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Dans cette rubrique du site www.thydelor.eu je vais essayer de vous parler de techniques photographiques un peu moins académiques. Cette rubrique sera donc un complément de la rubrique « fiches techniques » puisque les sujets abordés ici ne pourront en aucun cas trouver leur place dans une rubrique « photographie générale ».

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Mise au point sur... le flou Mise au point sur... le noir et blanc
Mise au point sur... le HRD Mise au point sur... la balance des blancs
Mise au point sur... la dichotomie actuelle Mise au point sur... la netteté
Mise au point sur... la netteté des objectifs Mise au point sur... la mise au point
Mise au point sur... le sunny-16 (16 ensoleillé) Mise au point sur... les règles de composition
Mise au point sur... la photographie d'inconnus Mise au point sur... la vraie résolution film/numérique
Mise au point sur... la qualité de la lumière Mise au point sur... le post-traitement des images
Mise au point sur... son auto-analyse Mise au point sur... la difficulté à photographier
Mise au point sur... le zone focus [f/8 et c'est parti !] Mise au point sur... les français et la photographie


MISE AU POINT SUR... LE FLOU

Avant de débuter cet article, je vous prie de bien vouloir excuser le "trait d'humour" dans le titre.

S'il est bien une chose que tout photographe redoute et cherche à éviter dans son travail, c'est bien le flou !!! Mais en réalité est-ce systématiquement une bonne chose ? C'est de cela que je souhaite disserter aujourd'hui.

Avant toute chose, il faut signaler qu'il existe plusieurs types de "flou". Et selon le type on ne pourra pas envisager les choses de la même manière !... Nous allons donc définir les différents types de "flou" et envisager l'avenir de l'image floue.

Mise au point imprécise
La version la plus connue du "flou" qui pousse systématiquement la photo direction la poubelle (argentique) ou la corbeille (numérique) est celle de l'image dont la mise au point n'est pas parfaite. L'image sera "douce" et par définition "pas nette". Globalement, il est vrai que ce genre d'image n'a pas franchement vocation à passer à la postérité !... Et pourtant...

À la "bonne" époque du pictorialisme les photographes ont recherché le flou artistique puis le flou tout court pour imiter la peinture. Au XXIème siècle, cette approche photographique est pour le moins délaissée MAIS une image floue, dans certaines conditions ne pourrait-elle pas figurer dans une rubrique que l'on pourrait baptiser « néopictorialisme » ? Je sais que je vais m'attirer les foudres de nombre d'entre vous mais il faut que j'assume mes points de vue donc je poursuis. L'image que je vous propose en illustration de ce premier type de flou ne fera pas l'unanimité :

Avec de telles images, pour peu que l'on parvienne à persuader son cerveau de ne pas chercher à effectuer la "mise au point" sur l'image (je vous l'accorde, ce n'est pas simple !), simplement en fermant les paupières à moitié, on découvre des masses de couleurs ou de textures intéressantes. On finit même par découvrir des éléments "familiers" qui donnent une signification claire à l'image floue... C'est un peu comme en regardant les nuages dans le ciel, il vient toujours un moment où l'on y découvre des formes familières.

Certes, l'exercice est périlleux, certes on ne pourra jamais concurrencer Dali, mais la version onirique d'une telle photo est indéniable et ne serait pas concevable sans le flou !...

Je ne cherche à convaincre personne, chacun aura sa propre sensation face à cette image, mais avouez que si l'exercice est étrange, si l'image est dérangeante, la photo n'en a pas moins d'intérêt pour autant. Mais il ne faut pas utiliser le flou (au sens de cet article) pour sauver de force une image que l'on a loupé... le flou doit être volontaire et recherché dans un cas bien particulier !...

Pour avoir proposé la visualisation ce cette image autour de moi, j'ai découvert qu'une majorité la rejetait, qu'une toute petite minorité était intriguée voire intéressée... Mais si on considère la photographie comme étant un média transmettant une vision artistique des sentiments du créateur, l'avis de la majorité ne compte pas plus que celui de la minorité...

CQFD : même le flou global d'une image peut apporter une vie à une image. Accessoirement, dans la photo présentée ci-dessus, le même sujet, mais "mis au point", n'aurait présenté absolument aucun intérêt !...

Flou de mouvement
Classiquement, lorsqu'on parle de "flou de mouvement", on pense à "fond filé" (sujet en mouvement net sur fond flou). Mais cette voie "classique" est-elle absolument indispensable ?

Je vais vous proposer une autre photo d'illustration :

S'il faut "classiquement" que quelque chose dans l'image soit "net" pour soi-disant pouvoir conserver une photo, celle présentée ici est "bonne" à jeter (bien qu'il existe des points nets aussi). Mais ce petit groupe de musique rythmée qui bouge de partout, qui tape des pieds au point de faire vibrer toute la petite estrade sur laquelle il est perché crée une image globalement floue (volontairement prise de la sorte !) mais parfaitement lisible et affichant une vie des plus naturelles... Si tout ce petit monde avait été "net" et seules les mains du "batteur" (au premier plan) avaient été floues, l'image n'aurait montré que le son des mains... ici c'est de tout le groupe qu'émane la musique !...

Un autre exemple de photo où seul le flou donne toute la valeur à l'image :

Dans le cadre de mes recherches relevant d'un autre sujet, je vous propose d'analyser cette image qui est sensée donner l'impression d'un tableau impressioniste. Le résultat est intéressant et pourtant... seul le flou fait l'image... sans lui l'image aurait pu être plaisante mais sans plus...

Le flou d'arrière plan
Beaucoup plus "classique" et même très recherché par le photographe, le flou d'arrière plan est également un flou !... Prenons la photo suivante comme exemple :

Pour l'immense majorité de mes lecteurs, cette photo est la meilleure des trois présentées jusqu'à présent. Je dirais plutôt que c'est la plus classique des trois... c'est la seule qui suit les "canons" que le photographe amateur attend trouver dans une photo "réussie". Mais d'où sortent ces "canons" ? De générations de censeurs et d'ouvrages qui ont forgés ce qu'il était "obligatoire" de trouver dans une photographie ! Quelqu'un a-t-il dit aux grands peintres contemporains ce qu'il était "obligatoire" de trouver dans un tableau ? Oui, bien sûr ! Ont-ils respecté ce diktat ? Non bien sûr ! C'est pourquoi (entre autre) ils sont devenus des grands peintres et que l'art pictural a évolué !... Pourquoi devrait-il en être autrement de la photographie ? Et même de la photographie d'amateur !!!

Pour en apprendre plus sur le flou d'arrière plan voir ici.

Le flou "artistique"
Voilà une autre forme de flou que l'amateur essaie d'obtenir. C'est également un "grand classique". Il est malheureusement beaucoup plus difficile à obtenir dès la prise de vue ! Il nécessite l'utilisation d'objectifs spécialisés dits soft focus qui donnent une image nette mais aux contours flous. Il reste la possibilité de se créer un sténopé (voir ici) ou de rechercher des techniques de post traitement numérique.

Je vous propose une photo numérique au sténopé en guise d'exemple :

Mais si vous souhaitez un flou artistique sur une image plus "pointue" qu'avec un sténopé, essayez de dénicher un très vieil objectif qui peut s'adapter à votre boîtier (via un adaptateur) et vous aurez le meilleur objectif soft focus du monde pour le prix d'une poignée de cacahuètes... Voici un exemple :


En conclusion
Je ne dis pas que la photo "nette" est une photo "banale" !!! J'espère simplement vous avoir convaincu que l'utilisation du flou en photographie est une piste à ne pas négliger ! Il existe plusieurs sortes de flous "admis" par tous, je souhaitais simplement affirmer que si l'on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi, le flou ne doit pas être l'ennemi du photographe (à condition que toute sa production ne soit pas floue, bien sûr !)

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MISE AU POINT SUR... LE NOIR ET BLANC

Contre toute attente, lorsqu'on analyse les tendances actuelles (2013) en photographie, que cette dernière soit professionnelle ou amateur, on constate le grand retour du Noir et Blanc... Et quand je dis grand retour, il s'agirait, semble-t-il, d'un raz de marée !... La vente (en occasion) de boîtiers argentiques explose littéralement, la demande en film Noir et Blanc va croissant (alors que la demande en film couleur n'est plus que très marginale) et on découvre même, de plus en plus souvent, dans les tests de boîtiers numériques, sinon des articles entiers, au moins des rubriques dédiées aux capacités des capteurs à fournir des images Noir et Blanc de qualité (!!!) Leica aurait-il eu le nez fin en proposant son numérique haut de gamme capable de ne fournir que des images numériques en Noir et Blanc, ou est-ce cette proposition commerciale anachronique qui a relancé le noir et blanc ? Nul ne le saura jamais vraiment, bien que personnellement, je pencherai plutôt vers la première hypothèse... le Noir et Blanc devient vraiment tendance !...

Si l'imagerie numérique couleur a réussi à s'approcher de la qualité du film couleur (certains disent même qu'elle a réussi à faire mieux... mais son aspect trop "froid" ou trop "technique" me fait encore préférer l'argentique couleur !), l'imagerie numérique monochrome, elle, est encore à des années lumières de la qualité argentique !!! C'est ce qui explique certainement la reprise des investissements en matériel argentique...

Il devient donc très probable que de plus en plus d'amateurs s'intéressent ou s'intéresseront au renouveau du Noir et Blanc (qui d'ailleurs n'a jamais franchement été condamné !). Il me fallait donc envisager le problème pour vous accompagner dans les méandres de cette technique (pour ne pas dire cet art) pas aussi simple qu'il n'y paraît...

Il ne sera pas question dans cet article d'opposer photographie argentique et photographie numérique, la technique du noir et blanc suivant les mêmes règles, quel que soit le mode de capture... J'ai déjà envisagé, ailleurs dans ce site (ici), des techniques de transformation d'images numériques couleur en noir et blanc, mais il sera plutôt question ici de la création d'images en Noir et Blanc dès la prise de vue... même en numérique !... Bien sûr, je vous ai déjà livré des pistes dans une autre partie du site (ici), mais le présent article vous sera encore plus précieux !

Avant d'entrer réellement dans le vif du sujet, il est important de rappeler l'importance, en photographie Noir et Blanc, de ne plus voir le monde avec nos yeux mais avec... notre âme !... En effet, en supprimant l’information colorée, on modifie la perception du réel capturé sur la photographie. Il est donc nécessaire de se concentrer davantage sur les variations de lumière et de jouer avec les variations de contrastes et intensités présentes dans la scène. Les différents éléments colorés sont remplacés par des masses de différents tons de gris. L’œil de l’observateur n’est donc plus distrait par les associations colorées mais peut se concentrer sur la forme et la matière de chaque élément de la scène. La composition est donc très importante, en N&B beaucoup plus qu'en couleur, et demande au photographe une attention toute particulière sur l’emplacement des différents constituants de l'image finale.

Oh, je sais, ce n'est pas simple d'effacer mentalement les couleurs du monde réel qui nous entoure mais, si vous voulez vraiment faire du noir et blanc, même en numérique, il est temps de commencer à apprendre à "penser en noir et blanc". Si nous voyons le monde en couleurs, obtenir un bon cliché en noir et blanc demande un effort considérable (au début) puisqu'au moment du cadrage il faut absolument avoir déjà en tête le résultat final en monochrome avant même le déclenchement !... Il ne faut en aucun cas laisser les couleurs nous divertir du but recherché : une bonne photo couleur ne sera certainement pas une bonne photo noir et blanc (et inversement !)... Je ne prétends pas vous apprendre ce "tour de force" en trois lignes alors qu'il m'a fallu des mois, voire des années, pour y parvenir, mais je vais vous fournir, en deux images, ce vers quoi il faudra tendre avant de prétendre parvenir à faire de la "vraie" photo noir et blanc : voici une roue chromatique traduite en noir et blanc (par la technique de la désaturation -la pire des méthodes !-) :

Il est important de penser en termes de "tons" (plus clair ou plus foncé), puisque chaque couleur produit une tonalité différente MAIS des couleurs très éloignées peuvent donner des tons gris strictement identiques... Je vous ai créé un petit "nuancier" couleur que j'ai traduit en noir et blanc pour montrer plus simplement les résultats :


La désaturation donnera :

Pourquoi une telle remarque ? Je vais vous donner l'exemple classique (pour ne pas dire le "cas d'école") imaginez une superbe fleur rouge sur un gazon vert sous un ciel d'été : nous avons un beau bleu (ciel) un beau vert (gazon) et un beau rouge (fleur). Si on isole ces trois couleurs du nuancier et qu'on fait disparaître les couleurs, on obtiendra :

Bon, je n'ai pas choisi cet exemple par hasard, vous vous en doutez bien, j'ai choisi du Rouge-Vert-Bleu = couleurs de base... Même si cela paraît inconcevable, la fleur, le gazon et le ciel auront le même ton donc ils seront tous reproduits avec le même gris... où est la photo dans un tel environnement ? Autant voiler du film, le résultat ne sera pas plus catastrophique !... Bien sûr, les éclairages donneront un résultat beaucoup moins uniforme mais en aucun cas plus intéressant !... Le choix des tons consiste à rechercher les contrastes agréables pour la future image.

Une fois que le photographe sera en mesure de "penser monochrome", il lui faudra rechercher dans la composition de ses images l'équilibre des masses (hautes lumières/basses lumières)...

S'il est impossible de trouver des contrastes, il faudra jouer avec la lumière et les ombres produites, jouer avec la texture, jouer avec l'origine de la source principale de lumière... En fait, il faudra essayer toutes les techniques possibles et les maîtriser avant de pouvoir prétendre faire de la photographie N&B !

Autre piste importante : jouer sur l'exposition. Une même scène surexposée ou sous exposée ne donnera jamais les mêmes résultats. D'où l'importance capitale d'apprendre et de comprendre les lois du Zone System de Ansel Adams (ici dans mon site) pour faire de la belle photo N&B...

Ce que j'ai dit plus haut semble donc interdire la photo regroupant un bleu un vert et un rouge, mais ce n'est pas du tout le cas !... En photographie couleur, ces 3 couleurs pourraient suffire à créer une photographie agréable... en noir et blanc, elle aura besoin de toute la sensibilité et de toute la technique du photographe pour prétendre créer une image.

Puis, il lui faudra interpréter ce qui semble être un début de résultat. En modifiant certains tons il sera capable de montrer exactement ce qu'il souhaite créer. Mais interpréter quoi et modifier quoi, voilà toute la difficulté !

En plus de l'exposition, comment interpréter et modifier les tons ? C'est très simple !... Il suffit d'utiliser des filtres colorés !... Je m'explique : prenons une roue chromatique simplifiée :

Un filtre éclaircit le ton correspondant à sa couleur et assombrit celui correspondant à sa couleur complémentaire. Ainsi, un filtre rouge éclaircira le ton des couleurs rouges de l'image et assombrira les couleurs vertes de cette même image. Un filtre orange éclaircira le ton des oranges et assombrira le ton des bleus. Un filtre vert éclaircira les verts et assombrira les rouges... etc...

Pour la photographie argentique, il existe des filtres colorés à placer devant l'objectif et qui modifieront les tons correspondant aux couleurs complémentaires.

On trouve globalement :
- Filtre jaune : estompe la brume, améliore le rendu dans les lointains, assombrit légèrement le ciel et éclaircit discrètement le rendu de la peau.
- Filtre orange : effet proche de celui du filtre jaune tout en étant plus marqué.
- Filtre rouge : densifie fortement le ciel (effet dramatique) et éclaircit le rendu de la peau.
- Filtre vert : éclaircit le rendu des feuillages (et autre verdure) tout en assombrissant les rouges.
- Filtre bleu : il atténue la pâleur de la peau sous un éclairage artificiel (tungstène) mais accentue les "défauts" de la peau, il est, par contre, idéal pour rendre une peau très ridée. En paysage, il améliore le contraste des sous-bois mais augmente l’effet de brume dans les lointains.
- Filtre magenta : il produit un effet spectaculaire et esthétique sur les feuillages (et autre verdure).
- Filtre cyan : assombrit le rendu dans les rouges et éclaircit celui dans les cyans.
- et il existe des filtres de couleur intermédiaire (jaune-vert par exemple).
Ces filtres existent en divers gradations (couleurs plus ou moins prononcée) mais la gradation moyenne s'impose d'elle-même, reléguant les extrêmes dans l'oubli (et la disparition dans les rayons des magasins).

Super, avec ça on sera tous des "professionnels" du N&B !!! Pas tout à fait !... Je me disais aussi, cela était trop beau... L'utilisation des filtres est certes très intéressante, mais ne permet aucune visualisation du rendu !... Dans le viseur de votre boîtier, vous verrez toujours le monde en couleurs, mais, en plus, cette fois, les couleurs seront modifiées... Il faut donc, avant de courir acheter des filtres, comprendre et connaître par cœur leur effet sur l'image finale... utiliser un filtre au hasard, pour utiliser un filtre, n'a aucun sens !...

Pour illustrer un peu mon propos, je vais vous donner des exemples de rendu d'images N&B avec utilisation des filtres. Je vous donnerai d'abord les résultats en couleurs pour que la démonstration soit plus parlante. Notez bien qu'il s'agira d'images argentiques, nul bricolage numérique ici... je parlerai du numérique ensuite.

Tout d'abord, une image basée uniquement sur des formes et des couleurs :


couleurs

filtre bleu

filtre cyan

filtre jaune

filtre magenta

filtre orange

filtre rouge

filtre vert

Les différences peuvent paraître subtiles mais, en regardant bien, elles sont assez considérables !...

Ensuite un portrait (assez atypique) :


couleurs

filtre bleu

filtre cyan

filtre jaune

filtre magenta

filtre orange

filtre rouge

filtre vert

Cette fois, toutes les conditions idéales en portrait sont réunies !... On peut voir parfaitement l'énorme influence des filtres sur le rendu final !...

Et, pour terminer, une image regroupant les couleurs de l'automne :


couleurs

filtre bleu

filtre cyan

filtre jaune

filtre magenta

filtre orange

filtre rouge

filtre vert

Cette fois encore, le rôle des différents filtre est indéniable... Il faut savoir les utiliser à bon escient et ils vous feront voir la réalité sous un autre angle, en noir et blanc.

En photographie numérique, le problème est le même mais le moyen pour y parvenir est totalement différent !... IMPOSSIBLE d'utiliser les filtres à placer devant l'objectif... la balance des blancs automatique corrigeant automatiquement (c'est son rôle après tout) les dominantes colorées induites par les filtres !... Par contre, sur les boîtiers numériques "sérieux" (et je ne parle pas ici du fameux Leica monochrome dont je faisais allusion en début d'article), on trouve la possibilité de traiter sérieusement ses images en noir et blanc avec des effets de filtre comme ci-dessus. Lisez attentivement le mode d'emploi de votre boîtier, tout y est très bien expliqué (je ne puis vous en dire plus puisque chaque boîtier organise ses fonctions de manière spécifique !).

Si vous n'avez pas la chance de posséder de tels boîtiers, rien n'est perdu !... Bien au contraire, puisque personnellement, les rares photographies numériques N&B que je produis sont faites à partir de logiciels de post traitement, même si certains de mes boîtiers possèdent les fonctions intégrées de filtres N&B !... Bon, vous allez me dire « oui, voilà que Thierry va nous pousser à acheter Photoshop ! »... alors qu'il n'en est rien !... Tous les logiciels de post traitement numérique (même les peu chers et même les gratuits) offrent cette possibilité ! Chez Adobe, Photoshop propose ce qu'ils appellent « Mélangeur de couches » (dans le menu : Image|Réglage) et Photoshop Element « Filtre photo » (dans le menu : Filtre|Réglage). Chez Paint Shop Photo Pro on dispose de « Film Noir et Blanc » (dans le menu Effets|Effets photo). Dans The GIMP on dispose de « Mixeur de canaux » (dans le menu Couleurs|Composants), etc, etc... Fouillez donc dans les menus de vos logiciels de post traitement, vous trouverez certainement votre bonheur... Certes, toutes les fonctions ne fonctionnent pas exactement de la même manière, sous Paint Shop Photo Pro, par exemple, le choix de la couleur du filtre est plus simple mais la précision de la fonction est un peu plus difficile à obtenir, mais bon, en fin de compte, cela ne change rien quant au résultat...

Maintenant que vous avez trouvé la fonction adéquate, comment faire ? Il suffit de faire votre photo numérique en couleur, en prenant bien soin d'utiliser une exposition qui mettra en valeur ce que vous voudrez souligner dans l'image finale en N&B. Puis, dans la fonction des filtres colorés, cocher la case « Monochrome » et saisissez les (ou cherchez une couleur qui correspond aux) valeurs suivantes :
- Filtre jaune : Valeurs : Rouge 50%, Vert 50% et Bleu 0%.
- Filtre orange : Valeurs : Rouge 66%, Vert 33% et Bleu 0%.
- Filtre rouge : Valeurs : Rouge 100%, Vert 0% et Bleu0%.
- Filtre vert : Valeurs : Rouge 0%, Vert 100% et Bleu 0%
- Filtre bleu : Valeurs : Rouge 0%, Vert 0% et Bleu 100%.
- Filtre magenta : Valeurs : Rouge 50%, Vert 0% et Bleu 50%.
- Filtre cyan : Valeurs : Rouge 0%, Vert 50% et Bleu 50%.

ATTENTION : l'avantage de cette méthode numérique, par rapport aux filtres pour l'argentique, c'est la souplesse avec laquelle on peut définir la couleur du filtre... on pourra ainsi créer des filtres intermédiaires à l'infini MAIS il faudra systématiquement veiller à ce que la somme des valeurs R+V+B soit égale (ou très proche) de 100% sans quoi vous obtiendrez des artéfacts déplaisants !... Cela dit, s'il est possible de créer une infinité de filtres colorés en numérique, vous remarquerez vite que seuls les couleurs de filtres existants pour l'argentique présentent un intérêt !...

Et voilà, c'est tout !... une fois avoir validé votre couleur de filtre en cliquant sur OK, vous obtenez une photographie numérique en N&B. Je vous avais parlé de techniques "plus simples" (ou du moins, différentes) ici, mais pour des résultats optimums, comparez les résultats de ces techniques à ceux obtenus avec la technique des filtres colorés, expliquée ici, pour choisir celle qui vous conviendra le mieux !...

Mais, puisque je dis que le Noir et Blanc en argentique est encore supérieur à celui que l'on peut obtenir en numérique, il va falloir que je parle de la suite de la procédure argentique, la procédure numérique étant terminée, elle !...

J'ai dit plus haut que les modifications d'exposition pouvaient grandement aider à la création des images N&B, mais c'est encore plus vrai en argentique puisque la technique de développement sélectionnée (et la chimie choisie) influence également, et en profondeur, les résultats de l'épreuve monochrome finale !... De la même manière que l'on peut "retenir" ou "pousser" une exposition, on peut "retenir" ou "pousser" un développement... cela déterminera grandement la tonalité des zones claires et des zones sombres. En fait, l'exposition modulera la présentation des zones sombres et le développement modulera la présentation des zones claires... Chose qui sera difficile, voire impossible, à obtenir en numérique du fait de la faible gamme tonale des capteurs numériques...

Et les possibilités ne s'arrêtent pas encore là en argentique !... De la même manière que les variations d'exposition et de développement des négatifs N&B, la technique de tirage des positifs monochromes offrira encore d'autres voies complémentaires !... Utilisation de papiers (et de filtres) multigrades, variations d'exposition et de développement des papiers, choix de sa chimie, utilisation de diffuseurs ou de condenseurs dans l'agrandisseur modifieront les contrastes et même l'aspect du grain sur l'image finale, tous ces paramètres impossibles à obtenir en numérique. Mais là il est impossible de donner toutes les recettes... chaque "tireur" aura ses secrets permettant d'aboutir exactement au résultat qu'il souhaite... chacune des recettes ne trouvant ses origines que dans des années de tests et d'améliorations successives...
Certes, on trouve de-ci de-là sur internet des techniques de post traitement numérique pour s'approcher du résultat argentique, mais, objectivement, personne n'a encore réussi (les "tireurs-photoshoppeurs" professionnels inclus) à rendre un beau N&B... et autre point faible du numérique : l'impression (!!!). De nombreux problèmes récurrents trahissent la faiblesse des technologies numériques actuelles : le métamérisme n'étant pas le moindre (le tirage noir et blanc observé sous différentes sources de lumière montrera des dominantes colorées), mais il ne faut pas négliger la Dmax faible (les noirs ne sont pas vraiment noirs, les nuances subtiles de gris sont absentes)…En plus, on ne peut que difficilement évaluer la stabilité des impressions dans le temps (les constructeurs se basent sur un vieillissement théorique calculé). On pourrait envisager une méthode « alterne inversée » (ma méthode alterne étant de numériser mes négatifs, ce que j'appelle la méthode alterne inversée serait de créer des transparents négatifs depuis les images numériques pour ensuite les passer à l'agrandisseur sur du papier argentique) qui devrait donner des résultats intéressants, mais la procédure sera longue, complexe et chère... autant faire de l'argentique pur !!!

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MISE AU POINT SUR... LE HDR

Le HDR (acronyme de High Dynamic Range) ou grande plage dynamique en français, n'est certes pas une technique photographique récente, mais la relative complexité de mise en œuvre en photographie argentique l'a toujours cantonnée aux laboratoires des professionnels ou des amateurs qui « en veulent ». Avec l'arrivée du numérique grand public et des logiciels de traitement photographique, la technique du HDR est devenue un "sport" qui attire de plus en plus de monde. J'aurais envie de dire « qui attire malheureusement de plus en plus de monde » puisque si elle offre des possibilités extraordinaires, cette technique mal employée aboutit à des images franchement inacceptables... et c'est surtout ce genre d'images qui voient le jour... d'où la naissance de cette rubrique.

Une toute petite définition pour commencer, si vous le voulez bien : on appelle "plage dynamique" d'une photo l'écart de tonalité qu'il existe entre les zones les plus sombres d'une image et les zones les plus claires de cette même image. D'emblée on pense au nombre de tonalités entre le noir profond et le blanc pur... Oui, mais non en fait ! Cela est de la théorie... en réalité, qu'il s'agisse d'un film ou d'un capteur numérique, le support ne permet pas la restitution de toutes les tonalités qui vont du noir au blanc !... Selon le film ou le capteur, on pourra reproduire au maximum une échelle allant d'un noir plus ou moins profond à un blanc plus ou moins pur. Et c'est là la première frustration du photographe débutant : son oeil est capable de "capter" en même temps des noirs profonds et des blancs purs (avec bien sûr toutes les tonalités intermédiaires) alors qu'une photographie de ce qu'il voit en est bien incapable !... C'est de cette frustration qu'est née l'idée du HDR.

Puisque le support photographique est incapable de couvrir toute la plage que l'œil peut percevoir, pourquoi ne pas contourner cette limitation en exposant différemment plusieurs photos d'une scène strictement identique et d'assembler sur une même image résultante les zones correctement exposées des différentes photos ? Et bien voilà, le HDR c'est ça et uniquement ça !...

Rien de plus simple en sommes ? MAIS, techniquement, prendre le meilleur de plusieurs photos exposées différemment n'est pas si simple !... En argentique, il faut créer des masques qui couvrent les zones mal exposées de chaque image et exposer sélectivement les zones "convenables" qu'il faudra également masquer avant de passer à l'exposition suivante... (ATTENTION : bien que ce ne soit pas le sujet du jour, le HDR en argentique se fait avec une seule image et le masquage se fait sous l'agrandisseur pour "retenir" ou "pousser" les zones trop sombres ou trop claires...) Travail très long, très minutieux et relativement compliqué sous l'agrandisseur... pour un résultat souvent décevant à cause des "raccords" qui ne le sont pas franchement... raccords. Le numérique c'est tout de même moins compliqué ? En fait non ! En effet, en numérique il est tout simplement IMPOSSIBLE de créer du HDR nativement avec les formats de fichiers codés sur 8 bits par canal (256 nuances) ou même 16 bits par canal (65536 nuances). C'est pourquoi la fusion HDR devra s'effectuer sur un fichier codé en 32 bits par canal (4294967296 nuances). Et si ce n'était que ça... une fois le HDR terminé, ce fichier en 32 bits devra être remanié (on dit souvent « compressé ») pour le ramener à 16 bits puisqu'aucun écran et aucune imprimante ne sera capable d'afficher les 4294967296 nuances contenues dans le fichier 32 bits... Cette "réduction" en 16 bits s'appelle le tone mapping mais cela n'est pas important. Sinon, rien ne change, il faudra également utiliser des "masques", mais cette création de masques sera automatique lors de l'utilisation des logiciels de création de HDR qui choisiront les pixels les mieux exposés dans chaque image "source" pour "composer de toute pièce" une image dont tous les pixels seront correctement exposés.

Venons-en à la technique si vous le voulez bien. Je ne vais pas me lancer dans un didacticiel exposant le HDR argentique... je pense que l'immense majorité de mes lecteurs ne souhaitant pas aller jusque là, je vais donc me limiter au HDR en numérique. Mais parler de HDR numérique oblige à distinguer plusieurs types de HDR :

-> le faux HDR : certains logiciels fournissent une image "HDR" à partir d'une seule image numérique (!!!). Un algorithme crée une image ressemblant à une image HDR mais en réalité il n'en est rien... Prenons un exemple :


Une image quelconque prise sur le net (libre de droits). Pour la modifier en HDR on serait en droit d'attendre plus de détails dans le ciel...

Cette même image après passage par un algorithme de faux HDR. Il s'agit ici d'une transformation "soft" donc encore relativement acceptable bien que déjà très artificielle. Je ne vois pas franchement où se trouve le HDR, le ciel est encore plus vide que sur l'original...

Toujours la même image après passage par un algorithme de faux HDR. Il s'agit ici d'une transformation "hard" donc totalement inacceptable, comme je critiquais plus haut (trop artificiel). Je ne vois pas franchement où se trouve le HDR, le ciel est encore plus vide que sur la modification "soft" et en plus, l'image est... moche !...

MAIS J'AI TOUT DE MÊME RÉUSSI À TROUVER PIRE :

Donc ce type de logiciel est à proscrire absolument si vous souhaitez faire du HDR... J'aurai pitié pour les concepteurs de ces logiciels en ne les nommant pas... mais sachez que, quel que soit le logiciel (et son prix !) s'il offre une option HDR "automatique" sur une seule image, il ne vous apportera qu'un "effet spécial" pas forcément intéressant... De grâce, ne vous laissez pas aller à de telles extrémités...
À NOTER TOUTEFOIS : certains logiciels "pro" permettent de faire du HDR sur une seule photo mais uniquement si cette photo est en RAW... Mais là, nous n'en sommes plus au faux HDR, mais plutôt au pseudo-HDR, voir la suite.

-> le pseudo HDR : cette sois on s'approchera beaucoup plus de la notion de HDR mais on n'utilisera qu'une seule image pour arriver à nos fins. Il ne s'agira plus du tout d'un algorithme de gestion "automatique" d'un quelconque faux HDR mais l'utilisation d'une image numérique unique tirée en RAW. Puisque l'image est brute (RAW), il sera possible de la développer différemment !. Si on crée trois développements différents, c'est presque comme si on disposait de 3 images différentes et on pourra créer du pseudo-HDR. Prenons également un exemple :


Disons qu'il s'agit de l'image originale. Les champs en avant plan sont bien exposés, le château (de Malbrouck) ainsi que les arbres sont un peu délavés et l'arrière plan (ainsi que le ciel) est totalement brûlé.

En modifiant l'exposition, les champs sont franchement sous-exposés, le château et les arbres aussi, l'arrière plan apparaît en 3 niveaux (même si le ciel est vide cela apporte du graphisme)

Avec cette autre exposition, le château et les arbres ont pris de la consistance, les champs sont acceptables même s'ils sont mieux sur l'original et l'arrière plan est à nouveau totalement brûlé.

Bien sûr cet exemple n'est pas forcément le plus adapté à mon sujet, il aurait été préférable d'utiliser des filtres à la prise de vue, mais bon, on va pouvoir faire du pseudo HDR tout de même. On va donc utiliser un logiciel qui fera la "fusion HDR" pour obtenir cela :


Désolé, la diminution de taille et la compression de l'image (pour le web) ne rendent pas hommage au résultat mais vous pouvez déjà vous faire une idée du résultat !... J'ai obtenu les 3 plans de l'image (champs | château | arrière plan) et avouez que le résultat est bien meilleur que celui de l'image originale...

À NOTER TOUTEFOIS : certains logiciels "pro" permettent de faire du HDR sur une seule photo en RAW... mais sans passer par l'étape de création de plusieurs images exposées différemment...

-> le vrai HDR : pour faire du "vrai" HDR, il est indispensable de posséder au moins 3 images (en fait, si votre ordinateur est très puissant, plus vous aurez d'images originales et plus le HDR sera bluffant !). Mais cela sous entend un minimum de travail préalable et un minimum de précautions... voyons cela :

— Il est indispensable que toutes les images "source" présentent un cadrage strictement identique (même si certains logiciels peuvent corriger une petite erreur de centrage, le résultat sera long à obtenir et non garanti !). Donc, l'utilisation d'un trépied est sinon obligatoire, au moins fortement recommandée...
— Il est indispensable que les images soient toutes nettes (!!!) et que tous les éléments du cadre soient fixes : évitez le HDR si votre sujet comporte des éléments mobiles dans le cadre (arbres dans le vent, promeneurs etc...) de même, évitez les flous de bougé donc utilisation d'un retardateur, d'un déclencheur à distance, voire de la levée anticipée du miroir -pour un reflex-
— La grande majorité des appareils actuels permettent un bracketage d'exposition automatique sur 3 (ou plus) images, ce qui est très pratique pour le HDR mais, vérifiez comment fonctionne ce bracketage... souvent le boîtier modifie et le diaphragme et la vitesse (!!!) et, qui dit modification du diaphragme dit modification de la profondeur de champ... et, dans ce cas, le HDR résultat ne sera pas satisfaisant !... Il est, et de loin, préférable de placer son appareil en mode manuel, d'arrêter une valeur de diaphragme fixe pour l'ensemble des images et de ne modifier que la valeur de vitesse pour obtenir des expositions différentes.
— Il n'y a pas de règle générale mais le mieux serait d'utiliser au moins une séquence -1 IL | +0 IL | +1 IL et de travailler en RAW pour plus de flexibilité.
— La création de l'image HDR peut entraîner du bruit, il est donc fortement conseillé d'utiliser la sensibilité nominale du capteur (généralement 100 ISO) pour maintenir une image finale de bonne qualité.
— Il est préférable d'utiliser des valeurs de sensibilité basse ET des temps d'exposition assez courts... en effet, le bruit ISO ainsi que le bruit de pose longue est assez aléatoire donc les différentes images ne seront plus identiques (stricto sensu) d'où une image HDR de piètre qualité.

Une fois vos images source créées, reste à choisir le logiciel qui permettra de créer votre HDR. Il y en a pour tous les goûts, des payants (accessibles, chers et même très chers) et des gratuits. Pour Windows, MacOS et Linux. Je ne suis pas en mesure de vous montrer l'utilisation de tous ces logiciels, sachez simplement que vous pourrez en sélectionner parmi cette liste non exhaustive :
* EasyHDR
* Exposure Blender (Plug in de GIMP)
* Fusion HDR (Pro) (Inclus dans Adobe Photoshop CS 2 et plus)
* HDR Efex Pro
* HDR Expose
* Luminance HDR
* Oloneo HDRengine
* PhotoEngine
* Photomatix Pro
* Pixturenaut
* SNS HDR
* YoHDR!
etc...

Notez bien que les logiciels les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs !!! Si vous vous décidiez (par exemple) à acheter Photoshop pour faire du HDR et uniquement pour cela, passez votre chemin... le module HDR de Photoshop est tout juste... moyen (!!!) efficace, certes, mais largement en retrait par rapport à d'autres...

Je vais maintenant vous proposer des exemples de "vrai" HDR. Je vais reprendre l'image du château de Malbrouck mais avec 3 expositions différentes. Je vais ensuite effectuer plusieurs traitements HDR à partir de plusieurs séries d'expositions pour montrer les différences importantes du type de traitement envisagé. Vous trouverez donc, en vrac, des images que je qualifierai "d'acceptables" et d'autres que je qualifierai de "loupées" (même si certaines "loupées" à mon goût peuvent entrer pleinement dans vos tolérances de goût... après tout, la création "artistique" doit tout autoriser !) :


Traitement au plus proche de la réalité, le château et le bosquet sont bien mieux exposés que sur "l'original" du paragraphe précédent et on ne devine pas qu'il s'agit d'une technique HDR.

Autre traitement "doux" au plus proche de la réalité, on ne devine pas non plus qu'il s'agit d'une technique HDR.

Autre exemple de traitement "doux", probablement le meilleur des trois (pour ce qui est de l'ambiance générale)... on ne devine pas non plus qu'il s'agit d'une technique HDR.

Exemple de traitement plus "poussé", l'ensemble est encore très acceptable mais on remarque déjà des "transformations peu naturelles"

Exemple de HDR "emblématique" par traitement "poussé". On rejoint presque les exemples de HDR automatique sur une seule image... Même si certains peuvent aimer, je considère déjà ce traitement (non extrême !) comme raté car trop artificiel... malgré la connotation "fantomatique" qui pourrait être volontaire sur ce genre d'image...

Exemple de traitement "poussé" mais encore relativement "naturel" que je placerai à la limite de l'acceptable... il faudrait modifier l'exposition générale pour obtenir mieux...

Autre exemple de traitement "poussé" mais encore relativement "naturel" que je placerai à la limite de l'acceptable. Cette fois, l'image présente une atmosphère intéressante et mystérieuse. Des deux exemples de traitement "poussé/naturel", celui-ci apporte un plus à l'image alors que le précédent la desservait.

Pour terminer cet article, il me faut à nouveau insister sur le fait de ne pas trop "pousser" le traitement HDR... On peut passer, en effet, très rapidement d'une excellente photo HDR à une image inacceptable. Cela dit, il ne faut pas être trop radical non plus, un HDR poussé, mais bien fait permet d'aboutir à une image graphique type dessin ou peinture du meilleur effet... mais, dans ce cas, le travail sera aussi précis que pour un HDR "soft" de grande qualité.

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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MISE AU POINT SUR... LA BALANCE DES BLANCS

La balance des blancs (en fait l'équilibre des blancs) est un sujet qui semble polariser de plus en plus l'esprit des photographes numériques amateurs... Il me semble donc évident (et urgent) de faire une petite mise au point sur le sujet.

J'ai déjà parlé de la balance des blancs de-ci de-là dans mes pages, mais avec un regard un peu technique: cas de sources lumineuses multiples à températures de couleur différentes, cas de l'utilisation de verre de soudure pour pose longue etc... avec des moyens imparables de corriger le problème. Je vais plutôt vous parler ici de la balance des blancs pour le photographe amateur « standard » (ATTENTION : ce terme n'est pas péjoratif pour deux sous... il ne fait référence qu'à l'immense majorité d'entre nous !).

Pour ceux qui ne connaîtraient rien de la balance des blancs et de la température de couleur (dont je traite également par ailleurs) je vais commencer par un tout petit rappel. Au « temps béni » de la photographie argentique, on n'avait pas de question à se poser... on utilisait un film couleur « lumière du jour » ou un film couleur « lumière tungstène » et on se débrouillait avec le résultat... dans 90% des cas le résultat était bon, le reste du temps... tant pis... Le problème c'était que chaque fabricant de film avait sa recette et c'est ainsi qu'on savait qu'avec un film Fuji on avait des risques de blancs tirant sur le vert et qu'avec un film Kodak on avait des risques de blancs tirant sur le rouge... Le pire de tout étant de faire développer un film Kodak dans un labo Fuji (et inversement) pour obtenir des dominantes inacceptables... Bon, restait la possibilité d'utiliser des filtres et de se limiter à un seul film pour limiter les risques mais bon, cela restait aléatoire !...

Avec l'arrivée de la vidéo puis de la photo numérique est apparue une technique formidable appelée la « balance des blancs » qui permettait de régler soi-même la dominante (ou plutôt l'absence de dominante) colorée sur nos images. Puis est arrivée la « balance des blancs automatique » qui donnait globalement d'excellents résultats.

Qui dit dominante colorée dit température de couleur. Certes, la notion de température pour parler de couleurs semble très hermétique (!!!) et ça l'est assurément... mais c'est ainsi. On a défini la couleur en unité de température exprimée en degrés Kelvin.

Selon la température de couleur de la source lumineuse, une feuille de papier blanc sera représentée avec une couleur totalement différente... c'est logique puisque le blanc va ré-émettre la lumière qui l'éclaire...

Vous me direz que si vous regardez (avec vos yeux) une feuille blanche, elle vous paraîtra blanche quelle que soit l'ambiance lumineuse... certes, mais uniquement parce que votre cerveau aura automatiquement corrigé cette dominante... les appareils électroniques en sont bien incapables (si on ne les aide pas)...

Globalement, on estime que :

Température de couleur
Type d'éclairage
Dominante
1000 - 2000 °K
Bougie
Rouge - Orange
2000 - 3000 °K
Lumière d'intérieur (tungstène)
Orange - Jaune
3000 - 4000 °K
Levé/couché de soleil
Jaune
4000 - 5000 °K
Soleil du matin / du soir
Jaune très clair
5000 - 7000 °K
5000 - 5500 °K
Lumière moyenne en plein midi
Lumière de flash électronique
Sans (lumière blanche)
7000 - 8000 °K
Grand soleil à temps nuageux
Bleue très claire
8000 - 9000 °K
Ciel couvert / brumeux
Bleue

N.B. : ne m'écrivez pas pour me dire que vous avez trouvé d'autres valeurs ailleurs... ce n'est pas aussi carré que ça !...

BON, CA SUFFIT POUR LA THÉRIE, venons-en à ce qui m'a poussé à écrire cet article :
Si vous vous promenez sur internet (d'autres pages de mon site aussi, mais je l'ai déjà dit !) vous allez pouvoir lire des choses quasiment effrayantes concernant la balance des blancs, de quoi créer une psychose sur l'importance de reproduire les couleurs justes !...

C'est pourquoi je vais me placer à contre courant (comme souvent !) en disant qu'il ne faut surtout pas se faire chauffer les petites cellules grises !... Si la balance des blancs a son importance dans certains cas particuliers (j'ai déjà évoqué les dominantes induites ou les mélanges de sources lumineuses de couleur différente MAIS également la calibration de l'écran et de l'imprimante pour ceux qui veulent imprimer leurs images), dans près de 99% des cas, nos boîtiers numériques, grâce à la fonction AWB (balance des blancs automatique), au pire, grâce à leurs réglages à des valeurs "habituelles" (lumière du jour / tungstène / nuageux etc...) s'en sortent plutôt très bien !... Oubliez donc tout ce que vous avez pu lire de-ci de-là, cessez de vous torturer l'esprit, vous allez pouvoir contourner le problème sans souci en comptant sur la haute technologie embarquée dans les appareils photo actuels...

Au pire, si vous êtes excessivement exigeant, photographiez donc en RAW... avec ce format photographique, vous allez pouvoir corriger les éventuelles dominantes colorées à l'aide d'un simple curseur à l'intérieur de votre logiciel de dérawtisation...

J'irai encore beaucoup plus loin... Mais pourquoi s'acharner à vouloir un boîtier (ou un logiciel) qui lave plus blanc que blanc alors qu'il est des cas où il est fortement recommandé de créer une dominante de couleur pour faire passer une sensation à la visualisation des images ? Un glacier semblera bien plus "glacé" s'il est bleuté... une île paradisiaque semblera bien plus chaude si la photo présente des dominantes "chaudes" (rouge/orange)...

Vous aurez donc bien compris mon message... pas de panique... pas de psychose... ne courrez pas acheter des chartes, des analyseurs et je ne sais quel autre matériel pour obtenir un blanc vraiment blanc... les couleurs peuvent être faussées au niveau des JPEG de certains boîtiers, jamais au niveau des RAW... et, si vraiment vous voulez faire mieux que les RAW (vous aurez du mal), allez voir ma rubrique bricolage (ici) pour trouver un système gratuit vous permettant d'améliorer votre balance des blancs...

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MISE AU POINT SUR... LA DICHOTOMIE ACTUELLE

Oui, j'avoue, le titre est un peu pompeux (je parle, bien sûr, de la différence argentique/numérique !), mais vous allez voir que le point que je vais soulever aujourd'hui est très intéressant !...

Je n'aurais certainement jamais pensé à ce sujet si tout le monde n'était que numérique ou qu'argentique... mais de plus en plus souvent les photographes, même amateurs, pratiquent leur passion dans les deux mondes... Je ne vais souligner ici que quelques points en regrettant ne pas être psychologue (!!! un psychologue aurait certainement une explication très intéressante à nous fournir !!!) :

Prenons un photographe argentique, en quête perpétuelle pour une meilleure qualité d'image, il va commencer par chercher une marque de matériel, pour comprendre rapidement qu'il est préférable de chercher une marque d'optique et finir par comprendre que par dessus tout il est préférable de choisir son format de film... Plus le film permettra un grand négatif et plus la qualité sera époustouflante... Le choix de la taille du négatif se fera en fonction du rapport d'agrandissement final (du positif) que le photographe souhaitera. Il va donc tirer ses négatifs dans des tailles de plus en plus grandes jusqu'au moment où la qualité ne suivra plus OU jusqu'au moment où il aura atteint l'agrandissement qui lui convient le mieux. Pour juger de la qualité, systématiquement, ce photographe va admirer (en fait juger) ses agrandissements en se plaçant à une distance d'environs 3 fois la diagonale de son épreuve. Prenons maintenant exactement le même photographe qui va rechercher exactement la même chose mais en numérique cette fois. Que va-t-il faire systématiquement ?... Il va afficher son image sur l'écran de son ordinateur et à taille réelle (100%) s'il vous plait !.. Que verra-t-il de la qualité finale de l'image en ne visionnant qu'un "crop" ridicule ? Rien !... Et pourtant, il ne pensera jamais à juger la qualité de ses images d'une manière différente !... Il pourrait tout aussi bien examiner son négatif (argentique) à la loupe !... Mais il ne le fera jamais (sauf pour vérifier que la mise au point a été faite au quart de poil) !... Il pourrait observer son agrandissement argentique à la loupe !... Mais il ne le fera jamais !... Il pourrait imprimer son image numérique en taille réelle et se placer à une distance d'environs 3 fois la diagonale de son épreuve pour la juger !... Mais il ne le fera jamais !... Expliquez-moi pourquoi, si vous le pouvez !... Attention, je ne jette la pierre à personne !... Je ne valais pas mieux en débutant en numérique !... Il n'y a en réalité que depuis très peu de temps que je me suis aperçu de l'énormité de mon cheminement intellectuel selon le mode d'enregistrement de mes images... Heureusement pour moi, j'ai fini par prendre le parti de juger mon travail systématiquement de la même manière... à la manière "argentique"... Bien sûr, vous pouvez préférer la manière "numérique" (!!!) mais franchement, le but d'une photo est-il de juger de la qualité d'un grain (en argentique) ou d'un pixel (en numérique) ou plutôt de juger de la qualité de rendu général d'une image en grand format ?

De nos jours, de plus en plus de photographes argentiques viennent du numérique (logique !). À plus ou moins court terme, ils se tourneront tous vers le moyen format (pour la qualité du résultat et le prix très accessible) et bien, je vous donne en milles ce qu'ils vont privilégier comme matériel : les appareils proposant (en interne ou en accessoire) la possibilité de créer des images en plusieurs formats ! Un appareil 60x70 permettant également de faire du 60x60 voire, en plus, du 45x60 et voire même la possibilité d'utiliser des films 24x36 dans leur boîtier moyen format !... En argentique, le format d'une image dépend uniquement du format du positif (la photo papier), quel que soit le format du négatif... Il faut agrandir et recadrer l'image du négatif pour la faire tenir dans le cadre du papier donc quel intérêt de chercher des boîtiers aussi "polyvalents" ? Aucun !... Prenons maintenant exactement le même photographe (qui cherche le boîtier argentique "super polyvalent") qui utilise son boîtier numérique... que va-t-il faire systématiquement avec ses fichiers image ?... Il va spontanément les croper pour leur donner la force qu'il souhaite !... Et, croper, cela signifie quoi ?... eh oui, recadrer !... Expliquez-moi donc, si vous le pouvez, pourquoi une seule est même personne recadre sans même y penser ses images numériques alors qu'il n'imagine même pas pouvoir en faire autant en argentique !...

Il serait peut-être grand temps, en 2014, qu'on arrête les questions métaphysiques en convenant simplement que la photographie, numérique ou argentique, est et reste de la photographie et qu'à ce titre, tout ce qui est possible dans un des deux mondes est également possible dans l'autre !... On peut préférer l'argentique au numérique (c'est mon cas !) ou le contraire, ..., dans les deux cas la technique est identique, les lois de composition également... Un photographe qui sait utiliser un reflex numérique saura immanquablement utiliser un reflex argentique et vice-versa (hormis des points de détail qui seront indiqués dans les modes d'emploi) !... Si vous êtes rodé à la photo argentique, n'oubliez rien de ce que vous savez et essayez le numérique... Si, au contraire, vous êtes rodé à la photo numérique, n'oubliez rien de ce que vous savez et essayez-vous à l'argentique... Dans les deux cas, vous serez un photographe com-blé...

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MISE AU POINT SUR... LA NETTETÉ

S'il est un point sur lequel l'apparition de la photo numérique a créé un énorme problème, c'est bien celui de la netteté. En argentique, le but du jeu était une mise au point parfaite, éviter les mouvements inconsidérés de l'appareil photo et gérer les déplacements du sujet... et un point c'était tout.

En numérique, les images sont parfaitement "lisses" et "propres", ce qui entraîne systématiquement un problème puisque le moindre petit écart de netteté saute littéralement aux yeux du spectateur... Il est vrai que la notion même de grain en argentique permettait de pardonner quelques petits écarts... Donc, même si le photographe applique toutes les recettes qu'il utilisait en argentique, il se retrouvera systématiquement confronté à des images "peu nettes"...

En effet, les capteurs de nos appareils photos numériques, surtout s'ils portent beaucoup de photosites-de pixels- (donc des petits photosites) auront tendance à "flouter" les images et c'est très simple à comprendre : prenons l'exemple d'une ligne très fine : s'il y a peu de photosites, cette ligne sera constituée d'un trait de 1 pixel de large. Si le nombre de photosites augmente, cette même ligne sera représentée pas un trait sur deux, trois (voire plus) pixels... adieux la netteté. N'oublions pas non plus la présence du filtre anti-aliasing placé devant le capteur (même si ce dernier est de plus en plus souvent abandonné par les fabricants, nombreux sont les boîtiers encore équipés !). Il en va de même pour les optiques qui ne pourront plus reproduire un rayon lumineux de largeur virtuelle sous forme d'un point mais sous forme de tache (là aussi, la tache étant d'autant plus grosse que le capteur possèdera plus de photosites)...

Ce qui fait qu'en photographie numérique, la correction de la netteté est obligatoire et devrait être systématique !... Rien ne sert de courir après un objectif de très haut de gamme pour essayer d'améliorer ses images, il ne pourra pas grand chose pour vous (enfin, si celui que vous possédez est un "cul de bouteille", oui, l'optique haut de gamme apportera un plus indéniable !).

Mais attention, ne vous laissez pas leurrer ! Une photo floue (bougé, mauvaise mise au point, etc...) ne sera jamais corrigée par les algorithmes de netteté !!! De même, ces algorithmes de netteté ne sont pas capables de corriger "l'impression de flou" (créée par les phénomènes que je viens de souligner plus haut), au mieux ils seront capable de fournir une "impression de netteté" en affinant un peu les bords des objets, ce qui n'est franchement pas la même chose !!! Mais encore faut-il savoir comment utiliser ces algorithmes car une augmentation excessive de la netteté entraîne des artéfacts catastrophiques (appelés "halos de netteté")... et quand on sait d'une photo traitée par ces algorithmes ne pourra jamais être corrigée par la suite, il est capital de vérifier le résultat de ces algorithmes avant d'enregistrer votre image traitée !!!

Généralement les logiciels de traitement d'image utilisent 3 (parfois 4) paramètres à ajuster pour récupérer de la netteté. Malheureusement, l'immense majorité des amateurs n'a aucune idée du rôle de ces paramètres !!! C'est pourquoi je vais en parler brièvement :

Paramètre
Rôle
Rayon
Contrôle la taille des bords que vous souhaitez améliorer. Pour augmenter la netteté d'un cheveu, le rayon doit être ridicule, pour augmenter celle du tronc d'un arbre, le rayon sera beaucoup plus important !!!
Quantité
Peut porter un nom différent selon le logiciel, mais le but est strictement identique ! Ce paramètre contrôle la force générale du renforcement. La quantité appliquée se caractérise généralement sous forme de pourcentage.
Seuil

Contrôle le minimum de luminosité qui sera modifié. Ceci peut être utile pour affiner les bords bien marqués, tout en laissant les bords plus doux intacts. Ceci étant particulièrement utile pour éviter d'augmenter la netteté du bruit.

Détail
Ce paramètre n'est pas présent dans tous les logiciels !... Contrôle la netteté en fonction de la taille des éléments (détail fin par rapport à détail grossier -pour une valeur de rayon donnée-), en plus d'affecter la force globale d'accentuation de la netteté. Des valeurs plus élevées accentuent les plus petits détails, mais accroît aussi l'effet global de la netteté. Fonctionne généralement en association avec le paramètre Quantité.

Je n'ai pas classé ces paramètres par hasard... il est conseillé d'optimiser d'abord le réglage du rayon, puis d'ajuster la quantité (ou la force ou le montant), et, seulement, pour affiner le résultat, ajuster le réglage du seuil (et éventuellement, si le logiciel le permet, ajuster le réglage du détail).

Je n'ai parlé ici que du post traitement, puisque c'est généralement le seul moyen que l'amateur utilisera pour améliorer ses images (...) MAIS, en réalité, l'amélioration de la netteté doit être une préoccupation permanente dans toutes les étapes du processus de création de l'image !...

—> À la prise de vue
Dès la prise de vue, il faut prendre en considération tous les paramètres potentiellement générateurs de "flou" (ou de diminution de netteté). J'ai parlé plus haut des problèmes de filtre anti-aliasing, ces derniers sont malheureusement incontournables (mais gérables en post traitement !). Pour ce qui est du "flou" dû au capteur, si vous n'envisagez pas une impression grand format, réduisez (si le boîtier le permet -et c'est souvent le cas-) la résolution du capteur... un APS-C de 18MPxl utilisé à 9MPxl donnera un bien meilleur résultat (et idem pour un plein format de 20MPxl utilisé à 10MPxl !). J'ai également parlé du "flou" causé par l'objectif qui est malheureusement incontournable (sauf si vous possédez un "cul de bouteille qu'il serait bon de remplacer !) mais ce "flou" sera gérable en post traitement... Le dématriçage est également cause de baisse de netteté... photographiez donc en RAW (les logiciels de post traitement sont plus puissants que les logiciels intégrés dans les boîtiers !)... et une raison de plus de tourner le dos aux JPEG en sortie de boîtier ! Sans compter que si vous laissez le boîtier gérer, selon le mode d'exposition automatique utilisé, la netteté appliquée aux JPEG sera différente (!!!) en mode automatique portrait (par exemple) il n'y aura pas -ou très peu- d'augmentation de la netteté, alors qu'en mode automatique paysage (par exemple) l'augmentation de netteté sera maximale !!!.

Bien sûr, il ne faut pas oublier les autres sources "importantes" de flou : le bruit par exemple... donc utilisez une valeur ISO la plus basse possible et évitez autant que possible les poses longues. Si, toutefois vous n'avez pas le choix, essayez de faire 4 clichés identiques (si aucun objet en mouvement !) et faites disparaître le bruit (voir ici). N'oublions pas de placer dans la rubrique "bruit" les aberrations chromatiques ou les franges latérales !... Et, bien sûr le sempiternel problème du flou de bougé (!!!) utilisez un trépied... ce n'est pas très pratique mais indispensable pour une netteté la plus grande possible... si vous n'avez pas le choix et devez photographier à main levée, réglez votre vitesse à 1/la focale de l'objectif (objectif de 100mm, vitesse d'obturation = 1/100è de seconde -en fait 1/125è si vous n'avez pas la possibilité de choisir des valeurs intermédiaires-). Si, maintenant c'est le sujet qui est en mouvement, adaptez la vitesse d'obturation à la vitesse de déplacement de votre sujet !... Autre tuyau indispensable à connaître : faite une confiance limitée à votre autofocus... rien de tel qu'une mise au point manuelle (même si elle est plus lente !).

—> Au post traitement
Vous pouvez reprendre les notions apportées en début d'article. J'ajouterai simplement qu'une image parfaitement mise au point nécessitera une augmentation de netteté avec un rayon de maximum 1 pixel alors qu'une image avec mise au point un peu inférieure aura besoin d'une augmentation de netteté avec un rayon minimum de 1 pixel (généralement on évite les 2 pixels et plus à cause du risque de halo !).

Ne vous amusez pas à créer une augmentation de netteté "générale"... cette netteté sera nécessaire dans certains endroits de l'image (généralement les zones sombres) et certainement pas partout !... D'où l'importance d'apprendre à utiliser les masques dans votre logiciel de post traitement...

—> À la sortie du document final
J'en ai déjà parlé par ailleurs dans ce site, il est toujours indispensable d'augmenter (d'une manière assez importante) la netteté d'une image destinée à l'impression. Et cette augmentation de netteté est fonction non seulement de l'imprimante (résolution) mais également du type de papier utilisé : plus le papier est brillant et moins il aura besoin de netteté, à l'inverse, les papiers "beaux arts" nécessitent une netteté très importante puisque le papier fait diffuser l'encre créant ainsi de grosses taches et, logiquement, donnant une sensation de flou !...

Fait beaucoup moins connu de l'amateur : la modification de taille d'une image engendre un flou ! Si cela semble évident lorsqu'on parle d'augmentation de taille, cela l'est beaucoup moins lorsqu'il est question de réduction de taille !!! Si vous appliquez une augmentation de netteté après augmentation de la taille d'une image, je vous félicite... mais si vous réduisez la taille d'une image pour l'exposer sur votre site (par exemple), feriez-vous de même ? Non ? Et bien c'est une énorme erreur !... Si vous ne souhaitez pas post traiter vos images avant diffusion sur internet, arrangez-vous pour les capturer directement en un petit nombre de pixels !... Rappelez-vous : pour un écran de 15" (1366x 768 pixels) totalement couvert par une image, il faut au maximum que cette dernière fasse 1.049.088 pixels, soit à peine plus d'1 MPxl !!!

Au final
Si cet article pouvait vous permettre de retenir au moins les notions suivantes concernant la netteté, j'estimerai avoir réussi ma "mission" du jour :
- débarrassez-vous du bruit dans vos images (y compris les aberrations chromatiques)
- utilisez des valeurs ISO les plus faibles possibles ainsi que des poses les plus courtes possibles
- utilisez un trépied (ou calez-vous le mieux possible)
- adaptez les temps de pose à la focale utilisée
- adaptez les temps de pose à la vitesse de déplacement de votre sujet
- les fichiers RAW et TIFF supportent beaucoup mieux l'augmentation de netteté que les fichiers JPEG (pour ces derniers on risque de voir les artéfacts de compression)
- appliquez une augmentation de netteté à toutes vos images numériques
- appliquez une augmentation de netteté dès que vous modifiez la taille de vos images
- adaptez l'augmentation de netteté aux besoins de vos images... n'exagérez pas, ça pourrait être pire que l'impression de flou
- l'augmentation de netteté n'est jamais réversible, vérifiez vos images avant de les enregistrer OU, MIEUX, conservez vos originaux et ne travaillez que sur des copies...

MISE À JOUR : réponse à une question sur le sujet ici.

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MISE AU POINT SUR... LA NETTETÉ DES OBJECTIFS

Dans l'article précédent, j'ai traité de la netteté d'une manière générale. Cet article a occasionné de nombreuses réactions de la part de mes lecteurs, j'ai déjà répondu au problème de netteté au niveau du capteur numérique ici, il me fallait donc compléter encore cette notion de netteté en traitant de nos objectifs.

En fait, j'aurais pu inclure le contenu de cet article dans le corps du précédent MAIS vous allez voir que le sens du contenu est totalement opposé DONC, un nouvel article s'imposait.

La netteté est en réalité l'aspect le plus surestimé voire le plus exagéré de la performance d'un l'objectif. C'est à croire que de la seule netteté de l'objectif dépende la netteté des images finales... mais il n'en est rien ! D'ailleurs, les articles précédents sur la netteté vous en donnent déjà une preuve. Mais il est vrai que les directeurs des ventes et du marketing des fabricants d'optique alimentent constamment cette idée fausse avec des arguments de plus en plus pointus et de plus en plus incompréhensibles, arguments systématiquement relayés par des sites ou des ouvrages traitant de photographie, tout ce battage pour... effrayer les gens au moment d'acheter un nouvel objectif... en effet, si je ne choisis pas ce superbe objectif révolutionnaire lancé sur le marché hier par Monsieur X, je risque de dépenser plus de 1000€ pour un caillou qui ne sera même pas net !!!

La netteté est facile à tester en fait et nul besoin de se tourner vers les vendeurs d'optiques ou les sites "spécialisés" qui nous inondent de graphiques, d'histogrammes et de camemberts multicolores qui ne veulent rien dire aux non spécialistes... il suffit de savoir quoi faire pour tester la netteté : regarder l'image finale !!! et oublier tous les intermédiaires aussi incompréhensibles que superflus !!!

On ferait de bien meilleures photos si on passait plus de temps à apprendre comment faire des photos avec le matériel qu'on possède déjà plutôt que perdre ce temps à essayer de comprendre des tests sans intérêt au sujet de nos outils... Tous les objectifs, je dis bien tous, utilisées correctement, ont toujours été très pointus, même à l'aube de la photographie à la fin des années 1800. La science de l'optique est beaucoup plus vieille que la photographie... ce n'est pas Nièpse qui a stimulé les scientifiques à créer des outils nets...

Et, en fait, la netteté des objectifs est-elle réellement si importe que cela ? Je n'en voudrais comme unique preuve la véritable ruée des amateurs actuels sur les objectifs anciens (j'ai en partie traité du problème, pour une autre raison, ici).

Les raisons expliquant le manque de netteté des photos, se trouvent rarement dans les caractéristiques de l'objectif (sauf s'il s'agit d'un "cul de bouteille" ou si on monte un objectif très moyen sur un appareil numérique possédant un capteur à nombre élevé de pixels). Si je ne me trompe pas (et je pense ne pas me tromper !) déjà dans les années 1930, un certain Ansel Adams, que tout le monde connaît, disait que tout ce qu'il pourrait utiliser pour créer ses clichés serait suffisamment pointu... Que dire des temps actuels ? Même les objectifs bas de gamme, y compris ceux possédant des lentilles en plastique, sont nets lorsqu'ils sont utilisés correctement. Je pense que depuis les années 1960, la netteté est bien la dernière chose au sujet de laquelle vous devez vous préoccuper lors du choix d'un objectif.

Aujourd'hui, les optiques ne sont plus qu'une toute petite partie d'un système. Tester un objectif est aussi stupide que de tester un seul maillon d'une chaîne pour vérifier sa solidité !... Un objectif aujourd'hui n'a plus de sens si on le sépare du boîtier... la qualité de l'image dépendra autant du système de mesure de l'exposition, que du système autofocus, que du système de stabilisation, que de la façon dont le boîtier commandera à l'objectif... Si on veut tester un objectif, ces tests n'auront aucun sens si on ne les effectue pas avec tous les boîtiers susceptibles de l'utiliser (et encore !!! au sein même de la série de boîtiers, il y aura toujours des différences d'un exemplaire à l'autre !!!).

Déjà à l'époque de la photo argentique, l'énorme majorité du matériel a toujours été d'une qualité bien supérieure à la capacité des gens à l'utiliser. Les tirages argentiques de faible netteté étaient plus causés par un agrandissement bâclé (ou réalisé sans compétence technique du photographe amateur !) que par la faiblesse des objectifs (de l'appareil photo et de l'agrandisseur) !... Mais on ne se posait même pas la question... les pros utilisaient des loupes, des microscopes et des compte-fils, les amateurs se contentaient de leurs résultats et étaient très heureux comme ça !... Aujourd'hui, n'importe qui peut regarder ses images numériques à 100% sur leur ordinateur, cela revient au même que regarder ses négatifs à la loupe puisqu'une image affichée à 100% représente une image plusieurs dizaines de fois plus grande que celle qui touche le capteur à la prise de vue... mais personne ne s'est jamais réellement demandé pourquoi ce qu'il voyait à 100% était peu (ou pas) net !... Ils ne sont responsables de rien... c'est leur matériel qui ne vaut rien !!! BEN VOYONS !!!

Et il faut considérer que la notion même de test d'un objectif crée déjà des artéfacts... On ne peut tester scientifiquement un objectif qu'en photographiant des mires... mais les mires ne sont pas des images de la vraie vie... telle image de mire peut paraître trop douce faite avec tel objectif MAIS... l'image créée par ce même objectif sera parfaite pour faire du portrait !!!

Croyez-vous sérieusement que les pros se compliquent la vie de cette manière ? Les amateurs passent leur temps à se plaindre du prix de leur nouveau matériel alors qu'ils sont les seuls fautifs !!! Je m'explique... un pro qui sait utiliser un matériel avec ses forces et ses faiblesses, n'a pas de mauvaises surprises. L'amateur demande tout et plus à tout son matériel... Donc les fabricants ne vont pas se faire prier... vous voulez des choses que même la science ne peut pas résoudre ? OK, vous le voulez donc je vais essayer de le faire, mais attention, cela va vous coûter un œil !!!

Mais quoi que puissent faire les opticiens, souvenez-vous que jamais vous aurez une netteté parfaite du centre aux bords de l'image et jamais vous n'aurez une netteté de 0 à l'infini !... D'ailleurs, cela serait-il souhaitable ? Je suis certain que non !...

En plus, il ne faut pas oublier les facteurs externes : brume, pollution atmosphérique même imperceptibles par notre œil seront autant de paramètres péjoratifs pour la netteté de l'image...

Bref, arrêtez de vous lamenter sur le manque de netteté de vos objectifs... c'est un faux problème... Soit vous possédez des "culs de bouteille" et vous ne pourrez faire que de la lomophotographie ou vous les jetez et vous achetez un vrai objectif, pas forcément haut de gamme, vous apprenez à découvrir ses forces et ses faiblesses (comme je l'ai déjà expliqué à plusieurs reprises dans ce site) et vous verrez qu'en connaissant votre matériel, la qualité de vos images ira en explosant !...

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MISE AU POINT SUR... LA MISE AU POINT

Avant de débuter cet article, je vous prie de bien vouloir, encore une fois, excuser le "trait d'humour" dans le titre.

J'ai déjà parlé de la mise au point, entre autre, ici et ici, et je n'y reviendrai pas. Par contre, dans cet article, je ferai, sinon l'apologie, au moins, le point (c'est le cas de le dire !) sur l'intérêt et l'importance de la mise au point manuelle dans les cas particuliers —assez nombreux— où la mise au point automatique (autofocus) est plus qu'aléatoire, voire inutilisable !...

Les boîtiers "modernes" (en réalité, l'autofocus ne date pas d'hier !) disposent de systèmes de mise au point de plus en plus efficaces et performants... à tel point que la mise au point manuelle est devenue tellement "lente" et "difficile" en comparaison, que l'immense majorité des photographes amateurs la dédaigne et ne prennent même plus la peine de s'y former... Grossière erreur !... La mise au point manuelle peut paraître déroutante à qui est né et à été élevé à l'autofocus mais n'allez surtout pas croire que cette technique est dépassée, loin de là ! J'en veux pour seule preuve les objectifs de marques prestigieuses telles que Zeiss, Voiglander ou Leica qui n'intègrent aucun automatisme de mise au point, encore aujourd'hui en 2015. Certes, il n'est pas nécessaire de taper dans le très haut de gamme pour se retrouver face à un objectif à mise au point manuelle : Samyang propose en 2015 d'excellentes optiques —à prix raisonnable— dépourvues d'autofocus ET, en plus, vous pensez immédiatement, vous qui lisez mes pages, aux optiques anciennes que je vous stimule régulièrement à essayer...

Les boîtiers numériques (reflex surtout) ne sont pas les meilleurs boîtiers pour se former à la mise au point manuelle (mais les dernières générations de boîtiers argentiques n'étaient pas mieux lotis !) du fait de l'absence des dispositifs d'aide à la mise au point qu'étaient les stigmomètres et les microprismes et également du fait de leurs dépolis très fins. MAIS tout n'est pas perdu !... Selon les marques, il existe différents moyens nous permettant d'assister l'œil lors de la mise au point manuelle. Chez Pentax, par exemple, le polygone vert s'éclaire dans le viseur alors qu'un son est émis dès que le point est trouvé. Chez Nikon, c'est grossièrement le même principe sauf qu'il existe une indication du sens de rotation de la bague de mise au point (attention : certains objectifs anciens tournent dans l'autre sens, dans ce cas, ce n'est pas génial de se voir indiquer le sens de rotation). Chez Canon, c'est le collimateur autofocus qui s'illumine quand le point est trouvé. Il faut toutefois garder présent à l'esprit que les systèmes de mise au point automatique basés sur les modules de corrélation de phase (système utilisé sur les visées reflex) sont sujets aux erreurs de front focus ou de back focus et qu'il en va de même si on utilise les systèmes d'assistance pour la mise au point manuelle... Sur les boîtiers (non reflex du coup) à viseur électronique, c'est un focus peaking qui est proposé avec surlignage blanc ou coloré des zones de contraste sur la zone de netteté. Mais ce système peut également être proposé sur l'écran LCD de certains reflex. Il est important de noter que le système de focus peaking, contrairement au système de corrélation de phase, est toujours efficace, même si beaucoup plus lent.

Mais au-delà des assistances à la mise au point, c'est bien le mode opératoire qu'il convient d'adapter pour être performant lors de l'utilisation de la mise au point manuelle : il faut, c'est le maître mot, an-ti-ci-per ! C'est à dire qu'il faut voir arriver les choses (le sujet), préparer son cadre de composition et effectuer un préréglage approximatif de la mise au point avant que la scène souhaitée soit prête pour être déclenchée, la mise au point finale (exacte) devant s'effectuer juste avant le déclenchement. En agissant ainsi, non seulement on évitera toutes les mauvaises surprises de flou mais également on aiguisera une certaine forme de réflexion qui ne pourra être que bénéfique pour son parcours photographique dans son ensemble !...

Je disais, en introduction de cet article qu'il existait des cas où l'utilisation de la mise au point manuelle était quasiment obligatoire puisque l'autofocus se retrouve dans les choux... donc, voici une liste, probablement non exhaustive, des situations dans lesquelles il faudra se passer de la mise au point automatique. En réalité, cette liste reprendra un ensemble de cas particuliers répondant à une (et une seule) situation, toujours la même : l'existence d'éléments parasites entre le sujet et l'objectif...

Le cas le plus connu, puisque décrit dans tous les modes d'emploi de matériel photographique autofocus, est la photographie d'un sujet placé derrière un grillage : l'autofocus ayant systématiquement tendance à faire le point sur le grillage et pas sur le sujet !... Mais les cas de parasitage sont très nombreux, même si on n'y pense pas de prime abord. Un animal partiellement caché par des hautes herbes, sera quasiment toujours flou

puisque l'autofocus se fixera sur les herbes placées plus près de l'objectif. Mais il en va exactement de même lors d'une photographie pendant une chute de neige ou par une forte pluie... Photographier à travers une vitre ? Êtes-vous certain que le verre est exempt de tout défaut (une micro-bulle par exemple) ou une trace de buée ou une gouttelette d'eau ou une trace de doigt, l'autofocus se fixera sur la vitre et certainement pas sur votre sujet placé derrière... Photographier un reflet, sur un miroir ou une flaque d'eau, si vous souhaitez avoir un reflet net, l'autofocus sera le point sur la surface réfléchissante et pas sur le reflet...

Toujours au sujet des effets parasites, sachez que, même si ce n'est pas une entité palpable, un puissant rayon lumineux dans le cadre de la photo peut très bien mystifier votre système autofocus...

Donc, vous voyez qu'il est important de préparer dans son arsenal d'outil de photographe, une mise au point manuelle entraînée !... Je ne vous donnerai pas ici une technique d'apprentissage, la meilleure étant celle qui vous convient le mieux, mais il faut essayer et essayer encore. Et si la mise au point manuelle est facile sur les sujets statiques, considérez la difficulté sur les sujets en mouvement —pas forcément très rapide—.

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MISE AU POINT SUR... LE SUNNY-16 (16 ENSOLEILLÉ)

Vous qui lisez mon site, vous connaissez déjà la règle du sunny-16 (que je traduis avec plaisir en 16 ensoleillé). Si ce n'était pas le cas, arrêtez immédiatement la lecture de cet article et allez apprendre le 16 ensoleillé (ici)... débuter par la lecture du présent article risque de vous embrouiller au point de ne jamais pouvoir utiliser ce merveilleux outil !...

Donc maintenant que vous savez tout (du moins le l'espère pour vous) sur le 16 ensoleillé, il convient d'approfondir un peu l'article du petit cours de photographie. Bien sûr, j'y avais déjà inclus des réserves mais sans m'attarder pour éviter les problèmes dont je viens de parler...

Allons-y.

Le 16 ensoleillé est une excellente méthode mais uniquement en extérieur. Idéal pour la photographie de nature ou de paysage dès que vous avez acquis une certaine expérience de la lumière ET uniquement si vous mettez en corrélation la luminosité et l'aspect des ombres.

Normalement, la lumière réfléchie ne représente que 10~20% de la lumière incidente, mais cela peut changer s'il existe des surfaces réfléchissantes dans le cadre ou dans des conditions atmosphériques particulières. Une lumière très douce, très diffuse, peut créer des conditions difficiles pour une mesure à l'œil... Puisque l'œil humain est incapable d'évaluer une intensité lumineuse... Essayez de vous placer dans une pièce noire, allumez une ampoule de 100W, attendez une minute ou deux puis allumez une deuxième ampoule de 100W, jamais vous ne remarquerez que la luminosité est multipliée par deux (!!!), les posemètres, eux, en sont capables... C'est pour cette raison que l'évaluation des ombres est capitale !...

Lorsque le soleil est bas sur l'horizon, les ombres sont exagérées et la luminosité nous semble plus importante qu'elle ne l'est en réalité. C'est pourquoi je vous ai montré dans un petit cours de photographie la brochure de calcul de l'exposition proposée par Zeiss Ikon puisqu'en toute logique le 16 ensoleillé doit être adapté en fonction de la latitude, de la période de l'année, de la météorologie, de l'heure, etc... De même avec un angle d'incidence faible, la lumière peut très bien induire une différence d'exposition de plusieurs diaphragmes entre le sol et la tête d'un homme (distance ridicule mais forte différence de luminosité).

Il est également quasiment impossible d'évaluer l'exposition d'une scène en contre-jour.

Si vous décidez de quitter la nature pour photographier la ville, vous aurez également des difficultés à évaluer l'exposition... Le revêtement des rues est très noir, mais mouillé il devient brillant. Plus ancien, la route devient grise mais est plus claire qu'elle ne nous semble. Les bâtiments créent des ombres importantes... et si une tour de verre et d'acier se trouve dans le cadre, elle créera des réflexions qui augmenteront de manière importante la quantité de lumière sans que l'on ne s'en aperçoive réellement... En ville l'évaluation de la lumière et des ombres est très compliquée, donc l'évaluation de l'exposition aussi...

Est-ce à dire que les limites du sunny-16 le rendent inutilisable dans la vraie vie ? NON, certainement pas ! L'évaluation au 16 ensoleillé est empirique. Une fois que vous saurez l'utiliser parfaitement dans la nature en conditions standard, il faudra éduquer votre œil en mesurant l'exposition à l'aide d'un posemètre et en trouvant vos propres repères.. L'exercice parait bien complexe mais, en très peu de temps, vous vous surprendrez à ne plus vous faire bluffer par les conditions difficiles de lumière.

Personnellement, j'ai remarqué que l'auto-formation était plus facile et plus efficace en mesure de lumière incidente, j'ai donc utilisé mon posemètre autonome en lumière incidente, mais si vous n'en possédez pas, n'importe quel posemètre fera très bien l'affaire, même celui intégré dans un appareil photo numérique en utilisant mon truc du couvercle de Nutella (ici). Et, une fois de plus, ne cherchez pas une technique scientifique sans fondement pour vous en sortir... souvenez-vous que les films (diapositives et capteurs numériques beaucoup moins) ont une latitude de pose assez étendue, ce qui corrigera pas mal d'erreurs d'appréciation. Mais, en même temps, gardez toujours présent à l'esprit que le film est plus sensible à la sous exposition (perte de détail dans les ombres) alors que le capteur numérique (et la diapositive) est plus sensible à la surexposition (crâmage des hautes lumières)...

Cela dit, à ce jour, je suis toujours totalement incapable de déterminer même très approximativement (!!!) une exposition en intérieur... je ne désespère pas, mais je commence sérieusement à douter !...

Personnellement, après des années de pratique du 16-ensoleillé, je l'utilise systématiquement, même si je suis de sortie avec mon posemètre autonome ou un appareil équipé d'un posemètre intégré... j'ai pris la bonne habitude de douter systématiquement des mesures des posemètres !... Cela veut dire qu'un simple amateur lambda (comme moi), est très capable d'utiliser le sunny-16 de manière efficace sans avoir de don particulier ! Connaissez donc les limites du sunny-16, apprenez à les contourner et vous aurez tout gagné !...

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MISE AU POINT SUR... LES RÈGLES DE COMPOSITION

Vous savez déjà, pour avoir lu les autres pages du site www.thydelor.eu, qu'en photographie (comme en amour d'ailleurs !) il n'y a pas de règle... donc pas plus en composition qu'en exposition ou qu'en cadrage... MAIS si on peut discuter le terme de « règle », on pourra dire qu'il existe des lignes directrices qui vous ouvrent des voies de création de bonnes images... C'est de cela que je me propose de parler ici.

LA RÈGLE DES TIERS

À tout seigneur, tout honneur, je vais commencer par discuter de la règle des 1/3 que tout le monde connaît déjà. Si tout le monde ne pratique pas, tout le monde en a déjà entendu parler... J'en connais même qui se fixent tellement sur cette règle qu'ils manquent systématiquement le « moment magique » qui fait la photo (autrement dit qu'ils loupent toutes leurs photos en voulant bien faire !!!).

Je ne vais pas m'appesantir sur le sujet dans la mesure où je l'ai déjà traité par ailleurs (et même dans mon petit cours de photographie qui est tout de même le premier article à intégrer !). Je vais simplement rappeler les grandes lignes de cette règle :

La règle des 1/3 ne s'applique quasiment exclusivement pour les images rectangulaires, horizontales (paysage) ou verticales (portrait) et cadrées à angle droit (pas d'horizon autre que... horizontal !). Mais je dis bien quasiment exclusivement puisque, je le répète, ce n'est pas une loi Divine, elle peut donc être violée sans arrière-pensée... C'est ainsi que rien ni personne ne pourra vous reprocher (et encore moins vous interdire !) d'utiliser la règle des 1/3 sur une image carrée... pour les images cadrées en diagonales, par contre, cette technique devient assez discutable puisqu'elle va compliquer la lisibilité de l'image et donc la desservir !...

La règle des 1/3 "coupe" l'image en 9 segments mais également fournit 4 lignes et 4 points. Le but du jeu ne consiste pas à utiliser tous ces éléments en même temps (!!!) au risque de passer à côté de la puissance de ce découpage "arbitraire".
— Les 4 lignes (2 horizontales et 2 verticales) définissent des zones d'une dimension égale au 1/3 dans chacune des directions (d'où le terme de règle des tiers !). Mais elles définissent également, à leurs points d'intersections, 4 points dits "points de force".
— Les 4 lignes (2 horizontales et 2 verticales) "coupent" effectivement l'image en 9 zones mais "créent" également 4 "chemins" de lecture.

Connaissant ces caractéristiques on peut jouer sur l'équilibre de l'image ou la symétrie de l'image en utilisant les 9 zones. On peut également montrer du doigt un élément capital de l'image que l'on placera sur un des points de force. Mais on peut également utiliser une (ou plusieurs) lignes pour donner un sens plus ou moins évident à l'image. Non, ces lignes ne sont pas les lieux servant à placer l'horizon (ce n'est pas faux, mais ce n'est pas aussi restrictif !).

Prenons un exemple, ce sera plus clair :

Dans cette image, j'ai fait figurer les 9 zones, les 4 lignes (jaunes) et les 4 points de force (rouges). Comment ai-je décidé d'utiliser ces éléments ?
- il est un élément sans importance (d'ailleurs il est volontairement flou) que j'ai placé au centre de l'image, loin de tout point ou ligne de force, autant dire que cet élément est quasiment effacé, c'est la main du modèle.
- l'élément principal de l'image c'est l'humain. Il est ici caractérisé par 3 lignes et deux points de force (!!!). Si on détaille un peu plus, on découvre qu'un des points se trouve sur le nez, ce point n'a donc aucun intérêt, par contre, l'autre point, situé au beau milieu du front, doit avoir un sens caché ! Remarquez que la règle des tiers est assez "souple", la localisation des points de force ne se "cale" pas au pixel près !!! Si on cherche du côté des lignes de force, on constate que l'horizontale supérieure (qui correspond au point de force signifiant) se projette au beau milieu du front du reflet lunaire du personnage (!!!) voilà le sens de l'image, non ? La ligne part du point fort supérieur gauche et suit la ligne horizontale supérieure jusqu'au reflet lunaire... Maintenant, si on épluche l'image plus globalement, on constate que le visage de gauche est bleu avec des traces blanches, comme un ciel... et bien oui, le visage de gauche c'est la terre, celui de droite c'est la lune... Que peut donc bien projeter l'esprit du modèle en direction de son image "lunaire" ? C'est là tout le sens de l'image, je ne donnerai pas MA solution, je l'ai créée comme cela, c'est l'interprétation du spectateur (lecteur !) qui devra faire de cette image ce qu'elle sera dans son esprit !...
- accessoirement, si on analyse les zones, on découvre une certaine symétrie avec, comme axe (presque comme une balance romaine !) la main floue au milieu. Le "déséquilibre" de poids entre "terre" et "lune" donne une diagonale (virtuelle) ascendante laissant ressortir une note d'optimisme et d'élévation... qui renforce le message de l'image !...

Vous avez pu "écrire" tout cela en image simplement avec 4 points (et les 4 lignes qui vont avec) !!! Fou non ?

LA VOIE DE L'ÉQUILIBRE

C'est un pendant à la règle des tiers. Placer le sujet principal sur un côté peut, dans certains cas créer un "déséquilibre" dérangeant dans l'image. On peut, dans ce cas, équilibrer l'image en plaçant un sujet de moindre importance dans l'espace laissé libre par le sujet principal. Attention, je ne dis nullement qu'il faut s'évertuer à équilibrer toutes les images (!!!), il est des cas où le déséquilibre est préférable, de même qu'il est des cas où l'ajout d'un élément sans importance peut, certes, équilibrer la composition mais totalement diluer voire détruire la symbolique de la photo finale !...

Cette image totalement "déséquilibrée" aurait tout à perdre d'un "équilibrage" à l'aide d'un sujet secondaire.

LE CHEMIN BALISÉ

À la lecture d'une photographie, l'œil va essayer de trouver un chemin pour comprendre le message contenu dans l'image. Cela est parfois très difficile et dans ce cas, cet "effort" va empêcher le spectateur d'apprécier la photographie. Fournir un chemin de lecture "balisé" va faciliter la lecture et ne plus rebuter l'imaginaire du spectateur de l'image. Mais là aussi, attention, ne pas systématiquement fournir ce genre de voie fléchée, cela deviendra vite ennuyeux !...


RECHERCHER UN CADRE

Qu'il s'agisse d'un environnement naturel ou construit par l'homme, il y a pratiquement toujours possibilité de créer un cadre dans l'image. Cela rend la scène plus intéressante et permet de souligner le point important de la photo.

Bien que je n'aime pas beaucoup, en l'absence de possibilité de création de cadre, nombreux sont les photographes à utiliser le vignettage pour un cadre artificiellement construit. Ce vignettage peut être blanc, noir, coloré ou flou, c'est au choix de chacun et en fonction des nécessités et des possibilités du sujet photographié.

Le vignettage n'est pas obligatoirement total (sur tout le pourtour de l'image), une portion de vignettage peut très bien équilibrer une image (comme celle d'exemple) sans faire appel à un élément extérieur probablement polluant pour le cliché.

ET NE PAS OUBLIER

Je terminerai cet article avec la seule règle incontournable qui soit en photographie et qui est presque systématiquement oubliée par le photographe amateur moyen : l'angle de prise de vue !...

Rester debout comme un arbre et shooter sans plus de procès mènera rarement à une bonne image !... S'élever de quelques centimètres (ou de quelques mètres !), ou au contraire, s'abaisser de quelques centimètres (voire se vautrer totalement au sol !) pourra donner de bien meilleurs résultats ! C'est (entre autres) pour cette raison que les reflex moyen format à viseur capuchon (visée à hauteur du nombril) donnera des images plus fortes qu'un reflex à visée à hauteur d'œil !...

LE MOT DE LA FIN

S'il ne devait y avoir une seule loi, elle serait la suivante : lors de la création d'une image, pensez aux quelques points exposés ci-dessus et oubliez-les presque immédiatement en scrutant votre dépoli dans le viseur, la meilleure des compositions sera celle que vous trouverez bonne lors de la création de l'image !... N'hésitez pas à expérimenter sur les sujets fixes, le déclenchement n'étant pas obligatoire, aucune crainte, aucune dépense (même en argentique), à la longue, vous finirez par "sentir" la meilleure composition pour un sujet donné et vous l'appliquerez sans même y penser !...

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MISE AU POINT SUR... LA PHOTOGRAPHIE D'INCONNUS

Voilà que je vais ouvrir une discussion sur un sujet particulièrement épineux !... La photographie d'inconnus est un genre très prisé des amateurs (même si cela reste uniquement une envie ou un fantasme pour pas mal d'entre eux), mais c'est un sujet particulièrement difficile car écartelé entre plusieurs considérations antagonistes !...

PHOTOGRAPHIER OU VOLER ?

Photographier des inconnus est d'abord savoir si on souhaite faire de la photographie humaniste ou de la photographie à sensation. En d'autres termes, savoir si on souhaite considérer l'Autre comme un sujet humain, support d'une expression artistique, ou comme une marchandise. Il existe une troisième voie qui consiste à considérer l'inconnu comme un sujet photographique au même titre qu'un paysage ou une nature morte.

Si on souhaite imiter les paparazzis, l'Autre n'a aucune valeur. En fait, pour le paparazzi, il n'a que la valeur qu'il tirera de la vente de ses photos. Pour l'amateur, il ne s'agira probablement pas de photographier des peoples et de toute manière, il ne s'agira pas de vendre ses photos. Dans tous les cas, on parlera de photo volée, le sujet photographié n'aura aucune valeur, il sera totalement déshumanisé. On achète un long téléobjectif (si possible très lumineux), on se camouffle comme pour une chasse photographique (et oui, l'Autre est considéré comme un gibier !), on mitraille comme un malade et on verra plus tard, au tirage (argentique) ou sur l'écran (numérique) si on peut garder quelque chose... Personnellement, je n'aime pas du tout le « paparazzisme » (néologisme très parlant je trouve !), à tel point que je ne me suis même pas déplacé au Centre Pompidou de Metz pour voir l'exposition photo « paparazzi » !... Mais, pourquoi critiquer ce genre ? Il y en a certainement parmi vous qui appréciez, alors je respecte !... Malheureusement, je n'ai aucun exemple à vous donner... puisque je n'en fais pas !...

Pour se rapprocher un peu plus de l'inconnu photographié, tout en le tenant à l'écart dans la photographie, nous envisagerons la troisième voie esquissée en début d'article. L'Autre sera un humain, mais il sera considéré, dans la photo du moins, comme un sujet photographique. Il sera une partie du paysage, voire il sera un paysage dans un environnement particulier. Vous me direz, avec raison, que dans ce cas, l'Autre ne doit pas avoir conscience d'être photographié au risque de "sortir" du paysage (en regardant l'objectif avec un grand sourire ou un air désapprobateur) et donc de démolir l'image souhaitée, qu'il s'agira donc également de "voler" son image. Oui et non. Certes, la différence est quasiment philosophique mais j'y tiens particulièrement (!!!), dans le cas de l'inclusion de l'Autre dans un paysage, une fois l'image « dans la boite », je vais systématiquement à la rencontre de mon sujet et je me fais connaître, je lui explique que je l'ai photographié, je lui demande ses coordonnées pour lui envoyer un tirage et lui demander l'autorisation de conserver le négatif. Je fais cela depuis que je fais de la photo, même si les premières fois c'est très difficile !!! Aujourd'hui, c'est bien moins cérémonieux (!!!) si on fait de la photo numérique, il suffit de se présenter, montrer l'image prise et discuter de l'éventuel avenir de l'image : destruction immédiate devant ses yeux ou conservation.

Dans cette image d'exemple, on voit bien que ce couple magnifique, outre son existence humaine, prend une dimension toute différente et autonome dans la photographie. L'image ne présente pas deux personnes mais, l'environnement "désolé", la couleur sépia et le décalage total du sujet vers la droite de l'image sont autant d'indicateurs qui soulignent que ces personnes ne sont pas le sujet de la photographie, mais que c'est bien leur cheminement vers l'automne de la vie qui est représenté. Si ces personnes avaient repéré la création de l'image, elles auraient regardé l'objectif, auraient souri ou se seraient masqué le visage donc seraient redevenues des individus et la photo n'aurait plus du tout représenté ce qu'elle représente aujourd'hui !... Donc, oui, c'est une photo volée, mais à la seconde où j'ai eu le consentement de ces personnes, l'image n'a plus rien eu à voir avec un vol !

Toujours dans le cadre de « l'Autre est un paysage », je peux vous présenter un autre exemple, totalement différent du précédent :

L'Autre est un individu, bien sûr, mais il est totalement extérieur à la photographie, tout concentré qu'il est sur ses activités. Il n'a pas conscience d'être l'objet d'une étude photographique et c'est ce qui fait l'intérêt de l'image. Est-ce une photo volée ? Oui et non, comme expliqué plus haut. Y-a-t-il violation de son intimité ? Oui et non. Certes, on viole son intimité d'une certaine façon puisqu'il n'a pas conscience d'être photographié, mais que sait-on de ses activités ? Rien ! Qu'avons-nous violé ? Rien ! Donc à la seconde où le consentement a été obtenu, il n'a plus été question de vol d'image ou de violation d'intimité !...

Reste la dernière possibilité : considérer l'Autre comme un individu et le représenter comme un individu. Lui et lui seul forme la photographie, c'est son humanité qui est représentée, ni sa position dans l'espace, ni sa position dans la société, ni son rôle (dans le cas de la photographie d'une de ses activités). Dans ce cas, nul besoin de se demander si la photo est une photo volée ou non... la première chose que l'image nous montre c'est l'adhésion totale du sujet dans l'étude photographique !... Donc toutes les négociations ont été faites en amont.

Bien sûr, ce dernier type de photographie perd un peu (voire beaucoup) en spontanéité et c'est tout l'art du photographe de passer outre l'éventuelle pose du sujet photographié.

Mais pour être tout à fait complet, il est des cas particuliers qui nous placent à la croisée des chemins, il s'agit, bien évidemment, de la photographie de gens en représentation. Je ne parle pas uniquement des acteurs ou autres artistes, mais de nombreuses personnes sont en représentation : tels carnavaleux, telle personne déguisée qui se promène sur la voie publique est en représentation, telle personne qui participe à une animation est en représentation, etc... Avec ces personnes, dans le cadre de leur représentation, on crée des photos dans le cadre de « l'Autre est un paysage » mais sans passer par la case autorisation puisque, par définition, ils sont présents pour être potentiellement sujet de photographie (exclusivement dans le cadre de la représentation !!!)



Cela ressemble tout à fait à des photos "volées", prises sur le vif, mais ces personnes sont préparées à l'exercice et il s'agit quasiment de photo posée !...

QUELLES DIFFICULTÉS ?

Pour une fois, il ne s'agira pas d'énumérer une liste de difficultés techniques, même si ces dernières sont nombreuses, mais des difficultés totalement extérieures à la photographie !...

Pour les adeptes de la « paparazzologie » (encore un beau néologisme), pas de problème... ils se placent d'emblée en dehors de toute considération autre que pécuniaire...

Pour qui cherche à faire de la photographie « sur le vif » (personnage/paysage) en dehors de toute représentation du personnage, ou de la photographie « humaniste » (sujet prévenu et d'accord) on se retrouve face à des difficultés majeures :

1) la loi
Dans toutes les sociétés "occidentales", on dira plutôt "industrialisées" puisque ces pays se trouvent partout sur la planète maintenant, il existe des lois sur le droit inaliénable à l'image et la France est, sur ce point, la plus restrictive du monde !... Ces lois sur le droit à l'image interdisent tout simplement de photographier une personne qui n'accepte pas d'apparaitre sur une photo. J'irai même plus loin en précisant qu'il est indispensable de posséder une autorisation écrite et signée avant même d'essayer une composition à blanc (sans déclencher). Allez chercher de la spontanéité dans ces conditions !!!...

2) la pauvreté
On peut se dire que pour contourner les barrières de la loi, il suffit de limiter ses recherches photographiques dans les pays trop pauvres pour s'intéresser à des lois d'une portée si secondaire... Mais là, le problème est la pauvreté elle-même. Les hommes dans le dénuement extrême essayent de survivre par tous les moyens et poser contre quelque argent est entré dans les mœurs. Attention, je ne critique pas, au contraire (!!!), déjà que se présenter à eux avec du matériel dont le coût leur permettrait de vivre pendant plus de 10 ans est assez lamentable, si on plus, on estime que les autochtones exagèrent en demandant de l'argent pour poser, on ne devrait même plus avoir le droit d'aller à la rencontre de ses congénères... certains hommes sont pauvres, ce n'est pas de leur faute, doivent-ils pour autant être considérés comme des animaux (et donc tout accepter docilement) par d'autres hommes sous prétexte que ces derniers ont de l'argent ? Inutile que je vous donne MA réponse, elle est plus qu'évidente !!! Personnellement, si je sais que je risque de croiser la route de peuplades si pauvres, je n'emporte pas ma "grosse artillerie photographique" mais je me charge de cadeaux à type de vêtements ou autres et un peu d'argent (et accessoirement d'un petit boîtier sans ostentation) et, systématiquement, je me retrouve le soir à l'hôtel sans plus aucun cadeau, sans plus d'argent et... sans la moindre photo... mon problème ? Voyez le paragraphe suivant, vous comprendrez... et puis, photographier la pauvreté, même si ces hommes sont très beaux, cela me donne l'impression de faire du voyeurisme et me coupe l'envie de photographier...

3) la psychologie
Rien n'est plus facile, psychologiquement, que la photo "volée". Aller à la rencontre d'inconnus pour leur demander l'autorisation de les photographier n'est pas d'emblée à la portée de tous !... On a beau savoir et se persuader que personne ne s'est jamais fait manger pour une telle démarche, que le pire des scénarii est une réponse négative... cela reste très intimidant... c'est un peu comme, adolescent, proposer un premier rendez-vous... Et c'est encore plus compliqué si on prévoit de photographier dans des "milieux" qui nous sont étrangers (pays pauvres, ghettos, marginaux, etc...)

Sachez que cette barrière est vite levée et qu'un refus ne constitue pas un échec... avec le temps, le nombre de refus diminue... donc j'en conclue que la réponse est uniquement fonction de la question : plus le photographe amateur sera timide et plus il accumulera de refus... plus souvent il aura demandé et plus vite il obtiendra des réponses positives.

CE QUE J'AIMERAIS VOIR SYSTÉMATIQUEMENT

Lorsque vous voulez photographier des inconnus, vous devrez toujours leur demander la permission. Avec la bonne attitude et quelques astuces, vous aurez bientôt autant de modèles que vous voulez...

Par définition, personne ne ressemble à personne (sauf exceptions) et il est quasiment impossible de circuler parmi ses congénères sans en rencontrer un qui vous inspire pour créer une grande image... Chaque visage raconte une histoire et exprime une personnalité différente, la vie dure du travailleur de force, les rides profondes de cette superbe grand-mère, le visage parfait de cette jeune femme, la beauté ethnique lorsque l'on voyage. Cependant, photographier ces gens n'est pas toujours facile (voir le paragraphe précédent). Il est tentant d'essayer de se camoufler dans un recoin ou se noyer dans une foule avec une longue focale, mais, vous vous apercevrez rapidement que les photos "volées" sont souvent assez décevante parce qu'elles ne racontent que très peu de ce qui rendait la personne intéressante de prime abord. Entrainez-vous donc à surmonter vos freins, avec la bonne attitude et un minimum de préparation, vous remarquerez que la plupart des gens sont heureux de se faire photographier, contrairement à ce que l'on pense généralement. Un vrai portrait accepté par le modèle, même au coin de la rue finira par figurer parmi vos meilleures photos... Laissez-moi vous donner quelques petits tuyaux :

Soyez 100% à ce que vous faites
Le plus simple moyen de ne jamais réussir ses photos d'inconnus, outre le fait de leur voler leur image, est de le faire sans se sentir en train de le faire !... Il est quasiment impossible de se forcer à pratiquer cette activité... soit vous avez vraiment très envie de vous y mettre et vous vous y adonnez à 100%, soit vous faites tout autre chose !... Souvent, allez savoir pourquoi, vous vous surprenez à cacher ce que vous faites, vous essayez de cacher l'appareil photo, c'est exactement que qui va vous fermer l'accès aux autres... Votre activité n'est pas honteuse, ne donnez pas l'impression aux autres que vous êtes un être sournois et malveillant, ils ne vous accorderont pas une seule seconde d'attention lorsque vous vous approcherez d'eux pour leur demander l'autorisation de les photographier.

Au contraire, faites preuve d'audace et soyez bienveillant, souriant et confiant. Si quelqu'un vous interpelle, pas de panique, expliquez-lui tranquillement ce que vous voulez faire et pourquoi. Si vous n'êtes pas encore très sûr de votre argumentaire, promenez-vous avec un petit répertoire de vos plus belles images en petit format pour montrer ce que vous recherchez... c'est comme si vous présentiez un book, en plus cela prouvera que vous n'avez rien à cacher.

Même si votre but c'est la photo, n'attaquez pas de front
N'allez pas vers les gens pour leur demander une autorisation tout de go !... Gardez votre appareil photo bien en vue, à la main ou autour du cou et débutez une petite conversation. Oh, inutile de philosopher !... Une approche du type « salut, je passais par là quand je vous ai croisé... je suis photographe amateur (insister sur amateur !) et passionné et j'adore votre look (ou votre coiffure, votre silhouette ou que sais-je), accepteriez-vous que je fasse une photo de vous ? » est généralement très suffisant !... Attention toutefois, si vous êtes intéressé par quelqu'un présentant une dégaine de ouf, n'allez pas lui dire que vous le trouvez tellement bizarre que vous voulez le photographier... c'est l'échec assuré, voire le coup de poing !!!

Un petit compliment ne coute rien et rapporte beaucoup dans les relations humaines, n'en soyez pas avare mais n'exagérez pas, vous vous grilleriez !... Si, en plus, vous faites tout cela avec un sourire, vous serez surpris de voir le nombre de volontaires à la pose !...

Si vous êtes à l'étranger, pensez à vous renseigner avant de partir... certaines cultures n'acceptent pas la photographie !... Dans ce cas, évitez de photographier des gens, sous peine de gros problèmes !!!

Si, toujours à l'étranger, vous ne parlez pas la langue locale, vous pouvez tenir le même langage que précédemment (même si l'interlocuteur ne parle pas un seul mot de français !) avec les mêmes codes (sourire, appareil photo visible), mimez ce que vous dites... cela fonctionne généralement très bien !...


personnage bizarre rencontré dans une rue de Budapest en 1991

Le maître mot : le respect
Si vous voulez avoir une chance de décrocher un accord, il faut être simple, spontané, cool MAIS respectueux ! N'allez pas, pour faire genre, commencer à taper sur l'épaule du premier venu, cela sera probablement très mal interprété ! En plus, dans de nombreuses cultures, le contact physique est mal accepté (voire proscrit !) et, même, dans certaines cultures, s'approcher de quelqu'un à moins d'un mètre est considéré comme une agression !!! Donc soyez accessible mais respectueux !!!

À l'inverse, si vous essuyez un refus... respectez ! Dites que vous êtes déçu, désolé (ou mimez-le) mais respectez le refus et partez en souriant... Insister serait non seulement lourd mais agressif... vous avez tout à y perdre !...

Ne pas se moquer du monde
Si vous n'êtes pas un professionnel et que vous faites de la photographie, cela signifie que vous êtes libre. En week-end, en congé, que sais-je. Vous avez tout votre temps... seulement voilà, ce n'est pas forcément le cas de la personne que vous allez aborder !... Laissez-la penser que vous allez lui faire perdre son temps et elle s'évaporera de votre espace à la vitesse d'évaporation de l'éther. N'oubliez jamais qu'un accord de sa part signifie un double don : don de son image + don de son temps... il faut vous en montrer digne !... Donc, du début à la fin de votre collaboration, il faudra faire bien mais il faudra faire vite !!!...
- ne pas palabrer des heures avant la prise de vue
- ne pas essayer 36 poses ou angles de prise de vue/composition. Il faut savoir tout de suite ce que vous voulez faire... au plus, vous pourrez shooter quelques images en rafale et c'est tout... autant dire que cet exercice est à réserver aux amateurs ayant déjà une bonne capacité à prédéterminer l'image finale avant le déclenchement... Pour le débutant, se faire les dents avec des amis qui ont le temps pour déterminer les poses qui peuvent vous intéresser et s'entrainer beaucoup pour obtenir très rapidement exactement la photo souhaitée.
- si vous photographiez en numérique, montrez votre écran LCD pour que votre modèle d'un jour puisse entrevoir le résultat, prenez ses coordonnées pour lui envoyer une image papier ET envoyez-lui, sans faute !!! Si vous faites de l'argentique, prévenez le modèle qu'il y aura un délai, prenez ses coordonnées pour lui envoyer un tirage ET envoyez-lui, sans faute !!!
- une fois ces démarches terminées, remerciez chaleureusement votre inconnu et rendez-lui sa vie que vous avez perturbé.

Voilà, avec ces quelques petites notions, je pense que vous allez pouvoir goûter aux joies de la photographie d'inconnus. Il est vrai que cette expérience est très riche, tant d'un point de vue photographique que d'un point de vue humain, avec des rencontres certes très brèves, mais très intéressantes... Si, jusqu'ici vous faisiez de la photo "volée", essayez cette nouvelle approche, il y a de fortes chances que vous changerez d'orientation au moment de photographier à nouveau des inconnus...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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MISE AU POINT SUR... LA VRAIE RÉSOLUTION FILM / NUMÉRIQUE

Voilà bientôt 20 ans que le grand public pratique (ou au moins connait) la photographie numérique et personne ne sait encore à quoi correspond la résolution et qui du film ou du capteur numérique offre la meilleure résolution...

J'en ai déjà parlé ici et là dans différentes pages de mon site www.thydelor.eu, mais vu les interrogations persistantes et certains mails, j'ai décidé de m'arrêter un peu plus précisément sur le sujet...

Avant toute chose, qu'est-ce que la résolution ?

La plupart d'entre nous assimile (l'erreur est compréhensible et excusable !) la résolution au nombre de pixels, surtout lorsqu'on compare les qualités des appareils numériques, mais ce n'est pas tout à fait exact !...

La résolution de l'image est essentiellement la quantité de détails qu'une image peut afficher. C'est la quantification de la mesure dans laquelle deux lignes contigües peuvent être visiblement résolues ou discernées l'une de l'autre. Si un appareil, un film, un capteur ou un objectif peuvent produire une image où vous pouvez voir des bords clairement définis des plus petits détails, la résolution est dite élevée. Ainsi, la "notion" de pixels devient une sorte d'unité de mesure de la résolution dans les images numériques.

La résolution est déterminée par la taille des pixels présents dans l'image, et plus les pixels sont nombreux et plus ils sont petits. Cependant, naturellement, cela doit prendre en compte la taille de la surface. De plus, il existe d'autres considérations, telles que les algorithmes de traitement d'image et l'interpolation de pixels, dont nous discuterons plus loin. La résolution du film est mesurée en lignes par millimètre et ces lignes sont en fait des paires de lignes (une sombre et une claire contigües forment une ligne), également appelées paires de lignes par millimètre. Étant donné que les enregistrements de films se détaillent naturellement, il n'y a pas d'algorithmes et d'interprétations informatiques pour brouiller les choses et les détails que vous voyez sont extraordinaires, en particulier avec des films de moyen et grand format...

Netteté et détail

Le film enregistre naturellement les meilleurs détails dans un cadre donné, ce qui signifie que vous obtenez des textures des plus grossières aux plus fines. Les capteurs numériques sont moins sensibles aux détails fins, mais sont plus sensibles aux détails de niveau moyen. Ceux-ci sont exagérés en augmentant le contraste qui se traduit par une image fortement aiguisée qui est destinée à compenser le manque de détails et à donner une fausse impression de netteté dans l'image finale. C'est l'une des raisons pour lesquelles les images argentiques sont tellement meilleures à l'œil. La manière naturelle d'enregistrer les détails plus grossiers plutôt que le contraste accru est la façon dont nos yeux répondent naturellement aux stimuli visuels.

Résolution RVB

Sauf pour les capteurs Foveon®, tous les capteurs numériques sont en noir et blanc, recouverts de points vert, rouge et bleu. Cela signifie que chaque pixel n'a pas des informations R, V et B complètes, chaque couleur ne couvrant qu'un tiers du capteur (pas tout à fait puisque la répartition des couleurs primaires n'est pas équivalente). Cela se traduit par un tiers de la résolution pour chaque couleur, ce qui signifie que les valeurs du nombre de mégapixels annoncées par les fabricants pour leurs produits sont extrêmement exagérées.

Étant donné que chaque pixel ne représente qu'un tiers, les données de couleur doivent être résolues, les appareils photo numériques utilisent le Microprogramme Interpolation Bayer qui les aide à interpoler ou à deviner les valeurs entre les emplacements des pixels de chaque couleur pour obtenir une valeur de luminosité pour une couleur donnée. Donc, si un appareil indique un résolution de 25 MPxl, il ne peut généralement résoudre que la moitié de cette valeur, voire même moins, et le reste est le résultat d'algorithmes d'interpolation et de lissage.

D'autre part, avec un film, vous obtenez une résolution complète R, V et B en chaque point et obtenez donc des quantités infinies d'informations sur les couleurs et des détails donc toute l'image s'en ressent. Vous obtenez donc la même résolution pour les différentes couleurs enregistrées, et la résolution donnée pour le film est la résolution réelle que vous obtenez dans les résultats.

La vraie résolution du film

Lorsque nous prenons tout ce que l'on vient de voir, quelle est la résolution réelle du film ? Il capture beaucoup plus de détails que n'importe quel capteur numérique, mais ces détails ne peuvent être exprimés par aucune mesure qui puisse être facilement comparée au numérique. Lorsque nous agrandissons un négatif (argentique) et que nous le comparons au numérique, nous pouvons voir clairement les différences : avec le film, vous obtenez les détails les plus fins des textures que le numérique adoucira (pour ne pas dire floutera) tout en conservant des bords nets pour nous faire croire que l'image est encore nette. Cependant, nous voulons toujours savoir quelle est la résolution du film en termes que nous pouvons rapporter au numérique, tels que le nombre de pixels.

La plupart des films ont une résolution moyenne de 150 paires de lignes par millimètre et nous utiliserons cela comme exemple même si différents films peuvent présenter des résolutions différentes. 150 paires représentent 300 lignes, soit 300 pixels par millimètre dans n'importe quelle direction. Lorsque nous considérons toute la surface du film, nous obtenons 300x300 soit 90 000 pixels, soit 0,09 mégapixels par millimètre carré. Maintenant, cela se traduira très différemment pour différentes tailles de films. Lorsque nous regardons un film de 35 mm, il a une surface de 35 x 24 = 864 mm². Cela signifie qu'un morceau de film de 35 mm présente 0,09 x 864 mégapixels, soit près de 78 mégapixels. On est loin du nombre de pixels de l'appareil photo numérique qui ne représente -au mieux !- que la moitié de cela. Un film de 35mm (24x36) où chaque pixel a une interprétation RVB complète devrait être comparé à un appareil photo numérique disposant de 156 mégapixels pour donner le même type de détails. Et bien sûr, ce n'est que du 35 mm !!! Avec un moyen et un grand format, vous obtenez encore plus de détails, et plus vous augmentez la surface du film et plus les possibilités seront infinies. Avec un film moyen format de 60x60, vous obtenez 56mm x 56mm = 3136mm² (la surface exposée d'un 6x6 est de 5,6x5,6cm), ce qui correspondrait à 282 MPxl. Un grand format de 4x5" (le plus petit des grand-formats) aurait 95mm x 120mm soit 11400mm² et 1026 MPxl avec toutes les données RVB pour chaque pixel. Et on pourrait continuer comme cala encore longtemps, mais ces quelques chiffres sont déjà extravagants !!!...

Méthode de sortie

Bien que le film lui-même puisse avoir une haute résolution et une capacité à saisir des détails sans fin, ce que nous finissons par voir est limité par la qualité de la méthode de sortie. Récemment, la plupart des gens ont commencé à numériser leur film et le scanner ne pourra que reproduire les détails jusqu'à son indice DPI (dot per inch ou points par pouce). Le film peut afficher beaucoup plus de détails mais cela ne peut pas être reproduit par le scanner.

Cela étant dit, les scanners peuvent reproduire les informations RVB de remplissage disponibles pour chaque pixel (contrairement à la majorité des capteurs de boîtiers numériques) et peuvent reproduire ainsi ce que le film peut proposer à la qualité maximale de détails à leur portée.

Beaucoup de gens ont tendance à comparer les balayages numériques (scans) aux appareils photo numériques en comparant la résolution, plutôt que de comparer avec le film, ce qui entraîne la certitude que le numérique a rattrapé le film, voire que le numérique est meilleur que le film... ce qui est faux. La qualité des fichiers numérisés dépendra de la qualité et des capacités du scanner, et si des scanners anciens ou de faible qualité sont utilisés, les résultats ne seront pas terribles, tout comme un moniteur de qualité inférieure vous affichera les résultats d'un capteur de 25 MP sous un visage blême.

Certains autres facteurs sont à prendre en compte, la méthode de sortie n'est pas le seul paramètre à affecter la qualité de l'image obtenue. Les optiques ont leurs propres capacités de résolution par millimètre et jouent un rôle énorme dans la possibilité -ou non- d'exploiter le potentiel de résolution du boîtier (film ou capteur).

Un autre facteur à considérer (non des moindres) est votre propre capacité. Vos compétences de photographe doivent être élevées afin de savoir saisir la meilleure quantité possible de détails avec le film et également avoir les compétences et les ressources nécessaires pour réaliser des impressions / scans de qualité à partir de ces expositions. Si vous faites des comparaisons entre le film et le numérique, ces facteurs doivent être pris en compte, et votre matériel, votre sujet, vos paramètres d'exposition et d'autres facteurs influençant la qualité devraient être contrôlés afin que les détails et la résolution puissent être vraiment comparés.

Ce que nous pouvons retirer de tout cela est que la véritable résolution du film est sans limite. Nous pouvons essayer de la quantifier, mais la quantité de détails qu'il peut capturer ne peut être vu que par les différentes méthodes que nous utilisons pour la sortie, c'est-à-dire les analyses et les impressions.

Avec l'évolution des scanners, nous avons vu que la résolution du film paraissait toujours meilleure, le scanner récupérant toujours plus de détails du film inséré. Les possibilités sont sans fin, et puisque nous avons dit que la résolution ne fait pas -à elle seule- une belle image, il est très utile de repousser nos limites et de voir à quel point elle peut être améliorée dans notre pratique de tous les jours.
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Comme nous venons de le voir, nous sommes tous d'accord pour dire que la résolution est le détail visible d'une image. Cependant, les deux média - film et capteur - utilisent deux unités différentes pour mesurer la résolution, d'où la confusion. La résolution numérique est mesurée en (méga)pixels, tandis que la résolution du film est mesurée en paires de lignes par millimètre (l/mm). Mais existe-t-il un moyen de mesurer la résolution numérique du film ? Oui, c'est possible - si l'on suppose qu'un pixel numérique représente une ligne d'un film. Chaque paire de lignes du film se compose d'une ligne noire et d'une ligne blanche, de sorte que chaque paire de lignes nécessite deux pixels numériques : l'un pour la ligne noire et l'autre pour la ligne blanche. En suivant cette logique, vous avez besoin d'environ 156 mégapixels pour représenter ce qui se trouve sur une vue d'un film de 35 mm. Mais c'est encore une mesure approximative et très théorique. En pratique, lorsque nous comparons le film et la résolution numérique, on compare en fait les images argentiques scannées aux images issues d'un appareils photo numériques.

Pixels d'appareil photo numérique contre Pixels de film scannés

Presque tous les boîtiers numériques sont livrés avec un seul capteur monochrome couvert de points colorés avec un filtre rouge, bleu ou vert. Le problème est que - parce que nous n'avons pas de capteurs rouges, bleus et verts séparés pour chaque emplacement de pixel- l'appareil enregistre seulement un tiers de la résolution en rouge, bleu ou vert. Maintenant, un algorithme spécial appelé interpolation de Bayer est utilisé pour interpoler les valeurs de couleur manquantes dans chaque emplacement de pixel. Malgré l'interpolation, chaque emplacement de pixel dans une image numérique n'atteint que la moitié des informations de couleur RVB.

En comparaison, les films scannés ont habituellement 100% de données R, V et B. Un bon scanner peut reproduire fidèlement jusqu'à ses capacités maximales (exprimées en points ou pixels par pouce), car il contient trois ensembles de capteurs numériques - un pour le rouge, un pour le vert et un pour le bleu. C'est exactement pourquoi les images de films scannées sont plus nettes et plus vives que les images des boîtiers numériques. Les scanners de film - même lorsqu'ils reproduisent un octet de 8 bits pour chaque couleur (minimum envisageable)- capturent des informations de couleur de 24 bits par pixel. Les boîtiers numériques retournent environ 8 bits d'informations RVB pour chaque pixel et interpolent le reste. Cela signifie que les images de film scannées offrent également une précision de couleur supérieure à celle des images des boîtiers numériques.

Autres facteurs à prendre en considération

En ce qui concerne la résolution numérique comparée à celle du film, un certain nombre d'autres facteurs doivent être pris en considération. Malheureusement, la plupart des discussions sur ce sujet se réduisent à la comparaison des mégapixels. Cependant, les pixels ne sont pas le seul facteur qui contribue à la résolution de l'image. Examinons de près certains autres facteurs (il y en a peut-être d'autres que j'oublie !) :

Plage dynamique
La plage dynamique est la différence entre la région la plus sombre et la région la plus claire qui peut être visible dans une image. Si la portée dynamique de votre appareil photo est inférieure à celle du sujet que vous essayez de photographier, vous pouvez finir par "bruler" des points forts dans les clairs et les "étouffer" dans les ombres. La plupart des images numériques manquent de points forts et de détails dans les ombres car les appareils photo numériques ont une plage dynamique plus faible que les films. Le problème de la plupart des boîtiers numériques est leurs caractéristiques de destruction dans les zones claires. Ils ne peuvent pas trop surcharger les blancs contrairement au film. Au moment où ils rencontrent quelque chose de clair, les capteurs déterminent directement des valeurs de 255, soit des blancs purs... même si vous essayez de reproduire un magnifique ciel bleu clair !...

Contrairement aux appareils photo numériques, les films ont des marges de reproduction très larges. Si vous regardez l'histogramme de n'importe quelle image numérique surexposée (même un peu), vous verrez un pic sur son côté droit, qui mesure en effet tous les pixels à 255. Et presque tous les appareils photo numériques, quel que soit leur prix et leurs caractéristiques, présentent ce problème. Le film, lui, surexpose plus facilement. Les points clairs semblent plus naturels sur une image argentique. Même lorsque vous définissez l'exposition, plusieurs diaph' au-dessus, le blanc ne se délave pas complètement, mais il semble juste un peu plus blanc. L'histogramme de toute image de film surexposé montre généralement une surexposition graduelle - de zéro à 255.

Le film répond à la lumière de la même manière que nos yeux - avec une courbe en "S". Cela signifie que, contrairement à un capteur numérique, un film n'est pas linéaire dans sa réponse à l'intensité de la lumière - ce qui explique exactement pourquoi un film a cette capacité à capturer des images avec une plus grande différence entre ses régions les plus sombres et les plus claires. En numérique, chaque augmentation de l'intensité lumineuse entraîne le même niveau d'augmentation de contraste. En d'autres termes, les régions les plus claires et les plus sombres de l'image répondent de la même manière à la lumière, ce qui rend les images numériques plates et moins vivantes que les images des films. Alors que certains appareils photo numériques contemporains prétendent avoir jusqu'à 14 diaph' de plage dynamique, les résultats que nous voyons ne sont pas aussi proches que les images prises avec des films.

Bruit ou grain
Les points et/ou les taches indésirables présents dans une image sont communément appelés bruit numérique ou grain quand il s'agit de film. Le «bruit» dans l'image numérique est causé par des signaux incontrôlables (parasites) au niveau du capteur numérique en raison d'une chaleur excessive ou des circuits numériques ne fonctionnant pas correctement ou par des interférences entre la capture analogique du signal et sa traduction numérique.

Pour le film, le grain est le résultat de la prise de vue dans des conditions de faible luminosité. L'un des facteurs principaux ayant un impact sur le grain est la sensibilité du film. La taille des grains d'un film varie en fonction de la sensibilité ISO du film. Plus le film est sensible (rapide, valeur ISO élevée) plus les grains seront gros et visibles.

En numérique, les images prises avec un réglage ISO élevé entraîne plus de bruit. Si vous utilisez une sensibilité ISO 100 ou 200 avec un appareil photo numérique, vous obtenez des images (presque) sans bruit (selon l'âge de votre boîtier), alors qu'il pourrait y avoir un faible bruit dans les images prises à 400 ou 800 ISO. Et le bruit augmente avec la valeur ISO.

Toutefois, le bruit numérique est beaucoup plus faible (en concentration par unité de surface) que le grain dans un film (mais se voit plus puisqu'il se traduit par des couleurs aléatoires sans rapport avec la couleur reproduite). Cela semble donner aux images numériques un avantage sur les images argentiques mais il y a un hic !... Les fabricants d'appareils photo numériques échangent habituellement les détails en surbrillance et la fidélité des couleurs pour diminuer le bruit. Cela signifie que l'appareil photo numérique semble offrir une grande qualité d'image en théorie, alors que - en pratique - il n'en est rien... Lorsqu'il s'agit de capturer des images en pose longue, le film reprend largement le dessus sur le numérique. Les films, peu importe leurs temps d'exposition, ne surchauffent pas (!!!) contrairement aux circuits d'un appareil photo numérique, cette surchauffe entraînant à coup sûr un bruit thermique dans l'image.

Qualité de couleur
Le film capture une gamme de couleurs plus large que les capteurs numériques. Si vous tirez un objet rouge foncé ou vert avec un boîtier numérique, et un boîtier argentique, vous pourrez voir la différence vous-même. Les boîtiers numériques reproduisent de l'orange rougeâtre en lieu et place du rouge foncé, tandis que le film -inversible (diapositive) surtout- peut reproduire la couleur rouge profond comme vous la voyez.

Cependant, si vous prévoyez d'imprimer votre image, le numérique pourrait être une meilleure option. La raison est simple. Il n'y a presque aucune génération de perte en numérique. En comparaison, faire des tirages d'un film implique la génération de perte lorsque vous exposez le papier couleur à travers l'objectif de l'agrandisseur et lorsque vous le développez. Si vous faites de la diapositive (que vous ne tirez pas sur papier !), le film peut vous donner une meilleure qualité de couleur que le film négatif ET que le numérique.

Fonction de transfert de résolution et de modulation
En plus, nous devrions prendre en compte un autre paramètre appelé Modulation Transfer Function (MTF) lors de la comparaison de la résolution du film et des images numériques. Prendre en compte la MTF aiderait à comparer le film et le numérique sur la base des lignes plutôt que des pixels. Généralement, la MTF est utilisée pour mesurer la netteté d'un système d'imagerie et/ou des composants d'un système, tels que film, scanner, objectif et capteur.

La MTF est une réponse en fréquence. La seule chose qui la distingue de la réponse en fréquence d'un son est qu'elle implique une fréquence spatiale. C'est le contraste à une fréquence spatiale définie par rapport aux basses fréquences. Plus la réponse à la fréquence spatiale est étendue, plus l'image est nette. La fréquence spatiale est généralement mesurée en cycles ou en paires de lignes par distance (par exemple, pouces et millimètres). Les paires de lignes par millimètre (lpmm) sont les plus adaptées au film, car le film a généralement un format fixe (tel que 35 mm, moyen format et grand format). D'autre part, les cycles / pixels (cpp) et les largeurs de ligne/hauteur d'image (ll/hi) sont plus adaptés aux appareils photo numériques, car les capteurs numériques sont disponibles dans une grande variété de tailles.

En fin de compte

La comparaison entre film et numérique est scientifiquement très difficile, voire impossible... Le seul moyen de comparaison étant son œil... et à ce niveau, il n'y a aucun doute possible : malgré la qualité sans cesse accrue des images numériques, le film offre toujours un résultat plus précis et plus naturel et cela risque de durer encore longtemps surtout à cause du handicap du capteur numérique, sa linéarité de réponse à la lumière... l'œil, comme le film, ne réagissent pas linéairement !...

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MISE AU POINT SUR... LA QUALITÉ DE LA LUMIÈRE

Qui n'a jamais dit -ou entendu dire- « oui, la lumière est magnifique aujourd'hui, il faut faire de la photo » ou au contraire « laissons tomber la photo, aujourd'hui la lumière est très mauvaise » ? Cela est en effet une réaction très commune dans le vocabulaire des photographes, même amateurs, ou des cinéastes, même amateurs, mais est-ce que cela veut réellement dire quelque chose ? Les scientifiques sauront définir et décrire la lumière, mais je n'en ai jamais entendu parler de bonne ou de mauvaise lumière ! En fait si, un de mes amis, physicien de son état et photographe à ses heures, ne parlera jamais de la qualité de la lumière dans son laboratoire mais, à peine avec son boîtier en main, c'est une toute autre histoire !...

Puisque la notion de qualité de lumière n'a aucun fondement scientifique, nous allons essayer de chercher chez les spécialistes de la qualité de la lumière : les photographes.

Avant tout, les photographes sont programmés (autoprogrammés) avec des idées préconçues sur ce qui constitue une lumière favorable. Ils imaginent l'image qu'ils veulent créer et si l'environnement lumineux semble aller dans le sens de l'histoire qu'ils veulent imprimer sur leur photo, ils estimeront que la lumière est bonne, sinon, ils l'estimeront mauvaise !... La qualité de la lumière sera également considérée différemment si le photographe prévoit une photo monochrome ou une photo couleur...

Ensuite, nous avons également nos propres préférences esthétiques, certains peuvent préférer une lumière plus plate ou plus diffuse. Cela peut s'expliquer (en partie) par le lieu où chacun vit ou le lieu où chacun est né : un nordiste aimera probablement la lumière diffuse et douce alors qu'un sudiste aimera probablement la lumière plus contrastée, plus dure, plus directe.

Enfin, si le photographe est dans une phase de vague à l'âme, de spleen, il préfèrera probablement une lumière douce et diffuse, alors que s'il est en pleine période d'euphorie, il préfèrera certainement une lumière bien pétante.

Donc, si c'est le caractère de la future image, le lieu de résidence ou de naissance ou l'état psychologique du photographe qui déterminera qu'une lumière est bonne ou mauvaise, je crois pouvoir affirmer sans trop risquer de me tromper, qu’il n’y a pas de lumière vraiment mauvaise, ni vraiment bonne !...

Je pense que le moyen le plus simple pour comprendre qu’une lumière n'est objectivement ni bonne ni mauvaise est de la décomposer en ses caractéristiques (photographiques, pas physiques !) de base : l’intensité, la direction, la propagation et la couleur.

L‘intensité est l'origine du contraste. Savoir quelle est la luminosité de la source de lumière c'est savoir quelle est sa luminosité par rapport aux autres sources éventuelles. Plus une source est intense, plus les ombres qu’elle produira auront des bords nets. Lorsque la source est très intense, le contraste est tellement fort, qu’il dépasse la plage dynamique du film ou du capteur, les parties claires de la scène seront brulées (blanches sans détail) et les parties sombres seront bouchées (noires sans détail). Cela peut être un défaut si vous voulez représenter clairement toute la scène, mais cela peut également avoir une valeur artistique si vous souhaitez masquer ou obscurcir certains détails.

La direction. Une source lumineuse est directionnelle lorsque tous les rayons lumineux proviennent d’un même point et se propagent dans le même axe. Une source collimatée, par exemple l’embrasure d’une porte qui ouvre une pièce sombre sur l'extérieur ensoleillé, est encore plus directionnelle car elle est quasiment parallèle et seule la lumière qui se déplace dans une direction sera perçue. Les ombres projetées sont fortes si la lumière est directionnelle. Une source omnidirectionnelle sera, au contraire, diffuse. Toute lumière directionnelle devient diffuse à mesure que l'on s'éloigne de la source (dans le vide parfait, ce n’est pas le cas).

La propagation définit la largeur couverte par une source lumineuse. Elle est liée, mais pas parfaitement identique à la direction, car vous pouvez avoir une source proche d’un sujet qui se traduira par un point directionnel et une intensité élevée ou la même source pourrait être large et couvrir une plus grande surface dans la scène. Vous pouvez également avoir une source éloignée qui est étroite mais qui couvre toute une scène en raison de la distance (diffusion).

La couleur. La couleur (sa température) de la lumière incidente affecte la couleur de la lumière réfléchie par le sujet. La surface d’un sujet agit comme un filtre, absorbant certaines longueurs d’ondes et en réfléchissant d’autres. C’est la raison pour laquelle les sujets ne sont pas monochromes sous la lumière blanche. La nature de l’objet (sa composition moléculaire) détermine ce qui est absorbé et ce qui est reflété. Si la lumière incidente est absorbée par le sujet, la lumière réfléchie sera minimale et le sujet apparaîtra sombre ou sans contraste, par exemple un objet bleu sous une lumière rouge paraitra noir.

Une scène éclairée par une seule source de lumière, ce qui est théoriquement impossible puisque tout objet, l'air inclus (et les particules en suspension : pollution, brouillard, fumée, humidité, etc.) renvoie une certaine quantité de lumière et devient donc, à son tour, une source lui-même. Donc on se retrouvera avec un éclairage par sources multiples, une source principale et une possible infinité de sources secondaires. Heureusement, la plupart du temps, les sources secondaires seront si faibles que la lumière sera relativement uniforme.

En photographie, il est donc sans objet de s'inquiéter de la qualité d’une source de lumière. La compréhension du phénomène d'éclairage dépasse une simple approche subjective de la qualité de la lumière.

Si, plutôt que réfléchir en terme de lumière, on réfléchissait en terme d'ombres. Les ombres sont les seuls alliés permettant de représenter les trois dimensions de l'espace dans les deux dimensions de l'image et produire une impression de profondeur. Les ombres nous montrent ce qui se passe devant nos yeux. À plus faible distance, les ombres créent de la texture. Les surfaces réfléchissantes n'apparaissent pas car il n’y a pas d’ombre, ce qui signifie que vous voyez ce qui se trouve immédiatement devant ces surfaces. Les réflexions peuvent être intéressantes et donner l’impression qu’il y a plusieurs sources de lumière sans perte de luminosité, même si vous n’avez qu’une seule source principale véritable.

Comme la lumière, mais plus important en photographie, les ombres peuvent être fortes (denses) et sans détail, mais elles peuvent également avoir plusieurs niveaux de douceur avec de plus en plus de détails et finir même par être totalement absentes. Dans ce dernier cas, cela donne une image certes sans profondeur mais pleine de mystère, comme par temps de brouillard par exemple.

Je vous dis tout cela parce qu'en bout de compte, il est préférable de parler de la qualité des ombres que de la qualité de la lumière, même si les unes sont la conséquence de l'autre. Une lumière dure, dans un sous bois par exemple, peut donner des ombres douces grâce à la diffusion due aux feuilles. Ici on ne s'occupera plus du tout de la qualité de la lumière, mais bien de celle des ombres !...

En photographie noir et blanc les ombres ont une importance encore plus grande qu'en couleur. En effet, la lumière n'a aucun intérêt dans la mesure où l'on perd toute information de couleur. En couleur, une ombre peut paraître verte ou bleue ou orange dans certaines conditions d'où une impression désagréable, tout ceci est épargné au noir et blanc. En plus, seules les ombres racontent l'histoire contenue dans l'image, la lumière ne sert qu'à mettre les ombres en valeur... N&B dit bien ce qu'il veut dire, on ne créera l'image que via les 500 niveaux de gris perceptibles à l'œil (256 en numérique !), on jouera avec les contrastes et les gammes tonales, les blancs représenteront des taches de "vide" !...

Finalement, la question de la qualité de la lumière est très simple : c’est vous, votre interprétation subjective, le caractère que vous voulez donner à l'image et -éventuellement- la connaissance des caractéristiques de la lumière qui vous feront penser qu'une lumière est bonne ou mauvaise. Tout le reste n’a aucune valeur voire aucun sens. Si vous débutez en photo, ne vous laissez pas influencer par ces gens qui, pompeusement, vous diront de ne pas photographier à cause de la mauvaise lumière, vous limiteriez votre créativité.

Voilà des années que je me jure de ne jamais parler de bonne ou de mauvaise lumière mais, chaque fois que je vois une scène digne d'une étude photographique, immanquablement je m'exclame « quelle belle lumière ! »... Si vous n'avez pas déjà programmé cette horreur dans vos neurones, de grâce, ne parlez pas comme cela ! Préférez, je ne sais pas, « quelle belle scène » ou « je me sens inspiré », qu'importe, mais laissez tomber la qualité de la lumière... Personnellement, je crois que je vais aller consulter un psychiatre qui me fera des électrochocs chaque fois que j'utiliserai le terme bonne ou mauvaise lumière !...

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MISE AU POINT SUR... LE POST-TRAITEMENT DES IMAGES

Tous les photographes (amateurs) que je connais, même les plus évolués, créent d'excellentes images mais sont toujours partiellement insatisfaits du résultat. Quelle que soit la technicité mise en œuvre, quelle que soit l'application investie, il y a toujours un petit quelque chose qui ne va pas ! Oh, je suis certain que de nombreux professionnels vivent cette même frustration !... Comment cela peut-il se produire ? Pourquoi ne réussissons-nous pas à obtenir le rendu que nous montrent les pointures de la photographie ?

Une photographie, vous le savez déjà est une chaine d'événements et, comme toute chaine, si un seul maillon est défaillant, toute la chaine est fragilisée !. Si on considère que le choix du sujet est acquis, si on considère que les lois de l'exposition sont acquises, si on considère que les lois de la composition sont acquises, si on considère que la technique de développement est acquise (pour l'argentique uniquement, bien sûr !), il ne reste plus que... le post traitement !...

Oh, j'en entends déjà dire que le post traitement est un mamaillage informatique indigne de la photographie ! Mais pas du tout, le post-traitement fait partie intégrante de la photographie depuis ses tous débuts !... C'est pourquoi, les grandes agences photographiques ont, depuis toujours, utilisées un double staff : les photographes, bien sûr, mais également une équipe de tireurs. Et oui, le post-traitement est un travail tellement complexe qu'il est impossible au photographe d'être bon en prise de vue et en tirage ! Le photographe se spécialise donc dans le choix du sujet et dans son traitement. Il remet ensuite ses films (ou ses images numériques brutes) à l'équipe des spécialistes du post traitement...

Tout le monde devrait avoir entendu parler de Pablo Inirio, un maître de la chambre noire qui travailla pour l’agence photo Magnum à New York. Un certain nombre de photos « balisées » par lui pour un futur post-traitement ont été publiées, révélant l’énorme travail qu’exigeait un tel traitement (qui se fait à la main en argentique !).

L'image ci-dessus montre une photo de James Dean à Times Square prise par le photographe Dennis Stock. Ce dernier à remis ses négatif au laboratoire Ce portrait mondialement connu fut post-traité en chambre noire. Les balises notées sur la photo, nous montrent les modifications que Pablio Inirio a dû faire pour produire l’image finale. Les lignes et les cercles que vous voyez révèlent les différents temps d’exposition qu'Inirio devait appliquer aux différentes zones de l’image sous l’agrandisseur. Un véritable travail de moine, qui exigeait un grand talent.

Pour revenir à notre niveau, si nous étions l'auteur de cette photo, il y a 100% de chances que notre image finale ressemble à ce qu'elle est ci-dessus avant l'intervention de Pablio Inirio... Même rompus au travail sous l'agrandisseur, combien, parmi nous, auraient un sens aussi développé pour déterminer les valeurs d'exposition à ajouter ou à retirer des différentes zones de l'image ? Combien, parmi nous auraient seulement le sens de repérer toutes ces zones ?

L'image brute était très bonne, mais sans le génie de Pablio Inirio, elle serait restée très bonne, sans plus... Voilà où le bas blesse avec notre production personnelle : le post-traitement !...

Un second exemple; une photo de Katherine Hepburn prise par Dennis Stock. Cette photo brute semblerait parfaite, mais voyez tout le travail effectué en post-traitement !

Ici un portrait du photographe Henri Cartier-Bresson, photographié par Bob Henriques. Même une image en apparence aussi simple à tirer que celle là a nécessité un œil aiguisé de spécialiste avec un travail très précis, pour preuve les hésitations sur certaines corrections !...

Et un dernier exemple (Mohamed Ali). L'image originale à gauche aurait pu nous combler tous, et pourtant !... Le travail de post-traitement n'a pas été simple !...

Puis est né la photographie numérique. Bien sûr, en 1987, un certain Thomas Knoll a créé Photoshop. Puis les logiciels du même type se sont multipliés. Le post-traitement est, en numérique, qualifié de plus simple qu'en argentique... est-ce vraiment certain ? Ce n'est pas tant l'augmentation ou la diminution de l'exposition du papier photo qui est difficile à appliquer mais bien plus l'évaluation de l'importance et de la localisation exacte de ces modifications... et en cela, les logiciels ne simplifient rien !... si ce n'est la possibilité d'un retour en arrière grâce à l'historique des modifications... Malheureusement, le post-traitement numérique, une fois terminé, semble parfait et ce n'est que quelques jours ou quelques semaines plus tard que l'on s'aperçoit que l'on s'y est mal pris !... Et tout est à refaire !...

Alors ? Que faire ? Il n'y a que trois possibilités :
- j'assume et je me contente de mes résultats : ce n'est pas une trop mauvaise philosophie en soi.
- je fais appel à des professionnels du post-traitement : il est préférable d'avoir des moyens financiers !!!
- je me contente de mes résultats mais je poursuis mes recherches sur des expositions plus pointues et je poursuis mon autoformation du laboratoire et/ou des logiciels de post-traitement : c'est la meilleure des philosophies, c'est celle que j'essaye de suivre, mais je sais, dores et déjà que, jamais, mon espérance de vie me permettra d'atteindre la perfection... Tant pis. Je ne suis qu'un amateur après tout...

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MISE AU POINT SUR... SON AUTO-ANALYSE

Voilà un article qui va un peu dénoter dans cette page mais il me semble qu'il est capital ! Capital car, si vous jouez le jeu, vous allez pouvoir apprendre énormément sur vous-même et vous pourrez évoluer plus vite à la lumière de ces révélations...

Pour se connaitre, il faut pouvoir se catégoriser. C'est ce que nous allons tenter de faire ici, ensemble. Je vais essayer de lister le plus de catégories possibles de photographes. Posez-vous la question de savoir si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces catégories. Cela parait bête et puéril mais c'est plus sérieux qu'il n'y parait au premier abord...

Il devrait y en avoir pour tous les goûts...

1) les aficionados d'une marque. Je ne vais pas tous les lister, il y en a de trop et c'est d'un intérêt limité. A force d'utiliser et d'investir dans une marque, ils finissent par être allergiques aux autres marques !...

2) les fervents du micro 4:3 qui qualifient les utilisateurs de plein format et d'APS de préhistoriques... Que devraient-ils dire des utilisateurs de film et de moyen et de grand format.

3) les gourous du viseur électronique qui ne comprennent pas que l'on puisse ne serait-ce qu'utiliser un viseur optique.

4) les inconditionnels des reflex qui ne supportent pas la petite taille des mirrorless, encore moins leur viseur électronique et je ne parle même pas du déséquilibre vers l'avant dès que l'on monte un 100mm sur ces tous petits boîtiers.

5) les obsédés des rumeurs qui guettent les éventuelles nouveautés à venir.

6) les cobayes de la précommande qui achètent des matériels encore en cours de conception (ou presque).

7) les DXO-Markistes qui ne s'intéressent qu'aux caractéristiques du matériel photographique et à leur classement qualitatif.

8) les classicos qui ne supportent pas les pixels, hors de l'argentique, point de salut.

9) les snipers qui ne peuvent qu'utiliser des zooms puisque le moindre mouvement leur est impossible.

10) les paparazzi qui ne peuvent se sentir en zone de confort avec des zooms de plusieurs mètres de long.

11) les addicts de l'accumulation qui ne savent plus où entreposer leur matériel.

12) les obsédés de la profondeur de champ qui courent après des optiques de plus en plus lumineuses.

13) les psychopathes du bokeh qui rejettent toute optique quelle que soit sa qualité car le bokeh les dérange.

14) les toxicomanes de la netteté qui passent tout leur temps à faire toujours plus de renforcement de leurs images numériques en post-traitement. L'argentique, pas question, c'est toujours flou.

15) les boulimiques du panorama qui utilisent leurs boîtiers panoramiques pour créer des gigapixels (ou équivalents argentiques).

16) les camés du HDR incapables de faire moins de 5 images identiques à expositions différentes.

17) les casse-cou qui ne craignent pas de mettre leur vie en danger pour une photo.

18) les puristes du tout à la prise de vue, aucun travail à faire en post-traitement, ni argentique, ni numérique.

19) les professeurs qui imposent leurs vues sans que l'on ne leur demande rien.

20) les critiques qui ne peuvent s'empêcher de faire un pas en arrière pour critiquer les images, celle des autres mais les leurs aussi.

21) les bavards pour qui tout est bon pour entamer une discussion touchant à la photographie.

22) les butineurs de l'internet qui ne peuvent s'empêcher de s'inscrire à tous les forums traitant de photo.

23) les insatisfaits chroniques qui ne trouveront jamais le bon boîtier, le bon objectif et qui ne verra jamais une vraie bonne image, ni chez les autres ni chez eux.

24) les "cafetiers" de la photographie qui ne peuvent s'empêcher d'utiliser des filtres sur leurs objectifs, ou ceux qui utilisent des filtres en post-traitement de leurs images numériques.

25) les anti-"cafetiers", en photo on trouve tout et son contraire.

26) les smartphonographes, avec les sous catégories, tablettographes, iphonographes, androïdographes.

27) les instagrammographes, sont généralement les plus assidus de la catégorie précédente.

28) les pixel-peeper qui ne regardent les photos qu'en affichage 100% à l'écran ou qui scrutent leurs négatifs au compte-fils.

29) les égotistes du selfie, tout est dit.

30) les psychorigides de l'art photographique qui passent leur temps à chercher dans toutes les directions et qui se moquent que personne n'aime leurs images... ces pauvres, qui ne comprennent rien à l'art.

Puisqu'il faut se confesser, je vais commencer, à vous de faire de même !...

Donc, je suis
- totalement 11, mais je me soigne
- 18, beaucoup
- 20, mais je sais apprécier
- beaucoup 30, mais j'assume

C'est grave docteur ? Non, rassurez-vous, trois pater et quatre ave et tout rentrera dans l'ordre ... Non, sérieusement, connaissant mes travers (je n'ai pas dit défauts !), j'ai pu débuter une auto-thérapie du 11, j'ai trouvé beaucoup d'intérêt au 18 (que je pratique de plus en plus), mon 20 s'est aiguisé pour et mon 30, il n'y a rien à faire !!!...

Faites votre examen de conscience, vous apprendrez à vous connaître mieux tout en vous amusant et... vous verrez qu'il en restera toujours quelque chose !...

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MISE AU POINT SUR... LA DIFFICULTÉ À PHOTOGRAPHIER

Avant de commencer cet article, je tiens à préciser que les selphistes ne sont pas du tout concernés par son contenu !...

Dans d'autres articles de mon site, dans les autres sites de photographie, dans les livres de photographie (oui ça existe encore), on trouve tout ce qu'il faut pour faire une bonne photographie ou tout ce qu'il faut faire pour améliorer sa production. Oui mais voilà, personne, [à part moi peut-être] ne vous dira, simplement parce que c'est impossible, comment éviter les clichés !...

Ça y est, ça faisait longtemps que Thierry n'avait pas pété un fusible... voilà qu'il veut faire de la photographie en évitant les clichés !!!... MAIS NON, je ne parle pas de ces clichés là, voyons !!!

Qu'est-ce qu'un cliché ? Tout bon dictionnaire (oui, ça existe encore !) ou toute pseudo-encyclopédie du net vous dira qu'un cliché est une œuvre ou un élément d'une œuvre qui a été sur-utilisé au point de perdre son sens ou son effet original, surtout quand, à un moment donné, elle était considérée comme « significative » ou « novatrice ». L'élément en question, ici, n'est pas seulement le sujet choisi, mais peut également s'appliquer à toute approche technique voire même aux options de post-traitement...

Seulement voilà, la photographie ne date pas d'hier ! Cela fait des siècles que sont produites des photographies, cela fait des siècles que de grands photographes nous livrent de superbes images. Puis, l'arrivée du numérique a certainement augmenté le nombre de photographes. Il semble que presque tout le monde possède un appareil photo maintenant et par conséquent il y a certainement des millions d'images créées chaque jour. Cela signifie que, même si les 9/10 de ces images sont nulles (ce n'est pas sûr, c'est juste pour le raisonnement !), les sujets que vous pourriez choisir de photographier auront certainement déjà été traités une bonne centaine de fois, toutes les approches possibles ont certainement déjà été explorées, donc tous sont devenus des clichés !!! Allez donc être créatif dans ces conditions !... Il y a 99% de chance que vous ne pourrez jamais que perpétuer un cliché, quoi que vous fassiez...

Autant abandonner la photographie tout de suite !... NON bien sûr ! Même si les exigences du public sont drastiquement à la baisse (merci les réseaux sociaux !), que les clichés deviennent "admissibles", il existe heureusement encore beaucoup de pratiquants qui aiment la photographie et qui cherchent à sortir des chemins balisés... ce n'est pas encore impossible !...

Bien sûr, nous sommes tous inspirés par le travail d'autrui et, c'est compréhensible, en arrivant sur le site d'une image que nous avons aimé, nous pouvons avoir envie d'essayer de la recréer... Dans le fond, il n'y a rien de mal à cela. Mais s'approprier les sujets et les traitements des autres ne fera que renforcer la notion de cliché... cela dévalorisera encore plus notre "création" (copie ?) et dévalorisera également l'œuvre originale qui finira noyée dans une marée de copies, même si moins bonnes qu'elle !...

Cela ne s'applique évidemment pas à votre propre travail. Revoir un lieu ou un sujet que vous avez déjà traité avant peut être extrêmement bénéfique. Je transporte souvent un ancien petit compact numérique (de mauvaise qualité, mais cela n'a aucune importance, je le préfère aux smartphones) que j'utilise comme bloc-notes pour localiser et analyser des projets de photographie sérieuse en moyen ou grand format argentique. Et malgré cela, sur les sujets qui me tiennent vraiment à cœur, je refais la même image à plusieurs années d'intervalle en espérant qu'un jour je la réussirai réellement !... Un jour, probablement, un éclairage spécial, une incidence lumineuse spéciale, une conjonction particulière de plusieurs éléments me donneront l'opportunité de créer une image sortant absolument de tous les clichés !...

Il faut se dire que l'on peut faire une analogie avec la musique... la musique est aussi vieille que l'humanité, le nombre de notes est plus que restreint et, pourtant, même si de nombreux morceaux se ressemblent, il y a encore beaucoup de créations originales !...

Donc OUI, la création de bonnes images originales est de plus en plus difficile MAIS si on fait appel à sa sensibilité propre plus qu'au sujet traité, l'originalité est toujours possible ! Il en va de même de la décision de faire de la photographie argentique avec des boîtiers anciens ou à n'utiliser ses boîtiers argentiques qu'en mode 100% manuel !... En effet, les boîtiers numériques analysent tous les informations lumineuses reçues avant de les transformer en image et, comme tout dans le monde industriel, les algorithmes intégrés aux boîtiers sont tous, sinon identiques, au moins ressemblants ! Comment essayer d'être original si la machine qui nous sert à créer nous inflige un traitement informatique unique ? C'est comme les voitures, les règles font qu'elles finissent par toutes se ressembler... et pour cause, les logiciels de création fonctionnent tous de la même manière !... Travailler en images numériques brutes (RAW) limite certes l'impact de l'uniformisation engendrée par les boîtiers numériques mais pas totalement ! Et je peux en dire autant des logiciels de post-traitement !... Le numérique c'est le diktat de l'uniformisation, la création est bâillonnée, l'originalité muselée !... Faites du film, vous interviendrez directement et sur l'exposition et sur le traitement au développement et sur le tirage (le post-traitement analogique) ! Par ce moyen, personne ne pourra faire comme vous, même s'il essayait !...

Certes, le travail en argentique nécessite une (auto)formation que le numérique n'impose pas, mais cet effort (qui est d'ailleurs plus un plaisir) est finalement la seule clé pour ne pas suivre bêtement la ligne tracée par les autres !... Utiliser la force et les faiblesses du film, utiliser la force et les faiblesses du matériel argentique, prendre son temps (antinomique au numérique) permet de se livrer dans ses images, ainsi le nombre des sujets sera encore infini, la façon de créer l'image finale pourra suivre une infinité de chemins différents... Donc la difficulté à photographier se résoudra par la difficulté à maîtriser la technique analogique qui, seule, permet l'investissement personnel, seule, permet de transférer une part de l'âme du photographe dans ses images... tout ce qui fera du résultat une œuvre 100% originale, 100% nouvelle, quel que soit le sujet et son traitement !...

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MISE AU POINT SUR... LE ZONE FOCUS (f/8 et c'est parti !)

La zone de mise au point (ou zone focus en engueliche) est une technique utilisée pour réussir rapidement et précisément la mise au point sur un sujet lorsqu'il n'est pas possible de composer et mettre au point en urgence dans le viseur. En réglant l'ouverture du diaphragme et la distance de mise au point sur une position définie, il est possible de shooter rapidement et avec précision dans des situations où l'autofocus risquerait de se planter. En observant simplement l'échelle de mise au point (ou échelle de profondeur de champ), vous saurez exactement ce qui sera net avant même de viser... J'ai déjà parlé de cela dans d'autres articles (pas forcément sous ce nom !), et il serait bon de (re)lire un petit cours de photographie pour bien se souvenir de ce qu'est la profondeur de champ. Malheureusement pour ceux qui ne possèdent que des objectifs "modernes" exclusivement étudiés pour fonctionner en autofocus et qui sont donc dépourvus de cette échelle... Pour eux, une seule possibilité : se procurer un objectif "ancien", à mise au point manuelle.

Le zone focus, très utilisé -et très pratique- a donné naissance à un véritable dogme : f/8 et c'est parti ! (sous entendu, tu règles ton diaphragme sur f/8 et tu peux commencer à tirer tes images sans te poser plus de question !...). Ce dogme ne date pas d'hier et s'il a survécu si longtemps c'est bien parce qu'il correspond à une technique très éprouvée qui a fait ses preuves !... Mais il serait bon d'en discuter un peu.

Pourquoi f/8 et pas f/11 ou f/16 ou plus ? Pour plusieurs raisons en fait !
- f/8 est une valeur de diaphragme moyenne sur la gamme et correspond généralement à l'ouverture à laquelle un objectif délivre les meilleurs résultats. À f/16 apparaissent les effets négatifs de la diffraction (N.B. la valeur de début de la diffraction est fonction de la taille de la surface sensible... f/16 pour le full frame, f/11 ou f/8 selon les tailles inférieures... en grand format f/64 est encore largement utilisable, ce n'est pas pour rien que Ansel Adams et consorts avaient créé le groupe 64 !).
- f/8 permet une bonne profondeur de champ (c'est le but) mais, contrairement aux valeurs plus élevées, f/8 est encore une valeur qui permet de capturer pas mal de lumière donc permet de ne pas risquer trop de flou de bougé puisque le temps d'exposition ne sera pas trop important !...

Bien sûr, définir une ouverture de f/8 ne représente qu'une partie du processus. La zone de focalisation prévoit que lorsque vous prenez une optique de focale donnée, il faut la régler à une ouverture spécifique (f/8) et effectuer une (pré) mise au point sur une distance spécifique, tout ce qui se situe dans la zone distance de mise au point MOINS profondeur de champ <—> distance de mise au point PLUS profondeur de champ sera parfaitement net.

On peut facilement voir comment cette technique libère le photographe. Le zone focus f/8 a finalement été l'invention du point-and-shoot à une époque où les automatismes n'existaient pas !... Mais il ne faut pas considérer cette technique uniquement dans le cadre du contournement de l'absence d'automatisme !... Cette technique a encore toute sa valeur aujourd'hui où les autofocus sont fiables et rapides !!! Tout simplement parce qu'il y a de nombreux cas de figure où l'autofocus démissionne (optique trop sombre pour activer les points en croix) ou se trompe (mise au point à côté du sujet), ou se fait mystifier (autofocus à travers une trame) où le recours au zone focus est salvateur !...

Nous venons de disserter de la première partie du dogme qui est de nature technique, la deuxième partie est plus philosophique. Vous devez faire tout ce qu'il faut pour obtenir les images que vous voulez, c'est la base de la photographie... donc si vous êtes un photographe de rue, vous devez être dans les rues parmi les gens et vous devez vous en rapprocher le plus possible, si vous êtes un photojournaliste, vous devez être prêt à aller où l'action se déroule, si vous êtes photographe sportif vous devez être placé exactement où l'action décisive se produira... et avec un objectif préparé suivant les prescriptions du zone focus, vous n'aurez plus qu'à vous préoccuper de votre localisation et d'orienter la totalité de votre attention sur l'image que vous attendez...

Prenons un exemple concret : vous photographiez une course de motos. Vous avez la chance de pouvoir vous placer en bord de piste, à environs 4 mètres de la trajectoire des pilotes. Ces machines arrivent à une vitesse incroyable qui ne vous permettra pas de vous poser des questions techniques et, à cette distance et à la vitesse latérale des machines, il y a de fortes chances que l'autofocus ne soit pas d'une aide extraordinaire (même si réglé en continu !)...

Vous réglez donc votre diaphragme sur f/8. La bague de mise au point sera placée sur la distance théorique qui vous séparera des motos, soit 4 mètres. Bien sûr, tous les pilotes n'arriveront pas à la même distance de vous donc, si vous observez l'échelle de profondeur de champ, en face de la valeur "8" de chaque côté de l'index, vous aurez la zone représentée par le trait vert, soit de ~3,60 à 4,50 mètres. Cette zone sera le zone focus, c'est à dire que tous les éléments situés entre ~3,60 mètres et 4,50 mètres de vous seront nets... Plus de problème, même en cas de légère erreur de pilotage (ou d'évaluation de la distance entre vous et le passage théorique des machines) toutes vos images seront nettes... à condition, bien sûr, que vous sachiez effectuer des "filés" ou que la lumière soit suffisante pour utiliser des vitesses rapides d'obturation... sans quoi c'est un flou de mouvement que vous obtiendrez... mais, en tout état de cause, un flou de mouvement est plus acceptable en photographie qu'un flou de mauvaise mise au point (!!!)

Si vous êtes sceptique, tout ce que vous avez à faire est d'essayer par vous-même. Vous conviendrez rapidement que même avec un objectif ultramoderne monté sur un boîtier ultramoderne, vous pourrez travailler beaucoup plus rapidement et beaucoup plus efficacement avec le zone focus qu'avec les "10.000" points de votre système autofocus ultramoderne !...

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MISE AU POINT SUR... LES FRANCAIS ET LA PHOTOGRAPHIE

Une agence de sondage (Opinionway) a fait une étude portant sur les habitudes des français face à la photographie aujourd'hui. Si cela ne m'étonne pas franchement, je dois avouer que je n'aurais pas pensé trouver de tels résultats... c'est pourquoi il me semblait important d'en parler...

Avant tout, les sondés (1050 personnes -échantillon représentatif-) devaient décrire leur matériel photographique et on découvre :
  Compact Numérique 40%
  Smartphone 37%
  Bridge/Reflex/Hybride Numérique 20%
  Tablette 2%
  Autre 1%

Incroyable, les français, dans leur grande majorité préfèrent les compacts, les smartphones ne venant qu'en deuxième position ! Cela m'a étonné, même si la différence entre les deux effectifs est vraiment réduit, j'aurais été prêt à parier que les smartphones arriveraient largement en tête (à mon grand désespoir).
Les possesseurs de matériel plus évolué (tous confondus) ne représentent qu'un sondé sur cinq !... Si l'explication élitiste du prix de vente est possible concernant les reflex et les hybrides, ce n'est pas forcément le cas des bridges. J'avoue ne pas comprendre pourquoi les sondeurs ont regroupés ces trois catégories dans le même item, il aurait été plus intéressant de les différencier pour tenter de trouver une raison de leur désamour...
Quant aux autres, ils sont quasiment inexistants... Je suis également surpris de voir que les tablettes ne représentent que 2% de l'effectif dans la mesure où j'ai l'impression de voir partout des gens photographier avec de tels engins... Moins surprenant en revanche, 1% qui utilisent autre chose, de l'argentique je suppose mais on n'en sait pas plus !...

Ensuite, il leur a été demandé ce qu'ils faisaient avec leurs photos :
  Stockage et Rarement Regardé 47%
  Stocké et Souvent Regardé 43%
  Partage en Ligne 28%
  Tirage/Impression Papier 26%
  Livres Photo 15%
  Autre 2%

Première remarque, plusieurs réponses étaient possibles donc le total est supérieur à 100%.
Il est important de noter que 90% des sondés disent stocker leurs images (ce n'est pas très étonnant puisque les images sont numériques) alors que seulement la moitié (même pas) d'entre eux les regardent... Ce qui veut dire que les appareils numériques fabriquent des images virtuelles et que ces images n'ont quasiment aucune valeur pour leur créateur puisqu'une fois stockées, elles ne sont jamais regardées (pour plus de 50% des gens qui stockent leurs photos). Cela va tout à fait dans le sens de ce que je dis dans mon site, en numérique on shoote comme des malades, on vide ses cartes mémoire sur l'ordinateur et on oublie. C'est très logique en fait : si vous n'investissez aucun travail créatif, ces images sont sans valeur, vous les conservez puisqu'elles ont été faites mais cela ne vous apporte rien de les revoir... les disques se remplissent de photographies oubliées en attendant de jeter le disque qui, de toute manière, tôt ou tard, s'arrêtera de fonctionner...
Autre surprise (pour moi !) seuls 28% des gens partagent leurs photos via internet, alors que j'aurais juré que la destination privilégiée des photos numériques était les réseaux sociaux... En fait, il semblerait qu'il y ait (quasiment) autant de personnes qui impriment leurs photos que de personnes qui les utilisent sur le net !!! Certes la proportion de ceux qui impriment les photos n'est que de une sur quatre (à peine plus) mais je dois dire que je suis étonné qu'il y en ait tant !...
Viennent les livres photo, vu le travail et le prix, je pense que c'est normal que ce média soit élitiste... Créer un livre photo n'est pas la ruine, en créer des dizaines... c'est une autre histoire.
Il n'y a aucune explication sur ce que peut être l'autre choix, peut être les tirages argentiques (?) puisqu'il est véritablement anecdotique avec 2% des suffrages.

Je suis un peu frustré en lisant cette étude qu'aucune question ne portait sur l'âge des répondants... Comme on le voit très bien dans la rubrique ici, les résultats auraient certainement été très différents si on les avait compilés par tranche d'âge !... Je pense que dans ce cas, les moins de 25 ans seraient plutôt smartphone et réseaux sociaux et les plus de 30 ans plutôt appareil photo (simple ou évolué) et impression ou livre photo... Bien sûr les fourchettes d'âge que je donne ne se basent sur rien de vérifiable, c'est mon seul ressenti...

Le responsable relations extérieures d'une grande marque de matériel photo (et de livres photo, vous voyez de qui je parle !) a réagi comme suit à cette étude :
« Si la fonction photo des smartphones a bouleversé le marché de l’appareil photo compact, cela n’est pas sans conséquence sur la conservation de nos photos. Jamais une décennie n’aura produit autant d’images…dont la plupart seront oubliées voire perdues. Dématérialisées, les photos n’ont souvent plus que l’existence fantomatique de leur consultation sur écran. La génération montante ne s’y est pas trompée, elle qui adopte avec frénésie la photographie instantanée, exprimant par là sa volonté de donner corps à la mémoire de leurs évènements personnels et intimes. Leurs aînés, ont de leur côté trouvé dans les services d’impression des photos numériques une solution adaptée à leurs exigences de conservation de la mémoire familiale. De l’alternative « je tire toutes mes images mais j’en suis submergé » ou « je ne tire aucune image, mais je finis par les perdre dans le labyrinthe numérique », le livre photo propose de sortir par une voie médiane à la fois économique, qualitative et répondant à l’exigence de pérennisation des souvenirs. Il y avait cependant, jusqu’à présent, un frein majeur à la réalisation d’un album photo : le temps de sa réalisation. Sélectionner les images, les trier, les organiser et les mettre en page pouvait prendre plusieurs heures ! **la marque en question** lève aujourd’hui ces obstacles : Sélection automatique des meilleures images; reconnaissance des personnages principaux pour les mettre en scène dans une mise en page optimisée et automatique. En à peine 5 minutes l’album sera prêt à être commandé en ligne ou sur une borne. »

Cette réaction était prévisible mais elle est effrayante à mes yeux : comment voulez-vous concevoir un livre photo qui vous parle et qui parlera aux générations suivantes si ce dernier doit reposer exclusivement sur (je cite) la Sélection automatique des meilleures images !!! Il est grand temps de reprendre mon cheval de bataille en clamant haut et fort qu'il faut faire de l'argentique !!! On y investie du travail et du sentiment, on crée moins d'images, on crée donc de la valeur à nos images, on les tire sur du papier qui pourra durer des siècles, on aura pris bien soin de choisir les meilleures pour peaufiner le tirage et on pourra véritablement transmettre un témoignage à nos petits enfants... J'espère que la lecture de cet article permettra à quelques uns parmi vous de prendre conscience de la gravité de la déliquescence de la photographie, qu'en voyant ce qu'elle devient vous vous preniez en mains et que vous vous lancerez en photo argentique... les générations futures vous en seront reconnaissantes...

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