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Dans cette partie du site www.thydelor.eu je vais essayer de vous parler des styles photographiques au sens large. Je ne prétends pas tout connaître des styles photographiques mais je vais tenter d'en dresser un inventaire le plus exhaustif possible. Ces articles seront accompagnés de photos d'exemple dont je suis l'auteur, mais le plus intéressant étant de vous permettre de vous essayer à ces différents styles ou plus simplement à vous y intéresser pour poursuivre vos propres recherches.

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

LE PICTORIALISME LE MINIMALISME
L'AVANT-GARDISME EUROPÉEN DADA [ou le DADAÏSME]
LE SURRÉALISME LA STRAIGHT PHOTOGRAPHY
LA PHOTOGRAPHIE CONCEPTUELLE LE PHOTO-PORTRAIT
LA PHOTOGRAPHIE ZEN  


LE PICTORIALISME

Loin de moi l'idée de faire un cours sur le mouvement Pictorialiste, ce n'est pas l'endroit et d'autres le feront bien mieux que moi ! Je vais simplement rappeler ici les grandes lignes qui ont menées à la théorisation de cette lame de fond qu'a été le mouvement Pictorialiste.

Il faut avouer qu'en arrivant sur mon site on pourrait s'attendre à des sujets plus simples que celui-ci... Mais si j'ai l'intention de parler de tous les styles, pourquoi commencer par le plus simple ? C'est par le plus pur des hasards que je débuterai par celui-ci.

Il faut replacer ce mouvement dans l'histoire de la photographie, en effet, il a trouvé sa place à une époque charnière entre le XIXème et le XXème siècle (1890-1910). Justement à l'époque où la photographie avait connue sa plus grande révolution (la deuxième grande révolution étant le passage au numérique). À l'époque où les films et les papiers sont devenus très rapides (sensibles), à l'époque où les appareils photographiques ont connu une évolution sans précédent, surtout au niveau de la qualité des optiques.

Le postulat du Pictorialisme consistait à effectuer un "retour en arrière" de manière à rivaliser avec la peinture classique. En effet, il fallait travestir les images de façon à s'opposer à la révolution photographique en marche et à l'avènement du cinéma. Pour les fondateurs du mouvement, il était devenu indispensable de se détacher des images trop informatives, trop froides, trop scientifiques pour redonner à la photographie toute sa place dans le monde de l'art et ainsi ne pas tomber dans le giron de la technique. La Photographie devait rester un geste artisanal et une inspiration artistique en opposition à la mécanisation de la création de l'image devenue à la portée de chacun, appareil simple, léger, précis et chimie sans improvisation.

C'est ainsi que la photographie a connue ce que j'appellerai sa "grande schizophrénie" puisqu'il s'agissait de faire de la photographie mais en faisant croire que cela n'en est pas !

Si, au début, il "fallait" reconstituer les sujets des grands peintres de la renaissance, très vite, le pictorialisme s'est affranchi de la peinture classique pour ouvrir ses horizons, la seule règle étant de se libérer de "l'objectivité mécanique froide" pour réintroduire, entre autre, le flou dans l'image. On disait alors que l'image nette était le produit de la correction mathématique alors que le flou correspondait à l'imperfection naturelle de l'œil. Les détails et l'anecdote de l'image s'estompant, l'image laisse enfin apparaître la composition. On estimait que l'image floue faisait vibrer l'image, qu'elle animait l'image fixe, qu'elle accentuait la vie en la rendant artistique, bref, le flou était l'anoblissement de l'image.

C'est de cette époque que date la création d'objectifs dits "objectifs d'artistes" qu'on appelle aujourd'hui objectifs "soft focus" encore largement à la mode chez les portraitistes et photographes de mariage... Même dans le monde numérique il a été créé des "soft focus" (assez confidentiels pour ne pas être trop connus des amateurs -et assez chers pour ne pas les intéresser-). Parallèlement à ces objectifs "d'artiste", toutes les techniques étaient bonnes pour retrouver la vérité de la photographie d'antan... le flou et le retravail "à la main" du négatif.

Aujourd'hui, au XXIème siècle, le Pictorialisme n'est pas tout à fait mort, il y a encore des photographes qui s'y essayent (voyez votre moteur de recherche sur internet) mais je n'en ai trouvé aucun qui "respectait" les postulats du Pictorialisme d'origine. J'ai donc décidé de m'y essayer aussi mais, contrairement à mes contemporains, en essayant de faire du "vrai" pictorialisme. Je n'ai pas la prétention d'affirmer y arriver mais voilà une tentative qu'il me fallait essayer... Et quitte à se lancer un défi, pourquoi ne pas aller à contre courant de deux révolutions photographiques ? Photo "moderne" ET photo numérique ? Je vais donc essayer ici de faire du pictorialisme numérique !... et, modestement, faire revivre cette grande et belle parenthèse de l'histoire de la photographie...

À l'heure de l'écriture de ces lignes, nous sommes à l'ère de la photographie numérique donc nous allons essayer d'explorer des pistes nous permettant de créer une espèce de "néo-pictorialisme" à la portée de n'importe quel photographe amateur.

Première piste :

Jouer sur les teintes douces peut constituer une première approche, sans avoir besoin d'aucun artifice technique ou matériel pour y parvenir. Le flou est absent mais le graphisme et la lumière semblent plus proches de la peinture que de la photo. Cette image utilise un appareil photo numérique "classique", seule la vision de la scène a son importance ici. La nature peut nous offrir tout le matériel nécessaire pour faire du "pictorialisme"...

Deuxième piste :


[N.B. : j'ai du anonymiser cette photo donc... disparition ! Je la remplacerai avantageusement !]

Avec une "simple" photographie numérique et quelques secondes de post traitement sur un logiciel de traitement d'image on peut créer une "œuvre pointilliste" du plus bel effet en pictorialisme... Il m'a suffi ici de rajouter du bruit type "grain photo" poussé à l'extrême. Le flou est absent mais l'abondance du pointillisme détruit toute la netteté de l'image...

Troisième piste :

Avec un sujet qui s'y prête bien, comme une luminosité très particulière (ce n'est malheureusement pas très fréquent, il faut savoir "sauter sur l'occasion") et un très vieil objectif placé sur un boîtier numérique on parvient à créer un très bel effet de pictorialisme... Il ne s'agit pas de flou à proprement parlé, mais d'une image douce (type soft focus) rendue par le faible piqué de la vieille optique.

Quatrième piste :

Sans même faire appel au post traitement, un œil attentif et un minimum de technique permettent de créer un « tableau impressionniste » dès la prise de vue en numérique... Certes, tous les sujets ne s'y prêtent pas, mais l'effet est garanti. Ici la matière est sublimée en émotion pure, simplement en configurant son boîtier en netteté moyenne, temps de pose long (1/2 à 1 seconde), surexposition contrôlée et laisser Monsieur Éole faire le reste. Pour ce genre d'image, on aurait également pu laisser Monsieur Parkinson faire le travail si le vent était absent... Le flou est un flou de mouvement mais la netteté étant renforcée (modérément) on donne l'impression que l'image contient des "coups de pinceau"... et ces taches colorées font vraiment "impressionnisme"...

Cinquième piste :

Avec un sujet qui s'y prête bien et même sans vieil objectif placé sur le boîtier numérique on peut créer un véritable petit tableau (ici plutôt une estampe)... la technique du High Key peut être une voie à explorer. Nul besoin de flou ici, la transparence et la fragilité des pétales donnent sur ce fond blanc une sensation de légèreté et de fraîcheur... l'ensemble nous transportant dans une forme d'irréel, loin de la "vérité" photographique (et pourtant !)...

Sixième piste :

Et le recours au sténopé numérique est une voie à ne pas négliger... Les "vrais" pictorialistes utilisaient déjà le sténopé, pourquoi devrions-nous nous en passer ? Ici c'est franchement la quintessence du flou, mais du flou "doux", l'œil ne voit pas ce flou (qui pourtant existe), il n'est donc pas choqué, nous sommes là en plein dans le pictorialisme... même si la photo est en couleurs...

Septième piste :

Plus discutable, mais totalement licite, pour sortir des sentiers battus, le "flou" volontaire, violant, dérangeant, donne naissance à des masses, certes informes mais qui apportent une vision "contemporaine" type peinture abstraite...

Huitième piste :

Aucun filtre ni aucun virage ne fera jamais d'une photo une œuvre pictorialiste mais, utilisés à bon escient, ces techniques peuvent apporter une voie intéressante pour peu que, comme ici, le sujet s'y prête. Cette image est une image argentique avec film "poussé" (pour grossir le grain) qui a subi un virage par KMnO4 pour l'effet vieilli (pas franchement sépia, mais, à mon avis, plus intéressant...).

Neuvième piste :

Un quartier improbable (j'ai beaucoup cherché), un SDF comme on n'en voit plus depuis longtemps (cette photo -argentique- a plus de 30 ans !), un petit commerce de proximité misérable (comme on n'en trouve plus), un peu de brume... et nous sommes en plein dans le sujet... dans une espèce de flou du meilleur effet...

Dixième piste :

Il ne s'agit plus ici de pictorialisme au sens propre du terme, c'est plutôt un "à la manière de Andy Warhol", mais puisqu'on est en plein dans de l'art pictural, on peut se targuer d'une œuvre (néo-)pictorialiste. Bien sûr, Monsieur Photoshop est passé par là, mais la fin justifie les moyens... et personne ne peut dire que photoshoper interdit le classement du résultat dans le cadre de l'art. Et puis, le sur-traitement de l'image entraîne un flou qui efface tout détail et toute personnalité du sujet photographié.

Onzième piste :

Si vous êtes un "pro" des logiciels de traitement d'image (ce que je ne suis franchement pas), vous pouvez vous permettre de vieillir artificiellement vos photos numériques pour les faire passer pour des images du XIXème ou début XXème siècle. Cela ne fera pas tout mais peut nous entraîner sur la voie du pictorialisme. Vous pouvez voir ici un résultat (vous pourrez faire beaucoup mieux que moi, vu mes compétences en Photoshop et consorts...) assez encourageant.

En utilisant un traitement plus radical, le résultat est (peut-être) encore plus probant...

Douzième piste :

Assez proche de la piste précédente, mais beaucoup plus accessible pour les buses en photoshop (comme moi !) avec toutefois des résultats beaucoup plus probants (pour moi et mes connaissances de photoshop !!!) : l'utilisation de n'importe quel logiciel de traitement d'image gérant les calques (ici c'était jasc® paint shop pro 5 -gratuit et depuis longtemps disparu puisque écrit pour windows 3.11 !!!-) suffira largement... il faudra, par contre, se fabriquer (photographier) une texture adéquate et combiner les deux calques... Si, maintenant, votre image s'y prête bien, on peut entrer "facilement" dans le cadre du pictorialisme...

AUTRES PISTES À VENIR...

Jusqu'où peut-on aller trop loin ?

J'ai reçu un mail d'un lecteur me présentant son travail de pictorialisme. Ses images étaient intéressantes mais m'ont poussé à me poser la question de savoir jusqu'où on pouvait aller trop loin à la recherche du pictorialisme... En fait, je pense qu'en reprenant la définition de base, mes pistes n°2 et 10 [et dans une moindre mesure les pistes n°11 et 12] (ci-dessus) sortent déjà du cadre du pictorialisme stricto sensu. Les images de ces pistes peuvent, certes, être intéressantes, elles peuvent certes faire penser à des tableaux mais ce n'est pas du pictorialisme pour autant... De ce fait, les images de mon lecteur, même si très belles, ne sont pas du pictorialisme non plus... et Dieu sait qu'elles semblaient totalement être des œuvres peintes !... Mais le mouvement pictorialiste ne souhaitait pas donner l'aspect d'une peinture, mais se servir des canons de la peinture pour faire de la photo... Ainsi, le « hors sujet » n'est jamais très loin lorsque l'on veut s'essayer au pictorialisme... il faut donc être particulièrement attentif et particulièrement prudent pour se définir pictorialiste, même avec un tout petit « p »... la preuve... je me suis fourvoyé 4 fois dans ce petit sujet !...

Sans prétendre vouloir faire la même chose que mon lecteur, j'ai utilisé un logiciel qui transforme toute photographie en « œuvre picturale » pour démontrer que l'on peut singer l'art graphique (dessin ou peinture) à l'aide de logiciels, créer des images jolies, parfois intéressantes, sans pour autant que le résultat puisse être considéré comme du pictorialisme !... Oh, je ne me suis pas cassé la tête... je n'ai utilisé que les préréglages par défaut du logiciel (on peut créer des milliers de variantes avec des réglages personnels !...) pour vous donner ces exemples :

image originale (photographie)
   
Les effets sont plus ou moins heureux, mais tous s'approchent d'un style de peinture... on peut même simuler une texture de fond (toile ou papier granuleux)... Mais ce n'est pas du pictorialisme... tout au plus des images à la manière de la peinture !...

Attention, je ne dis pas que des images travaillées de la sorte n'ont aucun intérêt !!!! Je dis simplement qu'il ne s'agit pas de pictorialisme.

Bon, la façon dont j'ai utilisé le logiciel pour cette démonstration n'a vraiment rien de créatif. Mais si vous souhaitez en utiliser un en appliquant vos propres recettes de pré-réglage, et en utilisant un pinceau manuel (et pas automatique, comme ici !) vous pourrez vous enorgueillir d'une créativité mais certainement pas d'une création pictorialiste... picturale peut-être mais pas pictorialiste !...

Conclusion

Les pistes sont nombreuses, voire infinies, MAIS il est important de noter que, quelle que soit la piste choisie, il faut que le sujet se prête au style pictorialiste (au sens -très- large !). Le traitement de l'image ne fera pas tout le travail, il faut se limiter à des sujets acceptant le côté vintage !... Faire du pictorialisme sur la base d'une photo de la dernière fusée Ariane ne sera pas crédible, même si le traitement est parfait... Ici, comme toujours en photographie, un sujet ça se travaille dès la naissance de l'idée... ne pas prendre une photo au hasard dans son stock en décrétant, à postériori, qu'on va la faire "rentrer de force" dans un style particulier !...

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LE MINIMALISME

Quitte à débuter la rubrique par des sujets "compliqués", autant y rester encore un peu et parler maintenant du minimalisme...

Le minimalisme peut se définir comme un style ou une technique qui se caractérise par une extrême simplicité et une extrême retenue dans la composition.

Ce courant est très controversé, certains l'adorent, d'autre le détestent mais il semblerait que personne n'y soit indifférent... De nombreux artistes s'y sont essayés, avec plus ou moins de bonheur, déjà à l'époque où la photographie n'existait pas (en peinture), puis à l'époque de la photographie débutante, puis à l'époque de la photographie argentique "moderne" et, aujourd'hui, à l'ère de la photographie numérique.

Le courant minimaliste ne s'est imposé aucune limite, aucune règle. Contrairement aux pictorialistes qui se devaient de raconter une histoire avec une composition et/ou un aspect de tableau peint, les minimalistes laissent libre cours aux envies de chacun : couleur, noir et blanc, net, flou, ombres dures, douceur, high key, low key, etc... pourvu que le sujet soit aussi simple que possible...

Mais simple ne veut en aucune manière dire bâclé ou ennuyeux, et c'est là que le minimalisme prend toute sa valeur, si le sujet doit être simple, la technique aussi, l'exercice demande, voire exige, énormément de créativité sous peine d'échec pur et simple.

Un sujet bien placé n'a pas besoin d'être grandiose pour avoir beaucoup d'intérêt... il suffit de décider quoi intégrer à la composition et quoi en exclure pour obtenir une image forte, graphique, intéressante.

Si le genre n'est pas aussi simple qu'il veut le faire croire (et c'est peu de le dire !) il convient à merveille au photographe amateur "éclairé" ! En effet, nul besoin de parcourir le monde, nul besoin d'accréditation, nul besoin d'entrées chez le "gotha", nul besoin de matériel hors norme !

Le quotidien de chacun, l'objet le plus anodin, l'élément de décor le plus insignifiant, voilà le sujet de prédilection ! À la portée de tous ! Un beau désordre, des couleurs contrastées, des tons explosifs ou exactement le contraire, voilà autant de sujets se prêtant parfaitement à la photographie minimaliste. Sans oublier ces textures si bien rendues que le spectateur aura envie de toucher l'image pour ressentir le volume.

Il ne faut pas avoir peur d'essayer ! Souvent il suffit de trouver l'angle de prise de vue, la lumière la mieux adaptée pour réussir une photo minimaliste... Et très souvent, cet angle de prise de vue et cette lumière adaptée ne répondront à aucun des canons "classiques" de la photographie et c'est exactement pour cela qu'ils donneront vie à l'image minimaliste... Les noirs profonds, les blancs brûlés feront partie intégrante de la réussite de l'image... Il n'y a rien d'autre à faire qu'à travailler sa composition jusqu'à voir apparaître dans le viseur "quelque chose qui nous parle" !

Il ne faut pas bouder le plaisir de la très faible profondeur de champ, celui de l'éclairage peaufiné ou grossier, pour isoler des lignes "fortes" ou prendre en compte des lignes répétitives ou des géométries, qu'elles soient architecturales ou naturelles...

En fait, le minimalisme, en photographie, ne nécessite qu'une seule chose : apprendre à voir autrement les choses sans intérêt que l'on rencontre au quotidien et, accessoirement, de la pratique, de la pratique et encore de la pratique...

Autres voies envisageables :


Un simple objet, un travail sur la lumière, un film à grain et nous y voilà... en réalité on se retrouverait presque à une frontière entre minimalisme et pictorialisme...


Quoi de plus banal, de plus inintéressant... et pourtant cela suit les préceptes du minimalisme


Voilà encore un exemple à ne pas suivre mais une voie de recherche de minimalisme


Un "simple" travail de lumière...

Je pourrais vous donner encore des milliers d'exemples entrant dans le cadre du minimalisme, mais je pense que vous en avez saisi le principal...

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L'AVANT-GARDISME EUROPÉEN

Dans le cadre de l'adaptation des grands courants de la photographie aux photographes amateurs d'aujourd'hui que nous sommes, je vais développer ici un ensemble de courants probablement les plus difficiles à adapter ! C'est pourquoi, je ne vais pas décrire dans le détail chacun des mouvements le composant (Futurisme Italien | Constructivisme Russe | Bauhaus Allemand) pour ne retenir que quelques unes des grandes lignes communes de cette "mouvance" des années 1920-1930 que nous pourrons, simples amateurs du XXIè siècle, utiliser et désolé pour les puristes qui ne retrouveront pas ici la quintessence de ce mouvement artistique...

Alors que le Pictorialisme voulait faire reconnaître la photographie comme un art, le débat entre photo floue et photo nette est à présent dépassé, le cadrage devient le moyen d'expression du photographe. Une photographie moderne (terme de l'époque !) émerge dans les milieux avant-gardistes qui développent des techniques de prise de vue nouvelles : simultanéité des temps, surimpressions multiples, abandon de la perspective centrale. L'amour (et la découverte) de la vitesse, l'exaltation de la machine conduisent à une expérimentation photocinétique. Allongement des temps de pose (qui provoque des filés ou des superpositions spectrales des sujets en mouvement), apport d'une valeur esthétique ou abstraite aux expériences de chronophotographie, etc... Faisant suite à la période cubiste (cubofuturisme) et abstraite (suprématisme) en peinture, les avant-gardistes et les constructivistes en premier lieu exaltent le monde moderne (de 1920 !), la mécanique, la machine.


Un simple détail technique et on entre de plein pied dans l'avangardisme
[photo argentique]

Séries, jeu des rythmes, cheminées parallèles, esthétique de l'automobile, construction de formes géométriques, structure quasi-abstraite de l'image, disparition de la notion de figuratif, et, au delà de cette géométrie, avec l'abolition des concepts classiques (on devais certainement dire rétrograde à l'époque), il s'agissait de composer des images qui finissaient par paraître surréaliste à force d'utiliser des cadrages et des orientations multiples en prenant bien soin de s'éloigner autant que faire se peut des canons classiques (qui sont réapparus ensuite) tels que les horizons horizontaux, les visées de face etc, au profit des plongées ou contre plongées vertigineuses, les verticales partant de travers, les collages, les montages, etc...


Un cadrage "inadmissible" selon les "canons photographiques" et on entre dans l'avangardisme
[photo numérique]

Après la révolution russe de 1917, il fallait pratiquer un art prolétarien participant au réalisme soviétique : recherches formelles en jouant avec les capacités de l’instantané pour restituer le mouvement dans des nouvelles lignes de fuite de la modernité (bordures de trottoirs, arêtes d’immeubles, aiguillages et rails de chemin de fer, etc) et si possible des cadrages sacrilèges et des contrastes très marqués... Une légère variation est apportée par le Bauhaus qui prônait une large palette de tonalités de gris, une grande maîtrise de l'éclairage et une composition plus léchée de l'image (bien que toujours aussi froide = technique). La lumière devient le facteur formel primaire qui crée l'espace et le mouvement. La photographie doit se faire la représentation de la modernité et de la culture de masse, représenter le réel mais concevoir un monde nouveau à partir de l’esprit de la technique et de la mécanisation...


Si on n'a pas les moyens de trouver une "super machine" de l'époque, un modèle réduit et un film à gros grains fera parfaitement l'affaire... on s'y croirait presque...
[photo argentique]

En résumé, les voies de recherche de ce genre photographique se basaient sur :
- Perspectives obliques et insolites


Photo montage plus association positif/négatif
[photo numérique]

- Prises de vue en plongée et contre-plongée
- Photogramme


Comme "art prolétarien" ou "réalisme soviétique"... on ne peut mieux faire...
[photo argentique]

- Agrandissement d'une partie d'image
- Mouvement de la lumière


Représentation de la mécanique
[photo argentique]

- Introduction de nouvelles images à l'intérieur de la photo (miroirs...)
- Prises de vue aériennes


Mécanisation + composition en plongée
[photo argentique]

- Portrait « objectif »
- Négatif-positif d'un même motif


Photomontage + association de fausses couleurs
[photo numérique]

- Surimpression
- Photomontages


Usine + solarisation
[photo argentique]


Autres exemples :


Un thème de prédilection : l'industrie lourde
[photo argentique]


Le même sujet mais traité avec du matériel photographique ancien et on s'y croirait...
[photo argentique]

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DADA [OU LE DADAÏSME]

Juste une petite digression pour ce chapitre... 1) le DADAÏSME (ils n'aimaient pas ce terme) fait partie intégrante de l'avant-gardisme et devrait donc être placé dans le chapitre précédent... 2) le DADAÏSME, pour partiellement pictural (mais également graphique, littéraire etc.) qu'il était, n'a jamais été réellement un mouvement photographique... les créateurs pouvaient utiliser des photographies mais pour en découper des morceaux afin de créer une œuvre nouvelle à partir d'images de brick et de broc...

Qu'importe, si je tiens à écrire un petit chapitre sur le DADAÏSME, c'est simplement pour prendre plaisir à créer des choses folles (pour ne pas dire débiles) et vous donner le plaisir de vous y amuser également...

En fait, le dadaïsme est le précurseur du surréalisme. Il est absurde, imprévisible, illogique et chaotique, il va à l'encontre des standards esthétiques traditionnels et à l'encontre de tout ce qui pourrait être considéré comme de l'art (du moins à ce jour !).

Le "mouvement" est né en pleine 1ère guerre mondiale de la constatation suivante : la catastrophe (cette guerre) est le résultat de tout ce qui l'a précédé dans l'histoire... c'est le résultat du capitalisme sauvage mais plus largement de toute l'évolution de l'homme, l'évolution de sa culture, de son intellect et même de sa maturation (d'enfant à adulte). Pour s'opposer à la guerre (et accessoirement essayer d'éviter une récidive dans l'histoire -candeur-), il suffit donc de s'opposer à tout ce qui a conduit à ce conflit... retrouver un esprit enfantin, faire table rase de toutes les conventions, de tous les tabous, un peu comme des sales gosses turbulents, il faut essayer d'être le plus iconoclaste et le plus créatif possible.. rejeter la logique, rejeter la raison, tourner tout ce que est sérieux en dérision, utiliser l'humour même s'il doit être discutable et de mauvais goût... liberté, liberté totale, voilà le maître mot.

Un exemple qui illustre parfaitement l'esprit du DADA : Marcel Duchamp utilise une reproduction de la Joconde de Léonard de Vinci, l'affuble d'une moustache et d'un bouc... Ce n'est pas iconoclaste ça ?
Et, puisque cela ne suffisait pas, il a intitulé son œuvre : L.H.O.O.Q (lire : Elle A Chaud Au Cul)... ce n'est pas de l'humour discutable et de mauvais goût ça ?

C'est un peu l'introduction de l'anarchie dans l'art et la culture (si j'ose utiliser le mot d'anarchie puisque ce terme a une connotation politique différente du sens du DADA... les dadaïstes étant tout autant de mouvance communiste qu'anarchiste voire non alignés). Ils voulaient être tellement différents de tout qu'ils allaient jusqu'à renier le suffixe "ïste" qui laisserait supposer qu'ils constituent un mouvement qui pourrait très bien être récupéré... se contentant de parler de DADA, ce qui ne veut strictement rien dire...

Je n'en dirai pas plus, il y a suffisamment d'articles et d'illustrations du DADA sur internet que prolonger la discussion serait franchement abuser...

En quoi cela pourrait nous intéresser, nous autres photographes amateurs de l'ère du numérique ? Tout simplement que l'ordinateur, via ses logiciels graphiques et sa souris (ou sa table graphique) nous permet de recréer "facilement" l'esprit DADA avec nos images (ou des bouts d'images !)...


Premier exemple personnel : Puisque DADA c'est l'anarchie dans l'art, DADA n'impose aucune règle... Et bien j'ai imaginé qu'au contrainte, DADA possédait une (et une seule) règle : celle présentée ci-dessus et qui ne risque pas d'imposer un travail calibré, de quel qu'ordre que ce soit !... Serait-ce exagéré de dire que cette image est DADA ? Franchement, je ne le pense pas !!!

Avec cet exemple, on est franchement en plein dans le délire du n'importe quoi, un délire enfantin accentué par le détourage volontairement bâclé des éléments parasites de l'image...

Une vision très personnelle du DADA qui prônait depuis ses débuts le « sauvetage du cheval de bois »... C'est franchement DADA, vous ne trouvez pas ? Personnellement, ça m'amuse...

Et pour finir, mon « œuvre » DADA personnelle préférée (même si le sujet n'est pas très original puisque dérivé du travail de Marcel Duchamp) qui prouve que l'on peut délirer MAIS rester intellectuel... appréciez, au passage, le jeu de mot du « titre » de cette image... Si vous ne comprenez pas vous pouvez toujours m'écrire ...

Bon, c'est tout pour aujourd'hui, amusez-vous bien à la suite de cet article et n'hésitez pas à m'envoyer vos essais DADA...

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LE SURRÉALISME

Suite logique à mon article sur le DADA : le surréalisme qui est tout de même né de la scission du dadaïsme en 1924 et qui, contrairement à son mouvement initiateur, a survécu et survit encore de nos jours... même s'il a officiellement été dissout en 1969...

Un peu comme le DADA, le surréalisme était (est) un mouvement littéraire, artistique (au sens large) mais, et ça c'est nouveau, politique (!!!)... Également, un peu comme le DADA, le surréalisme se caractérise par : l'exploitation de l'inconscient, du hasard, la libération créatrice, l'absurde, l'étrange, le fantastique, le côté ludique de la mise en scène, la manipulation d'objets avec toujours, en toile de fond, une incommensurable soif d'expériences nouvelles... Comme le DADA, le surréalisme reprend des techniques maintenant classiques comme la surimpression, le photomontage, le photogramme, etc...


Monstre sanguinaire [mélange photographies argentiques et numériques]

La photographie s'est imposée comme l'un des médiums les plus riches pour révéler le monde inconscient et pour exprimer l'inattendu, l'étrange, l'absurde... (œuvres de Man Ray, Hans Bellmer, Brassaï, Claude Cahun, Raoul Ubac, Dora Maar, etc...) alors que certains photographes (Tabard, Blumenfeld, Kertész, Brassaï, Cartier-Bresson) restent volontairement à la marge du mouvement surréaliste mais leurs recherches aboutissent tout de même à des œuvres considérées comme surréalistes.


Alsace 2050 [photographies numériques]

C'est tout ce que je dirai de l'histoire de ce mouvement, pour me tourner plutôt vers l'utilisation que le photographe amateur pourrait en faire... Le surréalisme a été victime de son succès, en effet, il est devenu un nom commun un peu passe-partout quand il s'agit de qualifier quelque chose de bizarre ou d'étrange... Mais c'est cette faiblesse apparente du mot qui doit pouvoir nous ouvrir des voies de recherche... La seule limite et la seule vraie difficulté à s'essayer au surréalisme est la limitation de sa propre imagination (et accessoirement, mais ce n'est pas capital, de ses compétences techniques). Bien sûr, pour nous autres pauvres photographes amateurs de l'ère numérique, les techniques de trucage photo sont beaucoup plus simples que celles utilisées à l'époque de l'argentique... aussi, ne gâchons pas notre plaisir pour essayer de se faufiler dans les délires créatifs.


Déchirure spatio-temporelle [photographie numérique + traitement partiel]

Juste un point important à souligner : qui dit trucage numérique des images ne dit absolument pas nécessité d'achat de Photoshop ou autre logiciel hors de prix... Les quelques petits exemples que je vous ai donnés ici ont été créés à l'aide d'un vieux logiciel de dessin qui date de Windows 3.1 (!!!!) et qui a été longtemps téléchargeable gratuitement avant de disparaître totalement (!!!). Mais, puisque je l'aime bien, je l'ai conservé et je l'utilise encore souvent et c'est à lui que ces images doivent d'avoir vu le jour !...


Mais où va-t-on ? [photographies numériques]


À chacun ses héros [photographies numériques + dessin]


Névrose sidérale [mélange photographies argentiques et numériques]

Avouez qu'il y a moyen de s'amuser et de se faire plaisir avec ce genre de recherche également... Et, qui sait, peut-être qu'un jour, l'idée géniale naîtra et une superbe photo sera créée...


Force [photographies argentiques et numériques]


Objectif Lune [photographies argentiques et numériques]

Comme vous pouvez le constater, il n'est pas indispensable de créer des choses bien complexes, ni photographique -techniquement parlant- ni informatique -trucage- pour réussir des images surréalistes intéressantes... À vous de jouer maintenant, laissez-vous aller et vous risquez de vous surprendre vous-même...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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LA STRAIGHT PHOTOGRAPHY (ou PURE PHOTOGRAPHY)

Voilà un paragraphe que je n'aurais pas du écrire, mais, vu l'évolution de la photographie amateur, il me fallait en parler tout de même. Alors que les paragraphes précédents devaient vous pousser à "essayer autre chose", celui-ci vous demandera probablement le contraire, mais vous verrez...

Pourquoi ne pas vouloir traiter de ce mouvement ? Certainement parce que 99,99% des photographes amateurs, tels Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, ont fait de la straight photographie sans même en avoir conscience !... En effet, straight photography, en anglais, veut dire photographie directe (et pure photography... photographie pure...).

La Straight Photography se caractérisait par la fracture totale du pictorialisme et l'entrée dans la "photographie moderne"... rechercher la netteté de la mise au point photographique et s’en tenir aux seuls paramètres du cadrage et du champ visuel de l’appareil. C'est le photographe qui doit trouver sa place au milieu de la scène et non pas placer la scène à la convenance du photographe... On va ainsi à l’encontre du pictorialisme et de tout type de manipulation postérieure à la prise de vue. En effet, cette photographie que l’on peut qualifier d’instantanée consacre l’esthétique de l’organisation, l’équilibre des éléments, le dosage des noirs et des blancs (ou des couleurs). Ce qui parait confus est en fait un désordre géré, c'est une nouvelle photographie, directe, épurée du maniérisme (pictorialiste)... pas de recadrage, pas de bricolage de laboratoire, tout le travail devant se faire AVANT de déclenchement... saisies du monde réel, et composition telle qu’aucun artifice ne sera requis au tirage... La straight photography a donc donné naissance à la photographie actuelle, le reportage et le photo-journalisme d'une part, la vision formaliste actuelle du paysage, de la nature morte, voire du nu. La straight photography est donc le début de la photographie-vérité !...


Certes il s'agit d'une reconstitution des temps anciens, mais cette image cadre totalement dans le sujet traité [photographie argentique]

À l'époque de la photographie argentique, le nombre d'amateurs photographes ayant accès à un laboratoire était si faible que tout le monde se polarisait sur la création de la meilleure photo possible dès la prise de vue et donc, sans le savoir, faisait de la straight photography (pour peu qu'ils ne photographiaient pas uniquement leur chien... et encore !).

À l'ère du numérique, une nouvelle notion est apparue chez le photographe amateur : le post-traitement ! Recadrage, amélioration, modification de l'image source est devenue monnaie courante et donc... oubliée la notion même de photographie instantanée...


Le reportage "journalistique" s'ouvrait au photographe amateur, comme au professionnel... [photographie argentique]

Donc, pour faire court, contrairement aux articles précédents, je vous exhorterai ici à vous essayer à la straight photography en vous obligeant à NE JAMAIS REPRENDRE VOS IMAGES EN POST TRAITEMENT. Bien sûr, cela permettra de faire de la straight photography (c'est un peu le sujet de l'article) MAIS SURTOUT, cette expérience vous permettra de mieux sentir vos images dès la prise de vue, vous apprendra les différents types de visée, les déplacements, les angles de prise de vue et vous permettra ainsi d'accroître considérablement vos compétences photographiques !!!


Une vision de manifestation [photographie numérique]

On pourra me rétorquer que la photographie numérique nécessite au moins un accroissement de netteté... Ce n'est franchement pas obligatoire... Réglez donc votre boîtier sur JPEG avec netteté maximale et vous serez prêt pour vous lancer dans vos recherches de photographie directe...

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LA PHOTOGRAPHIE CONCEPTUELLE

Si un mouvement photographie est complexe à appréhender, c'est bien celui-là. En effet, la théorisation des différents mouvements finit par puiser des éléments dans plusieurs mouvements, de bousculer un peu chacun d'eux pour créer une place pour le nouveau. Ainsi, de nombreuses images pourraient très bien trouver leur place dans le mouvement minimaliste ET conceptuel, surréaliste ET conceptuel, etc. D'ailleurs, plusieurs images publiées dans les rubriques précédentes pourraient trouver également leur place dans ce chapitre... Pour mieux vous faire comprendre ce que la théorisation nous dit, je vais vous livrer des extraits d'écrits fondateurs ou descriptifs :

« Intimement lié à l’émergence de l’art conceptuel, le médium photographique ne cessera d’innerver les différentes ramifications propres à ce phénomène majeur des années 1960 et 1970. S’inscrivant dans un cheminement critique visant à contrecarrer le modèle moderniste et son culte de l’originalité de l’œuvre d’art, la photographie conceptuelle traduit en outre les aspirations d’une génération qui s’attache à instrumentaliser et à diffuser des images « pauvres », sans valeur marchande, dépourvues de toute connotation esthétisante. L’information et la documentation sont les deux principales notions qui permettront de circonscrire les stratégies auxquelles se plieront ces artistes. Insensibles aux pouvoirs iconiques inhérents à la photographie, la plupart d’entre eux, faute d’avoir entrepris ne serait-ce que l’amorce d’un examen critique de ce médium, exposeront toutefois leurs pratiques à des contradictions et des paradoxes qui marqueront à terme l’échec de leurs ambitions photographiques. »
(https://etudesphotographiques.revues.org/1008)

Vous pourrez également lire cet article intéressant ici. Ou celui-là ici.

On voit bien qu'une énorme liberté est laissée à l'amateur pour se placer dans ce cadre...

Personnellement j'aime bien l'idée du message subliminal, le concept, caché dans l'image. Ce message fait l'image mais le message doit se camoufler suffisamment pour obliger le spectateur (le lecteur de l'image) à le rechercher et le mettre à jour !... Souvent, ce message est si bien caché qu'on ne le trouve jamais (!!!) mais qu'importe... la proposition de le chercher peut être, en soi, la motivation du créateur...

Prenons un exemple. Une image a muri dans mon esprit il y a très longtemps déjà, mais je n'ai jamais réussi à la créer pour cause de manque de moyens techniques... Puis sont nés l'informatique et les petits logiciels gratuits, l'idée a resurgi plusieurs décennies plus tard. Trêve de bavardage, voici le résultat, l'explication suivra :

Bon, que voyons-nous ici ? C'est la première photographie de Nicéphore Nièpse, vous l'avez tous reconnue, mais elle paraît très pixellisée non ? Et c'est là où se cache le concept (le message) ! Regardons l'image de plus près, à un plus fort grossissement :
Et bien oui, il ne s'agit pas d'une pixellisation il s'agit d'une mosaïque. Certes, il n'y a rien de très original, tout le monde peut faire cela en quelques minutes à l'aide d'un logiciel de mosaïcisation, mais ce n'est pas cette technique qui fait le concept, bien sûr... chaque pixel représente un appareil photographique... La première image fixée par Nicéphore Nièpse a marqué le début de la photographie. Pour faire de la photographie il est nécessaire de disposer de matériel de prise de vue. Donc, cette première photographie contient en elle deux siècles d'évolution technologique du matériel de prise de vue... voilà le message caché ! Là se trouve le concept !...

Bon, il est difficile d'exposer cela dans les meilleures conditions sur un site internet (surtout sur un site de la taille du mien !) mais je pense que vous comprenez l'idée... Si j'avais fait cette même mosaïque avec des pixels représentant des icônes de Windows (par exemple), le message n'aurait eu aucun sens. Le concept aurait été présent, mais son intérêt aurait disparu !...

Attention, j'ai choisi là un exemple simple, voire simpliste... il n'est pas question de se cacher derrière une mosaïque pour faire de la photographie conceptuelle mais ce moyen technique m'a permis d'afficher le message relativement clair du concept d'origine.

Plus « classique », le message est toujours caché mais bien plus évident dans cette photo :

Ou celle-là :

Réfléchissez à d'autres formes de messages et lancez-vous... l'exercice peut être intéressant....

Bonnes photos et, envoyez moi vos résultats !

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LE PHOTO-PORTRAIT

Je suis sûr que le simple fait de parler de portrait fait apparaître dans l'esprit des lecteurs les mots « studio » « Harcourt » « Paris »... Certes, les productions de ce studio sont emblématiques en France (mais pas uniquement !) mais dans le cadre du site www.thydelor.eu, je ne me permettrais pas autre chose que vous proposer de visiter leur site internet pour vous faire une idée. Bien sûr, même dans la peau d'un photographe amateur, on peut s'essayer à la création de portraits « à la façon Harcourt » mais ce n'est nullement le but de cet article. Bien au contraire, je vais vous proposer de vous essayer au portrait de manière plus modeste mais également plus créative pour ne pas s'enfermer dans un type de portrait « classique » si parfait soit-il...

Avant toute chose il est indispensable de se convaincre que le visage ne fait pas le portrait !... En d'autres termes, il n'est pas nécessaire de s'offrir un shooting avec Miss Univers pour réussir ses portraits, un voisin, un ami, un inconnu lambda, soi-même (pourquoi pas), qui n'est pas franchement une reproduction de l'Apollon du belvédère ou de la Vénus de Milos, peut parfaitement donner un superbe portrait !... Pour en revenir au studio Harcourt, il n'est pas nécessaire de travailler ses éclairages avec la science de ces professionnels... un éclairage naturel, un éclairage simple à une ou deux sources suffiront largement à la création d'un superbe portrait !..

Alors, comment réussir ses portraits ? Quels paramètres faut-il mettre en œuvre ? C'est ce que nous allons voir ici.

Le sujet :
Classiquement, en photo-portrait, le sujet est le mannequin (masculin ou féminin), l'enfant ou la personne âgée... Pour faire du photo-portrait un peu plus créatif, on pourrait, par exemple, loucher vers le travail de Dorothea Lange (même si ses modères de la série grande dépression sont des comédiens castés) pour ne plus faire le portrait d'une personne mais faire le portrait d'une situation, situation sociale, situation professionnelle, etc. En guise d'exemple, je vous proposerai un de mes portraits qui ne représente pas une personne mais un professionnel du ramonage sorti de son contexte professionnel (ses accessoires) :

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, personnellement, j'adore ! L'homme est beau sous le masque de sa profession, vous ne trouvez pas ? Le fond neutre et l'éclairage simple et bien diffusé donne tout le relief du modèle dans sa grandiose simplicité et son naturel... Un éclairage plus construit donnerait une photo totalement différente mais donnerait une signification qui dépasserait ce que je souhaitais faire passer par ce portrait...

Entre parenthèses, j'aime beaucoup "fouiller" dans le milieu professionnel pour trouver des portraits intéressants voire coccaces :

)

Même type d'éclairage que précédemment, même démarche de photo-portrait mais plus straight photography qui raconte une histoire très banale, très simple, très humaine que j'aime beaucoup :

Le sujet semble banal, c'est un anonyme sorti de son contexte. Quel est le sujet principal ? Le modèle ? Non ! La situation ? Elle est inconnue ! Le caractère du modèle ? Probablement ! L'histoire est opaque mais l'image peut suggérer plusieurs interprétations mais n'entraîne pas de confusions en mélangeant des sujets... L'image vous suggère un sujet et un seul à la fois, même si vous pouvez découvrir un nouveau sujet chaque jour !...

Mais, sans trop compliquer son travail d'éclairage (lumière naturelle de 3/4 plus réflecteur blanc), on peut, avec un minimum de technique, créer des portraits un peu plus « léchés ». On est très loin des portraits « professionnels classiques »...

... mais avouez que le résultat est intéressant... on ne photographie pas le modèle, on a créé un ambiance douce et sentimentale, un brin nostalgique tout en mettant son modèle en valeur. Le sujet de l'image est suggéré mais sans forcer l'esprit du lecteur ! Bien sûr, on a adouci la peau, on a fait disparaître les micro-imperfections cutanées... Un superbe portrait qui raconte bien plus que le modèle !... Notez bien que je n'ai utilisé ni post-traitement informatique ni aucun accessoire "artificiel" (je pense aux filtres) pour créer cette image...

La pose :
Selon ce que l'on souhaite montrer, il est possible de choisir deux voies diamétralement opposées :
- le portrait "plat" de face (comme mon premier exemple ci-dessus)
- le portrait "3D" qui donne une "profondeur", une "vie" au portrait. Dans ce cas éviter "d'écraser" le modèle sur un plan, faites tourner la tête de quelques degrés.

Mais quel que soit son choix, il faut savoir que moins la pose est complexe et meilleur sera le résultat.

Les accessoires :
En portrait, les accessoires peuvent être intéressants. Que sont ces accessoires possibles ?
- une main (ou les deux)
- un stylo
- une cigarette
- un chapeau
- des lunettes
- un livre (buste, plan "américain" ou portrait en pied)
- une table (plan "américain" ou portrait en pied)
tout est envisageable

Mais gardez toujours présent à l'esprit que ces accessoires peuvent aussi desservir le résultat. En effet, une main mal positionnée peut "casser" l'harmonie du portrait, peut créer des ombres disgracieuses, générer des plis disgracieux. Le portrait n'est pas l'association d'un modèle et d'un appareil photo ! Il faut une création et un œil aiguisé, un esprit curieux et attentif, même si le genre paraît simple, il se complexifie à mesure que l'on approche du "bon" portrait... nous sommes à des années-lumière du selfie !...

Le cadrage/l'objectif :
Là aussi, ce genre photographique pardonne tout, cadrage serré (visage uniquement), cadrage moyen (tête et épaules), buste (tête, épaules, tronc), plan "américain" (de la tête aux genoux), portrait en pied (corps entier).

Mais on peut également envisager la localisation de l'objectif par rapport à la taille du modèle. Viser "haut" rend le modèle plus "accessible", viser "bas" donne au modèle une importance qu'il n'a pas forcément en laissant supposer une grande taille qui n'existe pas forcément mais rend le modèle plus inaccessible, voire hautin !...

Attention à la focale utilisée ! En portrait "classique", on recommande des focales "longues" (80 à 200mm en équivalent 24x36) mais une focale normale (50mm en équivalent 24x36) est également intéressante. Par contre, même si le 35 ou le 28mm (en équivalent 24x36) ont été utilisés, il faut être très attentif à la déformation engendrée par les courtes focales qui transforment rapidement un portrait en caricature !...

Attention également au diaphragme utilisé ! Si votre objectif peut ouvrir à f/1.4, la profondeur de champ sera si faible que si le visage du modèle est tourné à 45° vous n'aurez jamais les deux yeux nets... cela tuera votre photo ! Ne pas confondre flou artistique et flou tout court !!! De même, ne comptez pas sur une ouverture trop petite (f/16-f/22) pour obtenir un flou artistique, certes vous serez confronté aux phénomènes de diffraction mais le résultat sera peu flatteur... et en plus, la très grande profondeur de champ vous desservira !... Il est systématiquement préférable de choisir l'ouverture de meilleure qualité de votre objectif, généralement f/8.

Il existe une règle et une seule en portrait : la netteté ! S'il est intéressant de gommer les micro-imperfections de la peau, s'il est intéressant de créer un flou artistique, ce ne sera jamais au prix d'un manque de netteté... voyez l'exemple de portrait féminin ci-dessus, j'ai utilisé un flou artistique et j'ai adouci la peau mais rien n'est flou... le portrait est net de part en part.

La lumière :
En portrait, l'éclairage est très libre, très variable. Selon le caractère que l'on souhaite donner à son portrait, on peut utiliser :
- un éclairage "dur", puissant et direct qui crée de forts contrastes et des ombres bien nettes
- un éclairage "doux", réfléchi (réflecteur) ou diffusé (un simple drap fait parfaitement l'affaire)
- un éclairage unique (une seule source)
- un éclairage unique complété par un réflecteur (correspond à deux sources dont une est bien plus faible que l'autre)
- un éclairage double (intensités symétriques ou non)
- un éclairage multiple (le nombre de sources est illimité)
- un éclairage artificiel
- un éclairage naturel
- une combinaison de tout cela (!!!)

Il faut toujours garder présent à l'esprit que la difficulté à réussir son portrait est fonction du nombre de sources. Un débutant choisira le nombre minimum de sources, à savoir une seule, avec ou sans réflecteur associé.

Pour les argentistes qui travaillent en couleurs, il est indispensable de choisir le type de film (tungstène ou lumière du jour) au type d'éclairage ou d'utiliser les filtres correcteurs de température de couleur bien que les couleurs chaudes de l'éclairage tungstène avec un film couleur type "lumière du jour" peut apporter un plus. Par contre, l'éclairage néon avec un film "lumière du jour" donne une dominante verte inacceptable. L'éclairage LED donnant une dominante bleue est discutable mais utilisable.

Le message :
Selon ce que vous souhaitez montrer dans votre portrait, il vous faudra jouer avec tous les paramètres listés dans cet article, je ne pourrai pas vous orienter plus !...

Cas particulier du nez :
Le nez est (avec les yeux !) l'élément le plus important du portrait... mais, en même temps, c'est un élément très perturbateur :
- si vous ne veillez pas à vos éclairages, il entrainera une ombre portée très disgracieuse qui tuera votre portrait
- le nez, dans la nature, se trouve au milieu du visage. Ne le déportez pas ! Si vous ne faites ni un portrait de face ni un portrait de profil... méfiez-vous ! La pointe du nez ne doit pas dépasser (ni couper) de l'arrondi du visage, ce n'est pas harmonieux et cela déforme le visage en tuant votre portrait.

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LA PHOTOGRAPHIE ZEN

Dans cette page je me suis fixé pour but de parler des genres en photographie. Certes, c'est bien ce que je fais MAIS, comme toujours, j'essaye d'apporter un peu d'originalité à mon contenu. À force de vouloir chercher l'originalité, je me demande si aujourd'hui je ne vais pas sortir du mon sujet (...) En effet, je ne sais pas si la photographie zen est reconnue, même indirectement, comme faisant partie d'un genre photographique. En fait, quelle importance ? Il s'agit d'un genre que j'apprécie et que je pratique très souvent, donc, même si je suis le seul à pratiquer ce genre (cela m'étonnerait énormément !!!), la photographie zen aura sa place dans ma page sur les genres photographiques, un point c'est tout ! Et si cela devait créer des polémiques, tant mieux, j'écrirai un article dans la page des polémiques !...

La photographie zen est, pour moi, un genre à part entière parce qu'elle ne se contente pas de créer et de montrer des images. Elle ne se contente pas non plus de représenter un certain type d'image. En fait, la photographie zen est une photographie de la sensation, du calme et de la sérénité. Pas de point fort, pas d'histoire, pas d'intérêt concernant ce qui est représenté. La photographie zen apporte au spectateur de la sérénité et du calme... à condition que ce dernier soit dans un état psychologique tel qu'il mérite de recevoir ce calme et cette sérénité...

Je l'ai déjà souvent souligné dans différents articles, l'état d'esprit du photographe, au moment du déclenchement, laisse systématiquement une trace sur l'image finale. Si l'image est réussie, cette trace est immédiatement repérée par le spectateur de l'image. Et c'est encore plus vrai dans le cadre de la photographie zen !... Pour avoir une chance de réussir une photographie zen, le photographe se doit d'être zen lui-même ! Le photographe qui veut produire des photos zen doit attendre que divers éléments se mettent en place, la lumière, la forme, l'atmosphère, le calme de la scène et l’absence de planification. Plutôt que faire un pré-repérage sur cartes ou sur internet, de vérifier la météo avant un shooting, il faut s'aventurer à l’extérieur ou dans des endroits improbables et trouver des endroits propices à la photographie zen.

Pour être zen, l'image, outre le fait de représenter quelque chose de calme, doit être simple et dépouillée, ce qui peut éventuellement nous approcher du minimalisme (voir plus haut). Mais, contrairement à la création photographique classique, il n'est pas question de chercher un sujet (!), le calme et la sérénité du photographe lui ouvre grand l'esprit et les photos zen s'imposeront d'elles-mêmes à ses yeux.

En photographe zen, il est recommandé de supprimer le plus possible de choses d’une scène afin de produire une photo sans élément perturbateur. Contrairement à beaucoup d’autres genres photographiques, ces images ne sont pas faites pour attirer l’attention. Les photographies zen invitent à les regarder, mais de façon progressive, plus on les regarde, plus les formes et les motifs commencent à apparaître. Pour permettre cette découverte progressive, il est recommandé de jouer sur la présence de vastes espaces négatifs. On appelle espace négatif des espaces sans intérêt, des espaces vides, avec le moins possible de détails et sans sujet. Les espaces négatifs peuvent être sombres ou brillants tant que ces zones n’attirent pas l’attention. Un ciel bleu clair pourrait être un excellent exemple. Plus il y aura d’espace négatif dans la photo, plus le sujet se distinguera du reste de la composition.

Dans la photo d'exemple, de prime abord, l'image est sans intérêt. Elle manque tellement d'intérêt que la curiosité nous pousse à y regarder à deux fois. Le sujet est clairement la fenêtre au "rideau" déchiré. Stop. Puis on découvre les taches d'humidité qui émergent progressivement de l'espace négatif. Et, bien plus tard, on découvre la vie bien dissimulée de l'autre côté de la fenêtre. Tout est calme, tranquille, même ce qui vit (la végétation extérieure) est immobile... ZEN.

Dans cet autre exemple, le sujet est clairement l'oiseau immobile dans l'immensité du ciel. L'espace négatif, hyper majoritaire dans l'image, est clair, joli, mais très calme et serein. ZEN.

Dans cet autre exemple, on peut répéter exactement la même remarque que précédemment. L'eau, espace négatif hyper majoritaire, est calme, les vaguelettes évoquent le chemin mental des jardins de sable japonais. L'oiseau aussi est calme et observe sereinement l'avenir (désolés pour ceux dont la langue ne s'écrit pas de gauche à droite !)

Mais il est possible de pousser le ZEN dans ses derniers retranchements, parler de nihilisme... on est plus ici sur le TAO que sur le ZEN, mais nous avons ici exactement la philosophie de la photographie zen. Cette tache noire est clairement le sujet. Que représente-t-elle ? Une tache ? Un trou ? Un passage ? Puis apparaissent progressivement les éléments de structure dans l'espace négatif qui représente tout de même plus de 90% de la surface de l'image. Cette photo peu sembler nulle et sans intérêt, mais, zen, elle prend une signification.

On pourra me dire que des peintres sont allés plus loin avec des monochromes mais, eux, jouaient sur la signification de la texture de la peinture. La démarche est très différente.

Les compositions carrées donnent une vue instantanée de ce qui se trouve dans une image. La largeur étant égale à la hauteur, le cadre devient neutre, comme s’il n’existait pas du tout. Cela permet au contenu d’être plus attractif et de forcer le spectateur à regarder le sujet. Le carré donne un sentiment de quiétude, de stabilité, d'équilibre. Infrastructure idéale pour l'image zen -même si les autres formats ne sont pas à négliger, la preuve !-.

La monochromie aussi apporte de la quiétude dans une image zen à condition d'éviter les contrastes trop violents.



La création/la découverte d'espace négatif n'est pas systématiquement simple. Des expositions longues atténuent la présence de tout ce qui est mobile, créant ainsi un arrière-plan doux ou un espace négatif qui met en évidence un sujet. Les filtres de densité neutre (ND) aident à réduire la lumière, de sorte que vous pouvez exposer une image encore plus longtemps. Un simple filtre polarisant permet parfois de réduire la lumière jusqu’à trois diaph', mais vous pouvez toujours attendre le crépuscule pour augmenter naturellement la vitesse d’obturation. Si aucun élément mobile peut être gommé par une pose longue, pour peu qu'aucun élément solide se trouve dans votre scène, vous pouvez créer votre espace négatif en mobilisant votre boîtier, le flou créé sera semblable à celui obtenu avec des éléments en mouvement.

La photographie zen n'impose aucun matériel particulier. Personnellement je préfère utiliser le grand ou le moyen format pour la lenteur de mise en place et de prise de vue, mais, pour peu que l'on désactive le mode rafale d'un boîtier argentique motorisé ou numérique, ces derniers sont tout aussi aptes à ne pas rompre le calme du photographe, même en petit format. Il en va de même pour les objectifs. Toute les focales sont adaptées à la photographie zen, même si les grands-angles sont plus compliqués à utiliser puisqu'ils embrassent une surface plus importante de la scène et donc exigent des espaces négatifs très étendus dans le sujet traité.

La photographie zen parait simple, semble simpliste MAIS elle est très exigeante ! Elle impose une mise en condition psychologique et une compétence d'ouverture de tous les sens du photographe au moment de trouver le sujet. La technique photographique doit être suffisante pour être devenue intuitive, en effet, si le photographe est encore obligé de réfléchir de longues minutes pour savoir comment exposer, comment composer, (etc.), il n'aura plus le recul permettant le maintien de sa zénitude.

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