous pourrez ainsi filtrer, par exemple, la moitié supérieure de votre paysage avec un filtre et la moitié inférieure avec un autre, le tout étant de bien localiser la "frontière" de manière à ne pas obtenir un résultat trop artificiel...

Vous voyez bien que maintenant les possibilités sont infinies ! Et, si un jour vous vous décidez à faire du laboratoire argentique, vous pourrez encore augmenter la créativité en jouant, par exemple, sur les temps de développement, ou sur la chimie à utiliser (etc...) pour obtenir des résultats encore très différents !...

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SAVOIR SI LE NOIR ET BLANC CONVIENTÀ VOTRE PHOTO

Que vous soyez photographe argentique ou numérique, il arrivera toujours un moment où vous devrez décider si la photographie que vous êtes en train de créer sera en couleurs ou en noir et blanc. Cela semble être rien à dire comme cela... mais vous verrez que ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît !

On dit, et à raison, qu'en photographie argentique (ce n'est pas tout à fait vrai en numérique, bien que ce serait préférable de réfléchir de la même manière !!!), le photographe voit sa photo avant de la construire réellement (donc TRES en amont de l'appui sur le bouton déclencheur !!!). Parmi tous les choix qu'il devra faire, le choix de la couleur (ou du noir et blanc) sera prédominent !... On pourra toujours rétorquer que photographier sur un film négatif couleur permettra de faire, à volonté, sous l'agrandisseur, des positifs en couleurs ou en noir et blanc selon le papier photo qui sera utilisé. Ce n'est pas faux ! MAIS la démarche n'est pas souhaitable... et pas uniquement parce que le film couleur présente un « voile rouge ». On pourra alors rétorquer que photographier sur un film négatif couleur permettra de faire un négatif noir et blanc si on le développe avec un procédé monochrome. Ce n'est pas faux non plus ! MAIS si la démarche est un peu plus tranchée, en ce sens que le photographe décide (ou non) maintenant d'abandonner à jamais les couleurs potentielles contenues dans son film, la démarche n'est pas beaucoup plus souhaitable... et pas uniquement parce que le résultat sera moins bon que s'il avait été directement créé sur un film monochrome.

En photographie numérique, plus aucun état d'âme ! On fait une photo, elle est en couleur. Une fois sur l'ordinateur, on la copie, on la transforme en noir et blanc et on décide de garder celle qui plait le plus !... Certes, c'est un des arguments qui est avancé par ceux qui veulent promulguer la photographie numérique, la facilité de décider à postériori. Mais j'ai démontré à l'instant que cette possibilité était également offerte en argentique. Et ici, cette démarche est aussi discutable que précédemment... peut-être encore plus puisqu'ici, aucune prise de risque... donc on se laisse bercé par la facilité... où est la création si on doit se reposer sur le hasard ? En effet, on ne photographiera pas du tout de la même façon si on crée en couleur que si on crée en monochrome !...

Mais pour décider si on charge un film couleur ou noir et blanc OU décider d'utiliser un boîtier numérique uniquement monochrome (oui, cela existe) ou un boîtier numérique classique, encore faut-il savoir si l'image (les images) que l'on a déjà en tête pourront s'exprimer plus efficacement en couleur ou en monochrome ! Je pourrais vous donner un milliard d'exemples, je me contenterai de vous en donner trois :

Voici une image (numérique) en couleur. J'ai transformé la moitié inférieure gauche en noir et blanc. Que voyons-nous ? La couleur n'apporte strictement rien. Le noir et blanc n'apporte strictement rien. Cette image peut indifféremment être créée en couleur ou en monochrome !... D'accord, on peut faire plus élaboré comme image, j'en conviens, mais c'est un excellent exemple !...

Même exercice que précédemment. La partie colorée peut être bien plus intéressante que la partie monochrome, elle montre l'été, la chaleur. La partie monochrome peut être bien plus intéressante que la partie colorée, elle montre un sentiment de solitude, un chemin initiatique. Ici, selon ce que le photographe voudra raconter, il n'aura pas le choix... les deux photos seront TOTALEMENT différentes... il ne sera pas question de dire je la préfère comme ceci ou comme cela !... Il s'agit de deux histoires, de deux photos, de deux mondes... Vous comprenez déjà mieux où je veux vous emmener ? La décision d'un mode d'expression devra se baser sur l'état d'esprit, sur le sentiment du photographe devant une scène, c'est en fonction de cela que le choix du noir et blanc ou de la couleur devra s'imposer !...

Bon, je pourrais aussi vous montrer des images qui ne présenteraient un intérêt qu'en monochrome ou qu'en couleur, mais cela n'apporterait pas grand chose... puisque c'est le sujet qui impose le choix, ce n'est pas l'image qui doit l'imposer !!!... Le sentiment du photographe ne pourra se transmettre au spectateur de l'image que si le choix de la représentation (colorée ou non) a judicieusement été prévu (j'aurais du écrire "pré" -plus loin- "vu" = vu d'avance) !...

Peut-être encore plus parlant :

Cette photographie (argentique) a été scannée et une moitié transformée en noir et blanc. Cette photo en couleur est superbe, elle montre l'automne dans sa magie de l'explosion des teintes pastelles, on ressent la fraicheur de l'air, l'odeur de l'humidité du bois pourrissant et des champignons. La même photo en noir et blanc est superbe, très graphique avec une impressionnante gamme de gris des contrastes agréables mais... elle ne fait qu'évoquer une forme d'art, nul automne, nulle fraicheur, nulle humidité, nulle odeur... Les feuilles mortes sont sublimées et devenues symbole !...

Je suis personnellement très adepte de la photo (argentique) monochrome (même si cela ne parait pas trop dans ce site où je ne publie pas mes meilleures photos), mais je ne rechigne pas à créer en couleur... et pour cause ! Comme je viens de le dire la présence ou l'absence de couleur permet de créer des histoires différentes. Aussi, si cette page du site parle du noir et blanc, je vais m'autoriser une petite entorse en disant qu'il faut absolument éviter de vous focaliser sur un seul genre !... Puisque la majorité des amateurs d'aujourd'hui fait du numérique, donc de la couleur, cette petite entorse est très légitime... elle vous stimule à penser aussi en monochrome pour certaines de vos créations et de traiter vos fichiers au mieux de façon à obtenir un beau noir et blanc ! Bien sûr le plus beau noir et blanc sorti d'un boîtier numérique, même parfaitement post-traité, ne vaudra jamais un beau noir et blanc argentique, mais ce n'est pas une raison de s'en priver !!!...

Je sais que nombre de photographes et nombre de formateurs affirment haut et fort qu’en photographie, avoir un parti pris n’est jamais une bonne idée, qu'il faut apprendre à se soumettre à nos photos et non à leur imposer notre vision. Je dis exactement le contraire !!! Essayez d'analyser les photos de n'importe qui, mais objectivement, vous verrez que j'ai raison !...

Existe-t-il toutefois des "pistes" permettant de savoir si une image sera bien mieux servie par le monochrome ? Oui, il existe des pistes, MAIS ce ne sont pas des règles, encore moins des lois !!! Je vais vous en livrer les principales :

-> Les photos en noir et blanc occupent une grande place en photographie, elles sont de puissants vecteurs de l’esprit artistique. Donc si l'histoire de votre photo se cache dans un sous-entendu ou si votre sujet traite d'un sentiment, d'une sensation, si vous souhaitez induire une forme de mystère ou de mysticisme, si vous souhaitez donner un look artistique à une photo ne répondant pas aux critères classiques, alors le noir et blanc s'impose !...

-> Dans la construction mentale de votre future photo, demandez-vous si la force de la future image reposera exclusivement sur la couleur ou si, par contre, si votre photo offrira de forts contrastes ou que des éléments qui la composeront sont symétriques. Dans le premier cas, pas d'hésitation : polychrome, dans le deuxième cas, pas d'hésitation non plus : monochrome.

-> Si votre sujet doit évoquer un moment historique important (par historique, j'entends également histoire personnelle, donc souvenir fort) le noir et blanc aura bien plus de force. S'il ne s'agit que de bons souvenirs de vacances, la couleur sera préférable ! Ce sujet est également dual : prenons un moment historique important, votre mariage. Supposons qu'il fasse partie du petit tiers ou du petit quart qui ne passe pas par la case divorce. Vous aimerez remémorer vos sentiments de ce jour, pour cela, il aura fallu que vous pensiez à faire des photos (argentiques de préférence) en noir et blanc... 99% des « photographes de mariage » (autoproclamés !), qui n'y connaissent strictement rien, ne vous proposeront aucune image argentique en noir et blanc... Oh, oui, vous aurez des CD pleins de photos numériques couleur, mais aucune d'elle ne saura faire naitre, au bout de 20 ou 30 ans, des sentiments purs correspondant à ce jour merveilleux. Les photos couleur (qui peuvent être argentiques -rarissime aujourd'hui- ou numériques) sont, elles aussi indispensables... elles montreront votre coiffure, votre maquillage, la couleur de la voiture ou de la calèche, votre robe, vos invités, la fête qui accompagne de telles réjouissances, tout ce que le noir et blanc ne saura pas montrer !...

-> Dans une image offrant de forts contrastes, le noir et blanc sera souverain, par contre pour un sujet uniformément éclairé avec lequel l'image n’offre aucune accroche autre que la puissance de couleurs, pas de dissertation, la couleur s'impose. Attention toutefois, un sujet uniformément éclairé qui crée des images un peu (trop) grises peut avoir une force insoupçonnée :

La même image en couleur n'aurait pas été si "forte" car ici on n'est pas distrait par des détails insignifiants comme la couleur des vêtements par exemple !...

-> Si votre sujet présente des textures intéressantes (bois, pierre, métal, poils, peau, etc.) il sera mieux servi en monochrome. Mais pensez à bien travailler l'éclairage !...

-> Si votre photographie doit posséder et transférer au public une humeur (au sens large) confiez-la au monochrome. Pour les portraits ou les paysages urbains, le noir et blanc peut changer l’humeur de l’image, ou le ressentit qui s’en dégage.

Le noir et blanc existe depuis la création de la photographie, et a évolué en une forme d’art au fil du temps. Il y a des photographes qui détestent tout simplement les photos monochromes. Pourtant, elles ne devraient pas être rejetées d’emblée, car leur potentiel artistique est réel et grand.

En suivant ces quelques conseils, vous arriverez, je l’espère, à décider de quelles photos devront garder les couleurs de la vie et quelles autres devraient passer du côté obscur de la force (I'm your father ). Votre travail le mérite bien !...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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DES TRUCS POUR LE N&B EN NUMÉRIQUE

En relisant les articles précédents, je me suis aperçu que je ne m'adressais pratiquement exclusivement qu'à ceux qui maîtrisaient déjà bien le sujet. Je tiens à m'en excuser ici en recentrant le débat pour ceux qui souhaitent apprendre à faire du beau N&B en numérique...

Faire du beau N&B en argentique demande beaucoup de pratique, de travail et de technique, c'est tout un art de choisir le révélateur, de décider de modifier le développement en jouant avec la durée, la température et l'agitation. Pour de toutes autres raisons, faire du beau N&B en numérique n'est pas beaucoup plus simple... Comme j'en ai parlé dans les articles précédents, il y a beaucoup de choses à comprendre et le seul moyen d'intégrer tout cela est la pratique, les essais, les échecs, les tests. C'est pourquoi, en tant que débutant en N&B numérique, si vous souhaitez ne pas abandonner rapidement à cause de la frustration de l'échec, je vous proposerai une phase transitoire qui, à première vue, semble contredire totalement tout ce que j'ai souligné jusqu'à présent !

Avant tout, évitez absolument de travailler en RAW monochrome. Je sais que cela semble évident de conseiller de travailler en RAW, surtout que j'ai souvent insisté dans mon site sur les énormes avantages de la prise de vue en RAW. Mais la vérité est que, avant de comprendre tous ces avantages, vous avez déjà du faire des images potentiellement extraordinaires. Le problème avec les images JPEG en N&B c'est que si elles peuvent sembler excellentes sur l'écran LCD de votre boîtier, elles manqueront cruellement d'informations pour permettre un bon post-traitement... La photographie numérique vous permet de photographier en couleur, puis face au résultat vous pourrez décider si elle est bonne en couleur, ou en N&B. L'une des meilleures façons de commencer à développer un fichier RAW que vous avez voulu en N&B consiste à le créer en couleur puis peaufiner les paramètres de contraste dans les canaux de couleur. L'image retravaillée (en couleur) sera ensuite convertie en niveaux de gris en conservant toutes les informations tonales, de sorte que le contraste peut présenter un aspect plus agréable que celui produit par les méthodes de contraste et de clarté appliquées sur une source déjà monochrome... Je le répète et j'insiste lourdement sur le fait que ce workflow doit être transitoire et être utilisé aussi longtemps que nécessaire pour bien comprendre et appréhender ce que vous pouvez et devez faire pour obtenir une bonne image en N&B. Dès que vous y parviendrez, abandonner immédiatement cette technique et commencez votre formation en RAW monochromes...

Ne vous amusez surtout pas à convertir en noir et blanc les images couleur présentant des erreurs d'exposition... Certes, on peut croire (et on réussit facilement -à tort- à s'en convaincre) que l'effacement des informations colorées permet de corriger les erreurs d'exposition, les erreurs de balance des blancs etc... Réagir ainsi va graver dans votre esprit que le N&B sera une porte de sortie, un moyen de récupérer de force une image loupée en couleur... un moyen simple (de fainéant) de ne pas trop s'exciter en post-traitement pour rattraper son inconsistance à la prise de vue. Si vous intégrez ce type de raisonnement, jamais vous ne serez en mesure de créer une bonne image N&B !... La photographie en N&B doit être justifiée alors que vous avez d'abord produit vos images en couleur, ensuite, seulement, vous pourrez les transformer en version monochrome. La décision du photographe ne doit pas rester au niveau superficiel (j'aime bien cette image couleur, alors je vais le laisser comme ça) il doit y avoir un engagement plus profond à la conversion monochrome : la valeur que celle-ci apportera à l'image. Au-delà de la simple technique de conversion d'un fichier numérique couleur en image finale monochrome, chaque photographe doit chercher la voix intérieure qui lui indique, après avoir arrêté la décision esthétique de les créer en monochrome, ce que ses images doivent posséder. L'important n'est pas de savoir comment créer des photos en N&B mais plutôt de savoir quand et pourquoi une photo doit être créée en N&B... Quand vous aurez réussi à suivre tout ce cheminement intellectuel et artistique, vous pourrez, sans problème, vous lancer directement dans la création d'images monochromes numériques et ainsi, rejoindre ceux qui étaient destinataires des premiers articles de cette page et abandonner définitivement les fichiers RAW couleur avant de créer vos images monochromes...

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