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Votre labo numérique idéal
Hommage à FERNAND BIGNON
Lettre ouverte aux (futurs) argentistes
Les photographes sont tous C H A R L I E

 

Les hasards du surf du web a fait qu'un jour un mail a été posté à mon adresse. Un internaute qui, comme nous, adore la photographie ; qui, comme beaucoup d'entre nous, pratique la photo argentique et la photo numérique ; qui, comme un nombre croissant d'amateurs photographes, ressent un sentiment fort pour le matériel photographique ancien (donc argentique)...

Outre son amour de la photographie, ce mail a prouvé que son auteur savait partager cet amour, j'ai tout de suite apprécié sa capacité à trouver les mots justes et son maniement de la prose. Je lui ai donc donné une carte blanche pour un article... et peut-être d'autres à venir...

Bien que l'auteur m'ait laissé le loisir de modifier son texte, j'ai immédiatement décidé de ne pas modifier la moindre virgule de façon à conserver toute la fraîcheur de son article.

Allez, assez bavardé, je laisse la plume à Thierry MAZOYER.

Petites réflexions sur la photo argentique

Petite histoire d’une grande découverte : la photo argentique

Petites réflexions sur le labo argentique amateur

Passion et raison : un argentiste confronté au numérique



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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY MAZOYER. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

PETITES RÉFLEXIONS SUR LA PHOTO ARGENTIQUE

«
Ce n'est pas qu'une affaire de nostalgie. Non. Mon appareil photo numérique, performant, me donne de belles photos. Pratique le numérique: on mitraille sans vergogne, grâce à l'autofocus et l'exposition automatique, on sélectionne de manière drastique sans états d’âme, sur ordi on traite les rescapées, qu'on peut  envoyer encore toutes fraîches à des correspondants, partout dans le monde. Pratique, immédiat, réactif, moderne. Oui: mais à mes yeux, totalement dépourvu du charme dégagé par la photo argentique. Non, vraiment, ce n’est pas qu’une affaire de nostalgie.

Du Rolleiflex au Pentax 67, de l’Exakta au Nikon F2 : bien les connaître, pour bien les maîtriser.

Leur technologie est représentative de l’époque : les boîtiers sont en métal, parfois gainés de vrai cuir, les objectifs, en métal également, ont des lentilles en vrai verre. Entièrement mécaniques, souvent peu dépendants d’une pile, ils n’ont pas (Nikon F) ou peu (Pentax 67) d’électronique embarquée. Ce sont, pour certains, de véritables systèmes complets, bâtis autour d’un boîtier parfois modulable, avec quantité d'objectifs et d'accessoires.
 
Leur maniement  et leur ergonomie  sont souvent emprunts de subtilités déconcertantes, ce qui renforce leur pouvoir de séduction : armement systématique de l'obturateur avant le changement des vitesses sur les télémétriques russes, report manuel de la correction de la parallaxe et de l’allongement du temps de pose en fonction de la MAP sur un Mamiya C33. Ou encore quasi obligation d’être né avec  3 mains pour charger une pellicule sur un Alpa 10 D ou un Nikon F aux dos amovibles, ou pire, dans un Zorki 1 avec chargement par la semelle...

Contrairement aux appareils numériques, affublés de désagréables bruits robotiques nasillards, ils ont des sons familiers: Pentax 67  au claquement sourd et peu discret en deux temps de son miroir, clic désespérément frustrant car pratiquement inaudible des objectifs à obturateur central du Mamiya C33, ou simple déroulement du rideau d’un Fed 2.

IIs ont tous un charme fou, ils sont beaux, de cette beauté fonctionnelle qu’ont les objets, quand l’esthétisme n’est pas encore sacrifié à l’autel de l’uniformité et de la rentabilité industrielle. Ils affichaient un sérieux rassurant dans les vitrines des magasins d’appareils photo. Sérieux que renvoie aujourd'hui le regard des passants étonnés de constater qu’ils sont toujours vivants.

Cerise sur le gâteau, on peut en trouver, avec un peu de patience, à prix abordable, accompagnés de plusieurs optiques au prix d’un appareil numérique neuf. Depuis quelques temps,  certaines grandes marques produisent des dos numériques pour leurs modèles argentiques, ce qui vous fait un deux en un!

Leur personnalité est telle que nous  savons qu'ils existeront toujours, car ils représentent, dans notre esprit, ce pour quoi ils sont célèbres……

Laisser du temps au temps

Cette modernité numérique, cette facile immédiateté à laquelle nous sommes confrontés, qui nous pousse à l'encore plus vite, nous fait oublier l'essentiel: que pouvoir réfléchir, nous hâter lentement,  permet de rester maître de nous-même, de ne pas  brader notre âme, contraints que nous sommes de suivre l’accélération (inexorable?) du monde environnant.

En continuant à faire vivre des appareils argentiques, nous pérennisons  des techniques paraissant surannées, hors de toute mode car encore tellement actuelles, dans lesquelles l’homme est protégé de la machine dite « intelligente », en gardant toute la place, avec humilité.

Savoir résister un peu, pour exister beaucoup.

Thierry MAZOYER

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY MAZOYER. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Un grand merci à Thierry MAZOYER pour cet article qui, je l'espère, vous aura permis d'élargir votre horizon photographique et, qui sait, vous convaincre à vous essayer à la photographie argentique.

Et, peut-être nous gratifiera-t-on d'autres textes de Thierry MAZOYER... j'ose sincèrement l'espérer et lui laisse cette page grande ouverte !...

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PETITE HISTOIRE D'UNE GRANDE DÉCOUVERTE : LA PHOTO ARGENTIQUE

«
C’est par le biais d’un ami de la famille, voyageur et photographe averti, que je suis venu à la photographie. De ses voyages lointains, New York, Mexico, Tokyo ou l’Egypte, il ramenait des photos dont je pensais qu’elles n’existaient que dans les livres ou les magazines… Ce fut une révélation : je pourrais, moi  aussi, faire de telles photos avec de tels appareils.

Photo de famille...mais pas que

Ma mère possédait un folding Lumière 6x9 avec lequel elle avait pris nombre de photos de nous, et pour moi, dans ma tête, la photo ne pouvait être que familiale. Comme chez des camarades, chez qui trônaient, en bonne place sur le buffet du salon de vielles photos d'enfants, en costume marin ou en première communiante, des bébés, et le chien de la famille, depuis  disparu. Le tout, entre deux douilles d’obus de 14/18, ciselés par le grand-père dans les tranchées, et aux côtés d’un chromo représentant les bateaux de pêche dans le  port de la Turballe en 1935…

Du rêve d’un appareil…

Mon premier appareil, un Indo Impéra 4x4 marqué du  losange d’une marque de voiture, est le fruit d’un geste commercial du concessionnaire du village, qui, avais-je pensé alors dans ma grande ingénuité, avait dû avancer cet ultime argument décisif, pour enlever la vente d’une R16 neuve auprès de mes parents : il n'imaginait pas que ce geste marquerait le début d’une passion qui dure toujours un demi siècle plus tard…
Après avoir « mitraillé » la maisonnée, des bateaux, des trains, le chat, avoir reçu des encouragements de l’artisan photographe qui subsistait en partie grâce à ma seule production, mes parents, devant cet engouement prolifique, sur les conseils de l’ami photographe, m’offrirent un Voigtländer Vitoret pour mes 11 ans ainsi que deux pellicules 36 poses Plus X Pan 125 ASA (oui les Iso, c’est plus tard).
Pour régler vitesses et diaphragmes, le photographe local me conseilla simplement de me fier aux indications qui étaient données sur le dépliant accompagnant la pellicule. J’ai compris, plus tard, que c’était le fameuse règle du F16, ou « 16 ensoleillé » (n’est-ce pas TD ?) dont je me sers toujours aujourd’hui systématiquement, pour vérifier l'exactitude de ma cellule.

aux appareils de rêves

Puis vint le Spotmatic, choisi pour le voyage initiatique de mes 16 ans en Angleterre, après avoir bavé devant les vitrines et les catalogues de tous les revendeurs photo des boulevards République, Filles du Calvaire et Beaumarchais, puis les avoir visités et harcelés de questions, pour entendre à chaque fois, que j'avais fait le bon choix.
Que de rêves devant les inaccessibles japonais Mamiya C, Nikon F, Pentax 67, ou les européens Alpa 10D, Exakta, Praktisix à l’esthétique si particulière qui se démarquait de l’esthétique japonaise, ou encore les si délicieusement séduisants télémétriques russes qui, bien que neufs, semblaient déjà rétros au milieu de la production occidentale.
 A Bruxelles, travaillant chez un photographe de mode, je me suis familiarisé avec une vénérable chambre de studio, des 6x6 Rolleiflex et autres Yashica pour les reportages et j'ai découvert ce qu’était un labo noir et blanc professionnel. C’est cet homme qui m’a fait découvrir les vertus de la pince à linge en bois qui, disait-il « ne mâche pas le papier humide » et dont je me suis beaucoup servi par la suite !
Aujourd’hui, tous ces appareils et leurs objectifs sont devenus accessibles, pour peu qu’on se donne le temps de ne pas sauter sur le premier venu et trouver la bonne occasion. Leur obsolescence est virtuelle : on trouve toujours les pellicules, les produits pour faire les tirages, bref, tout ce dont on a encore besoin pour  se faire plaisir en continuant à les faire vivre.

Que dire de l’appareil  numérique, qui sitôt sorti, devient déjà obsolète : un numérique de 2016 sera-t-il toujours d’actualité en 2056 ?

Thierry MAZOYER

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY MAZOYER. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Un grand merci à Thierry MAZOYER pour cet article. Le vécu et l'expérience de chacun fait la richesse de tous. Et puis, pourquoi pas, avec 50 ans de retard, peut-être que de nouveaux amis photographes amateurs seront touchés par la grâce et s'essayeront, grâce à lui, à la photographie argentique...

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PETITES RÉFLEXIONS SUR LE LAB0 ARGENTIQUE AMATEUR

«
Petites réflexions sur le labo argentique amateur

Comme certains d'entre-nous, je pratique le dualisme photographique : photo numérique par raison et photo argentique par pure et noble passion. Alors s'il est évident de posséder un ordi comme labo numérique, il semble évident d'avoir un labo argentique.

La pratique du labo noir et blanc - je ne parlerai pas du labo couleur que je ne connais pas, confiant mes négatifs à mon artisan photographe qui possède encore une machine dédiée à cet effet, mais pour combien de temps encore?- même si considérée à l'ère du numérique comme dépassée, nécessite de solides connaissances  techniques alliées à de l'intuition, une certaine dose d'initiative et de bon sens pratique. Introuvable dans les curseurs d'un ordi...

Un lent cheminement...

Peut-être, comme moi, avez-vous pu en apprendre la technique au club du collègue, avec un pion féru de photo, capable de transmettre sa passion à de jeunes pré-adolescents avides de brûler les étapes vers l’autonomie: imaginez cinq  futurs Doisneau ou Sieff,  à former au travail d'équipe…

Puis, avoir eu à disposition une pièce avec eau courante, équipée d'un petit labo permanent : je peux dire que cette installation pérenne a favorisé grandement la pérennité vocationnelle de technicien labo amateur.

Un camarade malchanceux, qui proposa à ses parents peu réceptifs un projet concernant la mobilisation éphémère de la salle de bain une fois par mois, pour tirer et développer ses photos dans des conditions précaires - planche en bois sur la baignoire supportant l’agrandisseur et les 3 cuvettes 18x24, puis nettoyage du sol au plafond une fois la séance terminée – a vite été rebuté par la vigueur des négociations entreprises et des exigences parentales liées trop étroitement aux résultats scolaires.
           
patiemment avec abnégation...

Avec le numérique tout semble aller simplement vite, de la prise de vue au résultat final. Alors que l'argentique demande, en plus des qualités énoncées par ailleurs, beaucoup de patience et de temps.

Déjà, finir la 36 poses. La développer, la fixer, la sécher. Savoir lire le négatif et le « voir »  en positif, après avoir intuitivement imaginé, à la prise de vue, ce que pourrais donner le sujet en noir et blanc. Puis le tirer sous lumière inactinique exigeant de savoir décrypter des nuances de gris dans une clarté relative. Attendre qu’elle sèche, l’épreuve, accrochée au fil tendu dans la grande diagonale du labo par des pinces en bois : ça existe toujours et ça ne marque pas le papier.

...pour quel résultat?

Arrivé au bout de ce long processus, je pouvais enfin savourer mes exploits, les montrer, participer à la kermesse de fin d’année scolaire et afficher sur des tableaux verts, avec fierté, deux ou trois de mes oeuvres, soumises au verdict des adultes qui posaient des questions, parfois par réel intérêt.
Ou pleurer. Devant la pâleur blafarde de la HP4 - développement trop court de l'unique preuve, témoin des impressions, des odeurs, des couleurs  de l'atmosphère, des souvenirs et des rêves formés en immortalisant ce premier séjour en solitaire à Brighton en 1972 - qui est restée à jamais muette.

Oui, la photo argentique, du Spotmatic acheté pour ces vacances anglaises inoubliables au labo, réclame beaucoup de technique, de patience et surtout beaucoup d’humilité : l’erreur ou une absence de qualité parfois rattrapables en numérique, peuvent être désespérément fatales en argentique.

C’est la rançon pour vivre sa passion.

Thierry MAZOYER

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Un nouveau grand merci à Thierry MAZOYER pour cet article. Et voilà le labo argentique à présent. Difficile dites-vous ? Excitant vous voulez dire ! Oubliez le traitement RAW, là vous pouvez réellement créer... et voyez la façon dont Thierry nous parle de son labo...

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PASSION ET RAISON : UN ARGENTISTE CONFRONTÉ AU NUMÉRIQUE

«

Passion et raison : un argentiste confronté au numérique

Je ne suis pas venu spontanément au numérique. Je dirais plutôt que c'est le numérique qui est venu à moi : ça semble présomptueux dit comme ça, mais, fervent amoureux de l'argentique, je ne me suis pas senti attiré ni concerné par ce procédé qui, en plus, était jour après jour, dépassé par la fuite en avant de ses propres performances.

Ce sont mes enfants, pour mon demi-siècle d'existence, qu m'ont offert un compact Pentax Optio. Pourquoi Pentax ? Tout simplement parce qu’ils connaissent mes Pentax 67.

Vous avez dit compact ?      

J'ai été très dérouté par cet appareil, habitué que je suis aux boîtiers argentiques, car sachant les utiliser et les régler de manière quasi innée.

Pour la forme, cet Optio était un compact. Quant au fond, mes connaissances en matière d'argentique ne me servaient plus à rien. Il a fallu que je m’approprie le mode d'emploi, qui à cette époque, existait encore sous forme d'un gros pavé traduit en plusieurs langues, dans lequel il fallut trouver la partie française. Puis revenir au début du manuel, et me tourner vers la partie anglaise en cas de traduction litigieuse ou mal interprétable.

Enfin, je me lançai. Je dus me familiariser avec des programmes pré-définis très directifs, dont les infimes variations me parurent d'une subtilité douteuse, alors qu'avec l'argentique, à la prise de chacune des vues, je peux intervenir, avec une grande latitude sur différents paramètres  en corrélation les uns avec les autres, et même anticiper sur ce que je ferais au labo, en me référant à mon expérience.

Cette absence de choix multiple me perturba beaucoup : je ne maîtrisais plus rien. Prendre une photo devenait monotone : déclencher. C'était l'Optio qui contrôlait tout, avec ses programmes imposés que je devais estimer avant, en fonction du type de photo. J'ai eu, au début, la sensation d'être otage d'une technique « intrusive », dont je ne pouvais m'affranchir: je régressais !

Facilité et  pragmatisme

Oui, j'avoue, j'ai succombé à cette facilité qu'autorise ce type de photo,  multipliant les prises et en me disant que l'ordi reconnaîtrait les siennes. Je n’ai plus  pensé à la composition, ni à la lumière, ni aux parasites comme les ombres portées ou les points qui pouvaient détourner l'oeil du réel sujet. Et tant d'autres paramètres dont il faut tenir compte en argentique, car, la prise étant unique, on n'a pas vraiment le droit à l'erreur.

J'ai dû faire preuve de beaucoup de pragmatisme, en appliquant autant que possible mes habitudes argentiques au numérique. Je post-traite parfois mes photos sur ordi, bien qu'acceptant difficilement,  avec ce procédé, que des curseurs à déplacer sur des échelles corrigent mes épreuves. Je n'ai rien d'autre à faire que de juger du bon tâtonnement. Tout ça de manière dépersonnalisée, dépassionnée, froide, dénuée de toute initiative. Bref, l’illustration  même du pragmatisme informatique.

Une autre manière de faire de la photo

Ne souhaitant pas investir dans un reflex  numérique, je reste fidèle à un compact, que j'emmène toujours avec moi. Quand je fais de l'argentique, je prends souvent une photo test en numérique de mon sujet, de manière à en voir l'ambiance. Comme les photographes de studio qui vérifiaient, avec un Polaroïd, la composition et comment le sujet prenait la lumière afin de faire La bonne photo.

Je dois également reconnaître le côté pratique et spontané de la photo numérique, du fait de sa rapidité de mise en action. Pas de choix d'objectifs,  le zoom y pourvoit. Pas de mesures de la lumière, pas de mise au point ni de calculs savants, et des résultats vérifiables immédiatement. C'est une autre manière de pratiquer la photo - jetable tout simplement -, à laquelle j'adhère par raison.

La photo argentique et numérique coexistent et cohabitent. Reste à chacun le soin de se les approprier selon ses besoins, son plaisir, passionné ou raisonnable. Bien sûr  c'est aussi une question de goûts personnels : je comprends l’attirance exercée par cette technologie ou son design.

De tout temps, il y a eu des pro et des anti, il y a eu des différences d'opinions qui ont engendré des débats plus ou moins passionnés, et il y en aura toujours. Il en va de même avec la photo.

Et je me remémore alors ce photographe sur le Pier à Brighton, armé de son vieux Contax «  d'avant guerre » comme il me l'a précisé en souriant gentiment, alors que je lui vantais le modernisme révolutionnaire de mon Spotmatic, que je venais tout juste d'acheter...Au moins quarante ans nous séparaient.

Argentique ou numérique, passé ou futur : la question ne se pose plus comme ça. 

Avec les photographes qui viennent à l’argentique par le numérique, l'argentique revient en grâce. Des procédés renaissent, comme le Polaroïd. On trouve très facilement les films, les produits pour faire son labo, ou du matériel argentique d'occasion. J'ai vu plusieurs amateurs faisant de la photo de rue avec  des chambres à plan-films. Certains fabricants proposent des appareils numériques au look argentique...

Parallèlement, les technologies du futur sont déjà là. Celles qui viendront n'en seront que les déclinaisons, comme la photo numérique. Elles naissent, évoluent et beaucoup mourront sur l’ordi (j’allais écrire sur le papier !). On m'affirme qu'elles vont révolutionner mon avenir : certes, mais je reste prudent, patient, et seules les avancées vraiment pertinentes pourront m'intéresser.

Oui le numérique en général et la photo numérique en particulier, qui fusent dans toutes les directions, font partie de mon avenir. Heureusement. Mais je souhaite simplement le conduire moi-même mon avenir, à mon rythme et en décider moi-même. Je ne veux pas tout accepter, parce qu'on me dit que c'est bien pour moi, ou pire, qu'on me l'impose.

Je veux  pouvoir choisir ce qui m’importe vraiment et balayer le reste : préserver ce luxe qui me reste de maîtriser la tyrannie du tout, tout de suite.

Un ami avec qui je fais des photos, ne jure que par le numérique. Son regard est gentiment moqueur en me voyant arriver avec mon Alpa 10 D de 1968 et le 4.5/180 mm Angénieux de 1959. Je n'ose imaginer ses commentaires s’il me voyait galérer pour mettre la pellicule !

Oui je continuerai à faire de l'argentique par gourmandise et passion, et du numérique par pragmatisme... Et écouter Franck Zappa ou Miles Davis sur mes vieux vinyls,  la pianiste Hiromi ou le trompettiste Ibrahim Maalouf sur CD ! Et écrire sur ordi : c'est beaucoup moins sensuel qu'avec un stylo plume, mais ça ne me donne pas de crampes !

PS: j'oubliais. Dans quelques semaines, je vais avoir 60 ans : que vont m'offrir mes enfants ? J'ai vu un beau Fed 2 D noir de 1965, à un prix honnête...

Thierry MAZOYER

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY MAZOYER. AUTORISATION DE PUBLICATION ACCORDÉE À THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

À nouveau un grand merci à Thierry MAZOYER pour cet article. Qui dira encore que les argentistes sont des gens bornés, englués dans des temps anciens, dépassés et ringards ? Ils acceptent aussi le numérique mais restent attachés à la sensualité de l'argentique, un point c'est tout ! Bien sûr, s'il achetait un reflex numérique, il modulerait un peu son jugement, mais, c'est certain, ne changera pas d'avis !... À vous d'essayer et de vous forger un avis !...

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