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Hommage à FERNAND BIGNON
Lettre ouverte aux (futurs) argentistes
Les photographes sont tous C H A R L I E

 

Quand, en Mars 2012, j'ai décidé de publier une liste des photographes qui avaient su me toucher avec leurs images, j'étais à mille lieues d'imaginer que l'un d'entre-eux ou un de leur descendants pourrait se retrouver, même par hasard, à feuilleter les pages de mon site. Et pourtant !... c'est le cas aujourd'hui !... Et comme si cela ne suffisait pas à me combler, la chance a voulu que ce lecteur (cette lectrice en l'occurrence) me laisse un e-mail et, ... accepte d'écrire un petit article traitant de son ascendant rien que pour mon site et ses lecteurs...

Bien que l'auteure m'ait laissé le loisir de modifier son texte, j'ai immédiatement décidé de ne pas modifier la moindre virgule de façon à conserver toute la fraîcheur de son article.

Allez, assez bavardé, je laisse la plume (j'allais dire la parole) à Frédérique CLOSIER, petite fille de Fernand BIGNON.

Si vous appréciez cette page, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE FERNAND BIGNON ET DE SES AYANT DROIT. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

«
Il est un phénomène de mode, particulièrement en ce début de saison de rentrée littéraire : écrire sur sa famille ! Ainsi, l'on croit régler ses comptes avec ses ascendants, ses descendants ou sa fratrie ... En évoquant ses fêlures, ses blessures, on essaie peut-être d'avancer ou de se reconstruire. On appelle parfois cela : " l'heure des bilans" !

En tant que l'une des petites filles du photographe Fernand BIGNON (nous sommes 4 petits enfants), je souhaite parler d'une dette envers ce grand-père simple et bon : il m'a appris, et toute petite, à... REGARDER. L' "image" qu'il m'aura donc laissée en héritage est aussi une autre forme d'image, celle que j'ai appris ... à voir ! Il m'a transmis l'œil du photographe et par la même occasion, son sens de la critique. Reculer. Prendre du recul. Aiguiser son œil !

Ce n'est pas un hasard non plus, si ses quatre petits enfants (nés dans les années 50) ont plus ou moins travaillé ou travaillent dans l'art : un architecte, un pépiniériste, les filles ont étudié l'art ou font du théâtre...

Des trois filles de Fernand BIGNON, nées entre 1920 et 1929, c'est ma mère qui parlait le mieux de son père. C'est bien normal : c'est la seule de la famille à ne pas avoir travaillé dans la photo ! Elle pouvait donc apprécier son œuvre de manière plus... distante mais avec beaucoup d'amour.

Dans les années 2000, on a décidé, entre cousins, de remettre notre grand-père, cet inconnu, à la place qu'il occupait dans les années 1910- 1930.

BIGNON est né en 1888 à AVRANCHES. A été orphelin de père presque aussitôt et il a perdu sa mère à 17 ans. La famille est composée d'artisans et de commerçants. Il est élevé avec sa sœur (qui deviendra son modèle). Il y a peu d'argent et il est placé en tant qu'apprenti horloger chez madame JARDIN à CAEN. Ce serait là qu'il aurait commencé ses premières photos et aurait exposé dès 1911.

C'est à dire que l'on savait juste qu'il avait exposé partout en France et à l'étranger dans des Salons de l'époque et avec les plus grands noms du courant que l'on nomme Pictorialiste. Il avait exposé avec DEMACHY, PUYO, MISONNE, DRIKTOL, ECHAGÜE, etc... On a retrouvé des conseils, personnalisés, dans des lettres adressées à lui par le pictorialiste anglais EMERSON. On conserve quelques catalogues-preuves de sa reconnaissance parmi les plus grands. Mais l'on ne savait pas grand chose sur notre grand-père humble et discret.

Mes premiers souvenirs sont ceux d'une petite fille, de l'âge de l'école maternelle, face à un homme de soixante-dix ans, photographe en semi-retraite à GISORS dans l'EURE. Il s'exerçait à la peinture. Je dormais dans la salle et les murs étaient recouverts de ses peintures et de celles de ses amis. Je les trouvais tristes mais il m'apprend à barbouiller : une vraie connivence s'installe. Nous sommes dans les années soixante. Il me montre comment on découpe, on colle, on dessine et on regarde... des images... des photos... des films.

Des années plus tard, je m'intéresse surtout à ses photos prises entre 1909 et 1931. Photos exposées dans le monde entier et j'ai un choc devant la poignée de tirages modernes que je refais tirer en m'intéressant aux quelques 620 plaques de verre (9X13) qu'il nous a laissées. Centaines de ces plaques stéréo (450) plus anciennes (1913) ! Je commence un peu et abandonne vite devant le prix d'un retirage et l'ampleur du travail... Nous sommes en 2000. Mes recherches partent dans tous les sens... surtout "les bras m'en tombent" ! J’ai besoin d'énergie et de temps...

Nous avons quelques tirages-vintages réalisés par ses soins, sur papier crème... tirages au bromure d'argent. Les thèmes répertoriés sont ceux que l'on retrouve chez les Pictorialistes : effets atmosphériques, de givre, de neige, de brume... En la sillonnant, il a photographié la campagne Normande et, aussi dans un cadre qui s'y prêtait, celui de la ferme de MUTRECY (CALVADOS) où il vient d'emménager, en 1919, avec sa jeune épouse. Sa famille lui sert toujours de modèle dans leurs travaux domestiques, ménagers. On l'évoquera donc comme le "fermier / photographe" : celui qui part avec la fourche sur une épaule et l'appareil photo sur l'autre !

La ferme périclitant, la famille a été obligée de partir... Pour nourrir les siens, Fernand a ouvert un magasin de photos à GISORS en 1930. Il n'a plus le temps, ni peut-être le droit (en tant que photographe professionnel ?) d'exposer dans les Salons. Il va alors se tourner vers le cinéma, qu'il ne connaît pas. Il vend des caméras et des films dans son magasin et apprend donc, tout seul, montant -très soigneusement- une centaine de petits films en 8 mm, qui sont autant de chefs d'œuvre que de témoignages très précieux. Ils formeront une valeur patrimoniale considérable concernant les années 1930-1960.

C'est alors qu'il avait découvert une Normandie un peu différente : la haute Normandie, celle des bords de l'EPTE et de la SEINE celle qui est proche de GIVERNY... On retrouvera ses thèmes de prédilection : campagne, bords de l'eau, vaches et pommiers, famille, pique-niques, thèmes qui se trouvaient dans les photos exposées dans les Salons quelques années précédentes. Il filme les environs de Paris et l'expo universelle de 1937.

Les bombardements sur GISORS en 1940 et 44 ont laissé un champ de ruines, dont son magasin. Tout y est détruit, le reste : pillé, retourné. Les plaques et les photos entreposées à l'atelier -et non au magasin- sont intactes miraculeusement.

Depuis plus d'une dizaine d'années, avec de la patience et l'aide précieuse de toute la famille BIGNON, j'ai fait de belles rencontres avec plusieurs professionnels très compétents.

J'ai eu de la chance car sans l'aide avisée de professionnels, je ne m'en sortais plus !

Ils se sont penchés de très près sur l'œuvre de mon grand-père Fernand BIGNON. Les gens qui travaillent à L'ARDI photographies en Basse Normandie (Céline ERNALESTEEN), ceux de la Mission Audiovisuelle de PÔLE IMAGE à ROUEN (Agnès DELEFORGE et Didier MOUCHEL) où j'ai déposé tous les films.

Le musée Villa MONTEBELLO à TROUVILLE qui a accueilli une exposition "BIGNON Photographe et cinéaste" tout l'été 2010 (dans le cadre des manifestations Normandie Impressionniste). Le catalogue (édité par les Cahiers du Temps) s'est bien vendu. Grâce aussi à la collaboration de la conservatrice du moment : Hélène DECAEN.

Le doctorant en photographie Julien FAURE-CONORTON a effectué un travail remarquable et rigoureux sur Fernand et sa représentation dans les Salons de photographie entre 1911 et 1931.

Valérie VIGNAUX (maître de conférence à l'université de TOURS) s'est penchée sur l'œuvre du cinéaste amateur.

Un film documentaire de 52 minutes a été écrit et réalisé par Jules-César MURACCIOLE en 2006 pour FR 3 Normandie qui s'intitule : "Au diable les clic-clac avec BIGNON photographe". Ce film est un très bel hommage au personnage et à son œuvre.

Un photographe, Didier LEPLAT a fait une exposition (près de CHARTRES) de tirages modernes qu'il a également placés dans "une galerie Fernand BIGNON" sur internet en 2009. Il a ainsi beaucoup contribué à le faire connaître sur ce support-là.

Un article : " L'époque héroïque de l'argentique " a été rédigé pour un billet sur un blog de Médiapart (signé "Lincunable") en juillet 2010.

On peut dire, presque fin 2012 qu'un gros travail, grâce à tous, a été réalisé sur l'œuvre de Fernand BIGNON mais je pense qu'il reste encore aussi beaucoup à faire et à découvrir. L'entreprise est vaste... et ouverte ! Pour l'instant, ses propres films, le catalogue et le film/documentaire réalisé sur lui, tournent, lui redonnent vie et contribuent à la promotion de son œuvre.

J'essaie de lui rendre hommage et continuerai comme je le peux...
»

Frédérique CLOSIER


Sa soeur (vers 1910)

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE FERNAND BIGNON ET DE SES AYANT DROIT. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Un grand merci à Frédérique CLOSIER pour son article et les photographies. Tous ceux qui connaissent déjà le travail de Fernand BIGNON seront heureux de savoir que son œuvre n'est pas laissé à l'abandon et qu'il est possible de trouver de la documentation sérieuse sur sa vie et son œuvre. Pour ceux qui ne connaissent pas (ou peu) cet artiste atypique et touchant, je ne saurais que vous recommander chaudement d'effectuer des recherches basées sur les références laissées par Frédérique CLOSIER pour, à votre tour, être envahis par la fraîcheur et la sérénité dont sont ourlées les œuvres du maître...

J'espère que cet article vous aura permis d'élargir votre horizon photographique et, qui sait, peut-être nous gratifiera-t-on d'autres images ou d'autres références pour nous mener sur les traces de Fernand BIGNON...

MISE À JOUR :
Frédérique CLOSIER a été assez aimable pour me contacter à nouveau et me donner des liens intéressants qu'il me fallait vous livrer puisqu'ils pourront vous aider dans votre recherche sur Fernand BIGNON :
* Sur le site de Normandie Impressionniste 2013. L’œil du photographe, "Un esthète dans l’Orne ": http://www.normandie-impressionniste.fr/node/260
* Et un portrait de 10 mn, réalisé par Pôle Image, en 2010 :
http://www.archivesenligne.fr/component/zoo/item/bignon-fernand

MISE À JOUR :
Pour qui souhaite en savoir plus, et en "live", un rendez-vous est proposé dans deux mois (juin 2013) pour une conférence sur films de Fernand BIGNON à Rouen le jeudi 20 juin 2013 à 18h30.


Venez nombreux si vous pouvez vous rendre à Rouen ce soir là !...

MISE À JOUR :

Frédérique CLOSIER m'a fait parvenir un exemplaire du catalogue Fernand BIGNON photographe et cinéaste (dont la couverture a déjà été exposée plus haut)

Il s'agit, en réalité, d'un très bel ouvrage de grande classe qui présente de manière très agréable une collection très intéressante d'œuvres de Fernand BIGON.

Ce catalogue devrait trouver sa place chez toute personne qui aime un tant soit peu la photographie spontanée, vivante et poétique. Ainsi que chez tous les nouveaux photographes, nés avec le numérique, qui découvriront que les capteurs numériques trop parfaits ne permettront jamais de montrer la vie telle que les anciennes techniques nous la donnaient à vivre (et pas uniquement à voir !)

Vous pourrez encore (Décembre 2014) facilement trouver ce catalogue à la vente en le commandant par exemple sur le site de la FNAC ou sur Amazon ou toute autre grande librairie comme Decitre ou Actes sud etc... pour environs 20€ (selon les sites).

Notez que je n'ai rien à gagner en faisant la promotion de cet ouvrage... c'est pourquoi je ne place aucun lien direct sur les sites de vente (qui pourraient me verser une commission). Si je me permets de vous stimuler à l'achat, c'est uniquement parce que je l'ai franchement trouvé très beau et très intéressant... et, peut-être, également, par amitié pour Frédérique CLOSIER.

Si vous avez apprécié cet article, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.





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