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Les photographes sont tous C H A R L I E

 

Dans cette page je partagerai avec vous certaines de mes divagations, comme elles viennent, si elles s'imposent comme méritant un article. Certes, cette page dénotera quelque peu de l'esprit formateur classique de mon site -bien que-. Probablement, nombre d'entre vous y trouvera tout de même des éléments d'apprentissage.

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Алексей Викторович Титаренко
(Alexeï Victorovitch Titarenko)
Le photographe, sa photographie et sa solitude...
Photographie ou psychalalyse ...  


АЛЕКСЕЙ ВИКТОРОВИЧ ТИТАРЕНКО (Alexeï Victorovitch Titarenko)

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu L'ENSEMBLE DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE ALEXEÏ VICTOROVITCH TITARENKO

J'ai décidé de consacrer le premier article de cette page à Алексей Викторович Титаренко (Alexeï Victorovitch Titarenko). Pourquoi ? Pourquoi pas ! Si vous avez visité cette autre page ici, vous avez déjà remarqué qu'il appartient à la liste de mes photographes de prédilection. Mais, bien que cela ne soit vraiment pas faire preuve d'originalité, je vais avouer que ses photographies savent me faire voyager dans l'espace et dans le temps comme personne !

Une mise au point avant de débuter : j'ai décidé de parler de ce que je vis face à ses photographies, rien à voir avec l'intention de l'artiste lors de la création des images, aucun rapport avec les errances politiques russes en cette année 2015 que je condamne vivement (je sous entends la Crimée et l'Ukraine dans son ensemble !). thydelor.eu est un site de photographie, il ne sera ici question que de photographie !... Et puis, je ne m'intéresse qu'aux hommes, ni à leur nationalité, ni à la couleur de leur peau, ni à la politique de leur pays, ni même à leurs opinions individuelles... je n'ai qu'une seule règle : libre et laisser libre !... Je suis libre de penser ce que je veux, ils le sont aussi !...

La première fois que j'ai rencontré le travail deТитаренко (Titarenko), j'ai senti quelque chose me toucher profondément, sans savoir pourquoi. Rapidement, en voyant ces photo en noir et blanc et ces tirages particuliers, j'ai imaginé l'auteur (dont je ne connaissais pas encore le visage) déambuler dans les rues avec un vieux Saliout ou un vieux Kiev ou un vieux Zenit moyen format chargé avec du film soviétique épais et pas très piqué, un peu comme les Smena. J'étais loin d'imaginer qu'en guise de Saliout il utilisait un Hasselblad et que ses films étaient aussi pointus que ceux que l'on peut trouver partout dans le monde... Malgré cela, je ne sais pas pourquoi, mais il restera toujours pour moi équipé de ce matériel (que j'aime toujours autant, voir ici).

Puis m'est apparu tout un monde de nostalgie. De ces lieux, comme il en existe des millions à travers le monde, où l'on vit en dehors du temps. Ici c'est St Petersburg, ce pourrait être Paris, Amsterdam ou New York. Sommes-nous aux siècles passés, sommes-nous au présent ? Atmosphère douce et rassurante bien que dépaysante. Un peu ce que je retrouve aux Pays-Bas l'hiver sous la pluie (je suis certainement le seul non néerlandais amoureux de ce pays l'hiver !)

Comme dans la nostalgie, l'humain est omniprésent mais son image se dissipe dans le flou des souvenirs. Nous touchons là une nouvelle forme de photographie humaniste : l'humain dans une scène de rue, mais bien que présent, il est absent... peut-être resté dans les siècles passés. Peut-être idéalisé par l'absence de la banalité de la réalité de l'être humain. Il s'agit bien ici de la photographie de l'âme humaine, ce que tous les photographes veulent capter sur le visage de leurs portraits, sans trop y parvenir ! Une figure fantomatique serait-elle plus parlante qu'une fidèle représentation de la vie ?

Puis apparaît une nouvelle dimension : ne serait-ce pas finalement la ville la vraie héroïne de l'image ? L'humain fantomatisé ne serait-il pas le faire valoir de l'intemporalité de la ville immuable ? Ou, ce qui au fond reviendrait au même, la puissance de la ville face à la volatilité de l'image humaine ne soulignerait-elle pas plutôt la fragilité et la futilité de la vie furtive de l'homme ?

Puis une nouvelle explication possible m'a sauté au cœur : la ville est vivante... l'homme fantomatique, lorsqu'il devient foule, ne devient-il pas simplement le sang de la ville ? L'humain devient l'élément vital de la ville... L'organisme est la ville, l'organite est l'homme !...

Tous ces sentiments, toutes ces explications cohabitent et s'entrechoquent en permanence à la lecture des images de Titarenko, mais en plus des éléments décrits, on s'aperçoit que dans la masse magmatique des fantômes, la solitude extrême, l'exclusion frappent tous ceux qui ne peuvent se fondre dans le flot tumultueux de la foule ballotée par la vie et/ou la ville... Un vieux spleen nous a envahi, peut-être avions nous compris cet écueil avant même que l'auteur ne nous le montre.

La misère et la solitude sont-elles les conséquences de la vie éphémère de l'homme, de l'exclusion de la masse ou de la (sur)vie dans la ville omnipotente ?

Ne venez pas me dire que Titarenko voulait faire passer un tout autre message dans ses images, je sais parfaitement qu'il critiquait la vie en URSS (il avait d'ailleurs précisé lors d'une interview : « The Soviet people, human beings deprived of their individuality by a criminal regime, began transforming from smiling and happy-looking ‘signs’ into wandering shadows ».) ! Mais avouez qu'il laisse malgré tout transparaître une sorte de nostalgie... nostalgie de sa jeunesse passée ? Nostalgie d'un régime détestable qui finalement l'était moins que celui qui lui a succédé ? Quoi qu'il en soit, je préfère -et de loin- mes explications... même si elles sont erronées !... Elles ont au moins l'avantage d'évoluer avec le temps... et chaque photo de Titarenko, à chaque lecture, prend une signification différente ou approfondie par rapport à la lecture précédente... et c'est peut être cela qui fait d'une photographie une grande photographie ?

Vous pouvez visiter son site officiel : http://www.alexeytitarenko.com/index.html

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LE PHOTOGRAPHE, SA PHOTOGRAPHIE ET SA SOLITUDE...

Attention, j'ai décidé de placer cet article dans la page « divagation » après mure réflexion... Il aurait très bien pu trouver sa place dans la page « polémiques » ou dans une page plus théorique comme « devenir meilleur photographe » puisque le caractère que je vais souligner ici est bien une grande qualité pour un photographe d'art. Bien sûr dans notre monde hyper-connecté, cela semble aller à contre courant surtout que tous les photographes commerciaux (et pas seulement) se sentent obligés de posséder une page sur les réseaux sociaux...

Il semble que le sentiment de solitude soit une véritable épidémie de notre société. Mais pourquoi nous sentons-nous si seuls ? La solitude est un manque de compréhension, peu importe que nous soyons seul ou non. Avez-vous déjà travaillé dans une équipe au sein de laquelle vous ne trouviez personne ayant le moindre point commun avec vous ? Ce sentiment apparaît lorsque nous nous trouvons parmi des gens qui ne nous ressemblent pas.

Les artistes sont peut-être encore plus sensibles à ce sentiment de solitude. Si l’amour appartient au poète et la peur au romancier (je ne sais plus qui a dit cela !), alors la solitude appartient au photographe. Un écrivain crée un monde, il en est le souverain, le photographe, lui, se déplace seul dans le monde, dans l’espoir de l’anonymat voire de la transparence, dans l’espoir d'être assez humble pour voir et enregistrer ce que le commun des mortels ne voit pas. Pratiquer l'art photographique exige de s’effacer devant ses sujets. Être photographe, c’est entrer dans le monde des solitaires, parce que la photographie est un exercice artistique profondément personnel. Essayez d'en faire l'expérience, en groupe point de créativité photographique ! Il est même fréquent que le photographe qui se doit d'être solitaire aime à représenter la solitude...

La seule façon d’éviter la solitude, photographe (ou non), n’est pas de simplement communiquer avec les gens. Il s’agit d’établir un lien profond, ainsi que d’être une personne autonome qui n’a pas besoin de l’approbation des autres pour se sentir bien. La solitude ne se comble pas en se faisant des pseudos amis, mais en se recentrant sur nous-mêmes, afin de pouvoir partager un état de plénitude qui saura attirer les bonnes personnes. Autonomie et absence de besoin d'approbation, voilà exactement les ingrédients de la créativité...

Le photographe doit s’impliquer dans cette démarche, choisir les bonnes personnes et partager en établissant des liens profonds avec d’autres passionnés. Si vous ne faites que déclencher pour décrocher des « like » sur les réseaux sociaux, vous ne dépasserez jamais le stade de la superficialité. Vous serez alors un être anonyme parmi les milliers de pseudo photographes qui font l’erreur de simplement copier les idées des autres, ou qui croient que pour être un bon photographe il faut faire ce que les autres attendent, sans jamais parvenir à être vraiment vous-mêmes.

Le photographe d'art est un contemplatif, il trouvera autant de magie et de mystère à un reflet dans une flaque d'eau qu'à un simple arbre ou un superbe mannequin. Le sujet ne sera pas ce qu'il représentera sur ses images mais le sentiment que lui aura inspiré ce qui sera représenté.

La photographie est donc un voyage dans un monde impalpable qui pourtant n'est pas différent du réel. Il est impalpable pour tout un chacun en ce sens que le photographe sait planer (au sens survoler), surfe sur des sensations dans un spleen perpétuel, l'esprit et le cœur grands ouverts, il devient une éponge qui aspire et accumule tout ce qui ne peut être perçu par l'œil seul. C'est en cela qu'il est photographe. Ascète, oui, en phase de création, le photographe se dissout dans le flot des sensations, il se nourrit de tout ce qui fait corps avec lui, les images, les sons, les odeurs, les températures, les mouvements de l'air ou de l'eau, il est part de l'énergie générale du lieu réel ou imaginaire qu'il explore. Quasi mystique, le photographe peut se comparer à un moine ou à un bonze en méditation. Seul, il se désincarne et devient esprit pur, libéré des contingences il se transforme en non être. Toute cette puissance accumulée ne peut être restituée de manière brute. C'est pourquoi le photographe doit digérer cette accumulation. Pour cela il va utiliser un moyen de lui donner une forme non psychique : c'est son matériel photographique. Le magicien a sa baguette, le photographe a son boîtier.

Nombreux sont ceux qui se livrent aux dérives de l'alcool ou de la fumette (voire de la seringuette) pour essayer d'atteindre cet état d'illumination nécessaire à la création. C'est une erreur. Ils ne font que reproduire des schémas inadaptés. Enchaînés à la société des hommes, ils ne savent plus comment se mettre entre parenthèse et donc utilisent les moyens de ceux qui veulent radicalement rejeter cette société des hommes. La sérénité n'est plus accessible ! La recette est pourtant très simple ! La solitude ! Je parle bien sûr de solitude temporaire ! Je n'affirme pas qu'il faille être ermite pour pouvoir créer ! Mais se réserver des instants d'extrême solitude est un exercice d'une grande simplicité qui ouvre toute grande la porte menant à cet état d'éveil.

C'est pour tout cela que les messages que le photographe nous envoie ne sont pas forcément très clairs. Si nous n'avons pas la capacité de nous dissoudre à notre tour dans ses images, il est presque certain que nous ne parviendrons pas à comprendre ce qui nous est montré. Les personnes qui regardent les photographies se contentent souvent de dire qu'elles aiment (ou non). Mais elles montrent ainsi qu'elles n'ont rien compris, qu'elles sont totalement passées à côté de l'expérience humaine que représente la lecture d'une photographie.

Trop souvent, les photographes amateurs commettent l'erreur de fuir la solitude. En fait je pense plutôt qu'ils n'ont pas conscience de leur enracinement dans la société. Le photographe, dans sa recherche de sujet et son traitement, ne doit s'autoriser comme compagne (ou compagnon) que sa photographie... Tentez l'expérience si vous y parvenez, vous comprendrez ce que je viens de vous dire et vous découvrirez une accélération de la qualité de votre production...



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PHOTOGRAPHIE OU PSYCHANALYSE...

Attention, il n'est pas question de considérer cet article comme un dénigrement des techniques de soins psychothérapeutiques. Je ne dis pas non plus que pratiquer la photographie vous préservera des troubles psychologiques [d'ailleurs, bon nombre de photographes professionnels -plus grave encore, bon nombre de photographes amateurs- auraient bien besoin d'une thérapie psychiatrique pour soigner leur mégalomanie ! Et je ne parle même pas des pseudos photographes de selfies !...]

Le monde moderne est pour le moins générateur de troubles psychologiques. En réponse à cela on trouve toutes sortes de comportements plus ou moins adaptés. Parfois, selon les personnes, la réponse choisie peut être diamétralement opposée. Effacement de soi ou exacerbation de sa tyrannie... Si la deuxième catégorie nécessite l'intervention urgente du psychiatre, la première a la chance de pouvoir se prendre en mains seule, grâce à son art, la photographie... Introverti, sujet à la dépression et à l’anxiété, complexé, inhibé, voilà des casseroles qui vous ouvrent la voie royale à la grande photographie (voir l'article précédent). Tenter de combattre ces "troubles" psychologiques peut prendre des années sans garantie de réussite... Il est beaucoup plus simple -et probablement plus efficace- d'accepter son état et d'en tirer profit, pour y arriver, pourquoi ne pas utiliser la photo ?

Créer, même en photographie, permet de se détendre et de retrouver un équilibre, une zénitude. Les caractères déprimés sont potentiellement d'excellents photographes aux termes de l'article précédent. Cela correspond bien à leur personnalité. Chaque image créée aide à surmonter ces problèmes. Pourquoi ? Parce que les sujets sont gracieux, forts, beaux, sans peur, détendus (pourquoi pas), tout ce que ces personnes ne sont pas finalement... Faire un shooting et l'on ressent le calme, tout semble se dérouler au ralenti. La photographie est à la fois une forme d'art et une forme de science. Vous ne pouvez faire de bonnes photos sans connaître la façon dont le sujet interagit avec la lumière et son environnement ainsi que la façon dont vous interagissez avec votre sujet et votre environnement. Il faut des années pour comprendre cette science afin de pouvoir simplement vous concentrer sur l’aspect artistique de vos photos.

L’art peut, en effet, être une thérapie. C’est un excellent moyen de retrouver son calme, d'oublier ses problèmes. Pour une personne introvertie c’est aussi une façon d’exprimer ses émotions, chose qu'elle ne saurait pas faire avec des mots...

Mais comment utiliser la photo comme thérapie ? C'est facile à dire... Pour faire de la photographie une thérapie, même si cela parait bête à force d'être simple, il suffit de choisir le type de photographie qui nous attire le plus. Il ne faut pas cherchez à plaire aux autres. La photo doit devenir un moment de détente, de liberté et d'abandon. Dans la mesure du possible, il faut trouvez un endroit isolé où il sera possible de faire des photos sans être dérangé. Les gens introvertis n’arrivent pas facilement à être détendus au milieu des autres. La solitude permet de retrouver un équilibre car on n’aura pas à expliquer les raisons pour lesquelles on fait ceci ou cela. Dans la solitude on est plongé dans un espace d’intimité dont on sera seul maître. Il ne faut surtout pas chercher à produire des chefs-d’œuvre mais faire confiance à son instinct. C’est notre meilleur guide puisqu'il correspond à ce que nous sommes profondément.

En faisait de la photo une thérapie, on découvre qui nous sommes vraiment, et ce, sans effort et avec le plaisir de revenir chez soi avec de magnifiques photos qui seront l’expression inconsciente de notre personnalité. Adoptez une attitude « contemplative », laissez-vous imprégner par la beauté qui vous entoure. Ne cherchez pas à trouver l’endroit parfait; il n’existe pas. Tout doit venir de vous et de votre capacité à vous détendre. Évidemment, si vous avez la chance d’habiter près d’un espace où vous vous sentez bien, alors profitez de ce moment. Dégustez-le comme vous le feriez avec un bon repas. Vous reviendrez chez vous rechargé en énergie positive, car vous aurez laissé vos problèmes de côté pendant un moment. Vous serez prêt à retourner à votre vie quotidienne, prêt à affronter de nouveaux défis...

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