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Hommage à FERNAND BIGNON
Lettre ouverte aux (futurs) argentistes
Les photographes sont tous C H A R L I E

 

Les sujets photographiques sont si nombreux que très souvent le photographe amateur se trouve désemparé en pensant être à court d'idée. Cela semble paradoxal, mais si un juste débutant s'émerveille de tout pour peu qu'il l'observe dans l'oculaire de son appareil, assez rapidement, l'amateur expérimenté sèche au moment de chercher un sujet, à croire que son appareil l'empêche de voir le monde qui l'entoure. Il existe, heureusement, des remèdes à ce "trou d'inspiration" c'est ce dont nous allons parler ici.

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La balade photographique L'Art et le photographe amateur
Faire nimp pour rebondir Des voies de « recherche »
S'imposer une étude de genre Essayer quelque chose de... neuf
Transformer l'ordinaire en extra-ordinaire Photographier des statues, des sculptures
Photographier sa ville / son village Photographier en high key
Chercher du côté de la pure banalité  

LA BALADE PHOTOGRAPHIQUE

Vous me direz que la solution que je vous propose aujourd'hui n'est qu'une demi-solution, mais croyez mon expérience, contrairement à ce qu'il paraît, cet "exercice" ne va pas vous limiter à un sujet, il va vous ouvrir à nouveau les yeux et l'esprit et tous les sujets redeviendront évidents...

La recherche des sujets :

Aussi déroutant que cela puisse paraître, la recherche des sujets photographiques devra se faire en "oubliant" soigneusement votre matériel photographique à la maison !... Puisque vous êtes en manque d'inspiration, il faut retrouver les fondamentaux, à savoir, "exciter son œil" pour retrouver l'envie de voir...

Décidez de faire une petite excursion pédestre, même tout près de chez vous, qui durera de 1 à plusieurs heures, en ville ou à la campagne, en forêt ou à la montagne.

Le plus difficile, maintenant que vous vous promenez sans but, est de concentrer votre intellect sur le monde environnant. En effet, ce genre de balade est propice à la méditation ou à la rêverie, situation (ou état d'esprit) qui vous isole inconsciemment de votre environnement, vous éloigne de tout sujet potentiel et rend stérile l'expérience...

Regardez autour de vous, le moindre détail, le moindre reflet, le moindre rayon de soleil, le moindre coin de paysage, le moindre animal, la moindre canette de bière abandonnée, le passant anonyme, etc, autant de choses qui pourraient, dans des circonstances particulières, vous faire penser (ou dire) « zut, si seulement j'avais emporté mon appareil avec moi... ». À la seconde où vous aurez conscience d'une telle phrase, ça y est, vous serez guéri... Il vous suffira alors de planifier la même balade mais avec votre matériel photographique cette fois. Attention, j'ai dit refaire le même itinéraire, je n'ai pas dit de chercher à retrouver exactement les choses qui vous avaient émues lors du repérage... Ce sont certainement d'autres éléments qui attireront vos yeux. Et, quitte à faire une vrai balade photographique, autant la prolonger le plus possible afin de profiter de toute une série d'éclairages et de couleurs... lumières du petit matin, lumière de la journée, lumières du soir...

Quoi emporter :

Ici on va distinguer deux types de matériels à emporter, le matériel photo, bien sûr, mais également et surtout, puisque c'est très important, le matériel d'intendance...

Matériel d'intendance :
— On va commencer par le matériel indispensable à tout photographe : une bonne paire de chaussures de marche. Chaussures adaptées au terrain prévu (forêt/montagne/ville). Ces chaussures devant être le plus léger et le plus confortable possible.
— Une bonne réserve d'eau, 1 à 2 litres selon la durée prévue pour la balade (sauf si la promenade est prévue en ville où les débits de boisson sont nombreux... évitez toutefois la bière et les alcools en général)
— Un ou deux repas copieux, légers et équilibrés (limitez la graisse et forcez sur les sucres dits lents). Des casse-croûtes feront très bien l'affaire s'ils contiennent de la viande + du fromage + de la salade. Si la virée se fait en ville vous pouvez éviter ces repas, il y a assez d'endroit où manger mais évitez les couscous, cassoulets, hamburger/frites etc...
— Quelques barres céréales énergétiques.
— Une carte détaillée pour vous retrouver, bien sûr, mais également pour y reporter l'itinéraire de repérage et suivre le même parcours pour la promenade "active".
— Un petit GPS pour retrouver son chemin en pleine nature. Il existe des petits GPS type montre poignet qui sont très peu chers et très efficaces.
— Un téléphone cellulaire en cas de problème (coupez-le si vous n'en avez pas besoin ! sa sonnerie tuera votre recherche d'inspiration...).
— Un polaire, on ne sait jamais en forêt ou en montagne.
— Un vêtement pour la pluie, on ne sait jamais.
— Et surtout, surtout... une énorme réserve de "bonjour" : hors ville, vous passerez pour un randonneur-photographe et les randonneurs ont l'habitude de tous se saluer !!!... Ne les décevez surtout pas... et d'ailleurs, c'est si agréable !...

Matériel photographique :
Comme vous pouvez le constater, le matériel d'intendance est déjà pas mal encombrant et lourd. Malheureusement il n'est pas question d'économiser sur ce poste pour augmenter ses capacités de transport de matériel photographique !... J'insiste lourdement sur ce point...
— Si vous possédez plusieurs boîtiers, n'en choisissez qu'un seul et si possible le plus léger possible. Partir en balade photo avec un appareil moyen format ancien non folding (j'ai testé pour vous !!!) sera une véritable torture !...
— Si vous espérez faire de la photo animalière ou sportive, exercices où le téléobjectif sera nécessaire, choisissez plutôt un reflex APS, sinon, il n'y aura aucune obligation de format (full frame ou APS).
— Si vous espérez faire de la photo animalière ou sportive, il faudra emporter un téléobjectif de 200 à 400mm (équivalent 24x36). Mais cet objectif sera lourd et encombrant. Dans ce cas ne prenez que celui-là plus un objectif "standard"/"normal" (35mm en APS/50mm en FF), si possible "macro".
— Même si vous prévoyez de partir avec un zoom, optez pour un 2ème objectif : le "normal", si possible "macro" est léger, petit et lumineux, il sera un allié extraordinaire et ne vous encombrera pas. Personnellement, je monte de principe (pour ce genre de virée) ce que j'appelle une "focale de fainéant", à savoir un 24~105mm (équivalent 24x36) plus un objectif "normal" très lumineux.
— Si votre destination de balade est la ville, l'exercice du 35mm (équivalent 24x36) sera parfait.
— Emporter un statif est toujours une excellente initiative. Mais que ce soit en ville (où c'est interdit) ou à la campagne (où c'est embêtant) le trépied est assez lourd, encombrant et pas très pratique. Bien que moins efficace, j'utilise exclusivement un monopode ou un de mes statifs bricolés (voir ici), ces derniers étant moins lourds, moins encombrants et plus universels.
— Pliez une feuille de papier d'aluminium qui servira éventuellement de réflecteur léger et pratique. Elle permettra de remplacer avantageusement et à moindre poids un flash sur le terrain.
— Tout le reste est superflu ! Le moindre gramme supplémentaire finira par gâcher votre balade photo... donc évitez les gros zooms, les grips, les collections d'objectifs, les flashs etc...
— Trouvez un sac pratique, léger et confortable qui pourra contenir tout ce matériel (intendance et photo), il est sinon indispensable, au moins préférable que tout entre dans un sac unique pour le bien être pendant cette promenade. Il existe d'excellents sacs qui proposent cette configuration pour pas trop cher.

Quelques conseils en vrac :

— Bien que cela ne soit pas très écologique et même, peut-être froisser votre instinct d'économie, il est conseillé de posséder plusieurs batteries (chargées) pour les balades photographiques. Il faut laisser le boîtier sous tension en permanence de manière à ce que si une opportunité fugace se présente juste sous vos yeux, vous ne la manquiez pas... Avouez que revenir de balade avec THE image, ça vous reboostera un maximum dans vos prochaines activités photographiques...
— Si vous bracketez toutes vos prises de vues, vous pourrez être sûr d'obtenir au moins une fois l'exposition idéale. Cela diminuera notablement le temps de post-production. Si la post-production fait partie intégrante de l'acte photographique, il faut avouer que c'est la partie la plus laborieuse et la moins plaisante ! C'est peut-être aussi cette contrainte de passer des heures devant un écran d'ordinateur qui vous a fait perdre le feu sacré à un moment... Si vous êtes vraiment photo-dépressif, autorisez-vous, au moins pour un jour, une séance de shooting en JPEG haute qualité, laissez les RAW au vestiaire et oubliez Photoshop & consorts...
— Il y a les excellentes images que l'on capture en bougeant en permanence, mais il y a également les excellentes images que l'on capture en étant statique. Ces dernières sont plus rares dans les books des amateurs qui, comble du paradoxe, imaginent qu'une image fixe se mérite en se déplaçant beaucoup !... Lors d'une balade photo, bougez beaucoup, soit, mais (re)posez vous beaucoup aussi : combinez les changements d'atmosphère, en changeant beaucoup de lieu, avec des images longuement étudiées à partir d'un point fixe conservé le temps nécessaire... explorez toutes les directions et sautez sur toutes les opportunités. Mais que vous soyez en mouvement ou posé, prenez toujours votre temps et soyez présent à ce que vous faites, vivez le moment de la création et ne déclenchez qu'une fois l'image parfaite présente dans le viseur... Ne partez pas en balade photo pour prendre des photos par obligation, partez pour créer de superbes images en vous faisant plaisir, même si vous rentrez avec très peu de clichés...
— Si vous ne voulez pas abandonner la photo à tout jamais, ne transformez pas votre balade photo en cauchemar !... n'allez pas vous greffer le boîtier à la place de l'œil !... s'il faut passer un certain temps à la composition de votre image, n'allez pas regarder le monde uniquement par cette petite fenêtre en vous déplaçant sans prendre conscience de ce qui vous entoure... en ville ce peut être une voiture ou un tram, dans la nature une ornière, un trou, un cours d'eau (etc...) bref l'accident grave peut vous guetter partout !... Soyez attentif aux images que vous créez soit, mais pas au détriment de votre propre sécurité !!!...

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L'ART ET LE PHOTOGRAPHE AMATEUR

Yves D. m'a envoyé un e-mail me demandant si la recherche artistique ne pouvait pas être un moteur de l'inspiration du photographe amateur. Sous ses mots j'ai cru ressentir une certaine gène à parler d'Art puisqu'il s'adresse à un public d'amateurs... sous entendu, pour se "remotiver", le photographe amateur devrait-il essayer de s'inspirer (et non pas copier) les œuvres d'art des vrais artistes photographes professionnels ? Après demande de confirmation, Yves m'a effectivement confirmé son "trouble". Plus loin que sa remarque, plus loin que ses vues, il m'a semblé intéressant de disserter un peu sur cette notion floue et galvaudée de l'Art aujourd'hui et en quoi le photographe amateur en serait acteur ou exclu !...

Je dois avouer que j'éprouve également un certain "trouble" au moment de parler d'Art puisqu'aujourd'hui plus personne ne sait ce qu'est l'Art !... Je me suis longuement questionné, j'ai également fait quelques recherches et j'ai bien peur de m'attirer les foudres de nombre de mes contemporains lors de la rédaction de cet article, mais tant pis, je vais me lancer !...

L'Art, qu'est-ce que c'est ?

La difficulté à définir l'Art aujourd'hui tient à ce que le statut de l'Art est devenu problématique. Qu'est-ce qui est de l'Art ? Qu'est-ce qui n'en est pas ? Il semblerait qu'aujourd'hui, est considéré comme Art ce qui est désigné par le mot Art, et artiste celui qui se désigne sous le titre d'artiste !... Peu importe de quoi ou de qui il s'agit.

J'ai déjà inclus dans un de mes articles (ici) une œuvre d'Art que je qualifiais de "raté", mais j'ai trouvé bien pire !!!


http://fr.wikipedia.org/wiki/Merde_d%27artiste
environ 30.500 €

Des excréments en boîte sont de l'Art !!! Parce qu'un "artiste" a déféqué dans une boite (d'ailleurs c'est écrit dessus : "Merde de l'artiste" et il y en a 90 exemplaires !!!) et/ou parce qu'un musée a acheté "l'œuvre" !!! Excusez-moi, mais si ÇA c'est de l'Art (!!!) je ne connais pas un seul (je dis bien pas un seul !) photographe amateur qui ne face de l'Art chaque fois qu'il enfonce le déclencheur de son boîtier !...

Merci Ben, nous sommes bien d'accord !... Le photographe amateur serait-il comme Monsieur Jourdain (Le Bourgeois Gentilhomme, acte II, scène IV) à faire de l'art depuis toujours sans même le savoir ?...

À nouveau, merci Ben... là est toute la question ! Si ce n'est pas le n'importe quoi qui émane du n'importe qui qui se proclame artiste, si ce n'est pas la marchandisation (anglicisme, désolé !) d'une création humaine discutable, que nous reste-t-il pour la définition ? J'ai trouvé que « l'Art est l’activité humaine visant à exprimer les préoccupations, les croyances, les questions sous une forme telle qu'elle traduise les émotions et les sentiments que les hommes éprouvent en y pensant. ». L'Art n'a donc pas n'importe quel contenu, il utilise ce qui émeut l'homme, ce qui le concerne intimement, ce qui renvoie aussi bien à des thèmes éternels qu’à des préoccupations précises, liées à un contexte particulier. Ce qui n'implique pas qu'il ne puisse y avoir d'Art "léger", voire purement décoratif. Mais même si le contenu est presque insignifiant, l'Art ne nous touche que lorsqu'il parvient à nous émouvoir, ne serait-ce qu'en nous laissant aller à la rêverie.

D'après Kant : « L’art se distingue de la nature comme le "faire" de "l’agir" ou du "causer" en général et le produit ou la conséquence de l’art se distingue en tant qu’œuvre du produit de la nature ». Relèvent donc de l’Art, ainsi défini, aussi bien l’activité artisanale, technicienne, industrielle que l’activité artistique. Avant le 17è siècle d’ailleurs, l’école des Beaux-Arts ne se distinguait pas de l’école des Arts et Métiers... Nous voilà en plein dans le cadre de cet article !... Rien ne doit tenir le photographe amateur éloigné de la notion de création artistique !... Il n'est pas obligé de créer n'importe quoi, ni même obligé de vendre n'importe quoi pour faire de l'Art (avec un vrai A majuscule !).

Kant, toujours, remarquait que l’œuvre d’Art était le résultat d’une activité non contrainte, non forcée, ne convenant qu’à des hommes libres. Comme tel, l’Art s’apparente à un jeu. Il est en lui-même une activité agréable que l’on distingue du travail. Si on part de ces constatations, nous sommes maintenant en droit de se dire que SEUL le photographe amateur possède les caractéristiques de l'artiste et le professionnel s'en voit exclu, puisque pour ce dernier, il s'agit d'un travail... agréable, sans doute, mais d'un travail tout de même !...

Où se place donc l'amateur ?

Si on s'amuse à catégoriser les photographes, c'est un peu artificiel j'en conviens, on pourra voir où chacun se situe et voir dans quelle mesure il pourra entrer dans le cadre de "photographe artiste"... Disons que nous allons créer 7 catégories sous forme de pyramide. La catégorie située le plus en bas de la pyramide étant la catégorie qui aura le moins de chance de créer de l'Art...

           

Un artiste transforme son imagination en photographie. Il capture l'esprit d'un lieu ou d'une personne, (réels ou imaginaires) dans sa photographie et le spectateur adhère.

Un artiste est maître de son outil. Pendant la création, son appareil devient une extension de son esprit. Aucune pensée consciente sur les questions techniques en créant ses photographies.

Un artiste peut avoir un grand nombre de boîtiers, chacun ayant un but différent MAIS il peut n'en avoir qu'un seul, cela n'a pas d'importance.

Personne ne voit jamais leur travail, car ils sont incapables de se promouvoir, et, malheureusement, ne sont généralement même pas appréciés pour leur travail. Malheureusement et paradoxalement vous ne verrez jamais le travail d'un véritable artiste. Les bons artistes sont généralement trop gênés de montrer leur travail car leur travail est leur âme.

           
         

Viennent ensuite les artistes qui vendent leur art. En «s'abaissant» à accepter de l'argent ils compromettent leur vision et leur liberté... parce que lorsqu'on vend, cela signifie que l'on ne cherche pas de nouveaux styles.

Si leur travail les fait vivre, même après des années d'efforts, il est peu probable qu'ils soient prêts à tout risquer en poursuivant leurs recherches au risque de déplaire. Par conséquent, l'art à la vente évolue rarement.

         
       

L'amateur maintenant, même s'il vend, ce ne sera jamais beaucoup par rapport à son revenu fixe. Mais le qualificatif d'amateur n'a rien à voir avec la qualité de sa photographie.

L'amateur aime créer des photographies. Un bon amateur peut transcender les autres niveaux pour se trouver directement au sommet de la pyramide.

Les amateurs qui pensent que les meilleurs appareils permettront d'améliorer leurs photos sont à risque de descendre au plus bas niveau de la pyramide puisqu'une telle pensée est un poison pour la création artistique.

Les amateurs ont souvent un site dans lequel ils exposent leurs images ou leurs expériences techniques.

Les amateurs qui travaillent à la création de grandes images sont sur la voie de l'artiste.

Être un amateur est une bonne chose, à partir de ce niveau, on peut devenir artiste plutôt facilement.

       
     

La plupart des gens. Ils veulent des souvenirs, pas des photographies et encore moins du matériel, ils utilisent les appareils les plus simples, voir des jetables...

Ils font souvent des images fantastiques qui impressionnent tout le monde. Ces anonymes sont des artistes et ne le réalisent même pas.

     
   

Les professionnels. Un photographe professionnel est une personne qui gagne sa vie en vendant ses photographies.

Les professionnels ne créent pas de l'art pour vivre, ils créent des images pour le commerce. Ils ont généralement une bonne connaissance des outils et peuvent obtenir de très bonnes images mais s'ils peuvent être en mesure de capturer l'imagination, ils ne sont pas les plus nombreux...

Bien sûr, les professionnels peuvent créer de belles images, mais c'est sur ​​leur propre temps.

Les professionnels n'ont pas site, ni d'image ni de technique. Ces derniers appartiennent généralement à des amateurs. S’ils en ont, c’est pour la promotion de leur activité.

   
 

Les collectionneurs de matériel. Ces hommes (et ils sont surtout des hommes) n'ont aucun intérêt pour l'art ou la photographie parce qu'ils n'ont d'intérêt que pour l'objet (appareil). Faute d'intérêt pour l'image ils ne peuvent exprimer ni imagination ni sentiment, puisque cela ne les intéresse pas.

Ces gens se concentrent sur l'analyse et les tests de matériel et c'est très bien comme cela. Ils peuvent parler pendant des heures de tout ce qui touche à l'icônomécanophilie mais resteront muets dès qu'il s'agit de parler de photographie et d'art photographique.

Mais il arrive que ces collectionneurs décident d'utiliser leur cher matériel et ils pourront ainsi se propulser directement à l'étage "amateurs" de la pyramide.

 

Les experts internet ne font jamais de photo. Ils s'intéressent au matériel photo comme ils s'intéresseraient aux voitures ou aux fossiles. Souvent ils ne possèdent même pas un appareil photo ! Ils passent leur temps à faire des recherches sur les spécifications des appareils photo (numériques ou non) et à publier le résultat de leurs recherches sur leurs sites internet ou sur des forums. Ils connaissent tout sur tout ce qui touche aux dernières évolutions du matériel mais ne s'intéressent ni à la possession, ni à l'analyse de matériel ancien et encore moins à la création d'image.

Comme on peut le constater sur la pyramide, la position de l'amateur est assez enviable et, pour peu qu'il s'en donne la peine et les moyens, il est tout indiqué pour lui de faire de l'Art un jour ou l'autre !

L'amateur peut-il créer de l'Art ?

Tout photographe amateur qui a véritablement envie d'apprendre et d'expérimenter n'a plus qu'une seule barrière à franchir : une fois les images finalisées (au laboratoire ou en post traitement numérique), il faudra qu'il se questionne :

Encore une fois, merci Ben, c'est tout à fait ça ! Si sa réponse est "oui", alors on pourra dire que c'est de l'Art... et si l'amateur décède dans l'anonymat le plus complet, rien ne dit que ses descendants ne s'enrichiront pas avec les œuvres de leur ancêtre !...

Je voudrais finir cet article en citant les paroles du Mahatma Gandhi qui ne parlait pas de photographie amateur (bien sûr !) mais qui cadre bien avec cet article destiné aux photographes amateurs : « tout ce que tu feras sera dérisoire mais il est indispensable que tu le fasses... ».

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FAIRE NIMP POUR REBONDIR

Il en va de la photographie comme de la dépression... Quand on tombe dans le marasme, le seul moyen de s'en sortir durablement est de se laisser "couler au fond" de façon à pouvoir donner un grand coup de pied qui va nous projeter au meilleur niveau.

Oui mais voilà, en tant que photographe amateur, on essaye systématiquement de faire de notre mieux... à tel point qu'on ne sait plus faire du nimp (du n'importe quoi pour les non 100% francophones)... c'est exactement ce que je vais essayer de vous montrer ici !...

Oh, il ne s'agit pas d'une recette miracle (!!!) mais elle a fonctionné à plusieurs reprises pour moi (je le répète encore une fois : je ne suis pas une référence !)... ATTENTION !!! Au moment de se lancer dans cette technique, il faut vous persuader qu'il s'agit d'un traitement de choc (donc de courte durée) pour redémarrer votre parcourt photographique ! En effet, si vous ne vous préparez pas convenablement vous risquez d'abandonner définitivement la photographie !!! Tout traitement de choc a des effets secondaires importants...

En fait, ma technique consiste à faire de la photo de "touriste inculte", je m'explique : il faudra appliquer exactement toutes les recettes que ce site (et tous les autres sites sérieux ainsi que toutes les publications sérieuses) vous déconseillent absolument !!! Eh oui, c'est exactement cela le principe de l'électrochoc !...

Donc, comment créer de la photo de "touriste inculte" ? Oh, c'est malheureusement très simple ! Rendez- vous en un lieu touristique et observez les gens, vous aurez à portée de main tout le "matériel éducatif" nécessaire qu'il suffira de mettre en œuvre, je ne ferai ici que reprendre les éléments principaux :

— repérez les lieux où le maximum de touristes s'agglutine, insérez vous dans ce magma, et, comme tout le monde, sous le même angle, visez et photographiez le sujet à l'origine du rassemblement.
— essayez de vous convaincre que le sujet que vous êtes en train de photographier est extrêmement fugace et qu'il faut déclencher le plus rapidement possible, et, pour ce faire, pas d'hésitation, mode tout automatique (si vous possédez un compact ou un bridge ou un reflex d'entrée de gamme) ou mode programme (si vous possédez un reflex expert/pro).
— placez-vous devant chaque paysage, chaque monument, même si pas particulièrement intéressant, et faites un "autoportrait", un peu comme si vous étiez obligé de justifier votre emploi du temps de la journée...
— oubliez temporairement ce que j'ai dit dans les autres pages du site : utilisez le zoom le plus souvent possible, n'essayez surtout pas de plier les genoux ou de vous déplacer ni de droite ni de gauche, ni d'avant ni d'arrière... vous voyez une photo à prendre, vous la prenez un point c'est tout !

Bon, vous voyez le principe : photographier deviendra rapidement ennuyeux, mécanique et les résultats seront... catastrophiques (à de rares exceptions puisque le hasard peut également intervenir !). Après 15 jours à ce régime "sec", croyez-moi, vous retrouverez le goût de la bonne photographie, l'envie de photographier vraiment et, comme par miracle, des centaines de sujets vous apparaîtront naturellement en tête, sans réfléchir, sans forcer !...

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DES VOIES DE RECHERCHE

J'ai dit, juste dans le paragraphe précédent, tout le bien que l'on peut attendre du nimp. Mais ce traitement de choc peut très bien être trop héroïque (au sens galénique du terme !)... c'est pourquoi je vous proposerai ici une voie plus douce et certainement plus intéressante... puisqu'elle vous demandera tout de même un minimum d'effort créatif...

J'ai remarqué, de manière totalement empirique, que dès le début de la « peur de la page blanche », c'est à dire de la perte de l'inspiration, on se lamente de ne pouvoir se rendre en des lieux exotiques qui stimuleraient à coup sûr notre créativité et notre inspiration !... Et cette envie de fuite en avant traduit bien le fond du malaise : on n'est plus capable de voir ce qui nous entoure donc on n'est plus inspiré donc on n'a plus envie de faire de photographie.

La cure que je vous propose dans ce paragraphe sera le traitement du mal par le mal. Ne cherchez pas à voir votre entourage immédiat à nouveau, c'est trop compliqué, mais essayez de détailler votre environnement, recherchez des détails, même insignifiants, sans essayer de chercher l'extraordinaire, sans même essayer d'être créatif à tout prix. Notre environnement quotidien est rempli de petits détails cocasses, amusants, bref des tas de petites choses auxquelles on n'accorde aucun intérêt et pourtant... Lors d'un déplacement en ville ou à la campagne, sur son lieu de travail, dans son jardin, dans son appartement même, le hasard crée pour nous des tas de choses qu'il faut ré-apprendre à voir et donc à photographier...

Le but de cet exercice est de retrouver son regard d'enfant, de s'émerveiller d'un rien... Bien sûr, les photographies créées dans ces circonstances ne seront pas toutes des chefs d'œuvre (même si ce n'est pas impossible !), loin de là, mais elles vous ouvriront, en grand, les portes d'un nouveau départ en photographie. Je pense même que, une fois la guérison acquise, cet exercice vous permettra de vous créer un monde tout personnel de création qui pourrait très bien devenir votre style personnel... pourquoi pas !...

Il est vrai que j'ai un méchant penchant pour l'écriture, et ce site en témoigne, mais je vais me fendre d'un test pour vous montrer en images que l'on peut très bien créer à partir de rien, à partir de choses qu'on ne remarquerait même pas d'habitude... et qui pourtant peuvent donner des résultats par eux-mêmes, même si on oublie un instant que tout cela ne constitue, en fait, qu'une nouvelle initiation à la photo créative...

Dans un premier temps, j'ai décidé de regarder mon environnement professionnel avec des yeux neufs, en regardant vers un ailleurs, vers des directions où mon intérêt de professionnel (pour lequel je suis payé) n'a pas à déambuler.

Cette image n'évoquera certainement rien du tout à l'immense majorité d'entre nous, je l'ai pourtant devant les yeux régulièrement, sans jamais lui accorder le moindre intérêt. J'ai donc décidé d'en faire une photo, juste pour voir... Le résultat est assez sympa, non ? Ce ne sera jamais un chef d'œuvre, mais le recul ayant permis la réalisation de l'image est pour le moins intéressant.


Et, que dire de la chose la plus inintéressante que mes yeux aient à supporter à longueur de journée ? En détournant cette image banale de sa finalité, pourquoi cela ne pourrait-il pas créer quelque chose ?


Encore un exemple type... Une chose que jamais personne n'aurait du voir (alors que nombreux sont les professionnels de ce milieu à avoir eu la chance de voir un jour), une chose anodine et grotesque et tellement anecdotique, bref, une chose qu'il faut voir avec un recul suffisant pour en faire une photographie... sinon intéressante, au moins originale et informative.

Puis, naturellement, j'ai laissé mon regard se tourner dans la seule direction que le photographe évite soigneusement : le sol !

C'est fou tout ce que l'on peut voir au sol... des choses sans intérêt dites-vous ? Certes, dans 99% des cas c'est vrai, mais, même sans intérêt, on aboutit parfois à la création d'images originales et intéressantes pour l'œil du spectateur...


Combien de milliers (de millions) de fois ai-je pu passer devant cette scène sans jamais la remarquer ? C'est peut-être du grand rien que m'offre le hasard, mais l'image, elle, est graphique !

Une autre direction totalement inédite ? Combien de fois, en tant qu'enfants, avons-nous entendu nos parents nous dire : « regarde où tu mets les pieds » ? Puisqu'il faut retrouver notre regard d'enfant, c'est peut-être aussi une piste à explorer...

...

... et puis, le temps aidant, sans quitter le sujet, on se surprend à améliorer le principe :

...

Remarquez dans ces exemples l'utilisation de la basse résolution, de la haute valeur ISO pour obtenir un maximum de grain, de la saturation poussée ou totalement freinée... c'est déjà une forme de création...

Et puis, avec un œil en cours de ré-ouverture, on se surprend à voir des choses qu'autrefois on aurait aimé créer de toute pièce sans y arriver de manière satisfaisante, alors que le hasard est en mesure de nous l'offrir ...

Qu'est-ce que c'est ? Quelle importance ? C'est graphique, ça peut raconter des tas d'histoires, bref, c'est une photo qui semble sans prétention, mais qui est réussie pourtant... puisque l'œil peut y trouver du plaisir...

Plus classique, l'angle de prise de vue inhabituel d'une scène sans intérêt...

...

Bricoler un peu l'objectif de façon à obtenir une image pas trop piquée et le tour est joué, c'est de la création à l'état pur !...

Et puis, il y a tous ces lieux tellement laids et sans intérêt que l'on ne souhaite même pas regarder. Souvent, ils regorgent de petits signes inhabituels étonnants qui aiguisent notre œil critique pour peu qu'on daigne regarder...

... dans ce cas, outre le clin d'œil, que dire de ces couleurs mystérieuses quand on décide de ne pas calibrer la balance des blancs ? Ce n'est pas déjà de la création ?

Quand je parlais de clin d'œil du hasard... que pensez-vous de cette scène cocasse ?

Et ce parking immonde où vous vous arrêtez toujours, vous n'avez certainement jamais remarqué qu'en y regardant de plus près ou de manière différente, il pouvait vous donner une image graphique et intéressante... ce n'est pas du Bauhaus, mais ce n'est pas si loin...


Et prenons d'autres exemples extraordinaires que le hasard met sur notre route...

Ceci n'est pas truqué du tout, juré ! Qu'est-ce que cela pouvait bien faire sur les plaques de marbre blanc du centre ville ? Aucune idée... mais quel coup de chance que le vent ait pris l'initiative de déposer, juste à cet endroit, cette petite touffe d'herbe !....

Autre coup de chance, des toilettes publiques, des carreaux "top classe", des débris noirs d'origine inconnue, des taches de gouttelettes de peinture blanche (ou jaune ?), une aiguille de sapin (ou autre !?) placée là par le plus pur hasard et... l'image méritait d'être crée, non ?

Et une fois qu'on est parti... plus rien ne pourra nous arrêter... un moment de simple délire et...

encore une photo inhabituelle qui prend naissance...

En conclusion, comment peut-on tomber en « panne sèche » d'inspiration avec ce genre de conseils de rien ? La seule chose à ne JAMAIS négliger : toujours emporter avec soi un matériel photographique, ne serait-ce qu'un petit compact bas de gamme à quelques dizaines d'euro, ou un smartphone que tout le monde possède !!!...

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S'IMPOSER UNE ÉTUDE DE GENRE

Une fois les voies précédentes épuisées, il est une autre technique qui a fait ses preuves ... l'étude de genre !... C'est très simple, vous vous fixez un nombre (réaliste) d'images réussies à créer dans chacun des genres photographiques listés ci-après AVANT de chercher à savoir quels sont et combien sont les genres. Le nombre de genres est quasiment infini, mais si vous réussissez à combler déjà ceux auxquels j'ai pensé... vous serez guéri !... Je vous donnerai un exemple (à ne pas suivre !!!) de chaque genre, et parfois quelques éclaircissements. Toutes les rubriques ne sont pas encore illustrées, j'ai des images en stock, mais il faut les trouver... D'autre part, tout au long du site vous pourrez trouver de nombreux autres exemples pouvant entrer dans ces rubriques...

Allons-y...

Notez simplement que cet exercice vaut autant pour la photographie argentique que pour la photographie numérique, même si, pour certains thèmes, le travail sera plus simple en numérique... d'ailleurs vous trouverez ici de nombreuses photos argentiques, même parmi celles qui semblent impossibles hors numérique (!!!).

Abandon


ou

Abstraite

L'abstraction, en photographie, ne se limite pas à reproduire quelque chose de non reconnaissable (comme la peinture abstraite), mais inclue tout ce qui est basé sur l'œil du photographe et évite la représentation symbolique des choses. Le sujet de la photo abstraite est souvent seulement une petite partie de l'idée de l'image mais elle peut reposer plus sur notre sens primitif de la forme, de la couleur, et des courbes que sur celui qui le fait sur les détails. Dans la photographie abstraite il existe des dimensions rarement vues dans d'autres médias. Le jeu de la mise au point peut ajouter à la sensation en isolant les parties du sujet. Les lignes et les courbes vont donner au spectateur quelque chose sur laquelle fonder une nouvelle signification et ajouter un intérêt visuel à un sujet apparemment inintéressant. Je vais créer un article à ce sujet...


ou

Aérienne

Alimentaire

Animalière

Architecturale | Paysage urbain

Astrale

Autochrome

Voir l'article correspondant ici.

Automobile

Aventurière

Image à venir...

Beauté | Mode

Image à venir...

Bokeh

Charme | Glamour

Image à venir... difficile pour respecter la charte du site...

Chasse

Conceptuelle

Voir l'article correspondant ici.

Dadaïste

Voir l'article correspondant ici.

Documentaire

Double exposition

Enfantine

Ethnographique


ou

Grande vitesse

Image à venir...

HDR

Voir l'article correspondant ici.

High Key

Humoristique

Illusion

Industrielle

Infrarouge

Voir l'article correspondant ici.

Intérieur

Interview

Journalisme

Kitch

Liquides

Low key

Image à venir.

Lumière artificielle

Macro | Proxi

Voir l'article correspondant ici.

Manipulation | Trucage

Matrimoniale

Image à venir.

Minimaliste

Mode de vie

Musique

Nature

Nature morte

Image à venir.

Noir et blanc

Panoramique

Paparazzi | People

Image à venir.

Paysage

Pictorialiste

Pop art

Portrait

Pose longue

Image à venir.

Professionnelle

Provocatrice

Image à venir.

Publicitaire

Publique

On parle généralement de photo de rue, mais cela est trop réducteur, toute image créée dans un lieu public entre dans ce cadre. Je préfère ce genre à la photo de rue (choix personnel) car il permet des images plus personnelles (moins impersonnelles en fait !).


Bien que je n'en dise rien nulle part dans mon site, j'adore créer des images intimistes en clair obscur. Ce style étant mon préféré, il m'est plus personnel, c'est pourquoi je n'en expose pas beaucoup dans ce site... profitez-en.

Radiographique

Vous êtes, bien sûr, dispensé de cette rubrique (difficile pour la plupart d'entre nous !)


Bon, aucun jugement de valeur je vous prie (pour ceux qui savent lire ce cliché), en effet, aucun trucage ni montage sur cette image.

Rue

Sous marine

Image à venir.

Sportive

Surréaliste

Vintage

 

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ESSAYER QUELQUE CHOSE DE... NEUF

Vous êtes en panne d'inspiration, vous cherchez quelque chose pour ré-initier votre intérêt pour la photographie ? Peut-être souhaitez-vous développer vos compétences ? Vous recherchez quelque chose de neuf... que diriez-vous d'essayer du vieux ?

Oh, quand je dis "vieux", je ne sous-entends pas réinventer la roue... je veux parler de photo argentique !... Même si cela peut paraître ringard à nombre de photographes numériques, il ne faut pas se braquer... la photographie argentique n'est pas rétrograde... elle peut même, sinon vous convertir, au moins donner un coup d'accélérateur au photographe en perte de vitesse !...

Le film argentique vous enseigne la discipline ! La discipline, dans tous les domaines de la vie, c'est bien connu, est une vertu capitale. Lorsque vous êtes confronté à des limitations, vous êtes obligé d'être particulièrement intelligent et créatif au moment d'utiliser les ressources disponibles. Un rouleau de film représente une sacrée limitation pour qui est habitué au numérique... généralement vous disposez de 12, 24 ou 36 images par rouleau en petit format, de 8 à 12 images par rouleau en moyen format et... 1 seule image en grand format (il ne s'agit plus de rouleau !). Chaque image représente un coût et tout un travail de développement. Les laboratoires se faisant assez rares, soit il est long et compliqué de récupérer ses épreuves, soit cela représente aussi un coût, soit vous devrez mettre les mains dans le cambouis, enfin dans de la chimie, c'est moins sale !!!. Vous ne pouvez pas vous permettre de perdre une seule image. Il n'y a pas de bouton "effacer" en argentique... une fois le déclencheur actionné, la photo est dans la boîte et le nombre de vues possibles est diminué de un !... Vous avez donc tout intérêt à être attentif, tant au choix du sujet qu'à la façon dont vous allez l'exposer.... La photographie numérique stimule à la paresse et à la prodigalité... le film vous débarrassera de ces défauts et vous inculquera la discipline !...

Faire du film vous apprendra à être plus réfléchi. C'est juste une façon positive de dire que le film vous ralentit. Et ce n'est pas une mauvaise chose... du tout !... Le numérique vous a appris à mitrailler comme un fou sans vous soucier des conséquences puisque vous pouvez espérer réussir une image par hasard, la conserver et simplement effacer tout le reste. La lenteur inhérente au film est totalement liée à la notion de discipline dont je viens de parler, il n'est pas sage de brûler tout un film en une seconde sur un seul et même sujet !... Avec un film il y a moins de marge d'erreur, vous devez ralentir, voire vous arrêter, réfléchir à la composition et à l'exposition, attendre que la scène se construise dans le viseur avant d'appuyer sur le bouton de l'obturateur. Une approche plus mesurée est susceptible d'entraîner plus de bonnes images, ce qui devrait être LA priorité de tout photographe, non ?

Le film aide à améliorer vos compétences techniques. Même si la créativité prévaut sur la simple technique, savoir comment exposer à coup sûr est une compétence essentielle. Les boîtiers numériques sont capables de faire tout le travail pour vous, enfin, plus ou moins acceptablement, avec un boîtier argentique entièrement manuel, soit vous apprenez à exposer correctement très rapidement soit vous n'êtes pas sorti de la course à l'achat de films !.... Vous deviendrez rapidement, par la force des choses, un véritable maître de la mesure de la lumière... ce qui est sans doute la compétence technique la plus importante en photographie.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela dans la page traitant de la recherche d'inspiration ? Tout simplement parce qu'en vous concentrant sur les pseudo-difficultés de l'argentiques (ce ne sont pas des difficultés réelles mais supposées !), vous détournerez votre esprit du frein vous empêchant de poursuivre vos recherches photographiques et... une fois ce frein levé, votre inspiration sera à nouveau fertile !!! Et puis, qui sait... peut-être serez vous séduit par les "imperfections" du film, par l'atmosphère de ces nouvelles photos et par l'âme du boîtier argentique (oui, contrairement aux boîtiers numériques, les boîtiers argentiques ont une âme... et on le ressent tout de suite !!!). Peut-être serez vous un nouveau converti aux joies de l'argentique, ou, du moins, ferez-vous peut être les deux !... Dès que vous aurez pris conscience que les deux mondes (argentique et numérique) ne permettent pas de traiter les mêmes sujets avec le même bonheur !...

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TRANFORMER L'ORDINAIRE EN EXTRA-ORDINAIRE

En panne d'inspiration ou non, nous cherchons tous, en permanence, des idées qui pourraient nous inspirer alors que nous ne faisons que considérer ce qui nous entoure comme une entité... Nous savons voir mais nous ne savons pas observer, au mieux nous pouvons apercevoir mais pas apprécier et nous cherchons encore et encore l'inspiration et les idées qui nous permettraient de créer des images nouvelles alors que la réponse est devant notre nez !...

Comme je l'ai déjà souligné par ailleurs, depuis que la photographie existe, vu le nombre de grands photographes de l'Histoire, vu le nombre de photographes actuels qui a explosé avec l'arrivée du numérique, tout a été photographié, tous les sujets ont été traités, à moins de faire le tour du monde à plusieurs reprises sans jamais passer par les mêmes chemins de traverse, et encore (!!!), il est devenu impossible de trouver une vue originale. Pourtant, amateur débutant ou confirmé, voire professionnel, tout le monde se confronte avec plus ou moins de bonheur à un seul genre photographique, voire, au mieux, à un panel de deux ou trois genres, paysage, animalier, portrait (par exemple)... On ne s'étonnera donc pas de l'épuisement de la nouveauté et de l'originalité !...

Si les genres les plus traités sont les plus porteurs, vous ne devez pas vous limiter à ces derniers, bien au contraire, la beauté ne se trouve pas autour de nous, elle se trouve en nous et, accessoirement, dans l'œil du spectateur de vos images. Dans ces conditions, il ne faut pas se demander ce qui peut rendre un objet (ou une vue) adapté à la photographie ou digne d'une photographie...

Tout objet, oui, n'importe lequel, a tout le potentiel nécessaire pour faire une bonne et belle photo... le tout c'est que vous soyez en mesure de voir le monde qui vous entoure avec un œil neuf. Il existe des techniques nous permettant de renouveler notre œil, j'en ai longuement parlé dans cette autre page du site, n'hésitez pas à aller la (re)lire...

En plus vous devrez traiter cet objet avec un soin particulier en terme de composition, de cadrage, d'éclairage, de style et de technique pour lui donner une dimension telle qu'il mérite d'être immortalisé dans une photographie et qu'il sera intéressant à regarder... Après tout, il n'y a pas que les photographes qui peuvent trouver de l'intérêt dans des détails de la vie de tous les jours, les spectateurs de vos images aussi ! Nous vivons tous dans le même monde et tous avec le même rythme effréné, ce qui fait que si nous n'avons aucune raison de ralentir, on passera à côté d'un tas de choses... et si quelqu'un est capable de nous montrer ces détails, à coup sûr, ils nous paraîtront intéressants puisque nous ne les soupçonnions même pas !... Et, pour rendre l'impact encore plus grand, il ne faut pas hésiter à photographier des détails des objets les plus basiques !...

Le choix des ombres/lumières ou les associations de couleurs (voir cet article et cet article par exemple) convenablement gérés peuvent, à eux-seuls, fabriquer un sujet...

Je vous ai déjà montré quelques exemples dans l'article des voies de recherche, un peu plus haut dans cette page, allez donc (re)lire cet article... Mais, tout en restant dans la vision du basique, on peut essayer de rechercher des sujets un peu plus élaborés, je vais vous en donner quelques exemples si vous le souhaitez :

Un petit coin reculé de son jardin où l'on a entreposé de l'ancien mobilier d'extérieur qui rouille doucement, envahi progressivement par la végétation, voilà bien un non-sujet photographique ! Et pourtant j'en ai fait un sujet photographié ! Le contraste entre le blanc surexposé et le vert, les volutes du vivant qui contrastent avec la blanche froideur (exacerbée par la surexposition volontaire) rectiligne du mobilier... n'est-ce pas un sujet photographique ? Ne présente-t-il pas un intérêt ? Si, bien sûr !...

Toujours au jardin, un monochrome cette fois qui nous montre quoi ? Rien ! Rien d'intéressant du moins ! Mais si on se laisse aspiré par l'image, on peut apprécier la richesse des nuances de gris (c'est de l'argentique donc les gris sont bien meilleurs qu'en numérique) et la simplicité de la scène nous fait prendre conscience de la fin de l'été, les pots sont vides, les feuilles mortes s'amoncellent, les plantes vivaces affichent fièrement leur vie imperturbable dans le froid. Un petit détail dans la vie d'un homme mais qui prend vie et importance.

Un arbre mort, cela n'intéresse personne. Placé sur un fond de ciel menaçant à la nuit tombante devient un merveilleux sujet photographique faisant vivre en nous un sentiment de mystère voire d'angoisse... une image qui pourrait être extraite d'un film fantastique.

Simple et douce, cette bête image (argentique) de scène de vie banale dans un village banal (bon, non Européen mais tout aussi banal), une filtration bricolée donne une atmosphère mélancolique et met en valeur une forme de douceur de vivre et de regret d'un lieu ou d'un temps passé, disparu.

Plus "rien" que le sujet reproduit ici, ce sera difficile à trouver... pourtant, tous ces papiers déchirés qui s'amoncellent forment une allégorie du ras le bol de la toute puissance dévastatrice de l'administration... Qui a déjà traité ce sujet de cette façon ? Personne que moi, je pense. L'image est totalement dans le sujet de cet article !...

Et voilà probablement le meilleur exemple de non-sujet qui méritait une photographie... Ce ne sont que quelques bulles sur l'eau mais le gros grain volontairement créé donnant une sensation de léger flou et les tons pastels, doux et la très faible profondeur de champ font de cet événement très basique une représentation magnifique d'un instant furtif que le monde moderne ne remarque même plus et qui est, maintenant, immortalisé...

Quand vous sentez que vous êtes à bout de sujet à photographier, que votre créativité est en berne, que votre inspiration vous a abandonné, n'oubliez pas que ces toutes petites choses prendront toute leur importance... si vous avez un minimum de talent et que vous souhaitez vraiment le mettre en œuvre, de véritables petits miracles peuvent se produire, sans même en avoir conscience lorsqu'ils se produisent... Quand vous adoptez ce genre d'attitude et de perspective de vie, vous serez toujours en mesure de proposer des projets nouveaux et passionnants et l'inspiration se trouvera absolument partout autour de vous !...

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PHOTOGRAPHIER DES STATUES, DES SCULPTURES

En pause d'inspiration, il y a toujours un sujet super intéressant à portée de main (surtout dans les pays du Nord de l'Europe) qui ne demandera qu'à vous aider à remettre le pied à l'étrier : l'art urbain ou les musées... Personnellement, je préfère, et de loin, les statues présentes dans l'espace public puisqu'elles permettent de choisir l'éclairage, les sculptures des musées sont éclairées selon les règles muséographiques qui nous laissent peu de créativité sur l'éclairage -et interdiction d'utiliser des flashs dans les musées-. Ces œuvres d'art sont tellement présentes que plus personne ne les remarque... et c'est bien dommage !...

Cela ne paraît pas de prime abord, mais le sujet n'est ni bête, ni simple à traiter ! On peut trouver (au moins) quatre ou cinq paramètres à gérer pour créer de bonnes images... C'est ce que nous allons voir maintenant.

Avant tout, il faut être conscient que photographier des sculptures et des statues demande de savoir ce que l'on désire faire. Soit notre image sera la vision d'un artiste (le photographe) du travail d'un autre artiste (le sculpteur) elle peut raconter une histoire. Soit notre image sera une photo de sculpture qui aura pour rôle de documenter l'existence de l'œuvre originale sculptée. Les deux possibilités peuvent avoir la même valeur quant à la création photographique, mais le traitement du sujet devra être totalement différent... à ce niveau, le mélange des genres ne pardonnera pas !... Si vous reproduisez l'art, l'apparition de la moindre ombre sera considérée comme disgracieuse et tuera la valeur de la photo alors que la même ombre, dans l'interprétation artistique de la sculpture, sera une valeur ajoutée dans la photographie !

L'éclairage peut (ou non) agir en notre faveur. Les journées brumeuses ou couvertes minimisent les ombres et créent un éclairage plus uniforme. Cet éclairage sera parfait pour une reproduction documentaire de la sculpture, il sera beaucoup moins indiqué pour une interprétation personnelle de la statue (mais non impossible !). Les statues claires fortement éclairées présenteront des détails complexes, des courbes, des crevasses et des angles seront facilement maîtrisées et interprétées par les ombres dures, alors que pour la photo documentaire ce sera très difficile. L'éclairage uniforme offre la plus grande souplesse pour photographier une statue dans son entièreté. Les ombres et détails durs peuvent quasiment créer une autre statue, totalement indépendante de l'originale, les ombres dures pouvant même être encore améliorés en le post-traitement. Les fortes lumières et les ombres dures peuvent mettre l'accent sur des caractéristiques qui peuvent passer inaperçues dans la statue originale, mais qui ne sont pas moins intéressantes par elles-mêmes. Le rétro-éclairage peut offrir des silhouettes, parfois intéressantes. L'éclairage latéral apporte des ombres allongées.


dans cet exemple, un éclairage dur et latéral permet de donner une interprétation de la sculpture,
il ne permettra jamais de documenter une œuvre



dans cet exemple, un éclairage naturel relativement doux permet une excellente représentation documentaire de la statue.

Le fond est un élément capital dans la photographie de statue ou de sculpture. Dans les deux exemples proposés précédemment, l'importance de l'arrière plan est très évident : absent dans le premier cas (interprétation), conservé mais estompé -car d'un intérêt limité- dans le deuxième cas (documentation) qui replace l'œuvre dans son contexte.

Nous allons donc envisager les différents moyens de donner une signification à nos photos en jouant avec l'arrière plan.
— effacement : comme dans le premier exemple ci-dessus, un éclairage artificiel extrêmement directif et travaillé en studio a permis l'effacement total de l'arrière plan. Cette photo d'exemple est une photographie argentique qui a donc demandé un certain travail d'éclairage. S'il s'agissait d'une photo numérique, il aurait été possible d'utiliser un logiciel de traitement graphique pour effacer l'arrière plan en le colorant en noir, en blanc (ou toute autre couleur !)
— estompage : comme dans le deuxième exemple ci-dessus, pour le (en fait, un des) D'Artagnan de Maastricht (Pays-Bas) l'estompage a été possible grâce à l'utilisation d'une très faible ouverture de diaphragme et d'une vitesse élevée.
— conservation : toujours à Maastricht (Pays-Bas) [dois-je préciser que j'aime beaucoup ce pays ?], pour cette photo, il me semblait beaucoup plus intéressant de conserver l'environnement (même si légèrement flouté pour éviter la distraction) de l'ours... animal sauvage (même si humanoïdisé) dans un parc, c'est bien le moins que l'on puisse faire !...

— totalement modifié : il arrive que certaines sculptures ne soient vraiment pas situées dans les meilleurs endroits pour un photographe !... Charge à lui donc de recréer une image en transférant la sculpture sur un fond qui l'intéresse... Bien sûr ce "montage" sera bien plus simple à créer en photographie numérique qu'en photographie argentique (mais c'est également possible !). Qui connaît Maastricht (oui, je sais, encore !... cet article m'a donné une excuse de plus pour aller visiter mes amis bataves... même si je n'ai pas besoin d'excuse pour faire le déplacement !!!) appréciera mon interprétation de l'œuvre originale

Angles et perspectives Pour débuter en photographie de sculptures, c'est une bonne idée de commencer avec les techniques photographiques classiques. Comme en portrait, regardez le sujet comme une «personne» pour avoir l'œil créatif. Puis essayez de regarder ce qui se passe autour de la statue. Envisagez de zoomer sur les caractéristiques de la statue. Essayez de repenser la scène. Bougez de droite et de gauche, d'avant en arrière, montez ou descendez pour changer votre point de vue. Travailler avec une faible profondeur de champ pour souligner les points d'intérêt et adoucir les détails environnants de la sculpture. Remplissez la majorité du cadre avec le point d'intérêt. Lors du cadrage de la statue totale, certains environnements sont inadéquats, trop de gens, des bâtiments peu attrayants. Un trépied et un filtre de densité neutre pour utiliser des poses longues et ainsi effacer tout ce qui est en mouvement et ne négligez pas le post-traitement.


pour qui connait Copenhague (oui, les Pays-Bas ne sont pas mon unique destination),
ce cadrage en contre plongée donne une dimension toute différence à la petite sirène
-bien trop petite avec cet horrible port industriel en arrière plan-


Attention aux détails. Tout en surveillant la perspective, cherchez également des éléments perturbateurs causes de distractions négatives (panneaux de signalisation, lampadaires, fils, etc.). Certains éléments perturbateurs peuvent être effacés en post-traitement mais, dans la mesure du possible, il est préférable de les éliminer dès la prise de vue, c'est plus simple et plus rapide... Les arbres peuvent fournir un bel élément de cadrage mais la complexité des feuillages peut être perturbante à la lecture de l'image. Toujours prendre le temps de rechercher les éléments négatifs, la photographie de statues est, avec la nature morte, le seul sujet où il n'y a vraiment aucune urgence (!!!) les sculptures ne risquent pas de partir ni de bouger !!! Autres éléments perturbateurs à ne pas oublier : les reflets disgracieux... souvent un pas de côté suffit à les éviter sinon, un filtre polarisant peut être utile.


cette statue est très belle, le choix de l'angle de prise de vue est intéressant,
malheureusement, l'ouverture du diaphragme était trop faible, la profondeur de champ étant trop grande,
le bâtiment d'arrière plan est beaucoup trop présent, et c'est tout l'arrière plan qui est maintenant un élément perturbateur... La photo n'est pas mauvaise, mais on ne peut pas dire que la réussite soit au rendez-vous!

Raconter une histoire En tant que photographe il faut savoir comment envisager la représentation de la statue. Le créateur de l'œuvre avait une vision. Cette vision vous a inspiré (puisque vous voulez en faire une photo). Mais en fait, est-ce la statue seule qui vous a inspiré ou bien ce sont peut-être les éléments environnants qui ont attiré votre attention, ou l'ensemble sculpture dans son environnement. Une partie de l'histoire à raconter se passe au moment du cadrage et de la composition de l'image et l'autre lors du post-traitement.

Ce n'est pas parce que c'est une œuvre existante (donc finie) qui est le sujet de votre photo qu'il faut s'interdire la liberté créative... vous pouvez très légitimement explorer des ajustements subtils au importants pour faire raconter à la statue une histoire différente de celle qu'avait imaginé le sculpteur. Sursaturer ou filtrer (modifier) les couleurs, choisir d'augmenter ou réduire la clarté et/ou le contraste, l'exposition, les hautes lumières et les ombres. Tenter le noir et blanc même si la statue est colorée, pourquoi pas. Il est même possible de dématérialiser totalement votre sujet si cela peut apporter un plus à votre photo.


bien sûr cette photo n'est pas sortie du boîtier dans cet état !
La dématérialisation se base sur une surexposition volontaire, une diminution des contrastes et, surtout,
sur le vieillissement général... On se retrouve ici face à une photo qui semble apparaître
sur une plaque métallique (et pas un papier photo) qui s'oxyde peu à peu...

Dans la mesure où les statues et les sculptures sont immobiles, elles vous donnent amplement le temps d'étudier l'éclairage, de trouver des perspectives et de prêter attention aux détails. Mais, du fait de cette immobilité, il ne faudra espérer aucune excuse pour sauver de "force" une photo de statue ou de sculpture... si votre photo est "parfaite", elle sera bonne, si elle est seulement "bonne", elle sera ratée !...

Vous voyez qu'il y a beaucoup à dire et beaucoup à faire pour photographier une sculpture... le sujet est vaste et vous ouvre en grand le travail vous ramenant vers l'inspiration.

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PHOTOGRAPHIER SA VILLE, SON VILLAGE

Le plus gros problème lorsque l'on sèche devant sa page blanche, c'est que l'on cherche midi à quatorze heures pour trouver un sujet alors qu'il suffit de regarder ce qui entoure notre quotidien pour trouver tous les sujets qu'il nous faut !... Sa ville, son village, son quartier même est une source inépuisable d'inspiration photographique !...

Pour la plupart d'entre nous -et je ne faisais pas exception il y a relativement peu de temps encore- il faut partir au bout du monde pour faire de bonnes photos, ou, au moins, changer de région. Alors qu’il suffit parfois d'arpenter son propre quartier ou sa ville ou son village pour trouver l’inspiration et, souvent, de bons sujets. J'en connais même qui se sont contentés de faire le tour de leur jardin pour trouver d'excellents sujets de photographie. J'ai, moi-même, pratiqué cet exercice sur terrain privé pour créer des images... certaines étaient bonnes, mais la superficie de mon jardin limite pas mal le nombre de sujets potentiels... si votre terrain fait un hectare, je pense que c'est tout à fait jouable, mais qui possède un jardin d'un hectare ? Évidemment, le dépaysement est propice à la création mais tout le monde n’a pas les moyens de partir en voyage à chaque coup de mou photographique !... Donc cet article est né pour vous faire savoir que votre ville/village, voire votre quartier recèle de potentielles pépites photographiques pour faire renaître l’inspiration...

Comme toujours, il suffit de savoir regarder, à différents moments de la journée, sous différents angles, à chaque saison, à chaque météo. Pensez, en plus, à retourner dans les mêmes endroits avec chaque fois un objectif différents. Le sujet "parfait" peut être tout et n’importe quoi. C’est encore une fois une question d'ouverture d'esprit et de créativité.

Il y a bien sûr les « grandes villes lumières » qui regorgent de trésors... mais croyez-vous que les gens qui y vivent voient ces trésors ? Non, bien sûr ! Vous les voyez parce que vous n'y vivez pas... et bien c'est pareil chez vous ! Certes, la tour Eiffel ne se trouve qu'à Paris, l'Empire State Building ne se trouve qu'à New York, la Cité Interdite ne se trouve qu'à Pékin (etc...) mais tout ce que l'on ne connaît pas est intéressant ! Si des touristes Parisiens, New Yorkais ou Pékinois passaient par votre ville, ils y trouveraient certainement de l'intérêt... même si les guides touristiques ont oublié d'écrire un chapitre sur votre lieu de vie !... Vous habitez une cité industrielle ? Beurk pensez-vous ? Vous vous trompez... ceux qui vivent dans les champs apprécieront... Vous vivez dans un petit village perdu au fond des bois ? Bof pensez-vous ? Vous vous trompez, ceux qui vivent dans des villes surpeuplées et polluées apprécieront !...


Voilà un excellent exemple de scène banale à pleurer... et pourtant, la première fois que je suis allé aux Pays-Bas j'ai été interpelé par cette scène « sans intérêt », ces panneaux inhabituels, cette langue étrangère, bref, cette bête vue que les locaux n'ont certainement jamais considéré a fait l'objet d'intérêt chez moi et la photo est née !...

Après ce petit détour, venons-en à ma ville. Une petite ville de province, agréable à vivre, on la dit jolie mais les statistiques montrent que les touristes n'y restent qu'un jour. Un matin (il y a déjà longtemps), j'ai décidé de l'arpenter comme un touriste en essayant d'oublier que j'en connaissais tous les recoins.

N.B. les photos d'exemple sont toutes des images argentiques assez anciennes, il est fort probable que les gens d'ici ne reconnaissent plus grand chose !


Bien discret dans un petit coin d'un parc se camouffle une scène de tendresse sculpturale au bord de l'eau,
animée par une jolie lumière douce de l'automne. Je connaissais bien ce parc mais mon
état d'esprit de "touriste" me l'a fait découvrir autrement.

Ne vous laissez pas inhiber par des sujets en apparence sans intérêt. Ces sujets peuvent devenir de jolies photographies sublimés par la beauté d’une lumière matinale ou de fin de journée. Ne sous-estimez jamais le pouvoir de la « golden hour » ou de l’heure bleue. Photographié à ces heures, n'importe quoi peut se montrer magnifique, la lumière fera ressortir la beauté d’une simple boutique, d’une rue déserte ou embouteillée, d’un arbre, d’une vitrine ou d'une simple ombre... si vous savez attendre que ces heures magiques agissent.

Mais il n'y a pas que la « belle » lumière qui compte (!!!) loin de là, essayez aussi le noir et blanc qui donnera à la scène la plus banale une aura magique, mystérieuse ou mélancolique...


Quasiment au centre ville, un pont des plus communs prend une nouvelle dimension par le choix du noir et blanc et de la composition (cadre végétal). Tout le monde ici connait ce pont, pourtant, en voyant cette photo, nombreux furent ceux qui me demandaient où elle a pu être créée...

Le choix de l'angle de prise de vue peut très bien déstructurer complètement un élément très connu au point de le rendre méconnaissable et intéressant.


Élément "emblématique" de la ville, quasiment l'arc de triomphe de ma ville (-en fait c'est une porte des anciens remparts-) qui est croisé plusieurs fois par jour par tous les habitants et qui est ici méconnaissable. Il est systématiquement croisé par la route ou par les trottoirs mais jamais en "crapahutant" dans les fourrés du parc voisin...

Et puis, il ne faut pas négliger les lieux en voie de disparition qui transformeront votre image en témoignage d'un temps révolu :


Voilà un exemple de photo « historique », ce quartier périphérique abritait de nombreux marginaux, il était très pauvre et faisait partie des plans d'urbanisation. Depuis il a été totalement remanié, rénové et s'il existe toujours il ne se ressemble plus du tout !

Les lieux oubliés dans les faubourgs ou la périphérie des villes sont également très intéressants et très riches en bons sujets photographiques... cherchez-en, vous en trouverez toujours !


Un vieux moulin abandonné depuis plus d'un demi siècle a été oublié de tous, pourtant, tant bien que mal, il essaye de résister aux affres du temps qui passe... que deviendrait-il si, même nous photographes, n'allions plus lui rendre visite ?


Il était pourtant bien joli ce petit moulin et il subsiste dans un endroit tellement calme et serein, un havre de calme et de fraicheur par les chaudes journées d'été. Et dire que personne ne soupçonne l'existence de ce petit paradis.

Passer des heures devant un potentiel sujet photographique est un excellent moyen de produire de petits chefs-d’oeuvre. L’endroit n’a aucune importance, c’est votre interprétation du réel qui fera toute la différence ! Il y a aussi, bien sûr, l’équipement qui présente une certaine importance.


Le même petit moulin que précédemment, d'un autre point de vue, à longue distance avec un « long » téléobjectif. Notez la différence de « caractère » de l'image, comparativement à la précédente !

Une optique fixe à chaque visite, un objectif normal très lumineux sera la seule optique dont vous aurez besoin... mais taper avec un long téléobjectif, même (très) sombre vous donnera accès à une toute autre interprétation de la réalité... et pourquoi ne pas transgresser les règles de la bienséance à l'aide d'un très grand angle ?


La déformation très important des très grand angles n'est pas du tout adaptée à la photographie d'architecture... pourtant elle donne un effet intéressant dans ce cliché de l'intérieur de la cathédrale de ma ville...

L'importante luminosité et le large champ de vision des objectifs normaux permettent, avec un minimum de maîtrise technique, de réaliser des petits prodiges photographiques...


La même cathédrale, sans déformation, avec emploi de la seule lumière ambiante grâce à un objectif normal très lumineux... Intéressant, non ?

Ces seuls trois objectifs vous permettront d’ouvrir les portes de votre imagination... Vous pouvez également essayer un objectif macro et là, ce n'est plus la ville le lieu de promenade mais un simple pot de fleur pourrait faire l'affaire !.... Mais le plus important est, et reste, votre regard sur un sujet, quel qu'il soit... Votre capacité à voir ce que les autres ne voient pas, voilà ce qui vous permettra de faire de votre pot de fleur, jardin, quartier, village, ville un endroit où des merveilles n’attendent que vous pour être révélées !...

La créativité n’a pas de limite, ni supérieure, ni inférieure ! Donc les cités Khmer, la lune ou votre ville ont tous le même potentiel créatif !... Tout doit venir de vous, et ce, quel que soit l’endroit où vous vous trouvez... Donc, lancez-vous... vous voyez bien que l'inspiration vous attend au coin de la rue (op de hoek van de straat -en utilisant des mots différents, cela devient tout de suite plus exotique, non ?- ) !...

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PHOTOGRAPHIER EN HIGH KEY

Qu'est-ce que le high key ? Je pense que tout le monde le sait, même si peu d'amateurs s'y essayent... Le high key est en fait une image dont les tons clairs sont majoritaires.

L'extrémisme en la matière a été créé en peinture par Robert Ryman par exemple (il y en a eu d'autres) qui a peint une toile uniformément en blanc.


la reproduction semble grise et a pris une texture bizarre à cause de la compression pour le web.

De par la matière, ce qui est possible en peinture ne l'est pas du tout en photographie. Une image blanche, en photo, est un rectangle blanc, un point c'est tout ! On pourrait essayer de jouer du même principe en tentant de photographier une texture en blanc et gris clair :

Certes, il s'agira de high key ... mais d'un intérêt plus que discutable à mon goût ! Cela dit, vous avez peut-être réussi à créer une texture de qualité avec les mêmes critères... moi pas !

On pourra garder les mêmes critères de blanc et gris clair mais un peu plus construit, en (re)créant un high key très classique (je pense que vous retrouverez cette image -ou quelque chose de très approchant- 1000 fois sur le net !) :

Il faut avouer que c'est beaucoup mieux ! On va donc partir de cette image pour décrire plus précisément ce qu'est le high key. J'ai dit en début d'article que le high key consistait en une surface très claire majoritaire dans l'image. Cela se traduira par une image très blanche (très froide !) mais surtout par un histogramme particulier que je représente ici :

Toutes les valeurs sont regroupées sur le bord droit de l'histogramme, ce qui prouve bien que tout (ou presque) est blanc. Notez toutefois qu'il ne s'agit pas de surexposition puisqu'aucune valeur n'est collée sur l'axe droit !...

Ce genre d'image est très graphique et peut être intéressant (pas ma photo d'exemple qui a été tellement souvent faite qu'elle n'a plus rien d'original !), mais ne présente -à mon goût- de l'intérêt que pour des objets inanimés, même si le high key est souvent utilisé en portrait... Dans ce cas de figure on est en présence d'une image monochrome même si elle est en couleur !

Partant de la définition basée sur l'histogramme, on peut élargir la notion de high key avec une image comme celle-ci par exemple :

On n'est plus ici sur une image "monochrome" et pourtant nous sommes bien face à une photo high key, il suffit pour s'en convaincre de regarder l'histogramme :

Les caractéristiques sont les mêmes, il s'agit donc bien de high key !

Il ne s'agit que d'une question de goût, vous pouvez être d'un avis différent, mais personnellement je trouve que ce genre de photo est beaucoup plus vivant... je le préfère sans hésitation.

Partant, les possibilités sont infinies, on peut décider de créer du vrai ou du pseudo-monochrome, du plutôt coloré ou même tous les intermédiaires :

Généralement, en high key, les couleurs sont douces ou pastel, mais ce n'est pas une obligation :

De même, on ne trouve généralement pas ou peu d'ombres en high key ainsi que des contrastes peu marqués ce qui signifie que le sujet n'est que très peu modelé. Mais là non plus ce n'est pas une obligation... la cucurbitacée de la dernière image va à l'encontre des canons classiques du high key mais est totalement licite et envisageable...

Comment créer un high key ?

C'est très simple en somme, il faut un arrière plan le plus uniforme possible et le plus clair possible. Le sujet n'a que peu d'importance même s'il est préférable qu'il soit très clair lui aussi. Mais la clé est l'éclairage qui doit être extrêmement doux et diffus.

Pour obtenir cela il faut soit :
- être très curieux et très patient pour réunir toutes les caractéristiques d'une photo high key, ce fut le cas de mon exemple sous la neige.
- être très chanceux et trouver un sujet digne de ce genre de traitement et bénéficier, en extérieur, d'une lumière très douce et très diffuse, une de ces lumières déprimantes quand le ciel est plombé, ce fut le cas de mon exemple fleuri.
- être très malin et un peu malhonnête en utilisant une tente à lumière ou en utilisant des fonds en papier de différentes couleurs pastel ou blanc, ce fut le cas de mon dernier exemple.

Pour ce qui est des paramètres de prise de vue, il faut vérifier que le posemètre sous exposera votre image (à cause de la quantité de blanc/clair) et corriger l'exposition en conséquences. Lors de cette démarche il vous faudra décider si le fond sera blanc ou simplement clair. Généralement une correction de +1 donnera une dominante claire alors qu'une correction de +2 donnera une dominante de blanc. On travaillera donc selon les règles du zone system ou en exposant à droite (voir ici). En numérique c'est encore plus simple puisqu'il suffit d'afficher l'histogramme et déterminer l'exposition de manière à ce que les valeurs de couleurs soient déportées tout à droite. De même, il est fortement conseillé de travailler en RAW de façon à pouvoir contrôler précisément l'équilibre des blancs, la température de couleur, les contrastes et l'exposition en post-traitement... surtout si, par accident, vous avez surexposé votre image. Un RAW conservera des détails dans les couleurs claires surexposées là où un JPEG les aurait définitivement perdus !...

Un petit tuyau pour les numéristes, contrairement à ce qui est dit (et écrit) partout, pour faire du high key, post-traitez de manière à utiliser une température de couleur un peu plus froide que la couleur réelle de la lumière utilisée !...

Voilà, vous avez toutes les clés pour vous essayer au high key, un exercice très intéressant et qui apporte beaucoup de satisfactions quand on crée une image réussie !...

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CHERCHER DU CÔTÉ DE LA PURE BANALITÉ

Vous savez déjà, pour avoir lu d'autres de mes articles, que si l'on devait attendre un déplacement de l'autre côté du monde pour créer des photographies, l'industrie photographique n'existerait plus depuis bien longtemps !... Donc aujourd'hui, pour vos recherches photographiques qui combleront probablement votre manque d'inspiration, je vous propose la plus pure (la plus plate) banalité de votre environnement, les choses que vous ne voyez même pas (ou plus), il y a probablement quelque chose à en tirer... même si vous n'allez pas créer un chef d'œuvre, ce travail ne pourra que vous être bénéfique. Voyons cela.

Pour illustrer cet article, j'ai décidé de laisser de côté tout mon matériel photographique évolué pour n'utiliser qu'un petit compact bas de gamme premier prix (j'aurais pu utiliser un smartphone mais la photo au smartphone me donne des boutons !) afin de ne pas faire penser qu'un niveau de gamme minimum est indispensable à la recherche photographique... il ne sera question ici que de fixer sur une image ce que l'œil peut (doit) repérer !...

Nous ne sommes que fin novembre mais il fait déjà si froid ! Au sortir de la douche, une couche de buée recouvre les vitres, voilà une bonne occasion de tester l'effet d'une photo de paysage à travers ce « filtre »... cela ne manque pas d'intérêt !

Un petit tour à la cuisine ? Tiens, un bon petit plat a été mitonné... quelques petits débordements calcinés sur la cocotte et voilà une image toute bête qui raconte une histoire succulente !...

Vous voyez bien qu'il est possible de créer des choses sympas à partir de rien... le tout étant de penser à regarder là où son œil ne s'attarde généralement pas ! Et ce n'est qu'un début... regardez tout ce qui vous entoure et à quoi vous ne prêtez plus attention...

Vous l'avez entendu des milliers de fois, tout le monde vous le rabâche en permanence : la lumière fait tout en photographie. Mais quand il s'agit de photographier sa vie quotidienne, trouver la situation d'éclairage idéale peut être un sacré défi, surtout si vous décidez de travailler en intérieur. Mais du moment où il y a une fenêtre dans la maison, vous avez tout ce dont vous avez besoin pour créer. La lumière naturelle provenant de la fenêtre pourra, à elle seule fournir une douceur parfaite et fera ressortir les couleurs de la meilleure façon possible... nul besoin de flashes ou d'installations lumineuses complexes... Installez votre boîtier sur un trépied au besoin et laissez faire la pose longue...

C'est une pratique courante (voire systématique) de photographier tout en position debout avec l'appareil photo au niveau des yeux. Nous travaillons (presque) tous de cette façon sans même y penser, comme si c'était instinctif ou obligatoire ! Cette perspective fournit une représentation habituelle de ce qui nous entoure. Pour changer de rythme, essayez de communiquer autre chose sur vos sujets en changeant de point de vue. Qu'est-ce qu'un objet peut avoir de plus à offrir ? À quoi ressemblerait-il sous un angle différent ? À une distance plus courte ? Ces changements mineurs sont capables de transmettre une signification très différente... Mes quelques exemples de cet article le prouvent !

Souvent, avoir trop à regarder sur une image n'est pas une bonne chose !... Nous sommes tellement habitués à voir un large champ dans nos vies quotidiennes que les détails sont délayés au milieu d'un ensemble complexe qui contient un tas de distractions dans lesquelles l'œil se perd. Isoler un objet sans intérêt peut donner quelque chose d'esthétique dans l'image. On peut cadrer serré, on peut utiliser une faible profondeur de champ, on peut utiliser l'espace négatif ou un objectif macro. Bien que chacune de ces techniques produise des résultats visuels très différents, ils servent tous le même but... et l'utilisation d'un boîtier simpliste (comme ici) qui ne permet pas de gérer certains paramètres peuvent se contenter de ce qu'ils peuvent faire et le résultat n'est pas à négliger !...

Le secret, en fait le résumé, de cet article est simplissime : soyez observateur, essayez de mettre en lumière toutes ces choses sous-estimées présentes autour de vous tous les jours. Je suis prêt à parier que, peu importe l'endroit où vous vous trouvez, il y a toujours quelque chose dans un rayon de 5 pas qui ne demande qu'à être présenté en photo. Ajuster votre façon de penser aux choses qui vous entourent et déterminez comment transformer ces objets ordinaires en photos. Essayez, vous pourriez vous surprendre avec ce que vous pourrez en faire...

Ne prétextez ni une qualité insuffisante de matériel (cet article a été créé avec un minimum viable !), ni des difficultés de lumière (aucun flash ni système d'éclairage pour cet article, en intérieur, à la lumière naturelle d'un jour maussade d'hiver), il n'existe aucune excuse pour ne pas s'essayer à cet exercice !...

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